La population active, les secteurs, la tertiairisation

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En bref

• La population totale compte 62,7 millions d'habitants en 2005 (en France métropolitaine et DOM) et 61 millions en France métropolitaine seule (dont 51,5 % de femmes). La population active est de 27,6 millions de personnes en 2005 contre 19 millions il y a cinquante ans.
La féminisation du marché du travail est une réalité incontournable, puisque près de 47 % des actifs sont des actives. Ce mouvement va de pair avec des transformations structurelles de la nature des secteurs productifs.
• Le secteur tertiaire occupe aujourd'hui les trois quarts des actifs. Les 9/10 des actifs français sont des salariés. Le niveau de qualification attesté par un diplôme a progressé, mais le nombre d'emplois peu qualifiés (et précaires) progresse à nouveau depuis 10 ans.

La population active : caractéristiques et facteurs de variation

L'emploi est un enjeu essentiel dans une société qui a fait de l'insertion par le salariat le moyen privilégié de l'existence sociale, de l'intégration et des relations sociales. L'emploi permet en même temps d'exister par la consommation.
La population active est évolutive, et elle a beaucoup changé depuis cinquante ans. Elle est encore amenée aujourd'hui à se transformer parce qu'une partie d'entre elle va rapidement quitter le marché du travail dans les 20 prochaines années. Il sera pertinent de s'interroger sur les caractéristiques de la population active actuelle en la définissant et en analysant ces facteurs de variation. Nous verrons ensuite les transformations sectorielles de l'emploi en recherchant les facteurs explicatifs de la tertiairisation et en caractérisant les transformations qualitatives de l'emploi.
Définition et évolution
• La population totale française comprend la population active et la population inactive. La population active regroupe l'ensemble des personnes qui ont un emploi ou qui en cherchent un. Elle comprend ainsi la population active occupée (PAO) plus la population active inoccupée (PAI) c'est-à-dire les chômeurs, considérés comme des actifs parce qu'ils manifestent la volonté de travailler par une recherche active d'emploi.
Les actifs regroupent alors l'ensemble de ceux qui ont une activité rémunérée. Il s'agit d'abord des salariés : ceux qui vendent leur force de travail à un employeur, en échange d'un salaire, dans le cadre d'une relation contractuelle qui fixe les obligations de chacun dans un rapport de subordination du salarié. Il s'agit aussi des indépendants : ceux qui travaillent pour leur propre compte.
Les inactifs regroupent ceux qui restent au foyer (le plus souvent les femmes), les lycéens et étudiants, les bénévoles ou les retraités.
• La population active a évolué en France depuis la révolution industrielle. C'est le recensement de 1896 qui, pour la première fois, fait une distinction entre population active et population inactive. Cette évolution s'appuie sur la mise en avant du travail marchand procurant une rémunération directe soit par la vente de biens et de services, soit par la perception d'un salaire. L'emploi apparaît puisqu'il désigne alors la rencontre d'une offre et d'une demande sur un marché.
Les chômeurs sont comptés dans la population active à partir de cette date, parce qu'ils sont aptes au travail, à la différence de ceux qui sont hors d'état de travailler (vieillards, invalides). Après une évolution irrégulière dans la première moitié du xxe siècle (due aux deux guerres mondiales), mais stable sur un long terme, on assiste à une forte progression de la population active à partir des années 1960, passant de 19 millions de personnes à plus de 27,6 millions aujourd'hui. Elle comprend 46,4 % de femmes en 2005, chiffre en progression constante depuis une quarantaine d'années. La population active connaît cependant une progression ralentie aujourd'hui du fait du phénomène du papy-boom qui se met en place. La population active a augmenté de 119 000 personnes en 2005 dont 88 % grâce à l'arrivée des femmes sur le marché du travail. Il y avait, en 2005, 12,8 millions d'actives et 14,8 millions d'actifs.
• Le taux d'activité est le pourcentage de personnes considérées comme actives dans une catégorie par rapport à la population de référence de cette même catégorie. On peut retenir la population totale (peu pertinent) ou la population en âge de travailler (les 15-64 ans), ce qui est plus représentatif. Le taux d'activité de cette population en France est de 69 %, avec un taux de 63,8 % pour les femmes et de 74,9 % pour les hommes. Ce taux d'activité est faible en France, puisqu'il dépasse 75 % en Europe occidentale en moyenne voire 80 % dans les pays scandinaves (Danemark, par exemple).
• De même le taux d'emploi en pourcentage rapporte le nombre de personnes ayant un emploi, à la population en âge de travailler. Ce taux d'emploi est de 63,1 % en France contre 65,2 % pour la moyenne de l'Europe à 15.
Le taux d'emploi des 55-64 ans est très faible en France (37,9 %) par rapport à la moyenne européenne (44 %).
La réforme du régime des retraites en France apportera des changements inévitables pour ce chiffre dans le futur, avec sans doute une forte hausse. De même, le taux d'emploi des jeunes (15-24 ans) est de 30,1 % en France contre 42 % en Allemagne, 38,3 % en Espagne, 25,7 % en Italie, 54 % au Royaume-Uni.
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Source : INSEE.
Emploi, population active et population en âge de travailler, en millions
Emploi, population active et population en âge de travailler, en millions
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Source : INSEE.
Comparaison Espagne, Danemark, États-Unis, Japon : emploi, population active et population en âge de travailler
Comparaison Espagne, Danemark, États-Unis, Japon : emploi, population active et population en âge de travailler
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Source : INSEE
Population active française scénario tendanciel
Population active française scénario tendanciel
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Source : OCDE.
Taux d'activité en France, en pourcentage
Taux d'activité en France, en pourcentage
Les facteurs de variation de la population active en France depuis cinquante ans
• La société française a connu de profonds bouleversements depuis une cinquantaine d'années. L'emploi total est passé de 19 à 24,9 millions de 1954 à 2005. Dans le même temps, la population totale augmentait et passait de 42,9 à 62,7 millions (avec les TOM). Le taux d'emploi de la population a donc diminué, passant de 45 à 40 %. On rentrait plus tôt dans la population active il y a 50 ans puisque 52 % des 15-19 ans travaillaient, contre 9 % aujourd'hui.
L'âge moyen d'entrée dans la vie active est aujourd'hui de 21,7 ans. On sortait aussi plus tard de la vie active (les 3/4 des hommes travaillaient entre 60 et 65 ans il y a 50 ans contre 15 % aujourd'hui). L'âge moyen de sortie de la vie active est de 58,8 ans aujourd'hui.
On vit également plus longtemps (68 ans contre 80 ans aujourd'hui).
Enfin, le chômage ne représentait que 2 % de la population active contre 9 % aujourd'hui. Dans le même temps, la population active s'est très largement féminisée.
• Plusieurs facteurs expliquent la hausse de la population active. On peut citer le rôle de l'excédent naturel. Celui-ci correspond à un excès des naissances sur les décès. L'augmentation de la natalité a été si importante pendant le baby-boom qu'au cours de années 1970 à 1990, tous les ans, la population active a fortement augmenté du fait de cet afflux massif décalé sur le marché du travail. Ce flux est en train de fortement ralentir aujourd'hui et les départs massifs peuvent constituer un atout pour les créations d'emplois.
Dans le même temps, le solde migratoire a pu jouer un rôle important. Il s'agit de la différence entre l'immigration (la population qui entre sur le sol national) et l'émigration (la population qui le quitte). L'immigration économique suscitée par les pouvoirs publics et les entreprises dans les années 1950, 1960 et 1970 a alimenté la hausse de la population active (140 000 personnes par an en moyenne).
Aujourd'hui, l'immigration répond à des motifs politiques ou aux nécessités du regroupement familial. Ce solde représente à peu près 100 000 à 130 000 personnes selon les années.
• La féminisation du marché du travail constitue une donnée incontournable et témoigne des bouleversements sociaux durables qui ont affecté la société française. En 1962, les femmes représentaient 32 % de la population active contre près de 47 % en 2005. De 6,7 millions d'actives en 1962, on est passé à près de 12,8 millions. Les femmes ont durablement investi le marché du travail. Leur carrière n'est plus arrêtée avec la maternité comme c'était le cas avant. Le taux d'activité des 25-49 ans est de 81 %.
Les femmes cumulent le temps professionnel et le temps domestique. Elles assument une double journée. Le partage des tâches reste encore très inégalitaires dans les couples (même si cela varie selon les milieux sociaux) et elles restent très présentes dans des tâches dites traditionnelles (ménage, courses, éducation des enfants).
Les femmes issues des générations d'après-guerre ont voulu progressivement sortir du statut de femme au foyer qui ne leur donnait aucune visibilité sociale hors du cadre du mariage. Elles ont progressivement investi l'école et sont dorénavant plus diplômées que les hommes. Elles veulent rentabiliser ces diplômes sur le marché du travail.
Les transformations internes de la famille avec la hausse des divorces et des familles monoparentales impliquent également une plus grande insertion professionnelle.
De même la montée du chômage et le chômage de longue durée que connaissent certains hommes peu qualifiés poussent les femmes à travailler. Comme la structure de l'emploi a changé, avec moins d'emplois industriels et physiques mais plus d'emplois dans le secteur tertiaire, le social, l'éducation, la santé ou l'administratif, les femmes ont aussi trouvé des emplois plus adaptés.
Malgré tout, elles restent cantonnées dans des emplois moins bien rémunérés que ceux des hommes : 20 % de moins en moyenne ; 11 % de moins à fonction et diplôme égaux. Elles travaillent aussi plus souvent à temps partiel (30 % d'entre elles). Les 3/4 des employés sont des femmes alors, que seuls 1/3 des cadres sont des femmes (et seulement 10 % des ingénieurs et cadres techniques de l'industrie et 20 % des personnels d'études et de recherche).
L'arrivée des enfants pénalise les femmes qui apparaissent moins disponibles aux yeux des entreprises et bénéficient moins souvent que les hommes de promotions. Les politiques publiques ont eu néanmoins un effet de tassement sur les taux d'activité féminins depuis 1994. En effet à partir de deux enfants, les femmes peuvent prendre leur congé parental jusqu'au troisième anniversaire des enfants. Cela a eu pour effet de faire chuter le taux d'activité des mères de deux enfants de 69 à 53 % en l'espace de quatre ans. Malgré tout, la norme aujourd'hui reste l'insertion par le travail pour les femmes.

L'évolution sectorielle de la répartition de la population active et perspectives

La tertiairisation de l'emploi
• Un secteur économique rassemble des entreprises ayant la même activité principale. Une entreprise peut bien entendu avoir plusieurs activités, l'une d'elles est néanmoins considérée comme dominante et l'entreprise est rattachée au secteur qui regroupe les produits issus de cette fonction principale.
Une branche regroupe les entreprises fabriquant un même type de produits.
Une entreprise peut donc appartenir à plusieurs branches mais ne peut être classée que dans un seul secteur.
Les grands secteurs d'activité sont des regroupements d'activités économiques. On distingue habituellement trois secteurs :
  • le secteur primaire qui regroupe l'agriculture, la pêche et parfois les activités extractives ;
  • le secteur secondaire qui comprend les industries de transformation, les bâtiments et travaux publics ;
  • le secteur tertiaire qui représente les services au sens large, c'est-à-dire, le commerce, les transports, les communications, les services marchands aux entreprises ou aux particuliers, les services des administrations publiques, etc.
Cette classification tripartite est due aux travaux d'A. Fisher, C. Clark (à partir des caractéristiques productives des activités ainsi regroupées) et J. Fourastié (à partir du rythme du progrès technique et de la productivité dans chacun des secteurs) entre les années 1930 et 1950.
• Par conséquent, le phénomène de tertiairisation est le processus par lequel les activités tertiaires et les emplois correspondants accroissent relativement leur poids dans la production nationale et dans la population active occupée.
Ce mouvement est régulier et s'observe partout dans les pays développés depuis la fin du xixe siècle. En France, l'emploi tertiaire devient dominant depuis les années 1940 et l'accélération de la tertiairisation est très manifeste depuis les années 1970.
Cela s'observe aussi par la progression des emplois de cadres supérieurs ou intermédiaires. En 1954, il y avait 38,5 % de la population occupée dans le tertiaire contre 75 % en 2004. Le poids relatif de l'industrie, culminant à près de 30 % dans les années 1960 représente 14,8 % de l'emploi en 2004. Il y avait 1,4 emploi tertiaire pour 1 emploi industriel dans les années 1950 contre 5 pour 1 aujourd'hui.
Alors que l'industrie et le bâtiment ont perdu 3 millions d'emplois, et l'agriculture 1,4 million depuis trente ans, le tertiaire en a créé 3,6 millions. C'est important mais insuffisant pour enrayer la progression du chômage. Le nombre des ouvriers a baissé, mais dans une proportion moindre, puisqu'il y a de plus en plus d'ouvriers dans le secteur tertiaire et plus dans le tertiaire que dans l'industrie.
• Les CSP (catégories socioprofessionnelles) se sont donc fortement modifiées depuis cinquante ans, comme le montre le graphique suivant. On a assisté à la « fin des paysans », amorcée dès le début du xxe siècle. De 4 millions d'agriculteurs exploitants en 1954, on passe à 3 millions en 1962, à 650 000 en 2005. Les ouvriers voient leur part passer de 39 % en 1962 à 24 % en 2005.
En revanche, la part des employés a très fortement progressé, passant de 18 % en 1962 à 29 % en 2005. De même, la part des professions intermédiaires représente 23 % de l'emploi et celle des cadres 14,7 % de l'emploi en 2005.
• Dans le même temps, la société a connu une forte progression du salariat. En 1866, il y avait parité entre le nombre de salariés et le nombre d'indépendants (9 millions dans chaque catégorie). Puis le salariat se développe. L'accélération est manifeste avec le déclin amorcé des paysans dans les années 1950 et 1960 mais aussi celui du petit commerce indépendant.
Ainsi la part du salariat dans l'emploi est passée de 66 % en 1955 à 82 % en 1975, puis à 91 % aujourd'hui. Cette modification s'accompagne d'une hausse de la qualification et du niveau de diplômes. La proportion de bacheliers dans la population active est passée de 4,7 % des actifs en 1954 à 43,5 % aujourd'hui.
Les postes non qualifiés sont de plus en plus souvent occupés par les diplômés, marginalisant d'autant les non-diplômés.
L'emploi non-qualifié n'a pas disparu pour autant. Il y a eu un retournement de tendance en 1994, et sa part dans l'emploi total est passé de 21 à 23 % avec 1,1 million d'emplois créés.
Ce phénomène a contribué au ralentissement continu des gains de productivité, et s'explique par les allégements massifs de charges sociales pour enrichir le contenu de la croissance dans ce type d'emplois.
Les facteurs qui expliquent la tertiairisation
• Ce processus de tertiairisation de la société française s'inscrit dans l'approche du déversement d'emplois.
Dans un premier temps, les emplois du secteur agricole chutent du fait des gains de productivité importants dans l'agriculture provenant de la mécanisation, des méthodes de sélection des semences, de l'emploi de produits issus de l'industrie chimique, etc. Il s'est alors produit un exode rural et un transfert d'emplois vers le secteur industriel en plein essor.
Dans un second temps, les emplois se déversent vers le secteur tertiaire, pour plusieurs raisons :
  • la demande des ménages se dirige plus massivement vers les services marchands et non marchands, ce qu'illustre la loi d'Engel (quand le revenu augmente) ;
  • la part des dépenses des ménages dirigée auparavant vers l'alimentation décline au profit d'autres postes budgétaires.
Ainsi la part affectée aux besoins d'éducation, de santé, de loisirs, augmente plus vite que le revenu. Par ailleurs, l'essor des dépenses des APU et de l'État-providence entraîne une forte augmentation des besoins d'emplois dans le social, l'éducation, l'administratif, dans la prise en charge des enfants et des personnes âgées.
De plus, on sait que les gains de productivité sont différents selon les trois secteurs d'activité : forts dans le primaire, très forts dans le secondaire et faible dans le tertiaire. Or, comme on vient de démontrer que la demande augmentait très vite, il faut alors créer des emplois. La tertiairisation permet de créer des emplois variés, qualifiés ou non, ce phénomène étant renforcé par le processus d'externalisation : de plus en plus d'entreprises sous-traitent auprès d'entreprises spécialisées de sous-traitance, des missions qu'elles exerçaient jusque-là. Ces emplois sont souvent manuels et physiques (manutention ou nettoyage).
Les emplois changent donc de secteurs mais restent parfois de nature proche.
• L'emploi face au vieillissement de la population : une chance ? La pyramide des âges française va connaître un bouleversement majeur dans les années à venir : la génération du baby-boom (1945-1965) commence à partir à la retraite depuis 2005 et ce phénomène va se poursuivre jusqu'en 2045. Cette évolution est-elle de nature à dynamiser la création d'emplois ou à déséquilibrer le système de répartition des retraites ?
La population active en âge de travailler (les 15-64 ans) a augmenté de 10 millions en quarante ans et la PAO de 7 millions soit en moyenne 170 000 actifs nouveaux par an. L'évolution de l'emploi a pu suivre cette accélération des flux d'entrées jusqu'au milieu des années 1970. Après cette date, les créations d'emplois se sont ralenties (3 millions d'emplois créés depuis 1974) alors que la population active a augmenté de 5 millions d'actifs.
• Les sorties de carrière vont s'accélérer aujourd'hui, passant de 430 000 personnes à 630 000 par an. Il va désormais y avoir plus de départs que d'entrées sur le marché du travail. Un point de vue optimiste estime que ces départs, couplés au flux naturel de créations d'emplois (150 000 par an pour 2 % de croissance) vont favoriser une décrue de chômage.
• Chaque poste libéré sera-t-il conservé et remplacé ? Non vraisemblablement. Dans les secteurs de l'industrie soumis à la concurrence extérieure, les gains de productivité, la mécanisation ou les délocalisations peuvent grignoter l'emploi.
En outre, pour certains emplois du tertiaire, dans le commerce, l'artisanat ou l'agriculture, les jeunes se bousculent peu pour une éventuelle reprise d'activité.
Enfin, la tendance actuelle est de ne pas remplacer poste pour poste les départs à la retraite de la fonction publique. D'autres emplois mal payés et précaires (services de proximité aux personnes âgées, garde d'enfants, ménage, métiers du bâtiment) risquent de susciter peu de vocation et de favoriser des tensions inflationnistes en matière de coûts salariaux, dans un contexte de maintien du chômage.
Par ailleurs, le vieillissement de la population risque d'accroître les prélèvements sociaux qui pèseront sur des actifs moins nombreux. Il y aura en 2050, 1,4 actif pour 1 inactif contre 2,2 pour 1 aujourd'hui. L'alourdissement des charges et du coût du travail pénalisera l'emploi.
Selon un point de vue pessimiste, il est à prévoir une limitation des créations d'emplois et un maintien du chômage, le diagnostic du chômage privilégiant une explication structurelle (coût du travail trop élevé et formation insuffisante) et donc libérale.
• Ces deux approches mettent en avant l'offre de force de travail en insistant soit sur son prix, soit sur la quantité. Il faut aussi considérer le paramètre de la demande de travail de la part des entreprises, qui augmente dès que la croissance s'accélère.
L'Espagne, les États-Unis et le Canada ont connu à la fois une forte hausse de la population active et une forte hausse de l'emploi. D'autres pays, comme le Japon et l'Allemagne ont connu une diminution de la population active couplée à une faiblesse de l'emploi, à cause d'une croissance trop faible. Dans un tel contexte, la demande est donc déterminante : une demande de force de travail par les employeurs, corrélée à une demande de biens et de services de la part des consommateurs.

Pour aller plus loin

Consulter les données approfondies présentes sur le site de l'Insee sur la question de la population active et des perspectives présentes ou futures (rubrique « La France en faits et en chiffres », section Travail-Emploi.
www.insee.fr
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