Réalisme, impressionnisme et symbolisme

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Le xixe siècle correspond en France à une ère de profonds bouleversements. Les mutations sociales, culturelles et économiques sont profondes : les convictions religieuses qui fondaient la monarchie s'effondrent, la bourgeoisie s'impose comme classe dominante à mesure que la révolution industrielle gagne la France et que les valeurs matérielles sont en plein essor. L'art se fait bien entendu l'écho de ce bouleversement profond et suit l'évolution du siècle. La période voit donc se succéder plusieurs mouvements artistiques fort différents : avec le symbolisme qui s'oppose clairement au réalisme, ou encore l'impressionnisme, le siècle est particulièrement fécond en ce qui concerne la création picturale et la France, de ce point de vue, semble dominer l'Europe.
1. Le renouveau réaliste
• Le réalisme s'affirme à partir des années 1840. Rejetant les conceptions esthétiques de l'Académie, il refuse aussi l'idéalisme romantique et prétend représenter des scènes empruntées à la réalité quotidienne, sans souci des conventions. Les artistes revendiquent une certaine « modernité », à mesure que la révolution industrielle s'accélère et que la société se transforme. Les paysans, les ouvriers ou les blanchisseuses deviennent alors les sujets des toiles.
Ainsi, L'Enterrement à Ornans, peint en 1849-1850, marque une étape importante. Courbet, qui veut « peindre vrai », y représente les habitants d'un village qui n'ont rien de noble et qui assistent à un enterrement bien « réel », alors que le format du tableau, immense, et sa composition, qui rappelle une frise antique, sont dans la lignée des peintures historiques monumentales.
• Ainsi, les peintres réalistes reprennent certains motifs ou certains traits des compositions anciennes, mais pour élaborer des œuvres qui affichent avec provocation leur modernité. Manet réalise Le Déjeuner sur l'herbe, inspiré du Concert champêtre de Titien, mais la nudité de la jeune femme, entourée d'hommes habillés, et les violents contrastes de couleurs choquent le public. De même, son Olympia, également inspirée de Titien, représente avec un réalisme très cru la nudité de la jeune demi-mondaine.
2. L'impressionnisme
• Les impressionnistes s'inscrivent eux aussi dans cette perspective. Manet ouvre ainsi la voie à une série de jeunes artistes, comme Monet, Renoir, Bazille, Sisley ou Pissarro que l'on qualifiera, au départ péjorativement, d'impressionnistes. Le terme a pour origine le fameux tableau de Monet : Impression, soleil levant, qui date de 1872. Refusant la recherche d'un beau idéal, ils veulent représenter le quotidien dans sa réalité ; ainsi ils vont peindre la vie parisienne, les cafés, les distractions populaires à l'époque, en particulier les guinguettes en bord de Seine, alors que les avancées techniques permettent le développement de la peinture de plein air.
• Cependant, à mesure que la photographie se développe, ce qui semble importer le plus n'est pas la description du réel mais la vision de l'artiste, son impression face au réel. Les impressionnistes sont donc sensibles à la relativité de la perception d'un même motif en fonction de certaines conditions (lumière, moment, saison). Un même sujet peut donc donner lieu à une série de toiles toutes différentes et qui traduiront à chaque fois une nouvelle impression.
• Surtout, les recherches scientifiques qui portent sur les couleurs et la lumière ouvrent de nouveaux horizons aux peintres. Délaissant le dessin qui délimite des contours, ceux-ci expérimentent les oppositions entre couleurs primaires et complémentaires, et utilisent des touches fragmentées de couleur pour créer les effets de volume et de composition, et exprimer une dynamique colorée capable de rendre une nature toujours changeante.
• Les impressionnistes n'ont jamais formé une école en tant que telle, chaque peintre garde ses singularités. Cependant, l'impressionnisme typiquement français reste un mouvement majeur de l'histoire de la peinture, et trouve son prolongement dans le néo-impressionnisme de Seurat ou de Signac.
3. Le symbolisme
• La fin du siècle se caractérise par l'apparition d'un nouveau mouvement : le symbolisme, qui, en réaction au naturalisme, gagne la littérature, en particulier la poésie, mais touche aussi l'art plastique.
S'opposant au réalisme, au positivisme, au matérialisme, mais aussi à l'impressionnisme, le symbolisme, qui émerge dans toute l'Europe, veut aller au-delà des apparences et traduire des idées, en se recentrant sur le rêve, l'imaginaire ou le monde de la pensée.
• Les deux maîtres français du symbolisme sont Puvis de Chavannes, grand décorateur qui pratique un art très dépouillé aux couleurs claires, et Gustave Moreau qui s'intéresse davantage à la couleur. On pourrait également rattacher à ce mouvement Gauguin et certains artistes de l'école de Pont-Aven. Le réel ne doit pas être représenté en tant que tel, mais l'artiste doit exprimer à travers lui, par analogie, le monde des idées.
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