Archiviste

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Introduction

Gardien de la mémoire collective, l'archiviste collecte, étudie et classe les archives. Mais sa fonction ne se cantonne pas seulement à cela. Pour en apprendre un peu plus sur ses missions complexes, Julien Benedetti, archiviste itinérant au Centre de Gestion des Bouches-du-Rhône, livre son témoignage de jeune homme passionné. Si la profession souffre parfois d'une image d'austérité, Julien vient la contredire.
© PHOVOIR
Comment l'aventure a commencé pour vous ?
Master professionnel archives en poche, je me suis demandé quel poste correspondait à mon profil et mes envies. Je ne voulais pas me diriger vers l'enseignement, je n'en ressentais pas la vocation. J'ai saisi l'opportunité de partir 6 mois au Ghana en tant qu'archiviste à l'Ambassade de France à Accra, par le biais du Volontariat International en Administration (V.I.A). C'est le hasard qui m'a conduit là et il a bien fait les choses puisqu'il m'a convaincu de persévérer dans cette voie.

En quoi consistent vos missions aujourd'hui ?

Je suis archiviste itinérant au Centre de Gestion des Bouches-du-Rhône. Je conseille et j'accompagne les communes et les collectivités territoriales. Avec mon équipe, nous partons souvent de zéro. Nous résorbons et traitons les arriérés, développons le traitement et le suivi des documents. Nous avons également une mission de réaménagement, et conseillons en terme de normes de prévention. Dans les petites communes, les archives sont souvent reléguées dans des caves et des greniers qui ne sont pas adéquats. Nous intervenons auprès de 70 communes environ, et avons donc l'obligation de nous adapter aux interlocuteurs et aux moyens souvent très différents dont ils disposent.
Quels sont, selon vous, les trois piliers de votre profession ?
En premier lieu : l'écoute. Cette activité fait appel à une énorme capacité d'empathie envers des services avec lesquels nous collaborons. En second lieu, la rigueur, puis l'autonomie.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes gens qui veulent se lancer ?
Rendez-vous sur place. Regardez à quoi ressemble le métier. Multipliez les stages d'observation auprès des services de différente taille. Les tâches sont vraiment variées, il est capital que vous en ayez une vision globale.
Pouvez-vous nous parler des concours ?
Le top du top est de décrocher le concours de Conservateur du patrimoine et de commencer sa carrière en qualité de Directeur d'archives. Il existe plusieurs possibilités. On peut passer un concours après deux années de classe préparatoire type khâgne et hypokhâgne, ou plus spécialisée à l'École des Chartes. L'INP, l'Institut national du patrimoine, est également accessible sur concours pour les titulaires d'une licence ou d'un master.
Enfin, plusieurs masters sont spécialisés dans le domaine du traitement scientifique des archives, les plus reconnus étant ceux des facs d'Angers et de Lyon 3.
Comment se déroulent les épreuves ?
Dans un premier temps, les candidats passent une partie écrite, comprenant une note de synthèse, un commentaire de texte et une composition. En suivant, les archivistes en herbe passent les oraux. Cela consiste d'abord en une épreuve de langue vivante. Une autre, technique, porte au choix sur les institutions françaises du xxe siècle ou sur la conservation. Attention, cette dernière est très très spécifique !
Est-il possible d'évoluer ?
Par le biais de concours internes, on peut évoluer dans les collectivités. Plus on gravit les échelons territoriaux, plus les moyens techniques, les responsabilités et la gestion d'équipe deviennent intéressants. Il est possible également de s'orienter vers des fonctions proches, telles que bibliothécaire ou conservateur du patrimoine.
Avez-vous une anecdote à nous raconter ?
À brûle-pourpoint, je repense à une drôle de découverte. Nous avons retrouvé des photos, datant des années soixante, de l'astronaute Youri Gagarine qui inaugurait un gymnase portant son nom à Port-de-Bouc. Je trouve ça amusant de penser qu'au sommet de sa renommée, ce personnage historique s'est retrouvé dans une petite ville du Sud de la France pour l'inauguration d'un bâtiment public !
Un dernier mot ?
Je tiens à rassurer les jeunes gens qui nous lisent et qui sont terrorisés à l'idée de passer les concours. Aujourd'hui, le privé recrute massivement. Dans 10-15 ans, je suis prêt à parier que les archivistes œuvreront autant pour le domaine public que dans des entreprises privées. Ce métier n'est pas inaccessible.
En savoir plus sur les concours : www.studya.com
Dossier réalisé par la MAIF, septembre 2010.
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