Attaché territorial

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Finalement, on ne sait pas grand-chose des attachés territoriaux. S'agit-il d'un métier ? D'un statut ? Sur les forums de préparation aux concours, les candidats débattent sans fin au sujet de cette fonction administrative. Concours impossible à obtenir pour certains, formalité pour d'autres… Emma Torres, professionnelle aguerrie en détachement à l'École normale supérieure, rue d'Ulm à Paris, nous livre les secrets de sa profession, avec passion et engagement.
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Commençons par cette question qui semble diviser les internautes, attaché territorial est donc un grade ou un métier ?
Les deux ! Le grade d'attaché ouvre vers des métiers. Ce statut permet de manager une équipe et donne accès à des responsabilités. On trouve au sein des différentes administrations locales, des attachés territoriaux dans tous les services, ils sont chargés de missions d'étude et de conseil pour les décisions de politique locale.
Quelle est la nature de ce métier ?
Force de proposition, l'attaché doit pouvoir mener à bien, une ou des missions, confiées par un élu. Nous sommes aussi un relais entre la hiérarchie et l'équipe que nous manageons. Peu importe le domaine — et ils sont étendus — l'attaché est un fonctionnaire qui doit exécuter un travail administratif conséquent et être présent sur tous les fronts. Selon notre spécialité, nous sommes amenés à participer à la conception, à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques décidées dans les domaines administratif, financier, économique, sanitaire, social et culturel…
Quelles sont vos missions au jour le jour ?
Oh, je ne m'ennuie pas vous allez voir. Comme beaucoup d'attachés, je suis en détachement. C'est assez fréquent. Je suis responsable de la dépense, chargée de l'exécution budgétaire. Je veille à ce que la réglementation comptable soit respectée. J'ai également différentes missions de relais. Que ce soit avec le comptable ou par rapport au service gestionnaire. J'ai une mission de veille juridique et financière. Je dois connaître les règles des marchés publics. Je gère et rédige tout ce qui est convention, subvention et formulation des actes juridiques. Tout ceci n'est pas figé : en 20 ans de carrière, je peux vous affirmer que les journées ne se ressemblent pas.
Vous voulez dire que le métier évolue ?
Parfaitement. On attend des professionnels administratifs qu'ils sachent s'adapter. Je vous donne un exemple : je gère la dette, les emprunts… car pour réaliser toutes nos missions, nous avons recours à des prêts. Aujourd'hui, les taux de change et les produits bancaires ont évolué. Nous devons mettre alors en concurrence les différentes offres. Nous sommes sur le pont et on nous demande d'être très réactifs, d'anticiper. Encore une fois, rien n'est figé. On est loin du cliché, de l'administratif qui se tourne les pouces sur son bureau !
Qu'est-ce que l'on attend d'autre d'un attaché territorial ?
De la rigueur bien sûr. Il faut s'investir sans quoi, ça ne fonctionne pas. Je pense qu'il est indispensable de savoir se renouveler. Le métier change. Une bonne culture générale favorise cette capacité d'adaptation dont je parlais précédemment. Il est impératif d'être à l'écoute et de savoir travailler en groupe. Autre point capital, garder à l'esprit que l'on fait partie d'une équipe. On attend de nous, que nous sachions faire preuve d'une réelle aptitude aux relations humaines. On nous demande d'être organisés, autonomes et d'avoir le sens du service public. On ne peut pas travailler seul ou pour soi.
Quel conseil donneriez-vous aux plus jeunes qui rêvent de marcher sur vos traces ?
En premier lieu, je leur dirais d'être conscients de l'opportunité qui leur est offerte. Encore une fois, il faut vraiment s'investir et faire corps avec la profession. Je dirais également qu'il est impératif de trouver très tôt sa voie. Les domaines sont nombreux et il n'est pas inutile de se spécialiser le plus rapidement possible. De manière générale, il faut savoir aller au-delà de son poste. Comprendre le rouage de la collectivité pour laquelle on œuvre, permet de se sentir plus à l'aise. On fait partie d'un même navire, d'une même équipe. Et nous avançons tous, les uns avec les autres, au service d'un public. Bien connaître son métier et être curieux de son environnement, la voilà la clé du succès !
Et sur le trousseau du succès, une autre clé serait les concours ? Pouvez-vous nous en dire un mot ?
Il existe trois formes de concours. Un externe, un interne et un troisième pour les personnes qui justifient de quatre années d'expérience minimum dans la fonction publique. Dans ces trois cas, les candidats passent des épreuves d'admissibilité, écrites et d'admissions, orales. Pour les externes et internes, il y a en plus une épreuve de langue facultative. Mon exemple n'est pas représentatif. En effet, il existe plusieurs façons de préparer les concours, avec des formations plus ou moins longues. Mais je ne voulais pas en passer par cette voie-là. Je ne suis pas très patiente ! Alors j'ai décidé de tout réviser en accéléré, par le biais, d'une Université d'été, en 15 jours ! Cependant, que les candidats gardent bien en tête que le concours est compliqué. Tout l'enjeu consiste à bien cerner ce que l'on attend de vous. Prenez cette épreuve comme une vraie commande. Pensez en professionnels, car le jury attend de voir ce que vous avez dans le ventre.
Un mot de fin ?
Je suis très fière de mon métier. J'ai 46 ans et j'en suis à mon cinquième « employeur ». Le plus drôle c'est que mon mari, qui est dans le privé, est dans la même boîte depuis 20 ans. J'aime bien aller à l'encontre des idées reçues.
En savoir plus :
Dossier réalisé par la MAIF, novembre 2011.
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