Orthophoniste

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Professionnel de la santé, l'orthophoniste est spécialisé dans la correction des troubles de la parole, du langage et de l'apprentissage, à tous les âges de la vie. Ariane Diaz-Novellon qui exerce dans les Pyrénées-Orientales, a accepté de nous parler de cette profession encore jeune et massivement féminisée.
Comment se dit-on un jour, « et si je devenais orthophoniste » ?
Dès le lycée, j'ai tout mis en œuvre pour me diriger vers ce métier. J'ai rencontré une orthophoniste, je lui ai posé un tas de questions. Elle m'a parlé des aspects relationnels de son métier, du secteur médical, des sciences du langage, de biologie : une profession au carrefour de disciplines passionnantes avec au centre, l'humain. J'ai tenté les concours dès la terminale, sans préparation, pour voir à quoi cela pouvait ressembler. Bien entendu, ça n'a rien donné ! Après des études de psychologie à la fac, j'ai suivi une prépa à Montpellier pour décrocher enfin mon diplôme et exercer de façon libérale.
Aujourd'hui en quoi consistent vos missions ?
Elles s'organisent en plusieurs étapes. Tout d'abord, nous menons des actions préventives. Dans les écoles, nous informons les professionnels et participons aux réunions des équipes éducatives concernant les enfants en difficulté. Certains de mes collègues mènent également des campagnes sur des ondes locales. Nous intervenons dans le dépistage des troubles, en relation avec des médecins de famille ou scolaires. Enfin, nous participons à la « remédiation » de ces troubles. Je préfère ce terme à celui de « correction ».
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants, rêvant de se lancer dans cette profession ?
Rencontrez un ou des orthophonistes et prenez le temps de leur poser toutes les questions nécessaires. Il faut que vous ayez la certitude de choisir la bonne voie. Ce n'est pas un secteur évident. Nous sommes souvent confrontés à des situations complexes. Régulièrement, je vois des enfants que l'on place à la Ddass, par exemple. Il y a une envergure sociale à laquelle nous ne sommes pas toujours préparés. En plus, il faut bien que chacun comprenne que ce métier demande beaucoup de travail.
Pouvez-vous nous parler des concours ?
Il est de notoriété publique qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Pour vous donner un exemple, à l'époque de ma prépa à Montpellier, nous étions 700 à passer les examens pour 28 postes ! Mais ne vous découragez pas.
Les épreuves se passent en deux temps. Une, écrite, sorte de super bilan de soi, comprenant de la culture générale, une rédaction, une dictée… c'est assez variable selon les académies. L'autre, orale, s'articule autour d'un entretien de motivation, puis d'un autre avec un psychologue. On y étudie bien sûr votre diction. Il arrive que pour certains concours, il y ait de nouveau une épreuve écrite, portant sur une synthèse spécifique à la profession. Je conseille aux futurs orthophonistes de s'équiper du dictionnaire de la langue française et de s'entraîner en temps réel. La mise en situation peut-être très impressionnante et il est préférable de s'y préparer.
Peut-on évoluer au cours de sa carrière ?
Nous n'évoluons pas, en terme hiérarchique. En revanche, nous prenons en charge des troubles variés, il est possible, par le biais de la formation continue, de se spécialiser. Il arrive de passer du statut de salarié, à celui de libéral, et vice versa. Après 5 ans de pratique professionnelle, il est possible de préparer en un an, un diplôme de cadre de santé.
© PHOVOIR
À travailler avec des enfants tous les jours, vous devez avoir des milliers d'anecdotes ?
J'en fourmille, vous n'imaginez pas les perles de langage ! La dernière anecdote, me renvoie à cette petite Marie qui à la fin de la journée, jouait à l'orthophoniste chez elle, au milieu du salon. C'est vraiment touchant. Peut-être est-ce la naissance d'une vocation ?
Un mot de fin ?
J'invite toutes les personnes qui s'intéressent à notre secteur d'activité à se rendre sur le site www.orthophonistes.fr. Nous sommes actuellement en pleine bataille pour la revalorisation de l'Amo (Acte médical orthophonique) et de nos salaires. Car notre profession souffre encore d'une certaine austérité, et il est plus que temps que ça change.
Dossier réalisé par la MAIF, octobre 2010.
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