Sapeur pompier professionnel (SPP)

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Véritables héros de la civilisation moderne, courageux, faisant fi du danger, rien n'arrête les sapeurs pompiers professionnels (SPP). Qui se cache derrière ces casques dorés ? Hervé, SPP au Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) du Val d'Oise ouvre grand les portes de sa caserne, non sans un certain humour. L'occasion donc d'enfiler l'uniforme et de foncer sirène au vent, au secours des concitoyens !
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Parmi tous les clichés sur votre profession, lequel vous agace le plus ?
Le matou immobilisé dans l'arbre. Je n'en peux plus. À chaque fois que je rencontre de nouvelles personnes, il faut qu'elles me demandent si j'ai déjà secouru un chat. Je leur réponds toujours que oui et que les petits gâteaux secs et le verre de lait des grands-mères sont ma plus belle récompense !
Pouvez vous nous expliquer la différence entre un SP professionnel et un volontaire ?
Majoritairement, les sapeurs-pompiers sont volontaires. Il s'agit de civils qui exercent une autre activité, ils sont payés à l'heure. Ils s'aménagent des créneaux horaires de manière à pouvoir se libérer immédiatement en cas d'alerte. Ils participent aux entraînements et tours de garde. Il existe deux catégories de pompiers professionnels : les militaires de Paris et Marseille et les pompiers territoriaux rémunérés par les collectivités locales. A Paris, nous dépendons de l'Armée de terre et à Marseille de la Marine nationale.
Vous vivez à plein temps dans les casernes ?
Oui, le plus souvent. C'est mon cas. Mais certains sont affectés aussi dans les unités d'instruction et d'intervention de la Sécurité civile ou dans le groupement des moyens aériens.
Comment s'y déroule la vie au quotidien ?
Nous y faisons des permanences qui peuvent aller de 24 heures à 48 heures Il n'y a pas de journée type, c'est ce qui est bien dans ce métier : l'inattendu. Nous sommes amenés à intervenir à tout moment. Nos missions sont extrêmement variées, souvent éprouvantes, toujours difficiles, nouvelles et parfois très pénibles. Je dirai qu'à chaque fois elles comportent des risques importants.
Et pour autant, le métier n'est pas reconnu comme dangereux ?
En effet, mais c'est parce qu'il s'agit de vieux statuts qui ne sont pas réactualisés. Pourquoi ne le sont-ils pas ? C'est tout un débat dans lequel je me garderai bien de livrer mon avis. Le métier de cheminot par exemple est considéré comme un métier plus dangereux que le notre. J'imagine que c'était vrai à l'époque ou ces derniers manipulaient du charbon. Notre quotidien est d'agir dans des zones très risquées : mer, montagne, sur des sites industriels chimiques, nucléaires…ou simplement en ville où nous sommes en première ligne pour prévenir les risques multiples.
Quels sont vos domaines d'intervention ?
Le secours aux victimes et l'aide aux personnes représentent plus de la moitié de nos actions. Les opérations diverses, varient en fonction de la zone où l'on se trouve. Dégâts des eaux et inondations, captures d'animaux, mais pas forcément que de chats dans l'arbre ! S'ensuivent les incendies, les accidents de circulation, les risques technologiques. Au final, ces différents secours font l'objet d'une intervention toutes les 8 secondes en moyenne en France.
Qui peut-être SPP aujourd'hui ?
Chaque homme, chaque femme qui le désire. A ce propos, j'en profite pour dire qu'elles constituent un peu moins de 10% de l'effectif global (8% selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, NDLR) et je suis très heureux que le métier se féminise. Il faut obligatoirement être majeur et ne présenter aucune contrindication physique ou médicale. Il est important de partager le goût du travail en équipe, le courage, le sang froid, l'évaluation objective des risques, l'esprit d'initiative. Je ne vous apprends rien, si je vous dis qu'il faut une excellente aptitude physique.
Que conseillez-vous aux plus jeunes qui se préparent au même métier que le vôtre ?
Je trouve que l'on oublie souvent de parler des aptitudes sportives nécessaires à la profession. Mais l'endurance, la force, la souplesse, un bon mental sont pour moi des critères impératifs. Donc mon premier conseil est simple : faîtes du sport. Ne serait-ce que pour l'esprit d'équipe. Je ne connais pas un homme de terrain qui ne soit pas un bon ou un grand sportif. Je m'entraîne tous les jours, pour moi, c'est aussi une mesure préventive.
Après, il faut de la motivation. Pas un peu, pas à moitié, il faut être investi à fond. N'oubliez pas que vous risquez votre vie et celle de vos copains tous les jours. Plus qu'une vocation, il s'agit d'un véritable engagement. Ce qui m'amène à un autre point fondamental : le sens du devoir. SPP peut se résumer à cela.
Enfin, je tiens à préciser que les richesses de la profession sont très nombreuses, mais très peu matérielles. Aux gens intéressés : circulez ! D'autant plus que pour devenir pompier professionnel, il faut le plus souvent en passer par le volontariat.
Pouvez-vous nous parler des concours pour devenir un professionnel ?
Vous l'avez dit, nous sommes recrutés sur concours, toujours en fonction des postes vacants. Concrètement, un jeune de plus de 18 ans, brevet des collèges en poche, peut prétendre aux épreuves pour devenir 2e classe. Ensuite, il existe un autre concours plus élevé pour aspirer directement au titre de lieutenant. Il est ouvert aux titulaires d'une licence. Tous les candidats sont soumis, au préalable, à des tests psychotechniques et à un entretien de motivation.
De quelle nature sont les épreuves ?
Il s'agit d'abord d'épreuves sportives et écrites, puis d'un entretien. L'admissibilité passe par des tests de natation, de l'équilibre statique, de l'endurance musculaire abdominale et cardio-respiratoire. Les candidats sont également jugés sur leur souplesse, leur vitesse et leur coordination. C'est pour ça que j'insiste tant sur le sport. Toujours pour l'admissibilité : l'écrit. Là il s'agit d'un questionnaire à partir de document, puis de problèmes mathématiques. L'horreur pour moi !
Pour l'admission, les aspirants exposent leurs motivations face à un jury. Et ensuite, il est possible de passer des épreuves de secourisme. J'encourage les jeunes à les passer et pour cela, connaître sur le bout des doigts, les techniques opérationnelles et matérielles du sapeur pompier. Si tout s'est bien passé, les retenus sont inscrits sur une liste d'aptitude, valable deux ans. Attention : être inscrit n'implique pas un recrutement systématique et immédiat. C'est aux personnes reçues de postuler dans des zones de leur choix. Et ce n'est pas fini. Une fois que vous décrochez un poste, vous êtes recruté en tant que stagiaire pendant une année. Vous entamez votre formation initiale pour une durée de 16 semaines, au moins. C'est plutôt rassurant de voir que l'on ne largue pas les jeunes sur des missions comme ça, non ?
Absolument. A ce propos pourriez vous nous raconter une mission particulièrement marquante ?
J'ai secouru un chat qui était resté coincé dans un arbre, sa propriétaire, une dame âgée en avait les larmes aux yeux, tant elle était contente. Quelle gratification.
En savoir plus :
Dossier réalisé par la MAIF, décembre 2012.
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