L'Allemagne

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Les chiffres clés

Fiche d'identité
  • 1990 : réunification du territoire allemand ;
  • Superficie : 357 000 km2 ;
  • Population en 2012 : 80 millions d'habitants ;
  • Densité : 231 habitants/ km2 ;
  • Indice de fécondité : 1,3 enfants/ femme ;
  • Taux de natalité : 8,1 ‰ ;
  • Taux de mortalité : 11 ‰ ;
  • Espérance de vie : 82,7 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes ;
  • IDH en 2012 : 5e rang mondial ;
  • Capitale : Berlin, 3,4 millions d'habitants.

La fiche


L'Allemagne possède la première économie du continent, mais c'est aussi le pays le plus peuplé de l'Union européenne. Après la chute du mur de Berlin en 1989 et la réunification en 1990, le pays s'est repositionné en Europe : l'élargissement de l'Union européenne en cours (surtout vers l'Est) l'Allemagne dans une situation géographique favorable.
L'Allemagne a connu de profonds bouleversements territoriaux au cours de son histoire. Elle s'étend aujourd'hui sur 357 000 km2 qui résultent de l'intégration de l'Allemagne de l'Est en 1990. Son organisation administrative et politique est originale : des Länder de taille et de population variables la composent.
L'Allemagne est aussi un carrefour en Europe, centré sur l'axe rhénan, voie navigable essentielle aux échanges. Elle est aujourd'hui la 3e puissance économique mondiale après les États-Unis et le Japon. Mais le pays souffre de la concurrence internationale en raison de ses coûts de production élevés et d'une main-d'œuvre exigeante.
Les dynamiques du territoire allemand opposent l'Ouest rhénan et les Länder du sud aux régions moins peuplées de l'Allemagne du Nord et aux Länder de l'Est qui commencent à sortir de grandes difficultés.
Le territoire allemand
Le rôle de l'histoire
• L'Allemagne a connu des bouleversements territoriaux importants tout au long de son histoire et particulièrement au xxe siècle. Les deux guerres mondiales ont conduit à des pertes territoriales, surtout à l'Est. Lors de la guerre froide, le pays a été divisé en deux de 1949 à 1989 : la République fédérale d'Allemagne (avec Bonn pour capitale) était rattachée au bloc dominé par les États-Unis ; la République démocratique allemande, communiste, était sous tutelle soviétique avec Berlin-Est pour capitale. L'Allemagne actuelle résulte de la fusion de la RDA et de la RFA en 1990. La réunification s'est faite rapidement par intégration progressive de la RDA, selon le modèle démocratique, fédéral et capitaliste de la RFA. En 2000, le nouvel État a pris Berlin pour capitale.
• Après cette réunification, l'Allemagne est devenue le pays le plus peuplé d'Europe avec 83 millions habitants. Elle est constituée de régions densément peuplées (230 habitants/ km2, soit deux fois la densité française). L'Allemagne est un des pays les plus urbanisés d'Europe et du monde (87 % de la population globale). On n'y trouve pas de très grandes villes comme Londres ou Paris, mais le réseau des agglomérations est dense et équilibré, tout le long de l'axe rhénan.
Le fédéralisme allemand
• Comme l'Autriche et la Suisse, l'Allemagne a une organisation fédérale due à une longue tradition historique qui est celle des États germaniques. Le pays est divisé en seize Länder de taille et de population variables. Les pouvoirs sont répartis entre les Länder et l'État fédéral qui gère les affaires communes : affaires étrangères, défense, transports et communications.
• Le territoire est dirigé selon une politique de décentralisation des fonctions fédérales : le gouvernement et le Bundestag (Parlement) siègent à Berlin, tandis que la banque fédérale est à Francfort. Le Land a ses propres domaines de compétence dans l'enseignement, l'économie, l'aménagement du territoire et la culture. Chaque Land possède son administration et son budget fondé sur la redistribution des impôts collectés par l'État fédéral. Cependant, les nouveaux Länder de l'Est sont dans une situation plus difficile faute de réels moyens financiers.
Une situation de carrefour en Europe
• Depuis 1990, l'Allemagne occupe une position centrale en Europe. Dans la perspective de l'élargissement de l'Union vers l'Est, Berlin se trouve exactement au centre de l'Union européenne. L'Allemagne se tourne de plus en plus vers les marges orientales de l'UE, dont elle est le principal créancier (plus de 50 % des prêts), pour favoriser les délocalisations industrielles, les investissements ou la sous-traitance.
• L'importance des réseaux de transport fait de l'Allemagne un véritable carrefour. Le Rhin est une voie navigable essentielle pour l'Europe, reliant les pays du Sud à l'un des plus grands ports du monde, Rotterdam. Les réseaux autoroutiers rattachent l'Allemagne à toute l'Europe, qui profite ainsi des retombées du tourisme allemand. L'aéroport international de Francfort est une plaque tournante essentielle à l'échelle nationale, européenne et mondiale.
Zoom
La répartition de la population en Allemagne© rue des écoles
La répartition de la population en Allemagne
La troisième puissance économique mondiale
Industries et commerce
• L'Allemagne est la 1re puissance économique européenne et la 3e mondiale, derrière les États-Unis et le Japon. Sa puissance repose essentiellement sur sa réussite industrielle dans les domaines de la chimie (BASF), de l'industrie mécanique, notamment automobile (Volkswagen, Mercedes), et de l'électronique (Siemens). Le secteur tertiaire est également très dynamique. L'activité bancaire place l'Allemagne au premier plan européen et au deuxième plan mondial. Francfort accueille les sièges sociaux des trois plus grandes banques allemandes, de la banque fédérale et de la banque européenne. Le secteur boursier (Francfort est une des premières places européennes) et celui des assurances (Allianz) sont également des points forts de l'économie du pays.
• L'Allemagne est aussi une puissance commerciale : elle est le 2e exportateur mondial après les États-Unis et sa balance commerciale est excédentaire. Ses échanges se font principalement avec l'Union européenne (42 % avec la zone euro) et la France est son partenaire majeur. L'Allemagne se recentre actuellement sur les pays d'Europe centrale et orientale.
Des atouts incontestables
• Le succès économique de l'Allemagne s'explique en partie par une longue tradition industrielle qui donne aux produits allemands, distribués par un réseau commercial efficace, une réputation de sérieux et de qualité. L'industrie allemande s'appuie à la fois sur un tissu très dense de petites et moyennes entreprises, permettant une localisation très étendue et variée, et sur les Konzern (groupements d'entreprises). Les grandes banques contrôlent et financent leur développement en accordant des crédits pour la recherche et l'innovation. L'importance de la population allemande (atout démographique) et son niveau de vie élevé expliquent aussi cette réussite.
• Les Allemands bénéficient d'un système éducatif performant (apprentissage, formation professionnelle) qui, même s'il est de plus en plus remis en cause, permet au pays de disposer d'une main-d'œuvre qualifiée. Par ailleurs, la cogestion des entreprises (patronat/ syndicats) permet d'éviter les conflits violents. L'État intervient peu, sinon comme régulateur à l'intérieur de l'économie sociale de marché.
Un modèle menacé
• Le modèle de réussite allemand est en difficulté depuis la crise des années 1980. En 2006, le pays compte 3,8 millions de chômeurs, et la croissance économique est ralentie. Cette défaillance a été aggravée par les coûts sociaux et fiscaux imposés par la réunification. L'Allemagne souffre de la concurrence internationale ; ses coûts de production sont trop élevés et sa main-d'œuvre manque de flexibilité.
• Le patronat allemand change progressivement de mentalité pour se rapprocher du modèle américain. Les syndicats deviennent moins puissants (déstabilisés par l'arrivée sur le marché du travail des salariés issus de l'ex-RDA qui sont moins rémunérés et moins revendicatifs). Par ailleurs, les entreprises allemandes cherchent à délocaliser leurs unités de production dans des pays à bas coût de main-d'œuvre, en particulier en Europe centrale et orientale.
Les dynamiques territoriales
Le Rhin, épine dorsale
• Les régions de l'Ouest allemand sont situées au cœur de la mégalopole européenne. Elles constituent le centre vital de l'Allemagne, car elles sont les plus peuplées, les plus industrialisées et les plus riches du pays. Le Rhin, voie navigable intérieure la plus active d'Europe et du monde, en est la colonne vertébrale. La conurbation Rhin-Ruhr rassemble 11 millions d'habitants, partagés entre plusieurs Länder. Elle se caractérise par un très dense réseau de voies de communication drainant des flux considérables. Le déclin des activités liées au charbon et à la sidérurgie ne l'empêche pas de demeurer la 1re région industrielle du monde.
• Cette région a su se reconvertir grâce à de nouvelles industries mécaniques, électriques et électroniques et à l'essor d'un puissant secteur tertiaire. Francfort est la métropole financière de l'Ouest rhénan. Depuis la réunification, sa position sur le territoire allemand est moins centrale que celle de Berlin. La ville a cependant renforcé son influence européenne en accueillant la BCE (Banque centrale européenne ). Elle reste en outre un centre très important de foires et de salons internationaux.
Le dynamisme des Suds
• Les Länder de Bavière et du Bade-Wurtemberg sont des régions prospères qui ont su profiter d'une position de carrefour et d'un cadre de vie agréable. Sans passé charbonnier, elles sont moins marquées par le vieillissement industriel des « pays noirs » et ont pu accueillir des activités dynamiques : industries de haute technologie, automobile, aéronautique, industries électriques et électroniques, tertiaire de haut niveau. L'agriculture y est également performante.
• Un environnement attractif fait de la Bavière le premier espace touristique du pays. C'est une sorte de Sun Belt (« ceinture du soleil ») de l'Allemagne. Munich, capitale de la Bavière, symbolise l'essor des régions du Sud ; avec 1,2 million d'habitants, c'est la troisième ville du pays, qui domine un réseau urbain monocentrique. La ville est un pôle économique majeur du Land : la production industrielle est organisée depuis les sièges sociaux des entreprises comme celui de BMW, qui dirige un réseau complexe de sous-traitants.
• Stuttgart, 1,1 million d'habitants, est la capitale du Land le plus riche d'Allemagne : le Bade-Wurtemberg. La cité doit sa renommée à l'automobile avec le siège social et les usines de Mercedes. Comme Munich, Stuttgart est un centre tertiaire, financier, culturel et universitaire très important.
Les périphéries allemandes
• L'Allemagne du Nord est beaucoup moins peuplée que le reste du pays. Son ouverture sur la mer du Nord et sur la Baltique lui assure une activité maritime importante. Son principal port, Hambourg, est la seule vraie métropole du Nord et la deuxième ville du pays.
• La réunification de l'Allemagne s'est traduite par une assimilation très rapide des régions de l'ex-RDA par la RFA. Ce passage à une économie capitaliste a entraîné une très forte désindustrialisation des nouveaux Länder, accompagnée d'un chômage massif. Grâce aux subventions de l'État fédéral et de l'UE, d'importants travaux, notamment pour relier les infrastructures routières et ferroviaires, ont été réalisés. Pourtant, le fossé entre l'Est et l'Ouest demeure. Le choix de Berlin comme capitale devrait renforcer le rôle de ces nouveaux Länder de l'Est, dans la mesure où l'ouverture européenne aux PECO (Pays d'Europe centrale et orientale) a contribué à déplacer le centre de gravité de l'Union vers l'Est.

Zoom sur…

Berlin, capitale excentrée ?
Choisie pour devenir en 2000 la nouvelle capitale de l'Allemagne réunifiée, Berlin, qui succède à Bonn, accueille aujourd'hui le Parlement et le gouvernement allemands. La ville a connu une histoire mouvementée, qui résume bien celle de l'Allemagne. Elle fut la capitale de l'Allemagne féodale, puis de la Prusse, celle du IIe Reich et celle de l'État nazi. Détruite en 1945 puis divisée en deux de 1949 à 1989, Berlin prétend redevenir une des grandes métropoles européennes. Cependant, elle est aujourd'hui très excentrée par rapport à la mégalopole européenne et aux centres de décision de l'Union.
À l'avenir, Berlin jouera certainement un rôle international de premier plan, qui se profile déjà dans une double stratégie visant à s'appuyer sur les pays de l'Est pour se faire une place dans le réseau des métropoles occidentales et à utiliser son appartenance à l'Europe de l'Ouest pour se placer, à travers l'assistance technique et les investissements privés, dans le développement économique et social de l'est de l'Europe. Déjà, Berlin tisse des liens de type nouveau avec les capitales d'Europe centrale, fondés sur des considérations géopolitiques tenant à la position orientale de la ville. Berlin se tourne ainsi vers Varsovie, Prague, Budapest et Vienne.

Repères bibliographiques

  • J.-C. Boyer, Géographie humaine de l'Allemagne, Armand Colin, 2000.
  • J.-P. Marchand, P. Riquet, Europe du Nord, Europe médiane, Géographie universelle, Belin-Reclus, 1996.
  • Berlin, capitale au bord du gouffre, Challenges, n° 193, janvier 2003.
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