La Chine

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Les chiffres clés

Fiche d'identité
  • Population : 1,35 milliard d'habitants, 20 % de l'humanité ;
  • Superficie : 9,6 millions de km2, 19 fois la France ;
  • Densité : 140 habitants/ km2 ;
  • PIBen PPA : 9 400 $/ habitant ;
  • Taux de natalité : 12,3‰ ;
  • Taux de mortalité : 7,2‰ ;
  • Indice de fécondité : 1,5 enfant par femme ;
  • Espérance de vie à la naissance : 73 ans pour les hommes ; 77 ans pour les femmes ;
  • IDH : 0,728 ; 101e rang mondial en 2012.

La fiche

• En 1949, la guerre civile entre le Parti communiste chinois et le Guomindang prend fin. Les communistes s'emparent de la Chine continentale (île de Hainan incluse), alors que l'île de Taïwan et d'autres îles éloignées du Fujiant, est attribuée au Guomindang. Le 1er octobre 1949, Mao Zedong déclare la fondation de la République populaire de Chine, sur la place Tian'anmen, à Pékin. La période qui suit est marquée par le régime autoritaire de Mao Zedong. En 1966, Mao lance la Révolution culturelle, qui engendre le pillage d'une grande partie du patrimoine culturel chinois. Une période de chaos s'ensuit.
• En 1976, Mao meurt et c'est Deng Xiaoping, alors considéré comme le leader des réformistes, qui se hisse au pouvoir. La veuve de Mao, Jiang Qing et ses associés, la Bande des Quatre, sont arrêtés et jugés. Depuis, le gouvernement a considérablement réduit le contrôle gouvernemental de la vie privée des individus et opéré une transition de l'économie de type planifié à une économie mixte. Les partisans de la réforme économique prônent l'ouverture du marché chinois, pour parvenir à la constitution d'une classe moyenne urbaine (15 % de la population actuelle) et à une amélioration du niveau de vie (qui s'est vérifié par une augmentation spectaculaire du revenu annuel, du niveau de consommation, de l'espérance de vie, de l'alphabétisme).
• Malgré son entrée dans une économie de marché globalisée et son accession à l'OMC, le Parti communiste chinois conserve le contrôle exclusif du pays et maintient sa politique répressive vis-à-vis de ses opposants, majoritairement issus de minorités (notamment du Tibet et du Xinjiang) ou vivant à l'étranger. La question des droits de l'homme demeure un sujet largement débattu et devient un moyen de pression économique. Les événements de la place Tian'anmen, les 3 et 4 juin 1989, ont entraîné un embargo sur les ventes d'armes à la Chine. La Chine a adopté sa Constitution actuelle le 4 décembre 1982.
« L'éveil » de la Chine
De l'autarcie à l'ouverture
• La Chine a connu de 1949 à la fin des années 1970, un régime communiste dogmatique, dirigé par Mao Zedong, qui a abouti à un désastre sur le plan économique et social. L'époque dite du « Grand Bond en avant » de 1958 à1961 a conduit la Chine à une grave famine, cachée à l'opinion publique internationale. Les théories économiques de Mao visaient pourtant à assurer l'autosuffisance nationale, à promouvoir la simplicité de la vie et la supériorité du groupe sur les individus.
• Après sa mort, ses successeurs conduisent la politique des « quatre modernisations » (agriculture, industrie, science et défense). L'ouverture sur le monde et l'initiative individuelle sont ainsi clairement encouragées dès les années 1978-1980 (Deng Xiaoping). Mais le régime communiste reste ferme, comme en témoigne le massacre d'étudiants en 1989. Les derniers ajustements économiques consistent à donner leur part de responsabilité aux entreprises privées chinoises et étrangères. Cette nouvelle orientation (« les trois représentativités ») est due à Jiang Zemin, puis à Hu Jintao. La Chine a adhéré à l'OMC en 2001, mais reste un pays autoritaire.
Les nouveaux impératifs économiques
• Les dirigeants chinois ont pris conscience du retard économique du pays. Avec comme modèle Taïwan ou la Corée du Sud, la Chine a pour objectif de moderniser l'économie par un développement technologique et scientifique. Les infrastructures de télécommunication, indispensables à toute croissance et à tout progrès économiques, font l'objet d'un rattrapage systématique : centraux téléphoniques pour l'accès à Internet, téléphonie portable, etc. Parallèlement, les transports sont modernisés (routes, voies ferrées, ports et aéroports). Les crédits destinés à la recherche-développement ont doublé en 5 ans. Un effort particulier a été fourni en direction des universités (parfois en collaboration avec des pays étrangers) pour former des ingénieurs et des personnels qualifiés.
• Mais la mutation essentielle touche la privatisation de l'économie. Les entreprises d'État sont aujourd'hui dépassées et remplacées progressivement par des sociétés privées. Ces dernières appuient leur développement sur des capitaux étrangers ou s'associent avec des entreprises étrangères (joint-venture).
Les inégalités territoriales
L'attrait des littoraux
• Les littoraux de la façade pacifique sont incontestablement les espaces les plus dynamiques, car ouverts sur le monde. Jadis concentrées autour de trois pôles principaux (Pékin ou Beijing, Tianjin et Shanghai), les entreprises se sont installées dans toutes les villes des régions littorales. Ainsi, la situation économique des régions litttorales est loin d'être égale. Certaines, comme la Mandchourie, font figure de « pays noirs » en reconversion. Les entreprises d'État, vieillies et mal gérées, expliquent les difficultés. Les taux de chômage dépassent localement 40 %. En revanche, Pékin doit sa modernisation à son statut de capitale : des parcs technologiques performants associent des industries de pointe, et la fonction tertiaire (proximité des administrations) attire les investissements de capitaux étrangers.
• Dès la fin des années 1970, les premières zones économiques spéciales (ZES) se sont ouvertes. Ces espaces accueillent des entreprises asiatiques et occidentales délocalisées, profitant d'une main-d'œuvre bon marché qu'il a fallu cependant qualifier. L'abandon du modèle de développement autarcique en faveur d'une croissance tirée par les exportations est à l'origine d'implantations industrielles dans le secteur textile, automobile ou électronique. D'abord implantées à Hong Kong (rattachées à la Chine depuis 1997) des sociétés financières internationales investissent dans tous les sites de la façade maritime (en particulier dans le delta de la rivière des Perles ou à Guangzhou et Shenzen), le delta du Changjiang (Shanghai-Pudong) et la région de Tianjin–Pekin. Sous l'impulsion du gouvernement actuel, le dynamisme économique se diffuse maintenant vers les villes intérieures comme Xi'an ou Chengdu.
Les espaces périphériques
• La Chine reste un pays essentiellement rural. La moitié de la population active est employée dans l'agriculture. Les systèmes de culture qui opposaient les régions du Nord, vouées au blé, et les régions du Sud subtropical, vouées au riz, se sont diversifiés. Les progrès de la production céréalière ont fait disparaître les risques de famine. Plus récemment, les effets de la collectivisation se sont traduits par une augmentation de 25 % des récoltes en quelques années. Cette réussite répond presque totalement aux besoins de la population.
• Les campagnes demeurent à l'écart des transformations spectaculaires liées à la croissance. L'ouverture du marché chinois sur l'extérieur devrait résoudre le problème de la rentabilité des activités agricoles. Des gains de productivité sont nécessaires à cause de la réduction de la main-d'œuvre des campagnes, alors que, comme partout, l'intensification des rendements doit tenir compte des problèmes d'environnement et de gestion de l'eau. Les campagnes chinoises sont encore très marquées par la misère. En 2006, on compte environ 36 millions de paysans pauvres, entraînant un important exode rural vers les villes.
Une puissance économique en devenir
La Chine et les investissements internationaux
• Avec plus de 1 300 milliards de dollars, le PIB chinois est le 6e du monde, encore très loin derrière les États-Unis et le Japon. C'est surtout le rythme annuel de croissance de 7 % à 10% qui caractérise la situation économique de la Chine. Il en va de même pour le commerce extérieur. En vingt ans, la Chine est passée du 32e rang au 9e rang mondial. Sa balance commerciale est très excédentaire, ce qui permet d'accumuler des réserves de change et de fortes capacités d'investissement. L'essentiel de la croissance chinoise relève du secteur industriel (60 % du PIB).
• Placée aujourd'hui au 4e rang mondial, la Chine produit la moitié des appareils photos du monde, 30 % des téléviseurs, 35 % de l'électroménager. Ces productions proviennent en grande partie de firmes étrangères délocalisées qui continuent à investir massivement. Des chantiers gigantesques (quartier de Pudong à Shanghai, barrage des Trois Gorges, construction d'aéroports et de routes, aménagement des zones portuaires, etc.) permettent au pays de s'équiper. Enfin, la consommation de biens courants est en très forte hausse, surtout chez les cadres fortunés, et le marché intérieur potentiel chinois intéresse au plus haut point les multinationales étrangères.
Une ambition mondiale
• Le développement de la Chine doit normalement entraîner une augmentation des salaires moyens. Cependant, les firmes étrangères qui investissent en Chine sont surtout attirées par le faible coût de la main-d'œuvre. Aussi, devant cette difficulté, le gouvernement chinois doit-il choisir entre une amélioration du niveau de vie de ses habitants et le développement de sa croissance. De plus en plus de ruraux arrivent en ville à la recherche d'un emploi, mais le chômage freine l'augmentation des salaires. Par ailleurs, le déficit des entreprises publiques, la corruption des administrations, la contrefaçon et le clientélisme sont les principaux problèmes à résoudre dans les années à venir.
• La Chine a aussi fait le pari de la technologie : l'affirmation de la puissance chinoise dans le domaine spatial aimerait faire oublier le renforcement de son potentiel militaire, qui inquiète ses voisins et partenaires économiques, en particulier la Corée du Sud et Taïwan. La Chine compte enfin sur l'organisation des Jeux olympiques en 2008 pour montrer au monde son savoir-faire et gagner la confiance des puissances occidentales.
Zoom
La répartition de la population en Chine© rue des écoles
La répartition de la population en Chine

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La dépendance énergétique chinoise
En 2003, la consommation énergétique de la Chine se répartissait entre le charbon (64 %), le pétrole (27 %), l'hydroélectricité (5,5 %), le gaz naturel (3 %) et l'énergie nucléaire (0,5 %). Les besoins énergétiques chinois dépassent actuellement les ressources disponibles : des coupures fréquentes ont lieu dans des villes moyennes, et certaines usines doivent cesser leur activité plusieurs heures durant la période de pointe, notamment dans les zones industrielles du littoral. En 2003, la République populaire de Chine produisait 79 % de son électricité à partir du charbon (1,4 milliard de tonnes en 2002), mais cette industrie est très polluante. Par ailleurs, les conditions d'exploitation du charbon sont désastreuses et occasionnent régulièrement des morts dans les mines.
230 millions de tonnes de pétrole sont produites chaque année, dont 70 % exploitées en Chine, le reste provenant surtout de Russie et du Moyen-Orient. La consommation de pétrole augmente à un rythme rapide (12 % par an), liée notamment à la croissance du parc automobile (56 millions de voitures sont prévues à l'horizon 2010). Au 2e rang après les États-Unis, la Chine importe, en 2005, 5,4 % du pétrole brut mondial. La même année, le pays consomme 8 % de la production mondiale de pétrole, chiffre qui ne fait qu'augmenter.
Enfin, il existe de nombreux projets d'approvisionnement en gaz naturel, notamment en provenance d'Australie. Mais cet approvisionnement, dans un contexte de hausse des prix du pétrole, rend la Chine potentiellement vulnérable économiquement et justifie ses efforts envers des « États voyous » comme le Soudan.

Repères bibliographiques

  • P. Gentelle, Chine, un continent… et au-delà ?, La Documentation française, 2001.
  • P. Gentelle, Chine, Japon, Corée, Géographie universelle, Belin-Reclus, 1996.
  • J. Delvert et alii, « La Chine », article de l'Encyclopédia Universalis, 2002.
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