La croissance depuis la fin des années 1970

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En bref

• En économie, la croissance désigne l'évolution annuelle, exprimée en pourcentage, du PIB (produit intérieur brut) ou du PNB (produit national brut). Pour éviter le problème dû à l'augmentation des prix, la croissance est calculée en « monnaie constante » (hors inflation), le PIB étant corrigé de l'augmentation de l'indice des prix.
Le PIB mesure la valeur totale de la production d'un pays, c'est-à-dire l'ensemble des activités économiques d'un pays, sans tenir compte de la nationalité de production de cette activité (il tient compte des entreprises, françaises et étrangères, sur le sol français).
• À la différence du PIB, le PNB inclut également les revenus nets provenant de l'étranger, c'est-à-dire le rendement sur les investissements faits à l'étranger moins le rendement sur les investissements étrangers faits dans le pays. Plus simplement, le PNB est « national » parce qu'il est le reflet de l'argent généré par les résidents du pays en question, mais il n'est pas « intérieur » parce qu'une partie en est produite à l'étranger. Le PNB est au sommet de l'arbre des indicateurs économiques.

Les différentes croissances

• Deux types de croissance doivent être distinguées : la croissance extensive et la croissance intensive.
• La croissance extensive est l'augmentation des quantités de facteurs de production (culture de nouvelles terres, ouverture de nouvelles usines). Cette croissance génère des créations d'emplois.
• La croissance intensive est l'augmentation, par des gains de productivité, de la production de facteurs de production identiques, notamment sans création d'emplois supplémentaires.
• Une croissance du PIB n'implique pas nécessairement une élévation du niveau de vie. Si la croissance démographique est plus rapide que la croissance du PIB, le PIB par habitant diminue.
En fait, la croissance correspond, pour une nation, à une augmentation soutenue et durable (pendant une période suffisamment longue) de la production de biens et de services appréhendée par le PIB ou le PNB.

Le ralentissement de la croissance depuis les années 1970

Les dernières décennies ont vu se succéder une série de cycles de croissance soutenue et de récession ou de faible croissance.
• Les signes avant-coureurs du ralentissement de la croissance se font sentir dès la fin des années 1960 (surproductions agricoles, développement des inégalités, etc.). L'essoufflement d'un système fondé sur les gains de productivité et la consommation de masse, le dérèglement monétaire provoqué par la fin des accords de Bretton Woods en 1971 et les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 vont déstabiliser le monde.
• En 1973, après une aggravation des relations entre Israël et ses voisins, l'Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) décide de quadrupler le prix du baril de pétrole, ce qui provoque une crise économique (1973-1974), puis un ralentissement de la croissance.
La période qui suit se caractérise par une succession de crises (avec le second choc pétrolier en 1979-1982, puis encore en 1987) et de périodes de reprise. La croissance économique n'est plus régulière : on parle de croissance molle.
Entre 1975 et 1985, l'inflation dépasse les 10 % (on parle de stagflation). L'inflation sera vaincue par la suite, mais les États n'arriveront pas à trouver une solution au problème du chômage de masse.
• Les années 1980 marquent l'augmentation des coûts de production avec le prix de l'énergie et des matières premières. Les entreprises se mécanisent puis délocalisent leurs chaînes de production en dehors des PDEM (pays développés à économie de marché), où le chômage et les inégalités sociales augmentent. La consommation s'essouffle, ce qui génère de la surproduction. La concurrence internationale des pays où la main-d'œuvre coûte moins chère est de plus en plus importante et une nouvelle division internationale du travail émerge.
• Une nouvelle crise en 2007-2009 est générée par la spéculation et le surendettement, qui a durement touché les pays développés à économie de marché, alors que les puissances économiques émergentes ont mieux résisté.
Cette crise a débuté avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faibles revenus pour rembourser les crédits qui leur avaient été consentis pour l'achat de leur logement. Ces crédits étaient destinés à des emprunteurs qui ne présentaient pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d'intérêt préférentiels (en anglais prime rate), mais seulement à des taux moins préférentiels (subprime).
Cette crise a entraîné une crise financière et une crise de confiance envers les banques qui s'est propagée rapidement au sein de la zone euro (qui a dû rapidement mettre en place un plan de sauvetage des banques européennes).

La recherche d'un autre mode de croissance

• Des voix s'élèvent pour remettre en cause le modèle de développement des PDEM et cherchent la voie d'un développement durable conciliant développement économique, amélioration du niveau de vie des sociétés et respect de l'environnement.
Il n'y a plus, de nos jours, une puissance économique dominant seule l'économie-monde. Depuis les années 1970, de nouvelles puissances industrielles ont émergé. Aujourd'hui, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) comptent à l'échelle internationale et sont membres du G20.
• Certains pays pauvres se sont développés en attirant les chaînes de production des grandes firmes multinationales, qui n'hésitent pas à délocaliser leurs usines pour trouver une main-d'œuvre nombreuse et bon marché.
Plusieurs pôles économiques ont émergé : l'Alena en 1992 (Alliance de libre-échange nord-américaine avec le Canada, un PDEM, et le Mexique, un pays « émergent »), l'Union européenne, qui est le premier pôle économique mondial (elle produit 28,4 % du PIB mondial et forme le premier marché du monde)…

La situation économique française en 2013 : la reprise ?

• La consolidation budgétaire (hausses d'impôts, réductions de la dépense publique) comme le redémarrage à faible allure de l'investissement des entreprises sont autant d'éléments qui ne militent pas en faveur d'un dynamisme retrouvé de la demande intérieure.
Le marché de l'emploi devrait progresser en raison de la montée en puissance des emplois d'avenir. Si 21 500 contrats ont été signés au premier semestre, l'objectif pour l'ensemble de l'année 2013 est de 100 000.

Pour en savoir plus

• « La croissance dans tous ses états », Alternatives économiques, Hors-série n° 97, avril 2013.
• Jean Arrous, Croissance et Fluctuations : macroéconomie de longue période, Dalloz, « Mémento », 1991.
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