La population française

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Les chiffres clés

Fiche d'identité
Superficie : 551 600 km2
Population : (estimation 2013) : 65,8 millions d'habitants
Évolution au xxe siècle :
1914 : 42,1 millions
1931 : 42,6 millions
1941 : 41,3 millions
1975 : 53,8 millions
Densité moyenne : 108 habitants/ km2
Taux de natalité : 12,5‰
Taux de mortalité : 8,8‰
Taux de mortalité infantile : 3,3‰
Population des départements et territoires d'outre-mer : Réunion : 838 000 ; Guyane : 240 000 ; Martinique : 390 000 ; Guadeloupe : 404 000 ; Mayotte : 209 000 ; Nouvelle-Calédonie, 248 000 ; Polynésie française : 275 000

La fiche

La France est un des pays les plus peuplés d'Europe. Si la population a augmenté de 50 % depuis 1945, celle-ci se distribue de manière très inégale sur le territoire. Les villes gagnent en superficie et rassemblent 44 millions de personnes dans les aires urbaines. Comme tous les pays d'Europe de l'Ouest, la France a une population qui vieillit. Pourtant le pourcentage des naissances est un des plus fort du continent. La société est en constante mutation.
Les dynamiques démographiques
Le vieillissement de la population
La démographie française est originale en Europe : on note depuis 1993 une hausse régulière des naissances (environ 750 000 par an). L'indice conjoncturel de fécondité est d'ailleurs remonté à près de 2,1 enfants par femme en 2006 (1,65 en 1995), alors que d'autres pays comme l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie connaissent une sous-natalité. On doit noter cependant, que la France occupe une position particulière en Europe. Elle parvient à maintenir une fécondité relativement élevée qui la place au deuxième rang derrière l'Irlande. Le niveau des naissances se maintient depuis 2000, et l'effet « millénium » a été confirmé dans les années qui ont suivi. Une telle natalité n'avait pas été observée depuis vingt ans. L'indicateur conjoncturel de fécondité progressent légèrement. Proche de 2,1 enfants par femme en 2006, il n'atteignait que 1,73 cinq ans auparavant. Les femmes de plus de 35 ans sont celles qui ont le plus d'enfants. L'âge moyen de la maternité et de 29,4 ans, alors qu'il était de 26,8 ans en 1980. Enfin, 43 % des naissances se font hors mariage.
Cependant,le trait dominant est le vieillissement de la population. L'espérance de vie est de 76 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Les plus de 60 ans représentent 22 % de la population totale, contre 20% en 1990.. Le nombre de décès diminue. Il est estimé à 550 000 en 2006. Le solde naturel est positif avec un reliquat d'environ 250 000 personnes. L'espérance de vie progresse chaque année, avec un décalage entre les hommes et les femmes qui se tasse légèrement. Les Françaises détiennent le record de longévité en Europe. Cette répartition, voisine de la moyenne de l'Union européenne, est nettement plus favorable que dans des États comme l'Allemagne ou l'Italie. La pyramide des âges se resserre à la base et s'élargit au sommet du fait du vieillissement durable.
La « France des jeunes » et la « France des vieux »
On peut remarquer que les régions du Nord, de l'Est et de Rhône-Alpes ont plutôt une population jeune alors que le Sud, l'Ouest et le Centre ont une part de personnes âgées plus importante que la moyenne nationale. Les départements ruraux du Massif central vieillissent, de même que les littoraux méditerranéens et atlantiques vers lesquels migrent les retraités à la recherche d'un climat et d'un cadre de vie agréables. Les migrations interrégionales se font en direction des régions du Sud et de l'Ouest, même si la région parisienne n'a rien perdu de son attractivité. La population française se caractérise en effet par sa mobilité. Les migrations internes tendent à faire glisser la population du Nord vers le Sud. Les régions les plus attractives forment un croissant périphérique qui court de la Bretagne à l'Alsace en passant par les midis. Entre 1975 et 1999 (date officielle du dernier recensement), les régions septentrionales et de l'Île-de-France ont perdu près de 2 millions d'habitants par déficit migratoire, tandis que les cinq régions méridionales en gagnaient autant. Cette mobilité de la population doit être mise en relation avec la nouvelle localisation des entreprises dans le territoire et l'héliotropisme. Mais la distribution de la population n'évolue que très lentement. En effet, l'impact de la mobilité des populations sur le peuplement est limité ou contrarié par le solde naturel. Ainsi, grâce à sa natalité élevée, la population du Nordi - Pas-de-Calais s'est lentement accrue en dépit du contexte de crise industrielle et de forte émigration. En revanche, le déficit des naissances sur les décès a entraîné une diminution de population en Auvergne et dans le Limousin, où le solde migratoire est pourtant excédentaire. À une échelle géographique inférieure, l'évolution du peuplement se calque sur celle des aires urbaines. Les plus dynamiques se situent le long des littoraux méditerranéens et atlantique. Là, les migrations compensent largement un solde naturel en diminution.
L'immigration
La France est une terre d'immigration. Sans elle, notre population ne serait pas si jeune et si nombreuse. On estime qu'un cinquième des Français a un grand-père ou une grand-mère d'origine étrangère. L'origine des immigrés a changé. Les pays limitrophes de la France comme l'Espagne ou l'Italie sont devenus à leur tour des pays d'immigration, et le recrutement se fait aujourd'hui depuis des périphéries plus lointaines comme le Maghreb ou l'Afrique noire. L'excédent migratoire, estimé à 95 000 personnes en 2005, reste le plus faible de l'Union européenne. Il contribue à l'augmentation de la population. Les étrangers n'ayant pas acquis la nationalité française sont officiellement au nombre de 4 millions en 2004. Les personnes françaises d'origine immigrée sont plus de 5 millions (étrangers nés hors de France, naturalisés ou « Français par acquisition »). Leurs enfants nés en France sont Français. Ainsi, les Français de naissance ne sont que 53 millions. L'immigration a permis le maintien de l'équilibre démographique, mais la position de ces communautés au bas de l'échelle sociale et leur fort taux de chômage ne facilitent pas leur intégration et favorisent les dérives politiques. La distribution spatiale montre une forte concentration des populations étrangères dans les grandes zones urbaines. L'Île-de-France accueille 2/5e des communautés. La France de l'Ouest abrite moins étrangers. Cette concentration se retrouve à grande échelle dans certains quartiers défavorisés des centres villes ou des grands ensembles de la périphérie.
Zoom
La répartition de la population en France© rue des écoles
La répartition de la population en France
L'inégal peuplement du territoire
La France, pays sous peuplé, à l'échelle de l'Europe
Par rapport aux autres pays d'Europe occidentale, la France, avec une densité de population de 108 habitants au km2, fait depuis longtemps figure de « désert relatif ». Les densités moyennes de population allemandes ou anglaises sont plus de deux fois supérieures, les densités belges et hollandaises plus de trois et quatre fois. L'essentiel de la population française se concentre sur quelques lieux. Plus de 40 % des habitants occupent 1/100e du territoire, tandis qu' une très grande partie du pays demeure peu peuplée : 10 % des habitants vivent sur 2/3 de la superficie.
Jusqu'au xixe siècle, le peuplement fut plus dispersé et plus homogène qu'aujourd'hui. Depuis, les contrastes se sont accusés. Les migrations internes ont été le facteur fondamental du changement. L'Île-de-France (sa population a été multipliée par 8 en deux siècles, celle des départements de la petite couronne parisienne par 50), et plus modestement les régions industrielles de l'Est et du Nord (région lyonnaise, Alsace, Nord - Pas-de-Calais) ont longtemps été les principales bénéficiaires de ce mouvement de concentration, au détriment des régions du Centre et de l'Ouest. Après la Seconde Guerre mondiale, la reprise démographique, la modification des données économiques et des formes de l'urbanisation ont davantage équilibré la répartition de la population.
Les fortes densités
La région Île-de-France regroupe 20 % de la population française sur à peine 2 % du territoire. On observe à Paris et dans sa banlieue proche des densités de l'ordre de 8 000 habitants par km2. Les autres grands foyers de peuplement sont les grandes agglomérations (Lyon, Marseille, Lille), le Nord et le Nord-Est du pays, ainsi que les grandes vallées fluviales (Saône-Rhône, Garonne, Loire et Seine). On peut aussi noter des aires de fort peuplement le long des littoraux (Méditerranée, Atlantique, Manche). Outre ces foyers principaux de densité, on note la présence de foyers secondaires : les bassins industriels et urbains du Nord - Pas-de-Calais sont très densément peuplés (450 habitants par km2 dans le département du Nord), ainsi que la Lorraine, l'Alsace et la région Rhône-Alpes. Ailleurs, les concentrations de population ne sont que ponctuelles, associées aux grandes villes ou métropoles régionales : Nancy - Metz, Grenoble, Toulouse, Clermont-Ferrand, Rennes.
La « France du vide »
Une vaste zone de faibles densités traverse la France des Ardennes aux Pyrénées, en passant par le Massif central : c'est la diagonale du vide. Sur un 1/3 de la superficie, les densités restent souvent inférieures à 15 habitants par km2. Cette désertification est liée à un vieillissement de la population dans les zones du « rural profond ». D'autres régions (les zones de montagnes, la Corse, les Landes) sont peu peuplées. Cette « France du vide », dépeuplée, est composée de territoires à dominante rurale et agricole, avec des villes petites ou moyennes, souvent peu dynamiques. L'Auvergne, par exemple, est une région de moyenne montagne peu peuplée, située au cœur du Massif central. Dans un milieu plutôt contraignant, la campagne occupe une place importante. Cependant, l'Auvergne est un véritable « poumon vert » de la France. La région peut valoriser un riche patrimoine naturel et culturel. La désertification des campagnes s'est cependant atténuée récemment grâce aux résidences secondaires et aux activités liées au tourisme vert.

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La population des territoires d'outre-mer
La population de la France d'outre-mer est fortement variée. Côte à côte vivent des Noirs, descendants d'esclaves, des Créoles blancs, des immigrants (chinois et indiens à la Réunion ; en provenance du Brésil ou du Surinam pour la Guyane ; des îles Caraïbes pour la Martinique et la Guadeloupe), de nombreux métis, ainsi que des fonctionnaires venus de métropole. Les particularismes culturels demeurent très marqués. La transition démographique s'achève, mais la proportion de jeunes contraste avec le vieillissement généralisé que connaît l'Europe occidentale et donc la métropole. Les plus fortes densités se concentrent sur les rivages des îles de la Réunion, de la Guadeloupe et de la Martinique. L'émigration vers la métropole reste importante et n'est pas compensée par les retours au pays.

Repères bibliographiques

D. Noin, Y. Chauvire, La Population de la France, Armand Colin, 2002.
P. Dewitte, Deux siècles d'immigration en France, La documentation française, 2003.
F. Damette et J. Scheibling, Le Territoire français, permanences et mutations, Hachette, 2003.
D. Noin, Le Nouvel espace français, Armand Colin, 2003.
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