Le commerce mondial

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Les définitions clés

Firmes transnationales : entités juridiques et économiques complexes dont le chiffre d'affaires est égal ou supérieur à 500 millions de dollars et qui réalisent plus du quart de leurs échanges avec des filiales localisées dans six pays différents au minimum. Si toutes ces conditions ne sont pas respectées, on parle de firmes multinationales (FMN).
IDE : Investissements directs à l'étranger. Investissements d'une firme multinationale qui crée une filaile ou rachète une entreprise dans un autre pays que son pays d'origine.
OMC : Organisation mondiale du commerce. Créée en 1995, elle succède au GATT (General Agreement on Tariffs and Trade, datant de 1947) et établit le fonctionnement des échanges commerciaux dans le monde et favorise le libre-échange en supprimant les droits de douanes.
ALENA : Accord de libre-échange nord-américain. Zone commerciale régionale protégée créée en 1994. Elle regroupe les États-Unis, le Canada et le Mexique
ASEAN : Association of Southeast Asian Nations. Pacte économique créé en 1967 regroupant un certain nombre de pays asiatiques dont l'Indonésie, Singapour, les Philippines, la Malaisie, la Thaïlande, Brunei et le Vietnam
APEC : Asia Pacific Economic Cooperation. Instance de discussion créée en 1989 qui réunit des pays ayant au moins une façade maritime Pacifique ; en font partie : les États-Unis, le Canada, le Mexique et de nombreux pays dAsie.
MERCOSUR : fondé par le traité d'Asunción en 1991, cet ensemble régional regroupe actuellement six pays d'Amérique du Sud : le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay, le Vénézuela (depuis 2006) et la Bolivie (depuis 2012).

La fiche

Les progrès techniques des moyens de transports, la mondialisation et l'interdépendance des économies expliquent l'explosion des flux commerciaux mondiaux. Les échanges ont été multipliés par 60 en 40 ans. Les transports maritimes assurent les 3/4 des flux de marchandises grâce à des navires spécialisés (pétroliers géants, minéraliers, porte-conteneurs). Les tonnages de produits agricoles et de matières premières sont aujourd'hui dépassés par ceux des produits manufacturés qui constituent les 3/4 en valeur. Dans le monde, les acteurs principaux des échanges internationaux sont des firmes transnationales ou des États ou groupes d'États, qui évoluent dans le cadre d'alliances économiques, comme l'Union européenne, l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) ou le MERCOSUR (pour l'Amérique latine).
L'explosion des échanges mondiaux
Le commerce, moteur de l'activité économique
La mondialisation accélère et élargit géographiquement les flux internationaux de produits et de services, ce qui se traduit par une concurrence féroce entre les entreprises et les territoires. Comme le précise Laurent Carroué dans son ouvrage sur la mondialisation, l'économie mondiale "apparaît comme un emboîtement d'économies plus ou moins interconnectées et interdépendantes". Le commerce international est devenu le moteur de l'économie globale. Ainsi, les exportations ont été multipliées par 2,5 en trente-cinq ans, passant de 17 % du PIB mondial, en 1970, à 24 %.
Les produits échangés appartiennent à plusieurs catégories. Les matières premières et les sources d'énergie restent un enjeu stratégique très important : c'est le cas du pétrole ou du gaz pour les pays industrialisés et des produits agricoles pour les pays en développement. Le commerce des produits manufacturés domine les échanges mondiaux et représente près des 3/4 des exportations mondiales. La vente de machines et de matériels de transport (avions, trains à grande vitesse, métros automatiques) constitue un secteur de pointe, comptant pour 40 % en valeur des produits exportés dans le monde. Les biens de consommation (vêtements, matériels électriques et électroniques) sont souvent fabriqués dans les pays-ateliers à faible coût de main-d'œuvre afin de satisfaire les besoins locaux. Mais, une part importante de ces produits est exportée vers les pays riches. Les flux commerciaux bénéficient du développement du libre-échange, encouragé par l'Organisation mondiale du commerce, créée en 1994. Cet organisme a ainsi unifié les réglements commerciaux et réduit les barrières douanières. Mais, périodiquement, des voix s'élèvent contre cette libéralisation des échanges internationaux dont profitent surtout les pays du Nord. Le mouvement altermondialiste milite en faveur d'une meilleure prise en compte des pays en développement dans l'intégration commerciale mondiale.
Des relations commerciales polarisées
D'une manière générale, les flux commerciaux s'opèrent de façon inégale entre les différentes parties du monde. La Triade représente près de 90 % des échanges mondiaux. Les 3/4 des flux commerciaux concernent des flux Nord-Nord et des échanges intrazones. Pour l'Union européenne, par exemple, les échanges intracommunautaires comptent pour 70 % des flux des États membres. Le commerce des pays exportateurs s'effectue aussi avec d'autres pays n'appartenant pas à la Triade, mais dans le cadre de relations privilégiées avec des États voisins : ainsi, l'Amérique du Sud exporte 63 % de ses produits vers les États-Unis et le Canada. On note la montée en puissance des nouveaux pays industrialisés d'Asie (NPIA), dont le commerce avec les pays développés croît très rapidement.
En revanche, les PMA restent à l'écart des grands flux mondiaux de commerce. Les régions marginales du commerce international demeurent très dépendantes des pôles majeurs. Un grand nombre de PED n'ont pas les capacités suffisantes pour s'intégrer au commerce mondial. Elles produisent, en effet, des produits bruts qui représentent peu en valeur. Pourtant, l'Asie de l'Est fait exception, assurant près de 80 % des exportations de biens manufacturés des PED.
Les acteurs de la mondialisation des échanges
Les firmes multinationales
Les firmes multinationales ou transnationales, emploient près de 80 millions de salariés dans le monde. Elles sont des éléments moteurs du commerce mondial. Entre 1970 et 2002, leur nombre a été multiplié par 10 et le nombre de leurs filiales par 30. Leurs ventes, leurs chiffres d'affaires et leurs profits ont crû considérablement. Les deux tiers du commerce mondial sont constitués par des échanges internes entre la maison mère et ses filiales situées dans différents pays. Les investissements des firmes transnationales ont été multipliés par 60 en 40 ans. Les flux d'IDE (investissements directs à l'étranger) traduisent bien l'intégration de certains espaces et la marginalisation d'autres. Trente États, parmi les plus riches de la planète, polarisent 90 % des IDE : ce sont d'abord les pays de la Triade (avec en tête les États-Unis), les NPI asiatiques (Singapour, Taïwan…), Israël et les pays du golfe Persique, producteurs de pétrole (Émirats arabes unis, Koweït, Qatar…) où les investissements sont très rentables et peu risqués.
Des relations commerciales à plusieurs échelles
Les stratégies des grandes firmes multinationales ou transnationales (Coca-Cola, Mc Donald's, Nike) s'expriment à l'échelle mondiale : il s'agit de promouvoir des modes de consommation uniformisés pour l'ensemble des pays de la planète. Cependant, bon nombre de pays restent à l'écart de ces modèles occidentaux et privilégient des habitudes et coutumes alimentaires et culturelles, nationales ou régionales.
Par ailleurs, les États demeurent d'influents acteurs en matière de régulation économique. En effet, certaines décisions (quotas, contingentement de produits) restent l'apanage des États ou de la réunion d'États. On note le renforcement d'institutions plurinationales qui forment des alliances économiques, voire politiques. On peut citer l'Union européenne (27 pays membres en 2007), l'ALENA (États-Unis, Canada et Mexique) ou encore les zones de coopération asiatiques, comme l'ASEAN ou l'APEC, ou sud-américaine (MERCOSUR). Ces regroupements d'États expriment une tendance à la régionalisation de l'économie mondiale : le regroupement permet d'être plus efficace dans la compétition économique et commerciale planétaire. L'intégration de ces territoires est peu effective sauf pour l'UE qui a créé une zone monétaire commune autour de l'euro.
D'autres instances de niveau international se sont développées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'OCDE s'occupe de coopération et de développement économique ; l'OMC régule les échanges ; le FMI (Fonds monétaire international) et la BIRD (ou Banque mondiale) aident les pays les plus pauvres. Toutes ces institutions (proches des États-Unis) visent à promouvoir les échanges mondiaux en éliminant les formes de protectionnisme. Dans les pays pauvres, comme dans les pays riches, les oppositions sont de plus en vives face à cette libéralisation « sauvage » des échanges.
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L'organisation du commerce mondial© rue des écoles
L'organisation du commerce mondial

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L'Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a succédé au GATT, l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, en vigueur depuis près de cinquante ans. Sa création, à l'issue d'un cycle de négociations, l'Uruguay Round, qui a duré huit ans et s'est achevé en décembre 1993, a marqué une nouvelle étape dans l'organisation du commerce international. Elle est entérinée par les accords de Marrakech d'avril 1994. Il ne s'agit plus d'un simple code de bonne conduite entre pays mais d'une législation appliquée par une véritable institution internationale (ce qui n'était pas le cas du GATT).
La création de l'Organe de règlement des différends (ORD), une sorte de tribunal chargé d'arbitrer les différends commerciaux, met théoriquement sur un pied d'égalité juridique ses 149 pays membres. Il donne, en effet, aux pays en développement la possibilité de se retourner contre les pays riches. C'est la grande nouveauté par rapport au GATT : les pays membres s'engagent à ne pas agir unilatéralement en cas de conflit commercial, mais à recourir au système de règlement multilatéral. Si un contentieux survient, ils disposent de 60 jours pour trouver un terrain d'entente « compatible avec les règles de l'OMC ». À ce terme, si les négociations ont échoué, l'affaire est portée devant l'OMC : le plaignant demande la création d'une commission d'arbitrage qui établit un rapport dans un délai de six mois maximum. Dans les deux mois suivants, soit le rapport est adopté par l'ORD, soit il est rejeté à l'unanimité, soit il fait l'objet d'un appel. Auquel cas, l'organe d'appel doit rendre son avis dans un délai de deux mois et demi.

Repères bibliographiques

L. Carroué, Géographie de la mondialisation, Armand Colin, 2002.
Site Internet de l'OMC : www.wto.org
Site Internet de la CNUCED (commerce et développement) : www.unctad.org
Site Internet du bureau des statistiques des transports : www.bts.gov
Site Internet du Mercosur (en espagnol ou en portugais) : www.mercosur.int
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