Le Japon

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Les chiffres clés

  • Superficie : 377 750 km2 soit les 2/3 de la France ; 4 000 îles s'étirant sur 2 000 km ;
  • Population : 127,3 millions d'habitants ;
  • Densité : 337 habitants/ km2 ;
  • Taux de natalité : 8,4 ‰ ;
  • Taux de mortalité : 9,2 ‰ ;
  • Taux de fécondité : 1,4 enfants par femme ;
  • Espérance de vie : hommes, 80 ans ; femmes, 87 ans ;
  • Capitale : Tokyo, 30 millions d'habitants pour l'aire urbaine.

La fiche

Le Japon est un archipel exigu qui s'étend sur 377 750 km2. La densité moyenne de population (340 habitants/ km2) cache mal les disparités d'occupation du territoire : la mégalopole compte à elle seule 90 millions d'habitants.
Le Japon est aussi le pays des tremblements de terre et des tsunamis. La mer y joue un rôle majeur, tant par les activités de pêche que par les ports ouverts sur le monde. Comme dans l'ensemble des pays riches, la population japonaise vieillit. Pourtant, le dynamisme du pays s'exprime par ses activités industrielles et commerciales qui en font la deuxième puissance économique de la planète.
Si les hautes technologies sont aujourd'hui une branche dominante, l'industrie japonaise garde une supériorité dans de nombreux autres secteurs, comme l'automobile. Le Japon est un grand pays commerçant qui possède un rôle majeur en Asie orientale. Il exporte principalement ses produits vers les grands pays riches mais reste une puissance de second plan dans le domaine politique, militaire et diplomatique.
Population et territoire
Les contraintes et les atouts du territoire
• Le Japon est un archipel composé de près de 4 000 îles, s'étirant sur plus de 2 000 km. Quatre îles principales composent le pays : Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu (du nord au sud). Cet ensemble couvre 377 750 km2, soit les 2/3 de la France, pour une population deux fois plus nombreuse (130 millions d'habitants). La densité moyenne est de 340 habitants/ km2. Les 4/5e du territoire japonais sont formés de montagnes et de collines. Par ailleurs, les forêts, vides d'hommes, couvrent les 2/3 de l'ensemble.
La population du pays se concentre ainsi sur d'étroites plaines littorales, mal reliées entre elles. C'est sur ces espaces limités que s'installent les grandes villes du pays.
• L'autre caractère du territoire japonais est son instabilité : les quatre îles principales sont situées à la rencontre de quatre plaques tectoniques. Les Japonais sont confrontés à de fréquents tremblements de terre (Tokyo-Yokohama, 1923 : 150 000 morts ; Kobé, 1995 : 6 000 morts). On compte aussi sur le territoire japonais plus de soixante volcans actifs. Les séismes sous-marins du Pacifique déclenchent parfois des vagues géantes ou tsunamis, qui ravagent les côtes.
Les Japonais ont ainsi développé une culture du risque : les constructions antisismiques sont généralisées, les bâtiments anti-tsunamis équipent les grands ports. Par ailleurs, on apprend aux écoliers les réflexes pour se protéger en cas de séisme.
• Bien que le Japon bénéficie de climats variés (continental et humide à Hokkaïdo, tropical à Kyushu) qui permettent une grande diversité d'activités agricoles, le pays ne produit que les 2/3 de ses besoins alimentaires.
L'agriculture est de plus en plus marginalisée du fait d'un espace cultivable très restreint (4 % des actifs vivent de l'agriculture et contribuent à 1 % du PIB national).
• La mer constitue un atout majeur au Japon. L'insularité permet au pays de disposer d'un domaine maritime important. Mais les conflits à propos de ces territoires marins sont nombreux avec les pays riverains d'Asie et la Russie.
Le Japon est en outre un pays traditionnellement tourné vers la pêche. Autrefois premier producteur mondial, il n'occupe plus aujourd'hui que la troisième position : la protection de certaines espèces, la concurrence d'autres pays (Chine, Pérou, Indonésie) et la fermeture de certaines zones économiques exclusives (portion de l'espace maritime située à moins de 200 milles marins des côtes, sur laquelle un État riverain exerce sa souveraineté économique) ont fait reculer la pêche japonaise.
L'aquaculture, elle, se maintient malgré les problèmes de pollution.
Mais le Japon est avant tout un géant commercial ouvert sur l'extérieur. Les ports japonais comptent parmi les plus importants du monde. Pour gagner de l'espace disponible, on construit des terre-pleins industriels et portuaires sur la mer.
La population japonaise
• Comme la plupart des pays riches, le Japon connaît une croissance démographique fortement ralentie. Pourtant, le pays avait déjà une population relativement nombreuse en 1900 (42 millions d'habitants) et en 1946 (73 millions d'habitants). À la fin de la guerre, on a pu craindre une surpopulation, ce qui a conduit à la mise en place d'une politique malthusienne de limitation des naissances.
Aujourd'hui, le Japon compte 130 millions d'habitants : le taux de natalité a fortement baissé (9,6 ‰), la mortalité se maintenant autour de 7,5 ‰. L'espérance de vie est l'une des plus élevées du monde : 85 ans pour les femmes et 79 ans pour les hommes.
• La densité moyenne (340 habitants/ km2) reflète mal l'inégale répartition de la population japonaise. Les montagnes et les collines sont peu occupées alors que les plaines côtières sont surpeuplées. La mégalopole japonaise, qui regroupe les agglomérations de Tokyo, Nagoya, Osaka et les villes jusqu'à Fukuoka (dans l'île de Kyushu), abrite un Japonais sur deux, sur à peine 10 % du territoire.
Le Japon, une très grande puissance économique
Les fondements de la puissance japonaise
• Vaincu et ruiné en 1945, le Japon est devenu 40 ans plus tard la seconde puissance économique de la planète. Pourtant, son rôle politique, militaire et culturel est encore réduit et la crise financière qui l'a atteint à la fin du xxe siècle a fragilisé ses positions.
Formation et travail
• Le niveau de formation des Japonais est élevé. Le système éducatif est fondé sur la concurrence entre les élèves, ce qui crée une forme d'émulation incitant à la réussite. Plus de 90 % des Japonais possèdent un niveau d'étude équivalent à celui du baccalauréat. Par ailleurs, les Japonais travaillent environ 1 900 heures par an contre 1 500 en moyenne en France ou en Allemagne.
• Ils n'ont qu'une vingtaine de journées de congés annuels. Si le taux de chômage est bas (4,8 % de la population active), le travail à temps partiel se développe, en particulier chez les femmes. Le principe longtemps en vigueur du travail à vie dans une entreprise est fortement remis en cause ces dernières années. Cela dit, les Japonais ont développé un large degré d'initiative et de responsabilité à tous les échelons de la chaîne productive : on parle de « cercle de qualité » pour une production « zéro défaut ».
Le rôle de l'État
• Depuis l'ère Meiji (1868-1912), l'État intervient dans le pilotage économique. La banque du Japon finance les projets alors que le MITI (Ministry of International Trade and Industry) informe les entreprises grâce à un réseau mondial (JETRO), encourage la recherche et fixe les normes de fabrication. Aujourd'hui, le MITI se préoccupe des atteintes à l'environnement.
Des entreprises performantes
• Le système des entreprises japonaises repose à la fois sur un réseau de très grandes firmes et sur la présence de PME performantes.
Les grandes entreprises sont intégrées à des conglomérats ou Keiretsu organisés autour d'une banque ou d'une société commerciale (Sogo Shosha) qui structure les pôles productifs des différents secteurs. Les PME assurent ainsi la moitié de la production industrielle ; ce sont soit des sous-traitants des grandes firmes, soit des petites sociétés très spécialisées.
• Les Japonais ont choisi d'implanter l'essentiel de leurs industries sur les littoraux. Ainsi, de grands complexes industrialo-portuaires importent les matières premières et exportent les produits manufacturés. Les terre-pleins industriels se multiplient sur la côte orientale, dite du « Japon de l'endroit ».
• Les industries de pointe comptent pour 1/4 de la production industrielle du Japon. Les secteurs privilégiés sont les matériels audiovisuels, la robotique, les biotechnologies et les semi-conducteurs. Le MITI aide la recherche-développement et crée des technopôles près des universités (une vingtaine de cités scientifiques, dont celle de Tsukuba au nord de Tokyo ou la Silicon Island à Kyushu).
Une industrie en recomposition
Le déclin des branches traditionnelles
• Après l'Allemagne, le Japon possède la part la plus élevée de population active employée dans l'industrie. Par le passé, le Japon importait massivement matières premières (fer, cuivre) et sources d'énergie (charbon, pétrole). Le choix du nucléaire (1/3 de la production d'électricité) et de l'hydro-électricité (10 % du total) a permis de diminuer la dépendance énergétique.
• La sidérurgie japonaise est en grande difficulté face à la concurrence de ses voisins asiatiques qui emploient une main-d'œuvre bon marché. Le Japon a délocalisé ses usines trop polluantes (par exemple, l'aluminium) vers d'autres pays d'Asie. La construction navale assure encore 30 % du total mondial.
Le rôle majeur de l'automobile
• Dans les années 1960, le Japon fait le choix de l'automobile comme industrie motrice.
Les grands constructeurs (Honda, Toyota) perfectionnent le fordisme : le « toyotisme » s'appuie sur une organisation exemplaire du travail qui impose les flux tendus, appelés encore principe du « juste à temps » et qui permettent la réduction des stocks, la polyvalence des personnels et la mise en place des cercles de qualité qui responsabilisent chaque acteur de la production.
• À partir des années 1990, les Japonais s'associent avec d'autres firmes automobiles étrangères (comme Renault/ Nissan), créant ainsi des « transplants » ou joint venture en Europe ou aux États-Unis. Toyota est devenu le premier producteur mondial avec plus de 10 millions de véhicules, dont la moitié est fabriquée hors du Japon.
Le Japon, en Asie orientale et dans le monde
Le Japon en Asie orientale
• La position du Japon au sein de l'Asie pacifique lui a permis d'envisager des liens étroits avec un certain nombre de pays de la zone. Outre les échanges privilégiés avec les États-Unis, le Japon se présente comme le chef de file d'une Asie orientale qui constitue à la fois un réservoir de main-d'œuvre à faible coût et un marché commercial potentiel à conquérir.
Dès la fin de la guerre de 1939-1945, le rôle stratégique du Japon a été essentiel pour les États-Unis dans le cadre de leur lutte contre le communisme (1949 : la Chine devient communiste ; 1950-1953 : guerre de Corée ; 1965-1973 : guerre du Viêtnam).
• Les relations entre le Japon et les pays d'Asie orientale ont toutefois été marquées par des tensions, souvent liées à la politique expansionniste du Japon. Ainsi, après la victoire contre la Russie en 1905, le Japon occupe la Corée entre 1910 et 1945. Puis c'est l'invasion de la Chine et la conquête de la Mandchourie dans les années 1930, avant la mise sous contrôle d'une grande partie de la région à partir de 1941 (Pearl Harbor).
La défaite de 1945 met fin à toute vélleité impérialiste du Japon. Ces différents épisodes expliquent qu'il existe encore des ressentiments forts à l'égard du Japon de la part de certains pays comme la Corée du Sud, Taïwan ou la République populaire de Chine.
• Le Japon peut être considéré comme une puissance régionale en Asie. Dès 1945 et la fin de la guerre, il doit reconstruire son économie. Cette période d'embellie est souvent appelée le « miracle japonais ». Le pays a bénéficié de l'aide des États-Unis qui voulaient éviter la contagion communiste. À partir des années 1950-1960, ces derniers encouragent les Japonais à favoriser le démarrage économique de quatre pays : Taïwan, Singapour, Hong-Kong et la Corée du Sud. Ces quatre « dragons » deviennent vite de nouveaux pays industriels asiatiques (NPIA).
Dans un second temps, le Japon transfère une partie de ses activités de production dans les NPIA, car les coûts salariaux sont trop élevés sur son sol. Puis, les NPIA cherchent à leur tour à délocaliser leur production vers de nouveaux pays asiatiques à la main d'œuvre encore moins chère. Ce sont les « bébés tigres » : Malaisie, Indonésie, Philippines, Chine littorale. Ces délocalisations en chaîne touchent aujourd'hui l'Inde, le Viêtnam, le Laos ou le Cambodge.
• Le Japon est devenu un partenaire commercial de premier rang en Asie orientale. Il importe principalement des produits agricoles, des matières premières et des sources d'énergie en provenance d'Australie (fer, charbon, uranium, blé, laine, etc.). D'Indonésie, de Malaisie ou de Brunei, le pays fait venir principalement les hydrocarbures dont il a besoin. Mais aujourd'hui, les produits manufacturés fabriqués en Asie orientale sont devenus le premier poste des importations en valeur : textile, électroménager, jouets, etc. Pour ce qui concerne les exportations japonaises, le pays vend à ses partenaires asiatiques des biens industriels et de plus en plus de produits de haute technologie. Le Japon intervient pour 30 % des importations de Taïwan, 27 % de Malaisie et 22 % de Chine. Le Japon s'associe de plus en plus souvent à des entreprises locales pour fabriquer en commun des automobiles ou des ordinateurs. À mesure que se développent les transferts de technologie, les pays asiatiques partenaires du Japon deviennent des concurrents. Par ailleurs, les investisseurs japonais sont très impliqués dans le développement d'entreprises dans les zones économiques spéciales (zes) de la Chine pacifique (Mitsubishi est présent à Shenzen).
Le Japon dans le monde
• Le Japon constitue un des trois pôles de la Triade. Les DVD Sony, les automobiles Toyota, les photocopieuses Canon sont autant de produits japonais vendus partout dans le monde. Le Japon est une grande puissance industrielle dont les produits sont fabriqués soit sur le sol japonais, soit dans une filiale à l'étranger. Les exportations japonaises comptent pour 9 % du total mondial (3 % en 1960). Elles sont constituées à 95 % de produits manufacturés dont les biens d'équipement et les biens de consommation représentent l'essentiel. Le pays exporte 26 % des automobiles mondiales, 28 % des matériels électroniques.
• Les capitaux japonais sont investis dans toutes les parties du monde et plus particulièrement dans les pays riches. Les banques et les grands groupes japonais sont propriétaires de biens immobiliers dans les grandes métropoles mondiales. Ils possèdent aussi des participations importantes dans de grandes entreprises étrangères. D'une manière générale, la balance commerciale japonaise est constamment excédentaire (de l'ordre de 150 milliards de dollars en 2005).
Le Japon commerce avec trois ensembles de pays :
  • les États-Unis (57 % d'exportations et 43 % d'importations) ;
  • l'Asie du Sud-Est (54 % d'exportations et 46 % d'importations) ;
  • l'Union européenne (62 % d'exportations et 38 % d'importations).
• Le commerce du Japon n'est déficitaire qu'avec les pays qui l'approvisionnent en matières premières et en sources d'énergie (pétrole du Moyen-Orient, fer et charbon d'Australie). Le commerce avec la Chine est également déficitaire à cause des achats japonais de produits de consommation à faible prix (textile, matériel électrique, voire électronique).
En France, le Japon vend ses automobiles, son matériel électronique grand public (DVD, caméscopes) et ses ordinateurs. En revanche, la France vend au Japon des avions Airbus, des produits de luxe (habillement, parfum) ainsi que des vins et spiritueux.
• Pourtant, la puissance japonaise est limitée par un certain nombre de handicaps. Le Japon dépend de l'étranger pour les secteurs agricoles et agroalimentaires. L'agriculture japonaise, quoique bien mécanisée, manque d'espace disponible. On estime donc que la balance agroalimentaire japonaise est déficitaire (50 %). Le Japon se fournit aux États-Unis, en Chine ou en Europe.
Le second secteur pour lequel le Japon doit massivement importer est celui des produits bruts, principalement les matières premières et sources d'énergie. 75 % des approvisionnements en pétrole proviennent du Moyen-Orient, les 25 % restants venant d'Indonésie ou de Chine. Le minerai de fer est importé d'Australie, du Brésil ou d'Inde.
• Le rôle majeur de l'économie japonaise dans le monde masque sa faible influence politique et diplomatique. La défaite de 1945 a durablement affecté le Japon. Comme l'Allemagne, autre grand vaincu du second conflit mondial, le Japon demande à entrer au Conseil de sécurité de l'ONU, dont il est un important pourvoyeur de fonds (12 % du total, contre 6 % pour la France).
Par ailleurs, le Japon, dans sa Constitution de 1946, s'interdit de déclarer la guerre et d'utiliser l'arme atomique. Pourtant, encouragés par les États-Unis, les Japonais ont équipé une armée (3e budget militaire après les États-Unis et la Russie). Depuis 1992, les militaires japonais peuvent faire partie des forces d'intervention de l'ONU pour maintenir la paix dans le monde.
Sur le plan international, on peut noter quelques avancées récentes. Le Japon est un membre influent du G7 (ou G8 si l'on inclut la Russie). Mais, d'une manière générale, il reste encore très dépendant des États-Unis et a du mal à s'affranchir de leur tutelle.
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L'organisation de l'espace japonais© rue des écoles
L'organisation de l'espace japonais

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Tokyo : une capitale mondiale
Tokyo regroupe plus de 30 millions d'habitants dans un cercle théorique de 50 km de rayon. La capitale nippone concentre les industries et les services les plus performants. Aujourd'hui, Tokyo est, avec New York et Londres, l'un des trois grands pôles de la Triade régissant les flux de richesses de la planète.
Le dynamisme de la région de Tokyo est soutenu par un remarquable ensemble continu de fonctions de productions matérielles et de services de gestion et d'information. Le Kanto, avec son extension vers le nord, est la plus puissante et la plus dynamique des régions industrielles de la planète. La grande technopole du Keihin (de Tokyo à Yokohama) regroupe les fonctions directrices (sièges sociaux d'entreprises, banques), les établissements de recherche fondamentale (universités, écoles spécialisées), les laboratoires privés ou publics de recherche-développement, les usines de produits en cours de développement.
Aujourd'hui, la concentration excessive des activités économiques dans la capitale japonaise a entraîné l'extension des surfaces disponibles, gagnées sur la mer. On construit des îles artificielles dans la baie de Tokyo où s'élèvent des immeubles de bureaux et qui jouxtent les terre-pleins portuaires et industriels.

Repères bibliographiques

  • Philippe Pelletier, Le Japon, Armand Colin, 2004.
  • Yves le Diascorn, Le Japon, miracle ou mirage ?, Ellipse, 2003.
  • Philippe Pelletier, Le Japon, une puissance en question, La Documentation photographique, n°8029, 2002.
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