Le Royaume-Uni

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Les chiffres clés

Fiche d'identité
Superficie : 244 050 km2
Population : 61 millions de personnes
Indice de fécondité : 1,7 enfant/ femme
Taux de natalité : 11,4‰
Taux de mortalité : 10,3‰
Espérance de vie : 80 ans pour les femmes, 75 ans pour les hommes
IDH : 14e rang mondial.
Capitale : Londres, 9 millions d'habitants

La fiche

Le Royaume-Uni présente quelque fortes singularités : il s'agit d'un royaume insulaire qui, au xixe siècle, domina le monde et constitue aujourd'hui la sixième puissance économique de la planète. Très marqué par l'influence océanique, le Royaume-Uni est un archipel situé au nord-ouest du continent européen, dont il n'est séparé que par le pas de Calais, large de 31 km. Le Royaume-Uni est constitué de quatre nations dont les revendications sont désormais prises en compte. Après avoir joué un rôle de premier plan comme puissance maritime, coloniale, commerciale et industrielle, le Royaume-Uni fonde sa puissance économique sur les activités tertiaires. La région de Londres est incontestablement le pôle dominant de l'archipel alors que des dynamismes régionaux se développent tant en Écosse qu'au pays de Galles. Entré dans l'Union européenne en 1973, le Royaume-Uni entretient parfois des relations ambiguës avec les États continentaux de l'espace communautaire.
L'ancrage européen d'un royaume insulaire
Un État composé de quatre nations
Le « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord » est un état composé de quatre nations ayant chacune conservé une forte personnalité :
  • l'Angleterre qui réalisa à son profit l'unité du pays et imposa partout sa langue, avec moins de succès sa religion : l'anglicanisme. On y trouve la capitale londonienne ;
  • Le pays de Galles fut intégré au royaume en 1536 tout en conservant une langue celte (le gallois), encore comprise par près du quart de la population ;
  • L'Écosse, au nord, fut soumise plus difficilement et plus tardivement, après avoir constitué un État indépendant de 1034 à 1707. Aujourd'hui, moins de 2 % des Écossais parlent le gaélique ; ils ont une religion distincte de l'anglicanisme : le presbytérianisme.
  • l'Irlande du Nord parle l'anglais et se divise entre catholiques minoritaires et protestants majoritaires.
Ces différentes nationalités sont désormais prises en compte : les lois votées par le parlement de Londres sont valables dans tout le royaume, à condition que trois votes séparés soit émis par l'Angleterre, l'Écosse et le pays de Galles. À l'intérieur du gouvernement central, trois secrétaires d'État sont respectivement chargés des affaires écossaises, galloises et irlandaises. Des pouvoirs décentralisés existent au niveau régional, avec des compétences de plus en plus étendues. À Édimbourg (Écosse), le Scottish office est compétent pour la police, la santé, l'agriculture, la pêche, l'éducation et le développement économique. Au pays de Galles, le Welsh Council de Cardiff a les mêmes attributions. Enfin, l'Irlande du Nord a un Parlement et un gouvernement régional à Belfast, avec une compétence étendue.
Les rapports ambigus avec l'UE
le Royaume-Uni (244 050 km2) est séparé du continent par un détroit de 32 km. C'est un archipel composé d'une île principale, la Grande-Bretagne, du nord-est de l'Irlande et d'une multitude d'îles. L'ensemble s'étire en latitude sur 1250 kilomètres, entre la latitude d'Amiens (le cap Lizard) et celle d'Helsinki (les îles Shetlands). Sur une superficie qui représente moins de la moitié de celle de la France vivent 61 millions de personnes. La densité moyenne (245 habitants par km2) est équivalente à plus du double de celle de la France. Cette population est très inégalement répartie : la plupart des Britanniques vivent sur environ 120 000 km2. De l'autre côté de la Manche, la population britannique s'est toujours pensée fortement différente de celle du continent, propension entretenue par la création d'un vaste empire avec laquelle des liens étaient privilégiés. De plus, ses relations historiques avec les États-Unis ont constamment existé. De ce fait, l'ancrage européen du Royaume-Uni est récent. Le pays n'est entré dans le marché commun qu'en 1973 et, selon certains, à contrecœur. Les positions diplomatiques du Royaume-Uni sont parfois surprenantes et opposées à celles de l'ensemble de l'Union européenne. Ces particularismes se sont par ailleurs exprimés par le refus du Royaume-Uni d'adopter l'euro comme monnaie.
Zoom
La répartition de la population au Royaume-Uni© rue des écoles
La répartition de la population au Royaume-Uni
Une reconversion réussie
Une politique rigoureuse de rattrapage
Le Royaume-Uni a longtemps été une très grande puissance industrielle en très forte mutation depuis les années 1920. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni avait construit un État providence avec l'aide de syndicats puissants. Avec la crise des années 1970, les structures industrielles sont devenues obsolètes. À partir de 1979, le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher entreprit à la fois de moderniser une économie souvent archaïque et de démanteler l'État providence. Au nom du libre jeu de l'économie de marché, ce gouvernement accélérera la fermeture des mines et des usines sidérurgiques. Les syndicats échouèrent dans leur opposition à cette brutale modernisation : l'échec de la grande grève des mineurs (1984-1985) symbolise la fin d'une époque, celle de la supériorité de charbon et de la puissance syndicale. L'autre volet de la politique de Mme Thatcher, poursuivie par les gouvernements qui lui succédèrent, est la privatisation de toute une série d'entreprises publiques, au prix de très nombreuses supressions d'emplois (British Airways en 1987, au métro de Londres).
De nouveaux atouts
La découverte et l'exploitation de pétrole et de gaz en mer du Nord, au cours des années 1970, sont arrivées à point nommé pour relayer le recul du charbon et donner un coup de fouet à une économie en décomposition. Le pays est aujourd'hui le quatrième producteur mondial de gaz naturel et le dixième producteur de pétrole. L'appel aux capitaux étrangers, dans le cadre de la politique libérale, a permis de moderniser l'appareil industriel et d'accélérer la modernisation économique. Depuis vingt-cinq ans, plus de 6000 sociétés étrangères (principalement américaines, européennes, proche-orientales ou japonaises) se sont installées au Royaume-Uni et réalisent un tiers de l'investissement international en Europe. Les récentes privatisations ont permis aux capitaux français de s'implanter davantage ( avec 1800 entreprises, la France est désormais le troisième investisseur étranger au Royaume-Uni, derrière les États-Unis et les Pays-Bas). La City londonienne demeure la première place financière européenne.
Les sacrifices de la modernisation
Cette politique de modernisation économique a été menée à marche forcée, sans tenir compte de ceux qui ne pouvaient pas suivre. Le nombre des exclus s'est multiplié. Des régions entières ont été sacrifiées : fermeture d'usines, quartiers ouvriers dégradés avec des friches industrielles, baisse du niveau d'assistance de l'État aux populations concernées… La pauvreté de certains quartiers se double d'un phénomène de ghettos où se sont rassemblées les populations étrangères venues du Commonwealth (Inde, Bangladesh, Pakistan, Jamaïque, etc.).
Les privatisations se sont traduites aussi par une perte d'autonomie : beaucoup d'entreprises symboles de l'industrie britannique ont été rachetées par des compagnies étrangères : Rolls-Royce est passée aux mains de BMW, Jaguar et Aston Martin ont été rachetées par Ford. Le plus célèbre des grands magasins londoniens, Harrods, est la propriété d'un riche financier égyptien ; une partie des chemins de fer britannique appartient à des sociétés françaises (dont Vivendi). Certaines privatisations n'ont pas été un réel succès. C'est le cas dans le secteur de l'énergie électrique où les entreprises sont très endettées et dans les chemins de fer dont le réseau a été mal modernisé.
L'organisation de l'espace britannique
Un centre dominant amarré à l'Europe
Londres, qui fut au cours de la seconde moitié du xixe siècle la plus grande ville du monde, demeure une cité d'importance internationale : l'agglomération, la plus étendue d'Europe, rassemble près de 9 millions d'habitants. Surtout, Londres est restée la capitale financière de l'Europe au deuxième rang mondial derrière New York. La politique de Mme Thatcher consistant à casser les secteurs économiques hérités du siècle précédent (charbon, métallurgie, textile) et à privatiser une grande partie de l'économie britannique a d'abord profité à la région londonienne, qui n'a cessé de renforcer son attraction sur les autres régions de l'archipel britannique. C'est le cas du marché de l'emploi des cadres supérieurs, surtout dans le secteur de la haute finance. Londres est ainsi toujours la ville qui concentre le plus de richesses en Europe. Le dynamisme de la capitale londonienne s'est communiqué aux campagnes périphériques, très urbanisées, ainsi qu'aux villes voisines, en particulier les villes universitaires de Cambridge et d'Oxford. Plusieurs villes nouvelles ont été créées à partir des années 1950 pour accueillir les nouveaux venus. Dans un rayon de 100 km autour de Londres, vivent plus de 21 millions de personnes. La côte sud de l'Angleterre, bien reliée à la capitale, est devenue une côte attractive (la Riviera britannique) où habitent retraités et actifs travaillant sur place ou à Londres. Le Sud-Est anglais est aujourd'hui une eurorégion parmi les plus performantes.
Des espaces émergents
La présence de gisements d'hydrocarbures sur le plateau continental britannique a permis à la façade de la mer du Nord de connaître un nouveau dynamisme. Les retombées financières du pétrole off-shore et les activités induites (terminaux, raffineries de pétrole et usines pétrochimiques sur le littoral) sont importantes. Les agglomérations comme Newcastle, qui devient attractive pour les investisseurs japonais, en bénéficie. Édimbourg, capitale de l'Écosse, a de célèbres universités. La ville est au cœur d'une région qui a souffert de la désindustrialisation mais qui a fait l'objet d'un formidable effort de reconversion. Un nouveau pôle de développement se développe, centré sur la haute technologie, le long de l'autoroute M8 qui relie Édimbourg à Glasgow : c'est la Silicon Glenn. Le nord de l'Angleterre n'est pas en reste avec le renouveau de la ville de Manchester, deuxième agglomération du pays avec plus de 3 millions d'habitants. Sa fonction industrielle a cédé la place à d'importantes activités tertiaires : Manchester est le premier centre britannique de salons et de manifestations internationales. Au pays de Galles, Cardiff, la capitale, a reconverti ses activités minières vers les services.
Des périphéries en difficulté
Le déclin des activités traditionnelles des pays noirs (extraction du charbon, sidérurgie, textile) est un héritage très lourd à gérer. Il s'est traduit par une forte désindustrialisation, des paysages de friches industrielles, un chômage élevé et des situations de crise urbaine. C'est le cas de l'Angleterre centrale autour de Sheffield et de Liverpool qui ont du mal à reconvertir leur économie. De même, les estuaires industriels de la mer du Nord (Tyne) sortent à peine de la crise. De manière générale, nombre de banlieues ouvrières et d'anciennes cités minières d'Angleterre et du pays de Galles constituent des secteurs délaissés du dynamisme britannique. En Irlande du Nord, la région de Belfast pâtit des héritages industriels anciens et du pourrissement de la situation politique dans un conflit qui oppose, depuis plus de trente ans, catholiques irlandais et protestants venus d'Angleterre. Enfin, les hautes terres d'Écosse et d'Angleterre sont devenues des espaces attrayants pour le tourisme en été, mais restent des territoires vides.

Zoom sur…

Londres, ville capitale
Londres est une capitale « totale ». Parmi sa population active, les 4/5e appartiennent au secteur tertiaire, témoignage de l'intensité des activités administratives, financières et commerciales. Le rôle intellectuel et artistique est comparable à celui de Paris : Londres a la plus importante des 52 universités du Royaume-Uni et, par sa réputation, se classe au troisième rang après Oxford et Cambridge ; elle dispose de 40 théâtres principaux, d'une trentaine de quotidiens et hebdomadaires (sur un total de 150 pour l'ensemble du Royaume-Uni).
Si le centralisme politique est moins important que celui de Paris en raison de la structure qui existe outre-Manche, le rôle économique et international, en revanche, est capital. La City est la place forte de la zone sterling, qui rassemble encore à l'intérieur et à l'extérieur du Commonwealth des États représentant le cinquième de la population mondiale, et faisant environ 25 % du commerce de la planète. En outre, la livre sterling est utilisée pour environ 40 % des transactions internationales. La City reste enfin la troisième bourse du monde. Aussi, Londres joue un rôle considérable comme place financière ; il en est de même en matière d'assurances (surtout maritimes : la fameuse Lloyd's). La capitale est également le siège de grandes sociétés internationales. Enfin, Londres est une plate-forme aéroportuaire de première importance avec Heathrow, pour les liaisons mondiales, et d'autres aéroports comme Luton ou Stansted qui privilégient les liaisons avec l'Europe, parfois avec des compagnies low cost.

Repères bibliographiques

J.-P. Marchand, Europe du Nord, Europe médiane, Géographie Universelle, Belin-Reclus, 1996.
L. Barber, Le Royaume-Uni dans l'Europe de demain, Études et recherches, 1998.
B. Dézert, L'Europe, géographie historique sociopolitique, Nathan, 1998.
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