Le sous-développement

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Origine et mesure du développement

Les économistes distinguent traditionnellement la croissance et le développement. Le concept de croissance correspond à l'aspect quantitatif et global d'une évolution économique saisie sur le long terme. Le développement désigne, lui, des transformations plus structurelles, qualitatives, affectant la démographie, l'économie, la population active, les mentalités, l'organisation territoriale. Le problème du sous-développement est relativement récent dans l'histoire de l'humanité puisque les écarts entre les pays ont commencé à s'intensifier avec la Révolution Industrielle qui a touché les pays du Nord à partir du xixe siècle. On analysera les origines historiques de ce retard, en développant notamment les approches théoriques divergentes sur ce point et les différents stratégies adoptées pour favoriser croissance et développent dans ces différents pays. On dressera par la suite un panorama de la situation actuelle avec quelques perspectives.
Origine et mesure du développement
Approches historiques et théoriques jusqu'au début des années 1980
• Le thème du « sous-développement » était apparu dans un discours du président américain Harry Truman, prononcé en 1948, au début de la guerre froide. Pour le président américain, la pauvreté qui régnait dans le monde favorisait la pénétration soviétique : tenter de contenir puis annihiler la misère revenait à lutter contre le communisme.
Le terme de « sous-développement », lourd de sens, postulait l'existence d'un développement et d'un seul, ce que l'économiste américain Walt Whitman Rostow devait théoriser dans les Étapes de la croissance économique (1960).
L'approche linéaire de Rostow s'inscrit dans le courant libéral. Il perçoit le développement comme un phénomène incontournable, certains pays ayant commencé plus tôt leur essor. Cette vision linéaire passe par plusieurs étapes : La société d'origine, dite société traditionnelle, ne vit que de l'exploitation de la terre, elle est relativement hostile au progrès et les hiérarchies sociales y sont figées. Sa lente évolution l'amène progressivement à remplir les conditions préalables au décollage. Le changement y est plus facilement accepté, permettant que la croissance économique dépasse la croissance démographique, grâce à la révolution agricole notamment (gains de productivité dans ce secteur).
Arrive ensuite l'étape la plus courte et la plus décisive, le décollage ou take-off en anglais : durant une vingtaine d'années les investissements massifs dans l'industrie permettent une inflexion majeure et durable du rythme de la croissance (0,2 % en moyenne par an avant le xviiie siècle, 1,2 % au xixe). Une soixantaine d'années plus tard, de nouvelles industries vont se substituer à celle du take-off (seconde révolution industrielle dans les pays de la première révolution industrielle) : les niveaux de vie s'améliorent. Les sociétés ont alors atteint le stade de la maturité avant le début de la production de masse. La croissance mène à l'étape ultime de la société : la consommation de masse. Des critiques ultérieures montreront que les pays connaissant un développement plus tardif, profitant de l'histoire des nations les ayant précédé, connaissent rattrapage accéléré et sautent même certaines étapes.
Le modèle de Gerschenkron a ainsi montré que loin d'être autoentretenue comme le pensait Rostow, la croissance nécessite l'intervention de l'État, qui peut suppléer l'initiative privée, mobiliser les capitaux étrangers, assurer des transferts de technologie, construire des infrastructures, favoriser l'investissement en capital humain, développer un certain protectionnisme. On peut alors citer des exemples historiques, comme celui de la Russie de la fin xixe siècle et du xxe siècle, celui de l'ère Meiji au Japon, ou celui de certains NPIA comme la Corée du Sud depuis les années 1970 ou le Mexique.
• D'autres approches hétérodoxes ou néomarxistes, s'inscrivent dans le courant tiers-mondiste. Apparaîtraient ainsi des conditions explicatives d'un cercle vicieux de la pauvreté (Nurkse) dans certains pays non développés comme la pression démographique et la faiblesse du marché intérieur. À partir de la faiblesse de la croissance, il y aurait alors faiblesse du revenu, de la consommation, de l'épargne, faiblesse des incitations à investir et maintien d'une trop faible productivité. François Perroux ou A. Hirschman évoquent la désarticulation des économies sous influence et domination étrangère occidentale. La désarticulation décrit une rupture de l'équilibre traditionnel avec destruction des activités rurales et absence de complémentarité entre les secteurs de l'économie. Perroux s'appuie sur l'analyse de Lewis qui pense la société comme un dualisme entre un secteur rural, traditionnel de subsistance (auquel on ajoute le secteur informel urbain des bidonvilles), qui resterait à l'écart du développement, et un secteur capitaliste, urbain et industrialisé.
Le premier connaît une très faible productivité et un bas revenu avec une forte croissance démographique. Ce secteur a vu une partie de ses terres expropriées par les cultures coloniales d'exportation.
Le second secteur connaît une offre de travail illimitée, qui assure un salaire de subsistance fixe, favorise des profits importants réinvestis et un fort taux de croissance. On constate une forte intensité capitalistique, une forte ouverture vers l'exportation (souvent filiales d'entreprises multinationales ou entreprises étatiques).
Ainsi, pour des auteurs comme C. Furtado, R. Prebish, il existerait une dépendance commerciale, financière, technologique et culturelle des économies du tiers-monde vis-à-vis des puissances économiques et des marchés internationaux. Ainsi la dépendance commerciale peut reposer sur le fait que les exportations restent concentrées sur un ou deux produits primaires, qu'il n'y a aucune maîtrise des prix et que le pays en voie de développement dépend totalement de la demande des pays riches. La dépendance technologique entraîne un retard ou une insuffisante maîtrise des nouvelles technologies de production (investissements coûteux et peu productifs).
On peut aussi évoquer la dépendance financière due à la faiblesse de l'épargne nationale et à l'obligation de mobiliser les capitaux internationaux. Il y a alors asymétrie entre économie dominante (les pays occidentaux) et dominée (le tiers-monde) ou entre le centre et la périphérie (R. Prebisch ou S. Amin). Cette dépendance bloquerait le développement et serait source d'échange inégal (A. Emmanuel) : l'échange est dit inégal quand, à balance commerciale équibrée entre deux pays, le contenu en travail des importations n'est pas égal à celui des exportations, le pays dominant enregistrant à son profit un transfert de valeur. Cette approche marxiste considère que l'échange inégal est source d'exploitation.
Ainsi, si un pays utilise ses gains de productivité pour produire plus, il risque de voir ses prix d'exportation relatifs baisser sur le marché mondial (notamment si la demande mondiale est peu sensible au prix). Les pays riches voient alors les gains de productivité des pays du Sud transférés dans leur économie par une baisse du prix des matières premières. Les pays producteurs de biens industriels verraient, eux, la répartition des gains de productivité être utilisée en partie pour augmenter les revenus sans que la hausse relative du prix de leurs produits exportés n'affaiblisse la demande extérieure (faible élasticité de la demande extérieure à la variation du prix parce que leurs produits industriels ont une avance tehnologique). Dans ce cas, l'échange profite à celui qui a des productions incorporant plus de valeur ajoutée et de travail qualifié. Cela entraîne sur la durée une détérioration des termes de l'échange entre le centre et la périphérie.
• On calcule les termes nets de l'échange par la comparaison de l'indice de prix des produits exportés / l'indice de prix des produits importés × 100.
Lorsque le résultat est supérieur à 100, le prix des exportations a augmenté plus vite : on parle d'une appréciation des termes de l'échange.
Au contraire, lorsque le résultat est inférieur à 100, le prix des exportations a augmenté moins vite : on parle alors d'une détérioration des termes de l'échange.
Globalement, dans cette approche structuraliste, le commerce international serait facteur d'appauvrissement
• Le développement reste fortement inspiré par l'exemple des pays industrialisés et imprégné de certaines valeurs dont l'origine est à rechercher dans les pays industrialisés ; ce qui entraîne inévitablement des conduites de refus et de résistance.
Le développement se traduit par l'entrée dans la civilisation technicienne, par la diffusion de modèles institutionnels, de formes d'organisation du travail et de modèles de consommation calqués sur ceux de l'Occident. Les systèmes juridiques, institutionnels, la notion même d'État, les techniques industrielles, les modes de production qui sont reproduits ont été élaborés d'abord en Occident. Chez les élites, les habitudes de consommation et les modes de vie aspirent souvent à imiter l'Occident.
Le développement est alors facteur d'inégalités et le creusement de l'écart avec les classes défavorisées et renforce les tensions sociales et le sentiment d'injustice.
Le développement est facteur de déséquilibre : exode rural, développement des bidonvilles, montée de la pauvreté, hausse de la criminalité, développement de la pollution, libération des mœurs sont perçus comme autant de conséquences de l'entrée dans le monde moderne. En outre, la corruption, le gaspillage des finances publiques, l'instabilité politique de certaines régions, l'absence d'un État de droit aux fonctions régaliennes fortes, contribuent à maintenir des pays dans le sous-développement.
Les stratégies de développement
• À partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, trois types de statégies se sont mises en place :
  • la stratégie de substitution d'importations ;
  • la stratégie des industries industrialisantes ;
  • la stratégie de promotions des exportations.
• La stratégie de substitution d'importations consiste à promouvoir un développement autocentré en favorisant l'industrialisation du pays par la production nationale de produits manufacturés. On s'appuie sur une protection tarifaire et une intervention volontariste de l'État par des aides à l'investissement. C'est un échec car la faiblesse de la demande intérieure a limité la rentabilité des investissements, les inégalités se sont accrues et l'État s'est fortement endetté d'où les problèmes de surendettement contemporains.
C'est la politique suivie en Amérique latine.
• La stratégie des industries industrialisantes a été mise en place progressivement dans certains pays pétroliers comme l'Algérie, l'Iran, l'Iraq, à partir des années 1960. L'objectif est là encore la mise en place d'un développement autocentré à travers l'industrie lourde, afin d'assoir l'indépendance technologique du pays.
L'État planifie l'économie en utilisant la rente pétrolière pour ensuite favoriser l'essor des industries légères.
Ce modèle a présenté des insuffisances et connaît un échec. Le coût des investissements initiaux fut élevé avec l'achat d'usines « clés en mains » en provenance des pays occidentaux mais avec une main-d'œuvre locale peu qualifiée. Par ailleurs, ces pays ont connu l'instabilité politique ou des guerres qui ont fragilisé la croissance et le développement.
• La stratégie de promotions des exportations vise à accroître le niveau d'insertion au commerce mondial de manière à accroître la croissance interne et le développement futur. Il s'agit de mettre en place une industrie manufacturière à partir d'une production faiblement capitalistique, s'appuyant sur un fort volume de travail non qualifié.
Cette politique attire progressivement les firmes multinationales des pays industrialisés intéressées par la faiblesse des coûts de main d'œuvre. L'État est associé à ce développement à partir, initialement, de régimes autoritaires militaires. La compétitivité-prix du pays est forte d'où essor progressif des exportations.
L'État maintient une sous-évaluation de la monnaie nationale par rapport au dollar ce qui renforce la compétitivité des produits à l'export. L'État encourage et dirige une partie de l'épargne nationale vers les investissements et favorise la scolarisation et la formation de la main-d'œuvre intérieure pour accroître le niveau du capital humain. La qualité de la main-d'œuvre progresse. Le contenu de la production se modifie avec une production plus capitalistique, incorporant plus de savoir- faire et de valeur ajoutée, avec notamment les transferts de technologies que concèdent les multinationales.
On observe alors une remontée des filières pour les NPIA de la première génération (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hongkong). C'est un succès, il y salarisation et féminisation de la main-d'œuvre, essor du revenu moyen grâce à l'intervention de l'État, qui s'apparente à du protectionnisme offensif. Cette réussite répond donc peu aux seules procédures de marché.
On parle ici de développement extraverti ou d'extraversion de l'économie.
Ces pays sont concurrencés aujourd'hui par les nouveaux NPIA et ont dû longtemps se heurter au protectionnisme des pays anciennement industrialisés (voir la polémique en 2005 sur la fin des accords multifibres qui protégeaient l'Europe des importations de textile asiatique).
Indicateurs de mesure du développement
• Pour mettre en évidence une mesure du développement et dépasser les faiblesses de la seule mesure de la richesse par la notion de croissance, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a établi un indicateur depuis 1990, appelé IDH. Celui-ci repose sur des critères quantitatifs et qualitatifs (éducation, santé) qui mesurent mieux le passage d'un enrichissement quantitatif à un mieux-être qualitatif.
Il permet de classer les pays et constitue bien le reflet des inégalités de développement. Face au maintien de la pauvreté et aux difficultés récurrentes de certains pays (les PMA présents majoritairement en Afrique), le PNUD mesure aussi l'IPH1, Indicateur de Pauvreté Humaine pour les pays en développement (mais aussi l'IPH2 pour certains pays de l'OCDE). L'IPH1 mesure des indicateurs de longévité, d'instruction et de conditions de vie (accès à l'eau potable, accès aux soins, malnutrition).
On peut également évoquer depuis 1995, l'ISDH, l'indicateur sexospécifique du développement humain qui repère les inégalités dont sont victimes les femmes ou enfin, l'IPF, l'indicateur de participation des femmes, qui évalue les inégalités entre hommes et femmes sur le plan des opportunités économiques et politiques.
• Dans cette problématique du sous-développement, deux nouvelles notions sont apparues dans les années 1990.
En 1987, la Commission mondiale pour l'environnement et le développement, dite commission Brundtland, a donné une définition du développement durable : il doit « permettre à toutes les populations vivant actuellement sur Terre de satisfaire leurs besoins sans compromettre les possibilités des générations futures. ».
Le décollage économique très rapide de certains pays depuis une décennie met en avant les difficultés de généraliser le modèle de développement prédateur adopté par les pays industrialisés depuis deux siècles. Les gouvernements des pays émergents s'efforcent d'attirer les IDE des entreprises multinationales dans leurs pays. Celles-ci, dans le cadre de la DIPP (décomposition internationale des processus productif) utilisent les avantages comparatifs de ces pays (salaires plus faibles, moindre imposition fiscale, droit du travail moins contraignant, peu de pression locale sur les questions environnementales, etc.). La croissance et les émissions de gaz à effet de serre sont particulièrement importantes dans ces pays, notamment la Chine.
Cette question devient un problème général pour la planète et peut entraver le développement de ces pays du Sud qui ne peuvent reproduire à l'identique le modèle suicidaire des pays du Nord.
La seconde problématique concerne la question du commerce équitable. Défini comme « un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d'équité dans le commerce international. Le commerce équitable contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés, essentiellement dans les pays du Sud, et en sécurisant leurs droits ».
Ce concept s'appuie sur l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui stipule que « quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine ». Ce commerce s'appuie sur un échange permettant d'assurer un prix digne et décent aux producteurs du Sud (exemple du café ou du coton).

Panorama contemporain du développement

Panorama contemporain du développement
Sous-développement, population et migrations
• Selon les estimations moyennes des Nations unies, plus de 9 milliards d'humains peupleront la Terre en 2050 contre 6,5 milliards en 2005. Le nombre d'habitants des zones développées restera identique à 1,2 milliard alors qu'il passera de 5,3 à 7,8 milliards dans les pays en développement. Ces évolutions poseront le problème de l'alimentation (les problèmes de sous-alimentation touchent déja 20 % de la population mondiale aujourd'hui), ou des atteintes à l'environnement (déja considérables aujourd'hui). La population de l'Inde devrait progresser de 600 millions d'habitants, et celle de la Chine de 140 millions (soit le 1/3 de toute la croissance mondiale).
Même si la mortalité due au VIH en Afrique et le ralentissement de la fécondité plus rapide que prévu ont amené l'ONU a révisé à la baisse ses estimations (prévues en 1994 à 9,8 milliards d'habitants), cette hausse reste forte. La population devrait se stabiliser en 2050. L'écart d'espérance de vie entre les pays développés et ceux en développement devrait se réduire. L'espérance de vie est passée de 50 ans en 1950 à 65 ans aujourd'hui et progresserait à 75 ans en 2050 dans les pays du Sud.
La pression démographique va néanmoins peser sur l'environnement parce que les modèles occidentaux de consommation d'énergie se généralisent et parce que la croissance économique est très forte chez certains géants émergents. Il faudra alors réinventer un modèle de croissance plus durable parce que la hausse de la richesse des pays en développement est la condition impérative pour stabiliser la croissance de leur population. Les pays les plus pauvres sont ceux où la croissance démographique est la plus élevée, parce que l'éducation des filles y est faible parce que la femme est soumise aux traditions qui l'enferment dans un statut dévalorisé, parce qu'il y a peu de structure sociale pour développer la contraception et parce qu'en l'absence de système de protection des plus âgés, ce sont les enfants qui assurent leur prise en charge.
• La pression démographique peut induire aussi une pression migratoire. Au cours des années 1990, la population immigrée a fortement augmenté dans le monde, notamment dans les régions développées (+ 28 %).
En 2000, 175 millions d'habitants, soit 3 % de la population mondiale, résidaient dans un pays autre de celui de naissance. Entre 1990 et 2005, 36 millions de personnes ont quitté leur pays. 33 millions de personnes se sont installées dans les pays riches, en Amérique du Nord et en Europe essentiellement.
Par ailleurs, en 2000, 56 % des migrants très qualifiés vivant dans les pays riches étaient originaires des pays en développement. Cette fuite des cerveaux est dramatique pour les pays pauvres puisqu'elle touche des secteurs clés. D'un autre côté, les migrants contribuent à la richesse des pays qui les accueillent mais aussi à celle de leur pays d'origine. Ils ont en effet transférés en 2005, 167 milliards de dollars vers les pays en voie de développement, fonds qui ont doublé en quinze ans et qui représentent en 2005, le double de l'aide publique au développement.
L'aide au développement et le problème de la dette
• L'aide publique au développement comprend les dons et prêts du secteur public lorsque ces prêts sont assortis de taux, et durée préférentiels par rapport aux conditions de marché.
L'aide « privée » regroupe les dons des ONG (organisations non gouvernementales), les crédits à l'exportation, les prêts bancaires, les investissements de portefeuille, des IDE, etc.
L'aide peut être multilaérale lorsqu'elle est véhiculée par des organismes internationaux spécialisés (BIRD ou Banque Mondiale, le FMI, l'AID, l'UNICEF, le FAO, etc.).
Elle peut être bilatérale (de pays à pays), liée (en imposant des conditions d'achat aux pays qui en bénéficient de manière à accroître les débouchés du pays donateur) ou non liée.
Elle peut être en nature (envoi de techniciens, de coopérants, de marchandises, attribution de bourses d'études). L'aide peut être dite hors projet (si elle n'a pas d'affectation ciblée en amont) ou être une aide-projet (construction d'infrastructures).
L'objectif fixé par les Nations unies est que chaque pays devrait consacrer 0,7 % de son revenu national brut (RNB) à l'aide publique au développement (APD). Seuls le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède y parviennent. En 2005, le total cumulé de l'aide a été de 106,5 milliards de dollars, soit 0,33 % du RNB des pays membres. L'objectf de la France est de porter son aide à 0,47 % de son RNB en 2006.
Les objectifs de développement du millénaire (ODM) ont été fixés par l'ONU en septembre 2000. Parmi les plus importants, on retient :
  • faire disparaître l'extrême pauvreté et la faim ;
  • garantir à tous une éducation primaire ;
  • promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes ;
  • réduire la mortalité infantile ;
  • améliorer la santé maternelle ;
  • combattre le sida, le paludisme et autres maladies ;
  • assurer la durabilité des ressources environnementales ;
  • mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
• Le problème de la dette des pays en développement est ancien et chaotique. La dette des pays en développement commence à exploser dans les années 1970 quand les banques occidentales commencent à recycler et à prêter les pétrodollars dont disposent les pays exportateurs de pétrole après les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979.
Ces prêts ne sont pas toujours pensés et utilisés judicieusement. Quand le cours du dollar et les taux d'intérêt augmentent, avec le virage libéral de la politique américaine au tournant des années 1970-1980, la dette devient explosive pour les pays du Sud. En effet, libellé en dollar mais transformé en monnaie locale, le fardeau du remboursement devient insoutenable.
La première crise intervient avec le Mexique en 1982, parce que le pays soutenu par le FMI et la Banque mondiale, s'est lourdement endetté, auprès des institutions internationales mais surtout auprès des banques privées. La hausse des taux d'intérêt induite par la politique monétaire américaine et la chute des revenus pétroliers en 1982 entraînent une baisse dramatique des réserves de change du pays. Celui-ci décide alors de suspendre unilatéralement le paiement des intérêts de sa dette. Le Mexique se doit alors d'adopter un plan d'apurement de sa dette avec les PAS (Plans d'Ajustement Structurel) décidés par le FMI. Il s'agit de mesures de nature libérale de limitation de la création monétaire, de baisse des dépenses publiques par réduction du nombre et du salaire des fonctionnaires, ou par réduction des programmes sociaux.
Le volet structurel privilégie les privatisations, la déréglementation des relations de travail et l'augmentation de la variable d'ajustement que constitue le chômage, Ces plans appliqués partout par les techniciens du FMI sont de véritables purges qui saignent les pays dans lesquels elles s'appliquent en fragilisant durablement les populations. Le Mexique remboursera ainsi des sommes considérables en raison du poids des taux d'intérêt. En 1970, la dette publique externe du Mexique s'élève à 3,1  milliards de dollars. 33 ans plus tard, en 2003, elle est 25 fois plus élevée, elle atteint à 77,4 milliards (la dette externe publique et privée atteint 140 milliards).
Pendant ce laps de temps, les pouvoirs publics mexicains ont remboursé 368 milliards de dollars (120 fois la somme due en 1970). Le transfert net négatif sur la période entre 1970 et 2003 s'élève à 109 milliards de dollars. Entre 1983 et 2003, sur vingt-et-une années, seules deux (1990 et 1995) ont connu un transfert net positif sur la dette externe publique.
• Ce premier exemple n'est pas unique et le service de la dette, cest-à-dire le remboursement du capital et des intérêts, croît dans tous les pays.
En 1989, le plan Brady proposa un échange des créances bancaires contre des titres garantis par le Trésor américain, à condition que les banques réduisent le montant des créances et qu'elles remettent de l'argent dans le circuit. Les pays bénéficiaires s'engageaient pour leur part à consolider une partie de leur dette et à signer des programmes d'ajustement structurel avec le FMI… Le problème était ainsi réglé pour les banques et… repoussé pour les débiteurs. Toutefois, les crises se succèdent :
  • 1994 : deuxième crise mexicaine (faisant suite à celle de 1982) ;
  • 1997 : crise en Asie du Sud-Est et de l'Est ;
  • 1998 : crise de la Russie ;
  • fin 1998-début 1999 : crise du Brésil ;
  • fin 2000-début 2001 : crise de l'Argentine et de la Turquie.
À chaque fois, la Banque mondiale a été incapable de prévoir ces crises.
• La dette actuelle des pays du Sud est très variable et dépend des perspectives de chacun des pays, de leur insertion au commerce mondial. Depuis 2000, la tendance est néanmoins à la baisse du poids de la dette en considérant les pays du Sud dans leur ensemble.
Les 10 pays les plus endettés (en milliards de dollars) concentrent près des 3/5 de la dette globale mais le poids de cette dette dans leur PIB reste limité (hormis l'Argentine). En revanche, les 10 pays dont le poids de la dette au regard de leur PIB est le plus élevé, ont en réalité une dette limitée en volume (en dollars).
Selon la Banque mondiale, les pays les plus pauvres ont toujours assuré au moins 80 % du service de leur dette extérieure. Les allégements de dette sont donc possibles et nécessaires pour ces pays. La tendance est bien aujourd'hui à l'augmentation de l'annulation du service de la dette, mais le mouvement reste erratique, soumis aux pressions des ONG altermondialistes des pays du Nord et aux effets d'annonce lors des conférences internationales.
Enfin, l'accès à la dette reste lui même très fortement inégal et stigmatisant : les pays émergents (Asie, Amérique latine) ont accès plus facilement aux marchés internationaux de capitaux privés (qui représentent les 3/4 de leurs créanciers). En revanche, les pays les plus pauvres, essentiellement africains, dépendent de l'aide publique au développement. Pour l'ensemble des pays, l'endettement est surtout le fait des États ou des entreprises privées bénéficiant de la garantie de leurs États. À part l'Afrique subsaharienne et l'est de l'Europe, toutes les autres zones géographiques exportent plus de capitaux vers le Nord (en remboursements) qu'elles n'en reçoivent. Les transferts nets suivent donc un chemin Sud-Nord et le problème de la dette contribue à enrichir les pays du Nord au détriment de ceux du Sud…
Inégalités actuelles et problèmes de régulation de l'économie mondiale par les institutions internationales
• Il existe des conditions indispensables de la relation ouverture économique-croissance susceptibles de valider la stratégie d'insertion au commerce mondial :
  • un avantage comparatif de type dynamique avec notamment un stock de capital humain croissant ;
  • une stabilité politique et des institutions libres, efficaces et non corrompues (justice, presse, etc.).
L'État doit assumer ses fonctions régaliennes et assurer la sécurité des biens et des personnes. Par ailleurs, toutes les spécialisations ne se valent pas dans l'insertion au commerce mondial puisqu'il y a « des gagnants et des perdants » : le commerce mondial est dominé par les pays du Nord puisqu'ils réalisent l'essentiel des échanges en commerce intrazone et intrabranche. Ce sont eux également qui sont à l'origine et à destination des IDE par l'intermédiaire de leurs multinationales. Dans le sud, il n'y a pas d'homogénéité des PED, autrement dit, « il n'y a plus un, mais des tiers-monde ». Certains se sont développés par l'extraversion mais dans des productions primaires à faible contenu en valeur ajoutée. Ils restent bloquées dans l'ancienne DIT de type coloniale et connaissent une DTE (essentiellement l'Afrique). Ainsi la croissance économique est la première condition de la réduction de la pauvreté mais les inégalités demeurent très fortes dans le monde.
• Les organisations internationales ont eu un rôle prépondérant dans l'ouverture au commerce mondial et la promotion des idées libérales. Le FMI (Fonds monétaire international) est né des accords de Bretton Woods en 1944 ; on peut détailler les missions initiales du FMI :
  • promouvoir la coopération monétaire entre pays ;
  • faciliter l'expansion du commerce mondial et le développement des pays du tiers-monde (Banque Mmndiale) ;
  • faciliter la stabilité des taux de change (passage des changes fixes ou changes flottants à partir de 1971) ;
  • fournir des ressources aux pays temporairement en difficultés, par exemple ayant un déficit de leur balance des paiements.
Le bilan est très critique : les écarts de richesses et développement se sont accrus et la Banque mondiale a échoué dans son rôle.
Le FMI a souvent appliqué des politiques libérales dites politiques d'ajustement structurel : celles-ci visaient à résoudre les problèmes de la dette dans certains pays en appliquant des politiques de réduction des dépenses publiques et sociales et de privatisation. Il y a eu aussi renforcement des procédures de marché et spécialisation vers l'exportation au détriment des productions pour les populations locales. Cela a très souvent aggravé la pauvreté des populations (voir l'exemple de la crise argentine).
En ce qui concerne la politique de promotion du commerce mondial, à partir de 1995, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) remplace le GATT (Accord Général sur les Tarifs et le Commerce, mis en place par Bretton Woods). L'OMC a le même objectif : renforcer l'essor du commerce international en supprimant progressivement les droits de douane et en étendant le commerce et la concurrence à tous les domaines : marchandises et services. Elle dispose d'un organe qui règle les litiges entre États en ce qui concerne les accusations de protectionnisme : l'ORD, Organe de règlements des différents, juge les différents, peut infliger des sanctions au pays incriminé ou autoriser l'autre à des compensations.
Les pays membres de l'OMC se sont engagés :
  • à réduire les droits de douane ;
  • à démanteler les principaux obstacles non tarifaires aux échanges ;
  • à supprimer progressivement les subventions publiques qui ont un impact sur le commerce international ;
  • à maintenir « les subventions qui n'affectent pas directement le commerce » comme les subventions pour l'environnement et la recherche.
Les dispositions de l'OMC visent principalement à faciliter encore plus la libéralisation du commerce, afin d'augmenter les échanges internationaux et d'accentuer la concurrence. En effet, dans l'optique de l'OMC, le commerce international constitue un facteur de croissance économique, un moyen au service du développement, en offrant à chaque pays des débouchés pour leur production et aux consommateurs les moyens de bénéficier d'une saine concurrence (diversité de l'offre, prix plus bas). Le dumping est une pratique qui consiste à vendre à perte pour s'introduire sur un marché, accroître sa part ou éliminer les concurrents.
Le dumping social est une action qui vise à tirer un avantage des différences de réglementation et de coût du travail entre différentes régions ou pays. Les pays riches invoquent ainsi des arguments éthiques pour condamner des pratiques contraires à la dignité humaine et aux droits de l'homme (le travail des enfants, l'absence de droits syndicaux, etc.). Les pays en développement voient dans cette indignation une façon détournée, pour les pays riches, d'engager des mesures protectionnistes et de protéger leur marché.
L'absence de clause sociale est profitable à certaines grandes entreprises multinationales. Elles font réaliser une partie de leur production dans des pays où l'absence totale de réglementation du travail leur permet de produire à des conditions avantageuses. Elles peuvent ainsi baisser leurs coûts et être encore plus compétitives au niveau des prix. En quelque sorte, les intérêts de certains États et des grandes firmes peuvent converger. Certains États (notamment dans les PED) ont intérêt à accueillir les IDE des firmes transnationales, les PED voyant dans cet accueil, un facteur de croissance et d'emploi.
• En ce qui concerne le bilan de l'action de la Banque mondiale, le groupe d'évaluation indépendant mandaté par cet organisme vient de rendre son bilan à la fin 2006. Son verdict est assez rude pour l'organisation internationale et sa capacité à réduire la pauvreté. Il lui est notamment reproché de chercher à valoriser uniquement la croissance des secteurs les plus productifs sans chercher à maximiser l'emploi ni à réduire la pauvreté en milieu rural.
Par ailleurs, la Banque mondiale ne se préoccuperait pas des oppositions et prônerait de manière idéologique le libéralisme sans tenir compte des effets sur la pauvreté.
Enfin, l'organisme serait accusé de chercher à « faire du chiffre » (ainsi, en Ouganda, même si le taux de scolarisation primaire a fortement augmenté, les classes comptent 94 élèves par classe et seulement un livre pour 3 élèves !). Seuls 1/3 des programmes incluent des objectifs d'amélioration qualitative du niveau d'éducation fourni (voir www.worldbank.org/oed/).
• Les IDE peuvent avoir un rôle économique positif dans la croissance et le développement d'un pays, qu'ils suivent une trajectoire N/N ou N/S. Ils correspondent néanmoins toujours à une mise en concurrence des territoires entre eux. Il s'agit alors pour ces zones géographiques de fournir un certain nombre d'avantage comparatifs susceptibles de les attirer :
  • une main-d'œuvre dont la rémunération reste limitée au regard d'une qualification la plus élevée possible  ;
  • un niveau d'infrastructures suffisant (voies de communication, etc.) ;
  • un investissement public en capital humain élevée de manière à accroître la productivité de la main-d'œuvre ;
  • un droit du travail et une protection sociale restreintes pour ne pas alléger le coût du travail ;
  • une stabilité économique (peu d'inflation) et politique.
Certes, les IDE procurent un certain nombre d'avantages au pays d'accueil, notamment les pays en développement :
  • ils permettent de réaliser des transferts de technologie ce qui renforce la productivité globale du pays et favorise la remontée des filières ;
  • ils dynamisent la création de richesses, les exportations et l'emploi local ;
  • ils renforcent l'insertion du pays dans la promotion des exportations de produits manufacturés ;
  • ils dynamisent la concurrence en renforçant la nécessité de compétitivité globale ;
Mais ils présentent aussi des inconvénients pour le pays d'accueil :
  • ces pays dépendent totalement de la stratégie de FMN qui peut choisir à tout moment de privilégier un autre pays d'accueil dont les avantages comparatifs seraient plus favorables ;
  • l'essentiel du profit généré est capté par la FMN qui en réoriente une partie vers sa maison mère et ses actionnaires.

Zoom sur…

Quelles sont les perspectives d'avenir ?
• Concernant les perspectives d'avenir, la Banque mondiale a publié fin 2006 plusieurs prévisions dans Global Economic Prospects qui dressent un tableau assez terne des tendances de l'économie actuelle.
• La production mondiale doublerait d'ici 2030, passant de 35 000 milliards de dollars à 75 000 milliards. Les pays pauvres verront leur croissance augmenter plus rapidement, puisque leur part dans l'économie mondiale passerait de 23 à 33 %.
Les écarts entre pays riches et pauvres resteraient forts puisqu'une personne vivant dans le Sud ayant un revenu actuel équivalent à 16 % de celui d'une personne vivant dans un pays développé, aurait en 2030 un revenu représentant 23 % de celui du Nord. Le rythme de rattrapage très lent sera inégal, passant de 19 à 40 % pour un chinois, restera stagnant pour les pays latino-américains, et décrochera pour les pays africains.
Les inégalités internes poursuivront leur essor dans les pays du Sud, en fonction de l'intensité de la demande de main-d'œuvre en travail qualifié et non qualifié. Le Brésil devrait connaître une croissance plus vigoureuse en travail non qualifié. La situation relative de cette population devrait s'améliorer, et les inégalités diminuer.
À l'inverse, l'Inde, dont la demande en travail qualifié va s'accroître, devrait connaître un approfondissement des inégalités internes entre cette main-d'œuvre croissante et mieux rémunérée et la population active non qualifiée.
Au niveau mondial, le rapport entre le salaire des qualifiés et des non qualifiés devrait passer de 3,5 en moyenne en 2001, à 4,2 en 2030. Par ailleurs, pour cette même date, les travailleurs non qualifiés représenteront toujours la grande majorité du travail mondial. La main d'œuvre mondiale passerait de 3,1 milliards de personnes à 4,1 milliards, dont 90 % vivant dans le Sud et 40 % en Chine et en Inde.
• La Banque mondiale souligne les effets bénéfiques de cet accroissement en avançant que les pays du Sud continueront d'être des importateurs de produits technologiques provenant du Nord.
Dans une conclusion nuancée, elle montre aussi que les travailleurs qualifiés du Nord verront leurs « coûts d'ajustement » s'accroître face à cette nouvelle contrainte. En langage codé, cela signifie que la précarité et la flexibilité dans le travail, dont sont victimes ces salariés, risquent fort de s'intensifier…
• Le tiers-monde regroupe un ensemble hétérogène de pays, au départ perçus comme un groupement de pays n'appartenant ni à la sphère d'influence américaine ni aux groupes de pays marqués par les idéaux communistes.
L'expression « tiers-monde » est née d'une formule du démographe Alfred Sauvy dans un article publié en 1952 par l'hebdomadaire L'Observateur, dans une chronique intitulée « Trois mondes, une planète ». Ce groupe de pays rassemblant initialement les pays sous-développés a subi de nombreuses transformations aussi bien politiques, qu'économiques ou sociales. Aujourd'hui, les 3/4 de la population mondiale en font partie.
• D'après la classification de la Banque mondiale en 2004, on distingue :
  • les pays à faibles revenus ;
  • les pays à revenus intermédiaires, inférieurs ou supérieurs ;
  • et les pays à revenus élevés.
64 pays sont classés dans la 1re catégorie (moins de 765 dollars de PNB par habitant). 50 figurent parmi les PMA (pays les moins avancés) dont 35 sur le continent africain. Il reste aujourd'hui 820 millions de personnes sous-alimentées soit 17 % de la population mondiale (source FAO, 2006). L'Afrique subsaharienne est touchée pour le tiers de sa population. L'objectif est de ramener ce taux à 10 % en 2015 (voir les objectifs du millénaire).
• La population mondiale actuelle ne regroupe plus que 17 % de la population en Europe et en Amérique du Nord, et ce chiffre sera amené à baisser puisqu'en 2050, où 88 % de la population vivra dans les pays du Sud, accentuant d'autant la pression démographique et environnementale qui pèsera sur ces pays, même si le ralentissement de la fécondité y est très net. La dette reste un problème très préoccupant pour les pays en développement (elle représente 35 % de leur PIB), même si les graves crises du passé ont amené les autorités monétaires internationales à gérer de manière drastique l'endettement de ces pays après de multiples erreurs. Les plans d'ajustement structurel du FMI ont souvent pesé durablement sur le niveau de pauvreté de ces pays. Les inégalités de croissance et de développement restent fortes même si le tiers-monde ne constitue plus un tout homogène, certains pays émergents, insérés dans le commerce mondial et dans la stratégie des firmes multinationales, connaissant une croissance rapide aujourd'hui.

Pour aller plus loin

Repères bibliographiques
Vers un monde sans pauvreté, Muhammad Yunus (Prix Nobel de la paix 2006) et Alan Jolis, J.-C. Lattès, 1997.
Consulter le rapport de la Banque mondiale sur le développement sur econ.worldbank.org.
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