Accidents et gestes d'urgence

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Même si l'ATSEM-ASEM exerce une surveillance attentive, il est possible que survienne un accident : il faudra alors réagir intelligemment et efficacement, sans perdre de temps !
Voici les règles de base, que connaît par cœur tout bon secouriste :
  • garder son calme (ne pas crier ou gesticuler pour ne pas inquiéter l'enfant et ses camarades) et rassurer l'enfant en lui parlant doucement et en lui expliquant ce qui se passe ;
  • sécuriser le lieu de l'accident (écarter tout danger supplémentaire), les personnes impliquées et les autres enfants, qui ne doivent pas être laissés sans surveillance : la cohésion de l'équipe est ici très importante ;
  • examiner la victime, vérifier qu'elle est consciente et qu'elle respire normalement, ne pas la déplacer et ne pas la relever si elle est tombée, ne pas lui donner à boire ;
  • alerter des secours, c'est-à-dire les collègues ou le SAMU ;
  • intervenir, dans la limite de ses compétences ou sous la direction suivie du médecin régulateur du SAMU ; il est donc indispensable de pouvoir à tout moment accéder facilement à un téléphone.
Il est fortement conseillé aux ATSEM-ASEM de préparer le PSC 1 (Prévention et secours civiques de niveau 1), qui comprend une heure d'initiation à la réduction des risques (IRR), voire même le PSE (Premiers secours en équipe) de niveau 1 ou 2, plus contraignant mais plus complet. Ces formations nécessitent d'être régulièrement mises à jour.
Pour en savoir plus
Apprendre les gestes qui sauvent – www.croix-rouge.fr
L'appel du service d'aide médicalisée d'urgence (SAMU)
Le SAMU peut être joint par le 15 et, depuis un téléphone portable qui pourra être géolocalisé, par le 112. Les appels sont reçus par les assistants de régulation médicale (ARM), qui les transmettent si nécessaire au médecin régulateur du SAMU. Ce dernier a pour mission d'analyser la situation et d'évaluer la réponse à apporter : il faut donc lui donner des informations précises. Le médecin régulateur peut envoyer des secours, par exemple une ambulance du service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR), un véhicule des pompiers ou un médecin de ville. Il peut aussi autoriser un geste médical (par exemple, une injection prévue dans le cadre d'un PAI par un protocole d'urgence ou d'intervention) ainsi que la prise ou l'administration d'un médicament prescrit dans le cadre d'un PAI.
Le plan d'accueil individualisé (PAI)
Le plan d'accueil individualisé (PAI) est destiné à permettre l'accueil, à l'école ou ailleurs, d'enfants présentant des troubles de santé ou allergiques (notamment les allergies alimentaires) : c'est un document médical qui doit être conservé sous pli cacheté. Il est exclusivement destiné au(x) médecin(s) et infirmière(s) qui vont l'utiliser pour rédiger un protocole d'intervention, ou d'urgence, que les ATSEM-ASEM pourront mettre en œuvre, en cas d'urgence, avec l'autorisation du médecin régulateur du SAMU.
En dehors d'un PAI, les ATSEM-ASEM ne peuvent administrer aucun médicament sans l'accord du médecin régulateur du SAMU, même avec une ordonnance ou l'accord des parents.
Pour en savoir plus
Circulaire Éducation nationale n° 2003-135 du 8 septembre 2003 sur l'accueil en collectivité des enfants atteints de troubles de santé – www.education.gouv.fr/bo
Les petits bobos
La plupart des incidents se règlent heureusement avec un peu de bon sens et de connaissances, sans l'intervention du SAMU !
Ecchymoses et hématomes
Une chute peut provoquer :
  • une ecchymose, souvent appelée « bleu » mais qui peut être violette, ou jaune ;
  • ou un hématome, c'est-à-dire une petite bosse.
L'ecchymose disparaîtra toute seule, tandis que l'on peut mettre un peu de glace, dans une compresse ou un gant, sur l'hématome ; mais il ne faut jamais appliquer de pommade car c'est un médicament.
Il faut surveiller l'enfant et appeler immédiatement le SAMU en cas de perte de connaissance ou d'équilibre, d'endormissement ou de pâleur suspects, de vomissement ou de convulsions. Enfin ne pas oublier de prévenir les parents ou les collègues susceptibles de surveiller l'enfant.
Attention ! en cas de chute, ne jamais relever l'enfant, pour ne pas risquer de le blesser davantage (entorse, fracture).
Saignements de nez et vomissements
Un saignement de nez s'appelle une épistaxis, c'est une hémorragie extériorisée par les fosses nasales. Il faut rassurer l'enfant car la vue du sang peut l'inquiéter et lui proposer de s'asseoir avant d'enfiler des gants « chirurgicaux » à usage unique, autant pour protéger l'ATSEM-ASEM que l'enfant. Il faut demander à l'enfant de se moucher doucement et de pencher la tête vers l'avant, puis presser délicatement la narine qui saigne.
L'enfant qui vomit doit également être rassuré. Il faut essayer de comprendre pourquoi il vomit : qu'a-t-il bu, mangé ? Il convient de le nettoyer et d'appeler le SAMU si plusieurs enfants vomissent : il y a alors un risque d'intoxication alimentaire.
Attention ! ne jamais demander à l'enfant qui saigne du nez de pencher la tête vers l'arrière, ni de s'allonger, et ne jamais donner à boire à un enfant qui vomit !
En outre, il ne faut jamais retirer un corps étranger du nez (on peut simplement essayer de moucher l'enfant), de l'œil ou de l'oreille : il est préférable d'appeler le SAMU.
Petites plaies, griffures et écorchures
En cas de petites plaies, griffures ou écorchures, il faut se laver les mains avec du savon avant d'enfiler des gants « chirurgicaux » à usage unique puis nettoyer la plaie avec de l'eau tiède (si possible) ou froide, et du savon (sans parfum ni colorant), en frottant doucement du milieu vers l'extérieur, pour éliminer les saletés, puis poser un pansement pour protéger la plaie.
Ne jamais utiliser de désinfectant ou d'antiseptique ! ce sont des médicaments.
Attention ! ne jamais retirer soi-même un corps étranger (caillou, verre, bois) coincé dans la plaie et alerter le SAMU si des points de suture sont nécessaires ; vérifier toutes les deux ou trois heures l'évolution et la cicatrisation de la plaie recouverte d'un pansement.
Il ne faut jamais placer directement sur la glace un morceau de doigt sectionné, mais le mettre dans un sac plastique propre et sec que l'on posera sur des glaçons ; comprimer l'extrémité amputée, surélever la main, ne rien donner à boire ou à manger à l'enfant et appeler le SAMU.
Les accidents plus graves
Intoxications et empoisonnements
L'intoxication peut être individuelle (un seul enfant) ou collective (plusieurs enfants) ; elle peut être alimentaire ou consécutive à l'ingestion d'un produit toxique (il faut ranger soigneusement les produits d'entretien !).
En cas d'intoxication alimentaire, qui se manifeste par des vomissements, des nausées ou la diarrhée après avoir mangé, il faut mettre l'enfant au lit et appeler le SAMU.
En cas d'ingestion d'un produit toxique, il faut appeler le SAMU en lui disant ce que l'enfant a avalé.
Attention ! ne jamais donner à boire, à manger ou un médicament, quel qu'il soit, à l'enfant qui vomit, surtout s'il a avalé un produit toxique. Il ne faut pas non plus le faire vomir !
Crises d'asthme et obstruction des voies aériennes
Une crise d'asthme se traduit par des difficultés à respirer : un sifflement caractéristique se produit à l'expiration, quand l'enfant souffle l'air contenu dans ses poumons. Il faut calmer l'enfant et respirer lentement, profondément avec lui. En général, l'asthme se traite par des inhalations buccales de Ventoline, à l'aide d'un nébuliseur : pas plus d'une nébulisation toutes les 20 à 30 minutes. Il faut contacter le SAMU si les troubles persistent.
Il existe deux méthodes pour rétablir le passage de l'air en cas d'obstruction des voies aériennes par un corps étranger :
  • donner d'abord cinq claques vigoureuses dans le dos, entre les deux omoplates, avec la paume de la main ;
  • puis appliquer si nécessaire la méthode de Heimlich, qui consiste à comprimer, avec les deux mains placées l'une sur l'autre, d'un coup assez sec, l'abdomen de l'enfant, entre le nombril et le thorax, en se tenant dans son dos.
Fractures et brûlures
En cas de fracture, ou de doute (après une chute, l'enfant se plaint d'avoir mal et de ne plus pouvoir bouger son bras ou sa jambe), il faut alerter le SAMU et empêcher l'enfant de bouger : le SAMU expliquera comment immobiliser le membre blessé.
En cas de brûlure liquide, par exemple avec de l'eau chaude ou du lait, il faut placer le membre brûlé sous un robinet d'eau froide pendant cinq minutes, à quinze centimètres sous le robinet, puis le recouvrir d'un linge mouillé et propre, et donner à boire à l'enfant. Selon la gravité de la brûlure, il convient d'appeler ou non le SAMU.
En cas de brûlure électrique, il faut couper le courant ou éloigner l'électrocuté avec un morceau de bois (un manche à balai, par exemple) et appeler le SAMU.
En cas de brûlure chimique, arroser le vêtement d'eau et appeler le SAMU (on peut retirer un vêtement en coton ou en soie).
Attention ! ne jamais mettre sur une brûlure du beurre ou un corps gras, et ne jamais retirer un vêtement synthétique que la chaleur aurait fait fondre !
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