L'organisation du baccalauréat

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Introduction

Lorsque commence la session du baccalauréat 2011 se prépare déjà celle de 2012. En effet, l'organisation du baccalauréat débute bien longtemps avant le jour « J ».
De nombreux acteurs sont mobilisés tant au niveau des services de l'administration centrale, des services de l'administration générale de l'Éducation nationale, que des services académiques.
Quelques chiffres de la session 2011 viennent confirmer que si cet examen est une épreuve pour les élèves « c'en est une aussi pour le Ministère (…) c'est une organisation impressionnante qui se prépare longtemps à l'avance dans les coulisses de l'Éducation nationale »(1) :
  • 642 235 candidats dont 615 889 sont scolarisés et 26 346 se présentent en candidats libres
  • 467 733 élèves de première générale et technologique sont inscrits aux épreuves anticipées (- 3,45 % par rapport à la session 2009).
  • 4 598 centres d'examen en France
  • 82 pays étrangers organisateurs
  • 79,10 euros par candidat présent (coût indicatif tous bacs confondus)(2)
Rappel
Le baccalauréat (du latin baccalaureatus, « degré de bachelier donné dans les universités ») est né le 17 mars 1808 par un décret de Napoléon 1er.
À l'origine, il se présentait sous dominante orale et en latin. Si l'on revient à la première session du baccalauréat, en 1809, 31 candidats ont été reçus, après s'être soumis à trois quarts d'heure d'une épreuve orale de latin, grec, français et philosophie (en latin également), conduite par des professeurs d'université.
© Myr MURATET / MAIF
• Calendrier 2011
Les chefs d'établissement veillent à ce que les cours et activités pédagogiques puissent se poursuivre dans de bonnes conditions matérielles le plus tard possible, grâce à un aménagement de l'emploi du temps des classes qui tienne compte de la disponibilité effective des enseignants ».
La session 2011 marquera la deuxième année de pérennisation de l'expérimentation de la reconquête du mois de juin, généralisée en 2009 à l'ensemble des académies(3). La plupart des conseils de classe débuteront le mardi 14 juin 2011(4). Ceux des classes de terminales et de premières générales ou technologiques auront lieu respectivement à partir des lundi 6 juin 2011 et jeudi 9 juin 2011. Les épreuves écrites du baccalauréat commenceront le jeudi 16 juin 2011, le temps global laissé aux correcteurs restant identique à 2010, c'est-à-dire une dizaine de jours.
(1)Discours de G. de Robien, le baccalauréat 2006.
(2)Chiffres 2010, source : www.education.gouv.fr
(3)Note de service n° 2010-228 du 20 décembre 2010.
(4)Le 13 juin 2011 correspond au lundi de Pentecôte, jour de fête légale.

Quelques rappels préliminaires

Une spécificité : l'enseignement agricole
L'enseignement agricole dépend du ministère de l'Agriculture, qui dispose d'une Direction générale de l'enseignement et de la recherche. Le ministre est conseillé, en la matière, par le Conseil national de l'enseignement agricole. Le directeur régional de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt exerce les attributions que les recteurs d'académie et les inspecteurs d'académie exercent pour l'enseignement non-agricole.
Par conséquent, pour les baccalauréats « agricoles » c'est le ministère de l'agriculture qui organise les sessions, de la fabrication des sujets à la passation de l'examen.
• les épreuves sont réparties en deux groupes
Les épreuves du premier groupe
Elles comprennent les épreuves passées par anticipation en fin de première ainsi que les épreuves terminales. Les épreuves anticipées concernent :
  • les épreuves écrites et orales de français pour l'ensemble des candidats des séries ES, L, et S, STG, ST2S et STI ;
  • l'épreuve de « travaux personnels encadrés » pour les candidats des séries ES, L, et ES ;
  • l'épreuve anticipée d'enseignement scientifique pour les candidats des séries L et ES ;
  • l'épreuve anticipée de mathématiques-informatique pour la série L ;
  • une épreuve orale d'histoire-géographie pour la série technologie STI.
Les notes attribuées à ces épreuves sont provisoires jusqu'à la délibération terminale, l'année suivante. Les autres épreuves sont passées en fin de terminale. Elles comprennent les épreuves obligatoires écrites et orales et/ou pratiques selon les séries, les épreuves facultatives correspondant à des options.
À l'issue des épreuves du premier groupe, si le candidat a obtenu :
  • une moyenne de 8/20 : il est ajourné ;
  • une moyenne de 10/20 ou plus : il est déclaré définitivement admis ;
  • au moins égale à 8/20 et inférieure à 10/20 : il est autorisé à se présenter aux épreuves orales du second groupe.
Les épreuves du second groupe : les oraux de rattrapage
Le candidat se présente à deux épreuves orales dans deux matières qu'il a choisies parmi celles qui ont fait l'objet d'écrit au premier groupe y compris le français(5). Seule la meilleure note obtenue dans chaque matière par le candidat est prise en compte. Il est reçu s'il obtient une moyenne de 10/20 ou plus à l'ensemble des épreuves(6).
Enfin les mentions ne sont attribuées qu'aux candidats obtenant le baccalauréat au premier groupe d'épreuves. La mention TB : moyenne supérieure ou égale à 16/20, la mention B : moyenne supérieure ou égale à 14 et inférieure à 16, la mention AB : moyenne supérieure ou égale à 12 et inférieure à 14.
• Le livret scolaire
Les jurys doivent, lors des délibérations consulter systématiquement le livret scolaire et le prendre en compte, surtout si les écarts entre les notes obtenues à l'examen et celles de l'année scolaire sont importants. L'examen de ce document doit avoir un effet positif, jamais l'inverse.
• La session de remplacement
Il existe une session de remplacement en septembre pour tous les candidats qui en cas d'absence justifiée liée à un évènement indépendant de leur volonté n'ont pu passer tout ou une partie des épreuves de juin. Il existe plusieurs cas de figure :
  • Les candidats qui ont subi une partie des épreuves anticipées : ils subissent de nouveau toutes ces épreuves, la ou les notes obtenues en session normale sont annulées.
  • Les candidats ayant subi une partie des épreuves : ils vont à la session de remplacement et réalisent l'ensemble des épreuves à l'exception des épreuves anticipées.
  • Les candidats autorisés à subir toutes les épreuves la même année.
La session de remplacement ne comporte pas d'épreuves d'EPS(7) ni d'épreuves facultatives, ni d'épreuves ou partie d'épreuves organisées dans les établissements en dehors de la session à la fin de l'année scolaire. Le cas échéant les notes obtenues à la session normale (EPS et épreuves facultatives) sont reportées et prises en compte lors de la session de remplacement.
À savoir
La France a signé des accords de double certification avec l'Espagne (Bachibac) et l'Italie (Esabac). Ils établissent un parcours de formation mixte pour les établissements scolaires bilingues des deux pays qui préparent à ces certifications. Le cursus et les programmes sont établis conjointement en langue et littérature et dans une discipline non linguistique (dans le champ des sciences sociales ou scientifique).
  • La formation pour le Bachibac a été ouverte en classe de première à la rentrée 2010 pour une première double délivrance en 2012.
  • Pour l'Esabac, les vingt lycées français et les lycées italiens qui l'expérimentent préparent les élèves pour la première session en cette année 2011(8).
(5)depuis la session 2002.
(6)Un certificat de fin d'études secondaires est délivré aux candidats ajournés à l'issue des épreuves du second groupe : le CFES.
(7)Éducation physique et sportive

Une mobilisation générale et des acteurs diversifiés

Chaque échelon de l'administration du ministère de l'Éducation nationale va participer à l'organisation de l'examen selon une répartition des tâches extrêmement précise.
• L'administration centrale
C'est l'administration centrale qui a la responsabilité d'élaborer les textes réglementaires qui définissent le contenu de chacun des baccalauréats et les différentes modalités d'épreuves (durée, nature, coefficient). Elle fixe :
  • les dates nationales des épreuves écrites(9) et les dates de délibération des jurys,
  • la charge de travail d'élaboration des sujets entre les différentes académies,
  • et répartit les crédits et les emplois nécessaires à la passation des examens.
• L'inspection générale
Au niveau des corps d'inspection, les implications sont également importantes puisque les membres de l'inspection générale sont réglementairement responsables devant le ministre de la qualité des sujets qui seront proposés aux candidats. Ils sont relayés au niveau académique par les inspecteurs pédagogiques régionaux (baccalauréat général et technologique) et par les inspecteurs de l'Éducation nationale (baccalauréat professionnel) tout au long de l'organisation de la session. Ils désignent à la fois ceux qui vont concevoir les sujets et vont composer les jurys.
• Les recteurs
Au niveau du rectorat, les tâches se multiplient : c'est le point névralgique de cette gigantesque organisation.
Le compte à rebours de l'élaboration des sujets
Les sujets qui seront distribués aux candidats en 2011 auront été réfléchis depuis plus d'un an.
Ce sont les recteurs qui sont chargés de la mise en place des commissions de choix de sujets. Pour le baccalauréat 2011, le ministère répartit l'élaboration des sujets entre les académies en mai 2010. Il s'agit des sujets « normaux », mais aussi des sujets de remplacement des sessions ordinaires des collectivités d'outre mer et des différents groupements de pays étrangers. Dans chaque matière plus d'une centaine de sujets sont élaborés par les différentes académies.
Pour 2011, les divisions d'examens mettent en place dès juin 2010 des commissions des choix de sujets dont la présidence est confiée de manière conjointe à un universitaire et à un inspecteur général de l'Éducation nationale. Les membres de ces commissions sont des professeurs de lycée, désignés par le recteur sur proposition de l'inspecteur pédagogique régional de la discipline et choisis dans des établissements représentatifs de la population scolaire de l'académie. Les travaux sont bien évidemment strictement confidentiels et ne donnent lieu à aucune rémunération. Seuls les deux coprésidents sont informés de la destination des sujets.
Calendrier
Septembre à décembre, les commissions travaillent sur les sujets en veillant à ce que les instructions réglementaires soient respectées. L'inspecteur général ou l'inspecteur pédagogique régional assurent la coordination entre les commissions d'une même discipline.
Décembre à janvier, chaque sujet est soumis à des professeurs qui n'ont pas participé aux travaux de la commission et qui vont être chargés en quelque sorte de les tester : il s'agit pour eux de les réaliser dans un temps inférieur à celui donné aux candidats. Ils doivent non seulement donner leur avis sur ce qui est faisable et sur ce qui ne l'est pas, mais aussi repérer d'éventuelles erreurs. On les appelle les « professeurs d'essai ».
Janvier à février, les sujets sont modifiés si cela est nécessaire compte tenu de l'avis de professeurs qui les ont « essayés ». Pour chaque sujet les deux coprésidents préparent et remettent un dossier au recteur qui est composé d'un sujet rédigé dans la forme que le candidat découvrira le jour de l'épreuve. Un rapport est joint comprenant celui des professeurs d'essai et celui des coprésidents. Ces derniers attestent de la conformité du sujet à la réglementation en vigueur et proposent une destination : sujet normal ou de secours, sujet pour la métropole, les collectivités d'outre-mer ou pour l'étranger.
Mars, le recteur choisit définitivement les sujets et l'endroit où ils seront affectés. Ce que l'on appelle le « bon à tirer » des sujets est signé par l'inspecteur général et l'universitaire, présidents de chaque commission.
Avril-mai, l'académie responsable de l'élaboration d'un sujet l'adresse sous forme de maquette à l'ensemble des autres académies. Les sujets sont ensuite transcrits en braille dans chaque rectorat ou à l'imprimerie nationale, mis sous pli, conditionnés en cartons et stockés dans des locaux sécurisés.
Juin, quelques jours avant le début des épreuves les sujets sont transférés vers les centres d'examens et mis à l'abri dans le coffre du proviseur jusqu'au début des épreuves.
Outre cette première et longue fabrication des sujets, les recteurs d'académie sont chargés de multiples tâches. Ils doivent :
  • mettre en place les commissions de choix de sujets,
  • organiser l'inscription des candidats,
  • fixer le calendrier des épreuves orales et pratiques dans l'académie,
  • désigner les centres d'examen et la répartition des candidats entre les centres,
  • constituer les jurys et la désignation pour chacun d'eux d'un président et d'un président adjoint,
  • dupliquer, stocker et répartir les sujets entre les lieux d'examen,
  • convoquer les enseignants et les candidats,
  • gérer de manière informatique les différentes opérations liées à l'examen,
  • gérer le contentieux,
  • conserver les copies pendant les 12 mois qui suivent la session (6 ans pour les candidats porteurs de handicap au sens de la loi du 11 février 2005)
• Le proviseur, chef du lieu d'examen
Acteur essentiel lors de la préparation(10) et du déroulement des épreuves, le proviseur de l'établissement qui accueille les candidats, assisté d'un ou plusieurs adjoints et des enseignants, est en première ligne. Ses responsabilités sont très importantes, car il est le garant du bon déroulement des épreuves.
Autrement dit :
• Il stocke les sujets, en général dans un coffre-fort mais ce n'est pas toujours le cas, tous les lycées n'en sont pas équipés ; il s'agit alors d'armoires très sécurisées dont lui seul et son adjoint ont la clé.
• Il prépare les locaux et répartit les salles : il reçoit à partir du mois d'avril les premières listes et progressivement tous les effectifs d'élèves qui vont composer dans son établissement. Il s'organise alors en terme de gestion des salles : il s'agit du collage des étiquettes sur les tables, de l'anticipation du nombre de feuilles de composition et de feuilles de brouillon, de la disposition de certains élèves en fonction d'un handicap particulier ; mais aussi de la répartition des surveillants (toujours deux par salle) en prévoyant toujours quelques personnes en plus en cas de défaillance de l'un d'entre eux. La surveillance est assurée par des enseignants, mais aussi des personnels d'éducation.
• Il accueille avec son équipe les candidats et oriente ceux qui ne connaissent pas l'établissement (panneaux d'affichage, fléchage des salles…)
• Il distribue les sujets aux enseignants responsables de telle ou telle épreuve. Il en est dépositaire depuis qu'ils sont arrivés dans son établissement (éminente responsabilité…) et est extrêmement vigilant dans la mesure du possible, lors de toutes les ouvertures d'enveloppes de manière à ce qu'il n'y ait aucune inversion ou erreur dans la distribution. Si malgré toutes les précautions prises une erreur se produit, il existe toujours les sujets de « réserve ». Les chefs d'établissement sont alors très réactifs.
• Il organise le secrétariat des jurys, et établit des relais (surveillants qui le tiennent averti en temps réel de tout incident) dans son établissement de manière à être toujours en phase avec le déroulement des épreuves,
• Le chef d'établissement et son équipe, après le traitement des sujets par les candidats, anonyment les copies dans un temps relativement court, et les acheminent vers les établissements « référents », deux fois par jour : après les épreuves du matin, après les épreuves de l'après-midi pour chaque série du baccalauréat. Un établissement différent est centre régulateur pour chaque série. Une exception cependant, les copies de philosophie sont directement dirigées vers le rectorat. C'est par ailleurs la première épreuve que passent les élèves, 3 ou 4 jours avant le début des autres compositions.
• Il organise les épreuves du second groupe.
• Il organise la remise des relevés de notes aux candidats… et il gère les contentieux : les fraudes, principalement, mais aussi les élèves qui sèment le trouble pendant une épreuve. Dans tous les cas un procès-verbal de l'incident est rédigé et transmis au rectorat.
Il est évident que l'équipe de direction, les enseignants et en particulier le chef d'établissement sont en « état d'alerte » pendant toute la durée du baccalauréat : ils sont ceux qui assurent au quotidien le bon déroulement des épreuves.
(9)BO n° 46 du 14 décembre 2006 et note de service n° 2006-200 du 4 décembre 2006.
(10)www.ac-poitiers.fr

La fraude au bac… de lourdes sanctions

Lorsque le candidat est pris en flagrant délit de fraude ou de tentative, le surveillant responsable de la salle prend les mesures adéquates pour arrêter la fraude sans jamais interrompre la participation du ou des candidats. Il dresse un procès-verbal contresigné par les autres surveillants et par le ou les auteurs de la fraude.
Le candidat ne peut être expulsé de la salle sauf si il y a substitution de personnes ou troubles affectant le déroulement de l'épreuve.
C'est le jury qui va délibérer sur les résultats du candidat suspecté mais aucun certificat de réussite, ni relevé de notes ne lui sera délivré avant le jugement de la section disciplinaire.
Le chef du lieu d'examen, le proviseur, sur la base du rapport du surveillant de la salle, constitue un dossier de « saisine » qu'il envoie au recteur, accompagné de son avis sur la matérialité des faits constatés et l'opportunité de poursuivre l'élève.
C'est donc le recteur qui va engager ou non des poursuites devant la section disciplinaire qui devra statuer au plus tard le 15 novembre de l'année au cours de laquelle a eu lieu l'examen.
Le jugement des fraudes au baccalauréat relève d'une juridiction disciplinaire instituée auprès d'une Université choisie par le recteur. Les membres de cette section sont élus au sein du Conseil d'administration. Les sanctions vont du blâme à l'interdiction temporaire ou définitive de se présenter à des examens ou de s'inscrire dans l'enseignement supérieur pour une durée allant jusqu'à 5 ans. S'il y a substitution de personne, l'expulsion de la salle est immédiate et des sanctions pénales peuvent être appliquées. Il est clair que toutes les épreuves subies par le candidat reconnu coupable lors d'une session sont annulées.
Exemples de fraudes : Fraude et téléphones portables
Les conditions de la saisie des téléphones portables afin d'établir une fraude dans les examens ou concours est extrêmement encadrée. C'est l'article 22 du décret n° 92-657 du 13 juillet1992 relatif à la procédure disciplinaire dans les établissements publics d'enseignement supérieur qui prévoit qu'« en cas de flagrant délit de fraude ou tentative de fraude aux examens ou concours, le surveillant responsable de la salle prend toutes mesures pour faire cesser la fraude ou la tentative sans interrompre la participation à l'épreuve du ou des candidats. Il saisit les pièces ou matériels permettant d'établir ultérieurement la réalité des faits […]. »
Ces dispositions sont notamment applicables aux épreuves de baccalauréat en vertu de l'article 2, c) de ce même décret.
Avant : il faut informer les étudiants ou élèves du fait que l'usage du téléphone portable est prohibé durant les épreuves. Dans la mesure du possible, il pourrait être envisagé que ces appareils soient déposés hors de la portée des candidats et mis en position éteinte. Pour autant la seule détention d'un téléphone portable durant l'épreuve, en violation de ces consignes, ne saurait suffire en soi à caractériser une fraude. Le surveillant de salle, au vu des éléments dont il dispose, peut dresser un procès-verbal. En outre, le respect des consignes données pourra justifier la confiscation temporaire de l'appareil, qui doit être restitué à la fin de l'épreuve.
Après : Dans l'hypothèse où la fraude serait avérée, c'est-à-dire en cas de flagrant délit de fraude ou de tentative de fraude aux examens ou concours, les données personnelles stockées dans le téléphone portable d'un élève ou étudiant ne peuvent pas être consultées sans son accord(11). Si l'élève n'exprime pas son consentement à un contrôle de ses effets personnels, le juge judiciaire considère qu'il doit être fait application du régime des perquisitions(12). Seul un officier de police judiciaire commis dans le cadre d'une enquête de flagrance ou d'une information judiciaire peut procéder au contrôle des données conservées dans le téléphone portable d'un élève. La seule solution demeure celle qui consiste pour le surveillant de salle de consigner les faits au procès-verbal.
À savoir
• en vertu de l'article 1er de la loi du 23 décembre 1901(13) réprimant les fraudes dans les examens et concours publics, « toute fraude commise dans les examens et les concours publics qui ont pour objet l'entrée dans une administration publique ou l'acquisition d'un diplôme délivré par l'État constitue un délit. »
• l'article 2 de la même loi dispose que « quiconque se sera rendu coupable du délit(14), notamment en livrant à un tiers ou en communiquant sciemment avant l'examen ou le concours, à quelqu'une des parties intéressées, le texte ou le sujet de l'épreuve, ou bien en faisant usage de pièces fausses, telles que diplômes, certificats, extraits de naissance ou autres, ou bien en substituant une tierce personne au véritable candidat, sera condamné à un emprisonnement de trois ans ou une amende de 9 000 € ou à l'une de ces peines seulement. »
Il entre dans les seules prérogatives d'un juge d'instruction d'autoriser le contrôle des communications d'une personne afin d'établir la réalité de la fraude et de déterminer l'identité de complices, susceptibles d'encourir les mêmes peines que le fraudeur, conformément à l'article 3 de la loi de 1901 précitée.
(11)Le droit au respect de la vie privée est garanti par l'article 9 du code civil.
(12)fixé à l'article 76 du code de procédure pénale (Cass., 15 octobre 1984)
(13)JO du 25 décembre 1901
(14)défini à l'article 1er précité

Les candidats handicapés

Les candidats porteurs de handicap, passent le baccalauréat dans les conditions définies par le décret n° 2005-1617 du 21 décembre 2005 et la circulaire n° 2006-215 du 26 décembre 2006(15).
Cette circulaire concerne les seuls candidats handicapés au sens de la loi du 11 février 2005 relative à l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Mais certains candidats peuvent présenter une limitation temporaire d'activité sans pour autant relever des dispositions de la circulaire susnommée. Des aménagements dans le déroulement des épreuves peuvent leur être accordés par l'autorité académique responsable de l'organisation de l'examen en fonction de la nature de leur limitation d'activité, pour que ces candidats puissent composer dans des conditions satisfaisantes.
Pour ce faire le candidat ou sa famille doit adresser sa demande au service chargé de l'organisation de l'examen, accompagnée de l'attestation médicale délivrée par le médecin qui a assuré le suivi médical établissant avec précision la nature et l'importance de la limitation d'activité. Si pour établir une décision des précisions sur la situation du candidat ou la nature des aménagements sont nécessaires, les éléments de l'attestation médicale pourront être appréciés par un médecin de l'Éducation nationale à la demande de l'autorité académique responsable de l'organisation de l'examen.
Sur la base de toutes ces données et en considération des contraintes techniques et des délais nécessaires pour la mise en œuvre d'aménagements, l'autorité académique prend la décision d'autoriser des aménagements portant sur l'augmentation du temps de composition, sur l'accès aux locaux, sur l'installation matérielle dans la salle d'examen ou encore sur l'assistance d'un secrétaire pour les candidats qui ne peuvent pas écrire.
Langue des signes
Depuis 2008, une épreuve facultative de langue des signes française est proposée aux élèves de Terminale. Elle n'est en aucun cas réservée aux seuls sourds ou malentendants : elle peut être choisie à l'examen par tout candidat(16). La langue des signes s'ajoute ainsi aux 24 langues vivantes et 11 langues régionales proposées au baccalauréat en épreuves obligatoires ou facultatives.
(15)BO n° 1 du 4 janvier 2007.
(16)Note de service n° 2007-191 du 13 décembre 2007

Conclusion

Les épreuves du baccalauréat débuteront le 16 juin 2011. Pendant trois semaines plus de 640 000 élèves plancheront pour décrocher ce diplôme, symbole de la fin des études secondaires et sésame pour l'entrée dans l'enseignement supérieur. Les moyens déployés par le ministère de l'Éducation nationale sont impressionnants, mais ils sont représentatifs de l'importance de ce diplôme. La loi sur le handicap et les décrets d'application ont permis de poursuivre les efforts faits pour permettre aux élèves porteurs de handicaps de passer les épreuves dans les conditions les plus propices à la réussite.
Pour en savoir plus, voir le dossier pratique : Le point sur le baccalauréat
Dossier réalisé par Frédérique Thomas, professeur agrégée, docteur en STAPS,
Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II, mise à jour : juin 2011.

Questions/ réponses

Absence
Toute absence non justifiée est sanctionnée par un zéro mais cette note n'est pas éliminatoire. En cas de force majeure, il faut attendre la session de septembre après avoir prévenu le centre d'examen et à condition de justifier de façon incontestable l'empêchement.
Retard
Un candidat peut être admis dans la salle de composition après l'ouverture de l'enveloppe qui contient les sujets dans un délai maximum d'une heure. De même aucun candidat n'est autorisé à quitter la salle d'examen avant la première heure.
Communication des copies
Le candidat peut demander à voir sa copie, mais il doit attendre les résultats définitifs du second groupe pour les épreuves terminales. Il doit adresser une demande écrite au rectorat qui lui fera parvenir des copies contre remboursement (0,15 euro par page) et ce pendant un an.
Pièce d'identité et convocation
Le candidat doit se munir de ces deux documents ; s'il n'a pas reçu sa convocation un ou deux jours avant les épreuves, il faut qu'il contacte d'urgence le rectorat.
Calculatrices
L'autorisation est stipulée sur le sujet et le matériel autorisé comprend toutes les calculatrices de poches y compris celles qui sont programmables, alphanumériques ou à écran graphique à condition que leur fonctionnement soit autonome et qu'il ne soit pas fait usage d'imprimantes. Les échanges entre candidats sont interdits.
Recours
Aucun recours n'est recevable contre les décisions prises par le jury qui est souverain ; c'est la garantie de son indépendance. Toutefois le constat d'une erreur matérielle vérifiée entraîne une rectification : mauvaise transcription d'une note, par exemple.
Dictionnaires
Ils sont formellement interdits sauf en ce qui concerne les épreuves de grec ancien et de latin.
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