Assistant(e) de service social

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Se centrer sur l'individu. Voilà comment Annie, Assistante de service social, issue de la région Nord, résume sa profession. Elle nous dépeint avec force et détermination le quotidien de ces femmes et parfois de ces hommes qui tentent de redonner une autonomie aux personnes en difficulté. À la définition de cette grande professionnelle, on pourrait ajouter que ce métier est centré sur la société. Il vise à faciliter l'amélioration sociale pour tous. Aux sceptiques et aux défaitistes, gageons qu'Annie redonne la foi.
© Pixtal / Iconos
À quoi ressemble un assistant de service social en 2013 ?
On ne va pas se mentir, généralement l'assistant social, ressemble massivement à UNE assistante sociale. Loin de moi l'idée de brandir l'étendard, mais cette masculinisation à outrance est injuste. Parfois, elle nous fait du tort. Aujourd'hui, en 2013, l'assistante sociale œuvre et milite par son engagement pour l'aide sociale. Dans des conditions difficiles, dans un contexte morose, avec peu de moyens. Son outil privilégié est avant tout l'écoute attentive. Car même en 2013, à l'heure du virtuel, de l'individualisme, du chacun pour soi, seul le dialogue permet de mettre en place une communication efficace auprès des personnes fragilisées, défavorisées, marginalisées ou en voie de le devenir.
Auprès de quel public intervenez-vous ?
Tout dépend de notre affectation. De manière générale, nous travaillons avec des personnes en difficulté. Nous les informons ou entreprenons des démarches qui leur permettent d'améliorer leur situation sociale. Cela passe d'abord, à mon sens, par une véritable considération, puis par des aides financières, une orientation vers des structures de prise en charge médicale, psychologique, sociale et professionnelle.
Nous sommes un lien. Souvent un dernier espoir. Nous participons à l'insertion sociale des différentes populations : personnes endettées, enfants et adultes maltraités, jeunes en décrochage scolaire, jeunes en fugue, toxicomanes, personnes âgées isolées, réfugiés politiques, travailleurs en difficultés, personnes présentant un handicap… Autant un individu, que des familles, des groupes ou des collectivités, des personnes de tous âges, de tous milieux, de toutes conditions, sans a priori.
Votre profession est connue, moins votre champ d'action, pouvez-vous nous le décrire ?
Comme je l'ai dit auparavant et je l'affirme de nouveau, tout passe avant tout par l'écoute et le dialogue. Nous fonctionnons de l'humain à l'humain. Il n'y a qu'ainsi que nous parvenons à diagnostiquer le problème et la nature des besoins exprimés. Hélas, à mon goût, les assistants de service social réalisent le plus souvent des tâches administratives, plutôt que d'être acteurs des processus d'évolution des personnes.
Nous nous devons donc de nous tenir à jour pour mieux informer des possibilités publiques et législatives. Nous proposons des dispositifs d'aide adaptés. Nous orientons, accompagnons dans chaque démarche. Nous réalisons des interventions de soutien, d'aide psychosociale, de médiation. En fonction des missions, il nous arrive aussi d'assurer d'autres fonctions comme celles d'animateur, de médiateur, de gestionnaire de ressources humaines, d'agent de développement ou de réinsertion professionnelle. Le tout, souvent dans l'urgence et avec une bataille de services qui se renvoient la responsabilité d'un dossier, le manque de moyen… Ce métier peut nous apporter le meilleur comme le pire.
Quelles sont vos activités quotidiennes ?
Avant tout de l'administratif : du courrier, des dossiers, des démarches par téléphone ou par courriel. En second lieu, nous menons des entretiens d'aide. Ces rencontres varient en fonction des problématiques à traiter : gestion de budget, assistance éducative, suivihellip/> Il nous arrive de mener des enquêtes également et même parfois d'assister à des entretiens d'embauches. J'en sors à l'instant, et ça, c'est formidable, parce que cela veut dire que nous menons à terme un dossier. Soyons réalistes, un contrat de travail est bien souvent l'issue à bien des problèmes.
Certaines de mes collègues tiennent des permanences, elles accueillent, informent. D'autres animent des groupes, des réunions de travail en équipe ou avec nos nombreux partenaires extérieurs. Il nous arrive aussi de mettre en place des projets collectifs, qui font généralement écho à des problématiques sociétales. Enfin, nous avons un devoir de mise à jour de nos connaissances et de notre documentation qui n'est pas négligeable non plus. Ce qui est parfaitement normal, nous nous devons d'être au top, de manière à agir avec efficacité.
Dans quel cadre exercez-vous vos compétences ?
Tout change en fonction du lieu de travail et de la philosophie de l'institution à laquelle on collabore. Si l'on devait définir les grandes lignes de la profession, on pourrait dire que l'on travaille le plus souvent au sein d'équipes pluridisciplinaires. Nos partenaires privilégiés sont composés de médecins, psychologues, éducateurs, animateurs, juristes… Nous travaillons de concert avec de nombreux acteurs extérieurs : organismes sociaux, collectivités, éducation nationale, justice, dans des cas bien précis et souvent extrêmes il faut avouer. Comme je l'ai dit précédemment, nous sommes la plupart du temps dans un bureau, mais les déplacements sont quotidiens.
Un mot sur le contexte dans lequel vous agissez ?
Ce n'est pas glorieux, pour plusieurs raisons. En premier lieu, à cause de la situation actuelle. Crise économique, dégringolade de l'emploi, misère sociale, nous sommes bien sûr en première ligne. Les services d'aide à la personne sont saturés, secteur après secteur, on colmate les brèches sans trop réfléchir. Comment pouvons-nous agir lorsque les issues s'amenuisent ? L'autre aspect, qui nous ampute, c'est la standardisation de notre métier. Je le scande encore et encore : écoute et dialogue sont nos meilleurs atouts. Hélas, nous fonçons vers une normalisation qui nous éloigne de l'assistance personnalisée, un peu plus chaque jour. Je sens venir l'instant où nous cocherons des croix dans des cases et disposerons de pistes toutes préparées pour répondre au besoin des personnes qui viennent chercher un peu d'humanité. Et pourquoi cela ? Parce que nous rentrons en plein dans une logique de rentabilité, et moins d'accompagnement. La seule solution à cela, c'est de se battre à chaque instant pour protéger sa profession, les salariés, mais surtout l'individu pour lequel on est missionné.
Quel serait le savoir-être de l'assistant(e) social(e) idéal(e) ?
Il s'agit d'une femme intègre qui sait pourquoi elle se trouve de l'autre côté du bureau. Elle comprend ce qui se passe face à elle et fait preuve d'un sens des relations interpersonnelles. Elle sait entrer en contact, être ouverte, avoir de l'empathie, sans se laisser affecter. J'insiste sur ce dernier point. Il faut se méfier des réactions émotives, c'est normal de les ressentir, mais l'assistant(e) social(e) doit avant tout agir en professionnel(le).
Elle doit également être autonome, assumer ses responsabilités, s'adapter, s'organiser. Elle fait preuve de dynamisme, de disponibilité, de solidité. Elle se maîtrise, elle est neutre, mais surtout, elle sait transmettre à la fois sa passion et son optimisme. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus évident. Elle se retrouvera face à des situations insolubles. Qu'elle garde en tête qu'une porte se ferme toujours pour une ou plusieurs autres qui s'ouvrent. Quitte à casser des murs !
Mais avant ces travaux, elle doit passer des concours…
Exactement. Les candidates au concours doivent passer le DEASS (diplôme d'État d'assistant de service social). Il se prépare en trois ans dans une école publique ou privée agréée. Ces écoles sont accessibles après le bac. Elle prépare au concours donc, qui se déroulent en deux temps : écrit, puis oral. Le déroulement des oraux est assez différent des autres concours de la Fonction publique. Il s'agit d'abord d'une épreuve de groupe : le candidat est invité à effectuer certaines tâches dans une situation de groupe pendant 45 min ou plus. Pourquoi ? Vous êtes jugé sur votre capacité à communiquer en situation de groupe, à vous intégrer et à vous autoévaluer. Tout se déroule sous l'œil impitoyable de deux examinateurs : un professionnel de la petite enfance et un psychologue.
S'ensuit alors l'entretien individuel qui a lieu devant un jury composé d'un professionnel et d'un psychologue. Montrez-vous le plus transparent et déterminé possible. Vous êtes jugés sur votre maturité, vos capacités de communication, d'argumentation, vos choix, votre curiosité à l'égard des problèmes de société, votre engagement à entrer dans un processus de formation. Vous êtes jugé en qualité de futur professionnel, tout simplement.
En savoir plus :
Dossier réalisé par la MAIF, mai 2013.
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