Chef de projet tourisme

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Qu'il est agréable de découvrir la France, la parcourir, l'explorer. Grâce à qui des millions de touristes visitent chaque année le musée de la Charentaise ou celui de la pelote basque ? Qui lève le voile sur les beautés insoupçonnées de notre bonne vieille patrie ? Le Chef projet tourisme bien sûr. Et pour nous informer sur cette profession, Marie-Pierre, chef de projet à la direction du tourisme du conseil général du Cher, sort son guide et nous balade à travers tous les secrets du métier.
Pouvez-vous nous présenter votre profession ?
Une destination à découvrir : le Berry
Elle est assez complexe à résumer, dans la mesure où les missions sont extrêmement variées. Dites-vous bien que le moindre projet est une aventure différente. Dans les grandes lignes, nous sommes chargés de mettre en place une stratégie globale de développement touristique et de dynamiser un territoire. Nous assistons et conseillons nos élus, généralement en partenariat avec différents acteurs. Nous animons, pilotons, accompagnons et assurons la promotion des projets d'amélioration des offres touristiques.
Que fait au quotidien un Chef de projet tourisme ?
Encore une fois : entre un professionnel attaché à une mairie dans les Pyrénées ou un autre qui œuvre pour le Conseil régional d'Ile-de-France, le métier n'est pas le même. Disons que le socle de notre activité est d'accompagner les acteurs locaux. Nous pilotons une équipe avec laquelle nous coordonnons des projets de développement touristique. Une des fonctions les plus importantes consiste à tisser un champ très étendu de partenaires et de réseaux professionnels.
Nous travaillons avec tous les secteurs d'activités, parce que chaque champ de compétence témoigne de l'identité d'un territoire. Via le Conseil Général, auquel je suis attachée, je participe à la mise en place des orientations stratégiques de la collectivité. Nous mettons en place de nombreux dispositifs pour évaluer nos actions, avec de nouveaux outils. Par exemple, depuis peu nous faisons de la veille territoriale et sectorielle.
À ce propos votre métier change-t-il ?
Bien sûr. Nous devons nous adapter aux nouvelles formes de communication, et être présents sur le plus de plateformes possible. Mais finalement, ça ne reste que de la stratégie de placement. La grande nouveauté, c'est l'engouement des visiteurs et donc de beaucoup de nos partenaires pour le « tourisme vert ». Séjours thématiques, voyage aventure… Ce qui nous arrange puisque le dynamisme de notre Région est basé sur notre identité rurale.
Bien sûr. Nous devons nous adapter aux nouvelles formes de communication, et être présents sur le plus de plateformes possible. Mais finalement, ça ne reste que de la stratégie de placement. La grande nouveauté, c'est l'engouement des visiteurs et donc de beaucoup de nos partenaires pour le « tourisme vert ». Séjours thématiques, voyage aventure… Ce qui nous arrange puisque le dynamisme de notre Région est basé sur notre identité rurale.
Que conseillez-vous à un jeune pour s'adapter et se lancer dans cette voie ?
En guise de premier conseil, je tiens à préciser ce que j'ai dit plus haut : nous ne faisons pas du marketing. Pour les jeunes qui nous lisent, il faut garder en tête que notre mission première c'est de dévoiler les secrets et les trésors d'un territoire. Il est donc important de travailler avec tous les secteurs. Apprenez donc à vous adapter à chacun de vos interlocuteurs. Et ne hiérarchisez pas. Qu'il s'agisse d'un viticulteur qui propose une promenade à cheval dans ses vignes ou d'un festival musical au rayonnement international (Le Printemps de Bourges NDLR), je m'implique avec la même rigueur.
Vous devez être incollables sur le territoire pour lequel vous œuvrez. Étudiez-le, apprenez-le. Ne vous endormez jamais sur vos lauriers. Allez chercher l'inspiration ailleurs. Pensez et vivez tourisme ! Rares sont les jours de repos où je reste chez moi à regarder la télé. J'ai une véritable soif d'exploration du monde dans lequel je vis. Enfin, point très important : nous sommes fonctionnaires, certes, mais ne vous attendez pas à une semaine de 35 heures avec des horaires fixes, et des week-ends calmes. Vous devez être souples, comme je l'ai dit, chaque mission est une nouvelle aventure dont vous incarnez le dynamisme.
Si le Chef projet tourisme était un couteau suisse, quels seraient ses outils ?
L'écoute. La curiosité. L'ouverture. La débrouillardise. L'intégrité. La négociation. L'autonomie. L'organisation. La réactivité. La conciliation. La diplomatie. L'humilité. La disponibilité. Être bien dans son époque. Le sens de la collectivité territoriale. Le respect des élus. Mais surtout : être multilingue. C'est un atout majeur. Et je conseille à mes futurs confrères de posséder quelques notions de russe et de chinois. Cela peut vous ouvrir des portes.
Quels conseils donnez-vous aux candidats qui préparent les concours ?
Comme souvent dans la fonction publique, la réalité est tout autre que sur le papier. En théorie, le chef de développement du tourisme est assimilé à la catégorie A de la fonction publique territoriale, en tant qu'attaché. Autant dire que cette voie-là s'adresse aujourd'hui aux candidats surdiplômés. Mais l'accès à la profession n'est pas fermé pour autant. Il faut être patient et courageux. Il n'y a pas de parcours type. On voit d'anciens directeurs d'office de tourisme, être promu via le concours interne.
Actuellement, le recrutement se fait le plus souvent à un niveau universitaire bac + 4/5. Les profils qui attirent sont par exemple des étudiants licenciés en droit du tourisme, spécialisés dans le management, l'économie, la gestion ou l'ingénierie du tourisme. Pour les jeunes qui nous lisent, il est même possible de débuter via des BTS type animation et gestion touristique. Vous commencez par une expérience de terrain, puis gravissez les échelons dans des structures de plus en plus importantes : ville, département, région. Cette progression est possible. Elle l'est d'autant plus qu'il existe un véritable turn-over propre à notre secteur d'activité. Encore une fois, il ne faut pas être frileux. Laissez-vous porter avec curiosité et dynamisme.
Une anecdote pour conclure ?
On ne manque pas de situations imprévisibles, à chaque nouvelle mission. Nous rions tous les jours. Il y a encore peu de temps, nous avons collaboré avec un partenaire, qui lors d'une réunion, défendait avec passion un projet, devant des élus. Tout se déroulait à merveille, jusqu'à ce que l'intervenant se trompe une fois sur le nom du département. Puis deux. Puis trois. Puis tout le temps. Nous avons été obligés de le reprendre. Et c'est à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte que cette personne se croyait sur un autre territoire. Ce qui est toujours amusant dans un Conseil Général ou le nom du département est vraiment marqué partout !
En savoir plus :
Dossier réalisé par la MAIF, avril 2013.
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