Les milieux français entre nature et société

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Les définitions clés

Milieu : cadre de vie dans lequel vit une société.
Environnement : notion voisine de milieu. Au sens étroit, le milieu naturel ; au sens large, l'ensemble des éléments naturels et sociaux qui nous entourent, et avec lesquels nous interagissons.
Action anthropique : appropriation et aménagement de l'espace par les sociétés humaines.
Aléa : caractérise un phénomène physique qui dépend des lois du hasard dans un epace sans hommes.
Risque : aléa qui menace la vie des hommes.
Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
Prévention : mise en œuvre de moyens qui anticipent les risques de toute nature pour éviter des erreurs d'aménagement.
Écosystème : système localisé d'êtres vivants et de leur milieu de vie. Le terme de « géosystème » intègre, en plus des éléments naturels et physiques, des élements sociétaux.

La fiche

Par sa superficie (551 000 km2 pour la France métropolitaine, 120 000 km2 pour les Dom-Tom) et sa situation géographique, la France présente une très grande diversité de milieux appartenant aux zones tempérée et intertropicale (Dom-Tom). Ces milieux résultent d'une très longue histoire d'interactions entre les conditions naturelles et les interventions humaines exploitant leurs multiples ressources. L'environnement est devenu un enjeu majeur du XXIe siècle, dans la mesure où il faut protéger la société face aux contraintes et aux risques, mais aussi gérer et préserver les ressources du milieu en relation avec les activités économiques.
Des milieux physiques diversifiés
Le relief français
Un fait majeur du territoire est sa division entre une moitié sud-est au relief très accidenté, fait de montagnes encadrant de longs couloirs, et une moitié nord-ouest aux horizons plus calmes, de plaines, de collines et de bas plateaux. La tectonique des plaques en est à l'origine, créant quatre sortes de relief : les chaînes récentes (Pyrénées, Corse, Alpes, Jura), les moyennes montagnes correspondant au soulèvement du vieux socle dans le sud et l'est du Massif central et des Vosges, les plateaux du rebord oriental du bassin sédimentaire parisien (Bourgogne, Lorraine) et les fossés d'effondrement du Rhône, de la Saône et de l'Alsace. Plus éloignés de la zone de choc, les plateaux anciens du Limousin ou de la Bretagne et le reste des bassins sédimentaires sont restés à basse altitude. Le bassin de Paris a une forme circulaire mais déborde sous la Manche et en Angleterre ; le bassin aquitain est dissymétrique et s'accidente au pied des Pyrénées. L'une des conséquences de ce dispositif est que les fortes pentes gênent les circulations et accélèrelent la vitesse des cours d'eau dans le sud-est. Mais elles sont aussi un élément d'attraction touristique.
Les contrastes climatiques
Dans un climat d'ambiance tempérée, c'est le relief qui crée les plus grands contrastes climatiques et biologiques en influençant les températures et les chutes de pluie, donc la neige et le gel, en créant de fortes pentes, en dirigeant le régime des cours d'eau. Les fortes pluies sont sur les fronts montagneux, les neiges et les grands froids en haute montagne, où apparaît la végétation originale des pelouses d'alpages. Plus bas, des nuances apparaissent. Les unes tiennent à la latitude : plus on va vers le nord, moins le soleil apporte de la chaleur. Les autres sont liées à la longitude : plus on va vers l'ouest, plus l'effet du grand océan Atlantique est sensible.
La France est bordée de quatre mers et subit le jeu alternatif des anticyclones et des dépressions océaniques. L'effet maritime est surtout sensible en hiver, où les différences de température sont faibles dans la moitié ouest du pays. Le zonage nord-sud est plus apparent dans l'est de la France, renforcé par les étés chauds et secs de la Méditerranée ; mais il oppose aussi, en été, les côtes de la Manche à celles de l'Atlantique, plus attirantes. Ainsi, en dehors des montagnes, on distingue six grands domaines climatiques : le domaine méditerranéen (été sec et végétation persistante) , le domaine aquitain (plus humide, assez doux en hiver), le domaine occidental (plus humide), le domaine central (pays de la Seine et de la Loire, plus sec), le domaine septentrional (plus frais), le domaine nord oriental ou continental (à hiver froid). Ces grandes tendances sont toutefois des infléchies selon le moment et le lieu. Les variations du temps à court terme et d'une année sur l'autre l'emportent sur les moyennes régionales, et aucune région n'est à l'écart des risques naturels. Les différences locales dues aux effets d'exposition ou d'abri et à l'extrême variété des sols creéent des conditions très contrastées pour l'agriculture et le tourisme.
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Le relief de la France© rue des écoles
Le relief de la France
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Les climats en France© rue des écoles
Les climats en France
Une mosaïque de paysages
Forêts et espèces végétales
La diversité des paysages de la France est très appréciée dans le monde entier. Notre pays doit cet atout autant à l'accumulation des actions humaines qu'à des circonstances naturelles. La plupart de ces paysages ont considérablement changé dans le temps. Le climat, le relief et les sols guident en grande partie la répartition des espèces végétales. Mais, en dehors des montagnes, seul le climat méditerranéen introduit des paysages très différenciés de végétation persistante. Les paysages agricoles ont été très sensibles à la qualité des sols. Une partie du territoire français a été marquée par les sols pauvres des régions sableuses, caillouteuses ou de roches anciennes. Pour autant, beaucoup ont été amendés, drainés, fertilisés. Ainsi, la craie de la Champagne a successivement porté des landes pauvres, des bois de pins, puis de splendides récoltes. La France conserve de précieuses réserves de zones humides, notamment sur les littoraux : baie de la Somme, marais charentais ou poitevin, Camargue… Le pays se distingue en Europe par l'étendue de ses forêts, qui occupent un quart du territoire. La plupart d'entre elles ont été plantées, reboisées ou entretenues au risque d'abuser des conifères qui sont des arbres qui régulent mal la circulation des eaux.
Des ressources naturelles réduites
Le sous-sol de la France ne se distingue pas par sa richesse. Toutefois, il a pu soutenir une partie de l'industrie et de l'urbanisation, d'abord par les minerais des massifs anciens, puis par le fer inclus dans les couches sédimentaires de l'est du Bassin parisien (Bourgogne, Champagne et Lorraine), la houille de la périphérie du Massif central et surtout du Nord et de la Lorraine. Les découvertes, plus récentes, de pétrole et de gaz en Aquitaine et non loin de Paris ont donné une faible production et tirent sur leur fin. Les fortes pentes et les eaux abondantes de la moitié sud-est du pays, ainsi que les grands fleuves (Rhin, Rhône) continuent à fournir de l'électricité, mais bien moins que celle produite par les centrales nucléaires. On commence à exploiter les « gisements » de vent des côtes de la Manche et du Languedoc par des éoliennes, mais cette perspective reste limitée.
Des sites attractifs pour le tourisme
Le paysage est lui-même devenu une ressource appréciée, comme support du tourisme. Chaque commune vante ses atouts, partout en France : mais il s'agit aussi bien du style des maisons, des monuments que de curiosités naturelles locales ou de panoramas à grand spectacle. Dans ces domaines, les littoraux, les montagnes et les contrées méditerranéennes ont les plus grands avantages que contestent localement les plus belles forêts et les vignobles. En contrepartie, les visiteurs déplorent surtout l'impression d'abandon de certaines campagnes très dépeuplées, où gagnent landes et broussailles : ce n'est pourtant le cas que sur une faible portion du territoire. Les sites les plus attractifs sont d'une part la haute montagne et les plages , d'autre part les reliefs qui offrent les accidents les plus spectaculaires : reliefs karstiques (gorges, gouffres, grottes) dans les Causses et les Préalpes provençales; paysages volcaniques en Auvergne.
Protection de l'environnement et gestion des risques
Le milieu urbain
Les catastrophes proviennent la plupart du temps de choix qui ont négligé les aspects physiques du milieu. Les bâtiments construits dans le lit majeur des fleuves et des rivières peuvent être inondés. D'autres sont victimes de ruissellement dû à l'expansion des surfaces bitumées (région de Nîmes). La pollution atmosphérique provoquée par les rejets de particules des échappements automobiles est responsable de l'augmentation de la fréquence de maladies respiratoires. Le stress, lui, est accentué par la pollution sonore. La qualité des eaux douces est inégale. Les agences de bassin spécialisées dans le retraitement des eaux usées doivent répondre à l'augmentation de la population et de la consommation.Certaines régions urbaines sont devenues dangereuses pour la population à cause de la concentration des industries à risque (couloir de la chimie, au sud de Lyon). On se souvient encore du drame causé par l'explosion de l'usine AZF, installée à Toulouse, en 2001.
Les risques des milieux agricoles et touristiques
L'alimentation et le traitement des eaux douces ne sont pas efficaces dans toutes les régions (Bretagne), car l'agriculture productiviste pollue de manière durable les nappes phréatiques par les pesticides.
Le tourisme balnéaire engendre l'!érosion littorale, plus ou moins intense selon le type de côte. La logique de protection l'emporte depuis les années 1930, période d'instauration des premières réserves naturelles. Le conservatoire du littoral achète ainsi des terrains sur les côtes afin de préserver les sites et d'empêcher les constructions.
Le tourisme montagnard, essentiellement hivernal, a necessité le développement de stations de sports d'hiver de plus en plus élevées. Elles sont menacées par les avalanches, ce qui nécessite de lourds investissements de protection. La production de neige artificielle augmente quant à elle la consommation en eau.
La prise de conscience de la société
Les hommes sont parfois exposés aux aléas climatiques (sismiques) ou technologiques (pollutions chimiques). Les risques sont le produit des choix des hommes en fonction des aléas. En France, la mise en place obligatoire des plans de prévention des risques, depuis la loi de 1995, en liaison avec les PLU (plan local d'urbanisme), témoigne de la volonté de prendre en compte les risques dans les choix d'aménagement. Ainsi, se déterminent des bassins de risque qui ignorent les limites communales. Les zones établies imposent aux habitants des mesures de sauvegarde et de protection à l'horizon de cinq ans. En cas de risque très élevé, le préfet dispose du droit d'exproprier.
La France est exposée à des risques climatiques majeurs, comme ceux générés par les cyclones dans les départements d'outre-mer situés en zone tropicale. Elle connaît les risques sismiques (Côte d'Azur, Pyrénées…) et les glissements de terrain, partout où les fortes pentes, conjuguées à la nature des sols, menacent les zones habitées (montagnes, plateaux). Mais sa situation tempérée océanique, couplée au régime de ses fleuves et de ses rivières fortement modifié par les aménagements humains, engendre aussi des risques d'inondations. La politique de prévention cherche à minimiser les coûts humains et financiers des catastrophes prévisibles. Les collectivités locales, aidées par l'État et l'Union européenne, supportent le coût d'aménagements, parfois très onéreux (paravalanches, murs antibruit), alors que les compagnies d'assurances augmentent régulièrement leurs tarifs.

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Le développement durable
Le développement durable a été défini comme « le développement qui correspond aux besoinx du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » par le rapport Brundtland (du nom du Premier ministre norvégien), publié en 1987. Le processus vise à concilier l'écologique, l'économique et le social, en rétablissant une sorte de cercle vertueux entre ces trois piliers. Ce concept est au centre d'un nouveau projet de société permettant de remédier aux excès et aux dysfonctionnements d'un mode de développement dont les limites ont été fortement dénoncées dès le début des années 1970. Les effets de l'industrialisation (production de déchets en masse, pollution, etc.) apparaissent alors, et la désertification, la déforestation, le trou dans la couche d'ozone constituent, une décennie plus tard, de nouvelles sources d'inquiétude, bientôt suivies par l'érosion de la bio-diversité et le réchauffement climatique. Parallèlement, on constate que les politiques économiques de la seconde moitié du XXe siècle n'ont guère amélioré la situation des plus pauvres. Les inégalités se sont même creusées, posant la question de la croissance et du développement.
Popularisé par le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, le développement durable s'est affirmé comme un concept à la mode. En France, il a acquis une place importante, dont témoigne la création d'un ministère de l'Écologie et du Développement durable, ainsi que la participation active du président Jacques Chirac au sommet de Johannesburg en 2002. Le développement durable est désormais une préoccupation des États, des régions et des communes. Il entre également dans les stratégies des sociétés industrielles et des acteurs du secteur tertiaire. Le développement durable se veut une nouvelle manière de penser le monde et de le gérer. Il apporte des réponses aux inquiétudes relatives à la planète, mais renvoie en réalité à de nombreuses questions.

Repères bibliographiques

Y. Veyret, Le développement durable, la Documentation photographique, n° 8053, 2006.
Y. Veyret, France, milieux physiques et environnement, Armand Colin, 2003.
J-P. Paulet, Le développement durable, Ellipses, 2005.
Site Internet : www.ifen.fr (thèmes géographiques sur l'environnement, les acteurs et les territoires).
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