Territoire et population des États-Unis

-----------------------------------------------

Les chiffres clés

Fiche d'identité
Superficie : 9,3 millions de km2
Population : 312 millions d'habitants
Densité : 32 habitants/km2
Indice de fécondité : 1,9 enfants/femme
Taux de natalité : 13‰
Taux de mortalité : 8‰
Taux de mortalité infantile : 6‰
Espérance de vie : 81 ans pour les femmes ; 75 ans pour les hommes
IDH : 0,940 (6e rang mondial)
Capitale : Washington

La fiche

Le territoire des États-Unis est marqué par l'immensité et la diversité du relief et du climat. Ces conditions naturelles alliées à l'histoire du peuplement de cet État, expliquent l'inégale distribution de la population. La conquête, puis la mise en valeur de ce vaste territoire ont obligé les hommes à surmonter d'importantes contraintes naturelles. Celles-ci n'ont pas empêché les États-Unis de devenir la 1re puissance économique mondiale, car elles ont été surmontées par de nombreux aménagements et progrès techniques. Un réseau de transport et de télécommunications dense et efficace assure aujourd'hui la maîtrise d'un territoire riche en ressources naturelles. Peuplés de 300 millions d'habitants, les États-Unis constituent la troisième population de la planète. Mais ces chiffes masquent mal les grandes disparités entre des régions densément peuplées (est du Mississipi, États du Sud et Ouest pacifique) et les espaces presque vides des Rocheuses. La société américaine est marquée par le multiculturalisme. Les Blancs non hispanique représentent 72 % de la population, mais leur poids diminue face à la montée des minorités noire, asiatique et, surtout, hispanique. Les Américains sont en majorité des citadins. La ville américaine, constituée en auréoles concentriques au tour du CBD, connaît une croissance spatiale importante vers les banlieues (suburbs). Parmi les villes millionnaires, celles de la Mégalopolis atlantique connaîssent un tassement de leur population, alors que celles de la Sun Belt (sud et ouest du pays) augmentent.
La maîtrise du territoire des États-Unis
Un territoire diversifié, constitué récemment
Le territoire des États-Unis s'étend sur 9,3 millions de km2 (dont 1,5 million de km2 pour l'Alaska). De l'Atlantique au Pacifique, de la frontière canadienne à la frontière mexicaine, ce territoire est articulé autour de trois ensembles naturels d'Est en Ouest. Les Appalaches et la plaine côtière, terre d'installation des premiers colons venus d'Europe, recèlent un sous-sol riche en énergie (charbon et hydroélectricité) qui a permis l'émergence d'une grande région industrielle. Au centre du pays, les Grandes Plaines fertiles drainées par le bassin du Mississipi est le berceau agricole du pays. Plus à l'ouest, les hautes chaînes montagneuses (Rocheuses) et les hauts plateaux isolent une façade maritime pacifique favorable aux hommes malgré les menaces sismiques.
Le territoire est marqué par une grande diversité de domaines bioclimatiques : climat continental des Grandes Plaines, froid au Nord ; climat océanique au Nord-Ouest et au Nord-Est ; climat subtropical en Floride et méditerranéen en Californie. Si les conditions naturelles des États-Unis sont globalement favorables, la continentalité et la disposition méridienne de reliefs expliquent les excès : vagues de froid ou vagues de chaleur, sécheresse à l'ouest du 100e méridien et inondations dévastatrices, voire cyclones dans le Sud.
Depuis l'indépendance de 1776 et l'occupation des 13 États sur la côte atlantique, les États-Unis se sont constitués en un peu plus d'un siècle : ce mouvement s'est fait au détriment des tribus indiennes, déplacées progressivement dans des réserves. La frontière se déplace vers l'ouest jusqu'au Pacifique alors que des flux d'immigrants européens arrivent sur la côte atlantique. Les territoires de l'Ouest sont colonisés petit à petit (Homestead Act de 1862 qui accordait gratuitement à une famille un lot de terrre de 65 hectares dans l'ouest du pays), les colons se partageant des vastes parcelles géométriques selon le principe du township. La maîtrise de cet immense territoire a toujours été un enjeu majeur pour les États-Unis. Au XIXe siècle, la conquête de l'Ouest et le déplacement de la « frontière » (Frontier) a été achevée grâce au premier chemin de fer transcontinental. Durant cette période, la colonisation et l'aménagement du Far  West ont forgé un esprit pionnier qui explique en partie la mentalité américaine.
Un système de transport efficace
Les transports ont permis la mise en valeur de ce territoire immense.Ils sont l'une des conditions essentielles de la puissance économique des États-Unis. Les réseaux sont les plus denses du monde, en particulier à l'est du Mississippi. Pour le trafic des passagers, la route et l'avion dominent. Les États-Unis sont le pays de l'automobile : 150 millions de voitures particulières y circulent. Le réseau aérien s'organise autour d'une douzaine de plateformes aéroportuaires (hubs) qui redistribuent les trafics nationaux et internationaux. Les camions (trucks) et le rail gardent une place privilégiée pour le trafic des marchandises, particulièrement sur les longues distances. Les Grands Lacs, le Mississippi et le réseau de canaux intérieurs jouent un rôle économique non négligeable pour le transport de pondéreux. Le réseau ferroviaire est, quant à lui, de plus en plus concurrencé par la route. Enfin, deux façades maritimes particulièrement dynamiques relient les États-Unis au reste du monde.
D'importantes ressources naturelles
Le territoire américain est bien pourvu en richesses du sous-sol : cela a permis l'essor industriel du xixe siècle (charbon des Appalaches, minerais de la région des Grands Lacs, pétrole au Texas…). Avec l'épuisement des anciens gisements et la crise énergétique des années 1970, les États-Unis ont de plus en plus souvent recours à l'importation de matières premières et de sources d'énergie. Aujourd'hui cependant, le charbon est encore exploité dans les mines à ciel ouvert des Rocheuses (Wyoming), alors que les productions d'hydrocarbures du golfe du Mexique et d'Alaska ne suffisent pas à la consommation du pays. Les États-Unis importent 500 millions de tonnes de pétrole et 70 milliards de m3 de gaz naturel, en majorité du Moyen-Orient.
L'hydroélectricité et l'énergie nucléaire sont aussi des points forts des États-Unis. Ceux-ci sont le second pays du monde pour la production d'hydroélectricité après le Canada. Les principaux barrages sont situés au pied des Appalaches, dans la vallée du Tennessee et sur les grands fleuves de l'ouest du pays (Colombia, Colorado, Snake River). Les Américains sont également les premiers producteurs mondiaux d'électricité nucléaire. L'opposition des écologistes devient de plus en plus virulente. Les énergies nouvelles restent peu répandues, sauf dans quelque régions privilégiées (éoliennes géantes en Californie).
Une conscience environnementale commence à se développer aux États-Unis. Les premiers parcs nationaux du monde ont été instaurés, avec le parc du Yellowstone en 1872. Le pays compte aujourd'hui 57 parcs nationaux. Depuis 1970, l'Agence de protection de l'environnement (Environmental Protection Agency) est le principal organe de ces politiques. Toutefois, l'administration Bush refuse de ratifier le protocole de Kyoto. Cependant le gouvernement fédéral a initié le Clear Skies and Global Climate Change, du 14 février 2002, qui développe une approche graduelle, à moyen ou long terme, face à l'effet de serre. Le 28 juillet 2005, le gouvernement des États-Unis a signé un accord avec cinq pays d'Asie-Pacifique (Australie, Inde, Japon, Chine et Corée du sud) visant à développer de nouvelles technologies pour lutter contre l'émission des gaz à effet de serre. Le 29 juillet 2005 a été votée la loi de réforme sur le secteur énergétique. Elle prévoit de réduire la dépendance énergétique des États-Unis, d'augmenter les sources d'énergie renouvelable, d'encourager l'utilisation des biocarburants, d'améliorer le secteur nucléaire et de moderniser les usines thermiques au charbon et le réseau électrique .
Population, société et villes
Les dynamiques de la population
Les États-Unis se sont construits grâce à plusieurs vagues d'immigrants d'origines variées : les flux migratoires ont été surtout importants au début du XXe siècle. Ce sont près de 60 millions de personnes qui ont immigré aux États-Unis depuis 1830. Jusqu'aux années 1960, les flux de migrants étaient surtout originaires d'Europe. Mais sont venus s'ajouter des contingents importants de Latino-américains et d'Asiatiques. Malgré les lois sur les quotas d'immigration, les États-Unis demeurent un pays attractif. L'afflux de travailleurs qualifiés venus d'Asie, voire d'Europe, constitue le Brain Drain. Par ailleurs, on compte plus de 4 millions d'immigrés clandestins, principalement des wet backs qui traversent la frontière américano-mexicaine (le nom de wet back ou « dos mouillés » en anglais, sont les Mexicains clandestins, ainsi nommés parce qu'ils traversent souvent le Rio Grande à la nage pour gagner les États-Unis).
Les structures démographiques des États-Unis sont contrastées : le pays a connu, comme tous les pays riches, le baby-boom d'après-guerre. Le taux de fécondité de deux enfants par femme en moyenne est plus fort dans les minorités noires et latino-américaines. La population américaine vieillit et le renouvellement des générations n'est plus assuré. L'espérance de vie est de 74 ans pour les hommes et de 80 ans pour les femmes. On peut noter également que certains États comme ceux du sud-est du pays apparaissent plutôt comme des États vieillis, alors que les périphéries, surtout l'Ouest pacifique sont plutôt jeunes.
La population américaine a toujours été très mobile. Au XIXe siècle, les pionniers ont poussé la « frontière » jusqu'au Pacifique. Aujourd'hui, ce sont surtout les États du Sud et de l'Ouest, appartenant à la ceinture du soleil (Sun Belt) qui gagnent le plus de population. En effet, ces régions rassemblent de nombreux atouts : héliotropisme, créations d'emploi dans les nouvelles technologies… Par ailleurs, s'y installent prioritairement les minorités ethniques dont le dynamisme démographique est supérieur à moyen américaine.
Une société pluriculturelle
La société américaine se distingue par son multiculturalisme. Les États-Unis ont longtemps été le modèle de l'intégration réussie. C'était une sorte de creuset (melting pot) dans lequel venaient se fondre les populations immigrées venues principalement d'Europe pour constituer la nation américaine. Aujourd'hui, les Blancs constituent encore le groupe dominant (WASP ou White Anglo Saxon Protestant). La minorité noire victime, jusque dans les années 1960 de ségrégation, a obtenu l'égalité des droits et regroupe aujourd'hui 12 % de la population, soit environ 36 millions de personnes. La proportion des Asiatiques et des Latino-américains n'a cessé de croître depuis cinquante ans. Ces derniers (11 % du total) sont près de 33 millions de personnes. Ils seront bientôt la première minorité du pays.
Pays de la réussite sociale et de la liberté d'entreprendre, les États-Unis sont aussi un pays où les inégalités sociales restent très fortes. Les 2,5 millions d'Américains les plus riches ont un revenu égal aux 100 millions des plus pauvres. Près de 35 millions de personnes n'ont pas d'assurance-maladie. Le tiers des Noirs, le quart des Hispaniques, mais seulement 10 % des Blancs vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce seuil, aux États-Unis, est fixé à 14 000 dollars pour une famille de quatre personnes. Cependant, globalement, le revenu moyen des États-Unis est l'un des plus forts du monde (31 000 dollars par an, 7e rang mondial).
Les villes américaines
Les États-Unis sont un pays de citadins. Près de huit Américains sur dix vivent en ville. Un habitant sur deux réside dans une aire métropolitaine de plus d'un million de personnes. Aux États-Unis, les villes sont le reflet de la puissance du pays avec leurs gratte-ciel imposants. Mais on retrouve aussi dans l'espace urbain les marques des fortes inégalités sociales (banlieues riches protégées, quartier dégradés, ghettos). Aujourd'hui, les 20 plus grandes villes des États-Unis ou CSMA (Consolidated Metropolitan Statistical Areas) rassemblent plus du tiers des Américains. Cette croissance des villes s'accompagne d'une extension de l'espace urbain autour du noyau central. Les villes centres sont organisées autour du CBD (Central Business District) qui domine l'espace urbain par son architecture verticale : ce sont les quartiers des affaires qui sont réservés aux activités boursières et bancaires, aux sièges des grandes entreprises et aux services supérieurs.
Tout autour du centre, les quartiers résidentiels et industriels ont été dégradés et abritent aujourd'hui des populations pauvres appartenant souvent aux minorités. Certains quartiers font l'objet d'une réhabilitation (gentrification). En périphérie, on trouve des banlieues sur des dizaines de kilomètres : elles accueillent l'habitat individuel des classes moyennes, ainsi que de nouveaux centres d'activités tertiaires ou commerciales le long des voies de communication (edge cities). Certaines banlieues ont vu se développer des espaces spécialisés dans la haute technologique (technopôle comme la Silicon Valley près de San Francisco ou la Route 128 près de Boston).
Au nord-est des États-Unis, la Mégalopolis atlantique est un espace urbain continu qui s'étend sur près de 1000 km de Boston à Washington et rassemble environ 50 millions de personnes. Les densités y dépassent les 400 habitants/km2. Cette mégalopole est dominée par New York et ses 20 millions de citadins. Les villes de la Sun Belt s'organisent différemment. Alors que les villes du nord-est des États-Unis voient leur population stagner ou perdent des habitants, la poussée urbaine a surtout profité aux agglomérations du sud est de l'ouest du pays. Les flux migratoires profitent aux États de la Sun Belt, surtout à la Californie.
Les villes américaines sont en crise. Les centres-villes se dépeuplent en faveur des banlieues. Certains quartiers, parfois proches du CBD, sont occupés par des minorités ethniques pauvres, les chômeurs et les immigrés clandestins. En conséquence, les recettes fiscales baissent et les équipements urbains (routes, écoles…) sont mal entretenus. Les ghettos comme Harlem à New York ou Watts à Los Angeles sont des lieux de violence où s'affrontent des bandes rivales appartenant souvent à des ethnies différentes.
Zoom
Les États-Unis : relief et population© rue des écoles
Les États-Unis : relief et population

Zoom sur…

New York, ville mondiale
Le nom de New York renvoie à deux réalités urbaines : la ville et l'aire métropolitaine, dénommée par le bureau du recensement « Consolidated Metropolitan Statistical Area » (CMSA). Cette catégorie statistique englobe ici une douzaine de métropoles et leurs banlieues respectives, soit vingt-cinq comtés répartis dans trois États : New York, New Jersey et Connecticut. En tant que première ville des États-Unis, New York comptait, en 2006, 8 millions d'habitants et, en tant que première métropole, plus de 21,2 millions d'habitants. C'est la ville américaine dont la densité est la plus forte, avec 9 143 habitants au km2. Pour le géographe Jean Gottmann, New York appartient en réalité au continuum urbain qui s'étend de Boston à Washington D.C., et qu'il a qualifié en 1961 de «mégalopolis». Pleine de contrastes tant par son architecture que par sa population, New York est l'un des meilleurs exemples de ville ayant réussi à évoluer parallèlement aux modes de production et à l'arrivée de nouvelles populations. Dès le début des années 1990, elle a été qualifiée de « ville globale », en raison du rôle incontournable de sa Bourse dans les marchés financiers, à l'heure de la mondialisation. Même si elle a été durement touchée par des actes terroristes en septembre 2001, New York, mieux que n'importe quelle ville des États-Unis, illustre la puissance américaine du xxie siècle et le défi d'une société s'identifiant au refrain « We are the World ».

Repères bibliographiques

Y. Bocquet, Les États-Unis, Belin, 2003.
M. Goussot, Espaces et territoires aux États-Unis, Belin, 2004.
A.Gauthier, G. Raffaeli, L'Espace nord-américain, Bréal, 2004.
C. Jeannot, J.-P. Regad-Pellagru, Les États-Unis en fiches, 2003.
G. Dorel, Atlas des États-Unis, Autrement, 2006.
------------------------------------------------------------
copyright © 2006-2018, rue des écoles