Conseils pratiques pour classe de neige sereine

-----------------------------------------------

Introduction

Il y a quelques années, un célèbre slogan publicitaire clamait « la montagne, ça vous gagne ». Les nombreuses expériences scolaires au fil des ans en témoignent : la classe de neige est un véritable ballon d'oxygène. Pour cela, elle se doit d'être bien organisée et adaptée à l'âge des élèves. Différents enseignants, à travers la France, livrent leurs secrets pour un séjour réussi. Ces derniers espèrent que leurs conseils pratiques feront boule de neige !
Les souvenirs de classe de neige sont impérissables, ils permettent de partager des moments forts entre enseignants et élèves. Cette sortie ne se limite pas aux quelques jours vécus sur place, elle commence plusieurs mois avant le jour J.
© Philippe DEVANNE / Fotolia.com

Quelques mois auparavant…

Qui dit séjour mémorable, dit organisation rigoureuse, en amont. Pour Héléna, enseignante dynamique dans l'Oise « les coulisses correspondent à 99 % du bon déroulement du séjour ». Tout commence par la location de l'hébergement. Pour des prix compétitifs, il faut s'y prendre presqu'un an à l'avance. La jeune Picarde privilégie les périodes hors vacances scolaires. Elle se lance dans les recherches de logement, dès le mois de juin pour le mois de janvier, par exemple.
Cette maîtresse d'école, rompue aux sorties scolaires, rappelle également que la souscription à une assurance individuelle est obligatoire pour chacun des élèves. Elle vérifie au cas par cas, avant le départ, que chaque participant à cette sortie scolaire facultative, soit bien assuré. « Il m'est arrivé de ne pas faire partir un enfant à cause d'un problème de souscription ». En plus de sa propre assurance et de son adhésion aux Autonomes de Solidarité, Héléna a souscrit une assurance renforcée Offre métiers de l'éducation comprenant une protection juridique professionnelle.
La classe de neige est irrémédiablement associée au ski, et donc aux cours à l'École de Ski Française (ESF). « Ces leçons sont à réserver au moins un mois à l'avance », nous apprend Émilie, enseignante en Normandie. Il est capital de préciser le nombre d'enfants et leur niveau. Les débutants forment des groupes de 10 personnes maximum. Il est également possible de décrocher son propre trophée : les skieurs en herbe peuvent ainsi passer des étoiles mais attention : elles sont payantes ! En ce qui concerne le matériel, Émilie recommande de passer par des organismes ou chalet qui ont leurs propres services de location. « Il existe des services de séjour de plus en plus complets, ce qui permet de limiter le nombre d'intervenants »… et donc de contraintes. Là encore, il faut s'y prendre quelques mois à l'avance et penser à bien donner la pointure et les tailles de toute la classe.
© Fotolia.com

Quelques semaines auparavant…

À ce stade-là, les choses se précipitent, il flotte même comme un vent de haute montagne dans l'école. C'est ce moment-là qu'Antonin, enseignant dans le Loiret et grand amateur de neige, privilégie pour mettre en place les réunions d'information à l'intention des parents d'élèves. « Si je m'y prends trop tôt, je sens qu'ils ne s'investissent pas. Il est important que les parents, comme les élèves soient acteurs de leur séjour ». Antonin, profite des réunions pour exposer la planification des activités scolaires, sportives et culturelles, sur place. «  Les élèves ont tendance à oublier qu'ils ne partent pas en colonie de vacances, et donc qu'ils ne sont pas dispensés de cours. Lors d'une de ces sorties, j'ai même fait une interro surprise ! » glisse le maître d'école…
C'est aussi à ce moment-là qu'il prend contact avec divers partenaires : syndicat d'initiative, mairie, musées, office du tourisme, bureau des remontées mécaniques…
À quelques semaines du jour J, Héléna s'assure auprès des différents organismes de transport que tout est en règle. Elle recommande de bien se renseigner auprès de la SNCF pour savoir s'il est possible de bénéficier du « service bagage », au moment de la réservation des billets. L'entreprise ferroviaire met à la disposition des groupes, des chariots pris en charge par des agents, qui veilleront à mettre toutes les valises dans la soute du train. « Il m'est arrivé une année, que le « service bagage » ne soit pas assuré à la gare d'arrivée, parce que j'avais omis de le spécifier. Je vous laisse imaginer la panique. »

Une semaine auparavant…

Les tressaillements du départ ne sont pas loin, le mot d'ordre est l'euphorie. Ce moment ne va pas sans certaines tensions. « Le cas par cas est de mise, s'amuse Antonin. Il est difficile de s'imaginer le nombre de parents que l'on rencontre, les jours qui précédent le départ ». L'instituteur se munit de fiches de renseignements sanitaires, répertoriant les allergies, les régimes alimentaires spécifiques… Ce dernier recommande de toujours conserver sur soi, ces précieux fichiers d'information. Ils seront mis à jour jusqu'au départ !
C'est à ce moment-là également, qu'est abordée la terrible question de la valise et de son contenu. En tant qu'enseignante, mais aussi en tant que mère de trois enfants, Héléna est rompue aux questions d'usage. L'institutrice préconise de se faire prêter tout ce qui est gants, lunettes, combinaison… elle rappelle également que le marquage des vêtements est indispensable : « même celui des chaussettes qui ont la fâcheuse tendance à s'échapper du sac et à se promener. » Concernant la quantité de linge — en plus de la combinaison de ski et de ce qui va avec — pour une semaine : 3 pulls, autant de pantalons, un polo ou t-shirt par jour, autant de slips, chaussettes, et un pyjama bien chaud. « Ca ne serre à rien de vider son armoire et de surcharger son enfant ».
Autre grand classique : la question de l'argent poche. Pour Antonin, il est parfaitement inutile de partir avec des grosses sommes. 15 à 20 euros maximum, de quoi acheter des cartes postales, un petit souvenir. « Ils ne vont pas passer leur temps dans les boutiques ». L'enseignant demande aux parents de prévoir 1 à 3 enveloppes timbrées avec les adresses directement rédigées dessus. « Cela évite à la fois les erreurs, mais surtout de devoir aller acheter des timbres. Quel gain de temps », souffle le maître d'école.

Quelques jours auparavant…

Pour canaliser l'excitation des élèves, Émilie — notre enseignante de Normandie — a mis en place quelques ateliers. Le premier consiste à réaliser un petit livret souvenir, destiné à recueillir les nombreuses informations et impressions sur la semaine en classe de neige.
Le second est une étude du milieu montagnard, de sa faune et de sa flore. Elle fait tourner auprès de ses élèves toute une sélection de livres évoquant la région qu'ils s'apprêtent à explorer.
Le dernier est un atelier informatique. Au cours de ces séances, la classe œuvre dans une des salles de l'inspection académique. Les scolaires se rendent sur Internet pour découvrir les paysages et l'environnement culturel qui vont les accueillir. Au fil des ans, Émilie a même mis en place un système pour gérer un blog, de façon à impliquer son groupe et à donner des nouvelles aux parents de façon interactive.

Quelques heures auparavant…

Le jour J, différents sentiments se mêlent : beaucoup de joie, beaucoup de chagrin contenu. Bientôt les portes du train ou du bus vont se refermer pour une aventure passionnante. Voici l'instant qu'Antonin appelle : « La multiplication des bras. » Un pour les pièces d'identité, un autre pour les doudous, encore un autre pour les médicaments ou l'argent de poche de dernière minute, et enfin un dernier pour réconforter les inconsolables. « Certains parents ont même essayé de me glisser un portable, pour être certain de me joindre plus facilement ! »
Héléna a résolu la problématique du téléphone. Il n'est à utiliser qu'en cas d'extrême urgence. Pour les autres cas, elle passe par un service appelé « audiophone » : les parents peuvent appeler un répondeur, sur lequel les enseignants accompagnateurs ont enregistré un message donnant de bonnes nouvelles du groupe. Sa mise à jour est inépuisable. C'est un système généralement très apprécié des parents.

En piste !

Une fois sur place, finalement le plus dur est passé. Le rythme s'impose au fur et à mesure. « Alors que l'on avait bien réparti les chambres, de nouvelles cohabitations s'improvisent », remarque Émilie. Avant de mettre en garde ses successeurs : « Pas plus de dix élèves par chambre, au delà, c'est ingérable ». Héléna préconise de repérer les lieux, les lignes de bus, les navettes, leurs horaires, leur fréquence…
Dès le premier jour, tous recommandent qu'un des adultes responsables se rende en ville et prévienne de la présence du groupe : pompiers, gendarmerie, mairie, et commerçants proches. « Il est toujours préférable d'établir un contact avec un maximum de locaux » abonde Antonin.
Émilie privilégie la collecte de renseignements, de sensations, d'émotions… et effectue un véritable travail de classement, d'organisation et de synthèse chaque soir. Son objectif ? Réaliser, au sein de l'école, une exposition pour les parents, les autres classes et les élus. « Il s'agit d'une forme de bilan expliqué avec les mots et le ressenti des élèves. » peut-être aussi d'une manière de ne pas tourner la page trop vite…
© Fotolia.com
Pour en savoir plus
Dossier réalisé par la MAIF, février 2011.
------------------------------------------------------------
copyright © 2006-2018, rue des écoles