Jeux dangereux et pratiques violentes à l'école

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Introduction

Foulard, jeu de la canette, happy slapping… ces prétendus « jeux », au cours desquels les enfants flirtent avec la mort, font régulièrement l'actualité. Ce fléau touche toutes les classes d'âge et toutes les catégories sociales. Une récente enquête TNS-Sofrès réalisée auprès d'enfants de 7 à 17 ans révèle qu'un enfant sur quatre s'est déjà vu proposer un jeu dangereux et 12 % admettent y avoir participé, parfois sous la contrainte.
Pour prévenir ces conduites à risques, l'attention des parents et des enseignants est plus que jamais nécessaire.
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Les pratiques d'agression et les jeux de non-oxygénation

D'année en année, les cours de récréation sont le théâtre de jeux de plus en plus violents, vécus très souvent comme des rites initiatiques par les élèves. Le terme de jeu n'est d'ailleurs pas approprié pour ces pratiques choquantes qui portent souvent plusieurs appellations. En voici quelques-unes, mais il en existe encore beaucoup d'autres.
Le jeu du foulard ou kosmos ou encore « 30 secondes de bonheur » est l'un des plus courant. Le cou est serré avec une ceinture ou un foulard, comprimant les artères carotides essentielles à l'irrigation du cerveau. Cette action vise la recherche de sensations fortes accompagnées de visions pseudo-hallucinatoires. Sa pratique répétée peut être à l'origine d'un véritable comportement de dépendance qui pousse l'enfant ou le jeune à aller toujours plus loin par le biais de l'auto-asphyxie. La recherche de sensations plus intenses peut aller jusqu'à la perte de connaissance.
Le jeu de la canette est également très connu. Il s'agit d'un jeu de groupe auquel les enfants participent de leur plein gré. Si l'un des enfants ne rattrape pas la canette ou tout autre objet lancé vers lui, il est roué de coups.
Le jeu de la mort subite ou de la couleur est un autre jeu de violence physique gratuite. L'enfant qui porte le plus grand nombre de vêtements de la couleur désignée le matin est frappé et humilié toute la journée. Dans ce , l'enfant victime n'est pas consentant et n'appartient généralement pas au groupe de « jeu » lui-même.
Le happy slapping est une pratique dont on parle beaucoup. Elle consiste à filmer, à l'aide de son téléphone portable, une agression perpétrée par surprise, puis de procéder à la diffusion de ces images. Cette pratique, outre les violences physiques, vise également à porter atteinte et à la dignité et à l'image de la victime.
Depuis la loi du 5 mars 2007, cette pratique est punie par la loi (peines encourues : 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende).

Des conséquences parfois dramatiques

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Les jeux d'agression conduisent à des blessures diverses, des hématomes, des entorses, des fractures, des hémorragies… Sans parler des traumatismes psychologiques pouvant évoluer vers l'apparition d'une phobie scolaire ou de pensée - voire d'actes - suicidaires.
Les jeux de non-oxygénation peuvent déclencher de brefs malaises accompagnés d'hallucinations suivis d'une perte de connaissance. La victime peut avoir des convulsions, phénomène qui déclenche d'ailleurs l'hilarité des participants. En moins de trois à quatre minutes de privation complète d'oxygène, c'est le coma, de plus de plus profond, avec des séquelles neurologiques souvent graves et irréversibles… Le risque de mort est aussi réel.

Prévenir, intervenir et agir

Tout en veillant à ne pas dramatiser les faits, il ne faut pas nier ou masquer ces pratiques. Une prévention active s'impose pour mettre fin au jeu. Plusieurs expériences ont montré que l'intervention auprès des enfants ne peut donner pleinement effet s'il n'y a pas une démarche de réflexion et de mise en cohérence des adultes, parents et membres de la communauté éducative dans son ensemble.
Une information préalable à destination des parents est indispensable. Le message doit apporter la connaissance des signes d'alerte sur ces pratiques (signes physiques et comportementaux) et rappeler les dangers qui y sont liés. Il doit également intégrer des éléments de compréhension sur ce qui se joue chez l'enfant en termes de recherche de soi et de ses limites.
Si cela s'avère nécessaire, une intervention en direction des élèves eux-mêmes peut s'envisager.
Par exemple, après un incident ou si l'équipe éducative a repéré des pratiques à risques.
L'apparition chez un enfant de certains signes physiques et comportementaux (traces rouges autour du cou, traces de coups, trouble du sommeil, anxiété, agressivité ou isolement…) constitue un faisceau d'indices appelant la vigilance des personnels enseignants qui sont tenus, au moindre doute, d'alerter les parents.
En cas d'incident ou d'accident lié à ces pratiques, le chef d'établissement doit :
  • en tout premier lieu, apporter son soutien à l'élève victime et prévenir les parents ;
  • puis engager une démarche de prévention réfléchie, en s'adjoignant des compétences extérieures (par exemple le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté) ;
  • enfin, aborder l'accident ou l'incident avec les autres élèves. Il faut bannir les exposés magistraux ainsi que les formes trop « spectaculaires ». Le message adressé aux jeunes ne doit être ni incitatif ni moralisateur : il faut au contraire ouvrir le débat afin de permettre aux jeunes d'exprimer leurs éventuelles motivations à la pratique de ces « jeux ».
Plus d'informations sur les jeux dangereux et les pratiques violentes : eduscol.education.fr

La MAIF à vos côtés

Face à ces violences discrètes et insidieuses, les enseignants ou personnels d'éducation peuvent être mis en cause, notamment pour défaut de surveillance. Selon la gravité des faits, les conséquences peuvent être plus ou moins lourdes. Certes, plusieurs lois stipulent que l'État doit protéger ses fonctionnaires et, dans certains cas, qu'il se substitue à leur responsabilité. Mais dans la réalité cette protection présente des limites. C'est pourquoi, la MAIF, en association avec les Autonomes de Solidarité a mis au point l'Offre Métiers de l'Éducation, pour mieux couvrir les personnels de l'éducation. Composé d'un volet assurantiel et d'un volet associatif, elle permet de bénéficier à la fois d'une protection sans faille et d'un soutien moral ou psychologique dans les situations qui l'exigent.
Dossier réalisé par la MAIF, septembre 2008.
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