La santé des ados

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Introduction

L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé vient de publier les données françaises de l'enquête (INPES) Behaviour in School-aged Children menée en 2006.
Si la grande majorité des jeunes s'estime en bonne santé, l'étude révèle pourtant plusieurs évolutions préoccupantes, liées en particulier à l'alcool ou à l'obésité.
Ce rapport doit contribuer à un renforcement des actions éducatives. Responsables politiques, parents, professionnels de santé, éducateurs et enseignants ont tous un rôle à jouer.
D'après une enquête IPSOS(1), 73 % des jeunes réclament une éducation à la santé.
(1)Enquête menée du 14 au 27 mars 2008 auprès de 847 adolescents de 15 à 18 ans en face à face, 603 professeurs en collège et lycée et 202 infirmières scolaires.

Le point sur la santé des élèves de 11 à 15 ans

L'enquête internationale HBSC prend en compte un grand nombre de facteurs liés au bien-être des adolescents. Globalement, les 11-15 ans vont bien, mais certaines évolutions plus ou moins marquées en France sont à prendre en compte dans la mise en œuvre d'actions de prévention. Voici les principales conclusions du rapport :
Les copains et l'école
Globalement, les jeunes sont entourés d'amis. Si les garçons sortent davantage, les filles sont plus nombreuses à utiliser les moyens de communication indirects (téléphones et messageries). Pas de stress pour les trois quarts des élèves : la plupart des jeunes ados déclarent aimer l'école, mais cette tendance évolue vite avec l'âge. À 15 ans, ceux qui aiment beaucoup l'école sont en minorité.
L'alimentation, le sport et l'image de soi
Les habitudes alimentaires des jeunes Français semblent meilleures, par comparaison avec d'autres pays d'Europe. Deux tiers des élèves consomment des fruits et légumes au moins une fois par jour, mais un ado sur quatre se laisse aussi facilement tenter par des boissons sucrées. La question du poids préoccupe 30 % des élèves qui s'estiment trop gros. La France n'est donc pas épargnée par le problème d'obésité, qui touche 15 % des enfants. En lien avec cette pathologie, le rapport met en évidence le manque d'activité physique, plus marqué chez les jeunes filles. Le temps moyen journalier passé devant un écran dépasse les 5 heures.
Sexualité
Sur les 25 % de jeunes ayant eu des rapports sexuels, 85 % d'entre eux disent avoir utilisé le préservatif.
Alcool et drogues
L'alcool demeure la substance psychoactive la plus consommée, avec une forte progression de l'ivresse : 42 % des élèves de 15 ans déclarent avoir déjà été ivres dans l'année. Expérimentation et consommation quotidienne de la cigarette poursuivent leur baisse, tandis que la féminisation du tabagisme se confirme à l'adolescence.
L'usage du cannabis semble se stabiliser mais la France se place toujours parmi les plus gros consommateurs d'Europe : 28 % des élèves de 15 ans déclarent en avoir déjà fumé.
© Alexandre GIRAUD / MAIF
Violence
Concernant les violences subies ou perpétrées par les élèves, la tendance observée depuis plus de 10 ans est globalement très stable. La majorité d'entre eux déclare ne pas avoir été victime de violences à l'école (80 %), ni de brimades (66 %). Les violences concernent plus les garçons que les filles.

Le rôle de l'école

La prévention des conduites à risque et la lutte contre la consommation de produits illicites ou dangereux doivent être intégrées tout au long du parcours scolaire et notamment au collège. Tout en veillant à éviter les discours anxiogènes ou moralisateurs, les enseignants ont un réel devoir d'information.
La loi de santé publique du 9 août 2004 précise notamment « qu'une information soit délivrée sur les conséquences de la consommation de drogues », à raison d'une séance annuelle. Les thèmes varient en fonction de l'âge du groupe : le tabac en 6e, le cannabis à partir de la 3e.
La lutte contre le tabagisme passe bien évidemment par l'application de la loi Evin. Depuis le 1er janvier 2007, élèves et enseignants ont interdiction de fumer dans l'enceinte de l'établissement (bâtiments et espaces non couverts).
Concernant l'éducation à la sexualité, trois séances obligatoires doivent être planifiées en début d'année scolaire (loi du 4 juillet 2001). Elles sont prévues dans l'horaire global annuel des élèves. Les écoles, collèges et lycées sont tous concernés.
La politique de prévention contre l'obésité peut faire l'objet d'un projet d'établissement : des activités d'éducation au goût peuvent être proposées. Ces projets peuvent s'appuyer sur le temps réservé à la restauration scolaire.

Ressources pédagogiques

Un petit livret, édité par le ministère de l'Éducation nationale, propose des pistes d'actions pour l'éducation aux comportements responsables au collège et au lycée. Il vise à accompagner les personnels d'éducation dans quatre domaines prioritaires :
  • la formation aux premiers secours,
  • l'éducation nutritionnelle,
  • la prévention des conduites addictives,
  • l'éducation à la sexualité.
Sur le site, consultez également les deux dossiers :
Dossier réalisé par la MAIF, novembre 2008.
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