Le suicide chez les jeunes

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Introduction

Seconde cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, le suicide reste un sujet difficile à aborder. Chaque année, près de 80 000 adolescents tentent de mettre fin à leurs jours et 1 000 d'entre eux y parviennent, selon les sources du Centre d'Information et de Documentation Jeunesse. Bien souvent, ces actes tragiques en constante augmentation, sont animés par une pulsion qui cherche et trouve une solution dans le fait d'attenter à sa vie.
Pourquoi des jeunes, à l'aube de la vie, sont-ils si désespérés, au point de vouloir en finir ?
© BANANASTOCK

Comprendre ces actes

S'il n'existe pas de profil type du jeune suicidaire, il est tout de même possible de mettre en évidence certaines caractéristiques communes. Les jeunes individus dans cette situation possèdent une faible estime d'eux, se sentent exclus, passifs et médiocres. Comme ces adolescents, souvent désœuvrés, n'ont pas encore découvert leur valeur en dehors de leur environnement – souvent synonyme de pressions –, ils ne trouvent pas de véritable place. Ces adolescents ne se reconnaissent aucun contrôle sur leurs vies, et sont souvent victimes de leurs impulsions. Ces attitudes brouillent les liens avec la communauté et ont souvent pour conséquence de conduire celui qui les adopte à n'éprouver plus suffisamment d'intérêt envers la société pour continuer à vivre.
Gérard Poussin, professeur de psychologie à l'université Grenoble 2, explique dans son article sur les Troubles de la pensée et conduite suicidaire chez l'adolescent, que les « recherches permettant de comprendre les mécanismes qui conduisent un jeune sujet à un acte suicidaire sont difficiles à comprendre. » En effet, les causes d'un suicide sont multiples : il peut s'agir d'une déception amoureuse, d'un échec scolaire mal vécu, d'une situation familiale problématique. Le degré de gravité des causes du suicide est variable : cela peut aller d'un inceste à une crise passagère. En passant à l'acte, l'adolescent est davantage guidé par une envie d'en finir avec une situation douloureuse, que par l'envie de mourir. Si de nombreux spécialistes affirment que l'acte n'est pas prémédité et ne serait donc par prévisible, il existe cependant quelques signes pour l'entourage qui permettent d'éviter le drame.

Les signes avant-coureurs

Selon la psychologue Ghislaine Bouchard, « les personnes suicidaires donnent des messages et des indices qui annoncent leurs intentions pour alerter leur entourage. Ce sont des appels à l'aide, des restes d'espoir. » Les plus fréquents sont les appels directs : il s'agit de messages verbaux et d'allusions à la mort le plus souvent. Ces signes peuvent se manifester sous forme de menaces ou de comportements dangereux, auto-mutilants. Plus difficiles à déceler, il arrive que certains adolescents fassent allusion au suicide de façon indirecte, ils donnent l'impression de se préparer à un départ, ils font don de leurs objets les plus précieux, ils écrivent des lettres…
Le ministère de la Santé rapporte dans une étude que 15 % des 11-18 ans se sentent atteints de souffrance psychologique, soit 900 000 jeunes en France. La dépression mène au pire. Souvent privés de raisons de vivre, les déprimés encourent et font encourir des risques : vitesse excessive, sexualité non protégée, alcoolisme, addiction aux drogues et aux médicaments, violences et délinquances pour les garçons, automutilations et troubles alimentaires chez les filles. Autant de signes avant-coureurs qui peuvent provoquer un passage à l'acte si la situation se prolonge et qu'aucune aide n'est apportée.

Les conseils aux adolescents de Mirentxu Bacquerie, directrice de Fil Santé Jeunes

« Lever les tabous et favoriser le dialogue font partie des objectifs de notre antenne. Parmi tous les actes humains, celui de se donner la mort reste le plus dramatique. Nous insistons sur le fait qu'il n'y ait pas de fatalité, et nous promulguons des conseils aux jeunes pour chasser leur spleen, et cherchons à aider les personnes en grande difficulté. »
  • Trouver chaque jour une raison d'être satisfait de soi, en commençant par des petites choses.
  • Ne plus avoir peur de demain, en planifiant ses activités puis en rayant celles que l'on a réalisées.
  • Pleurer un bon coup, ça aide souvent.
  • Dormir, histoire d'y voir un peu plus clair.
  • Se changer les idées en regardant un film ou en écoutant de la musique.
  • Sortir et appeler ses amis.

Adresses et liens utiles

Fil Santé Jeuneswww.filsantejeunes.com
SOS suicide Phenixwww.sos-suicide-phenix.org
Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santéwww.sante.gouv.fr/
L'association Vivre son deuil : Cette association s'adresse à toutes les personnes qui ont du mal à surmonter un deuil suite à un suicide ou à un accident, en particulier aux familles d'enfants suicidés.
Association Vivre son deuil
17, rue Feutrier
75018 Paris
Tél. : 01 42 08 11 16
www.vivresondeuil.asso.fr
Gérard Poussin, « Troubles de la pensée et conduite suicidaire chez l'adolescent », in Les troubles du comportement à l'adolescence, sous la direction de Catherine Blatier, PUG.
Pierre G. Coslin, Les conduites à risque à l'adolescence, Paris, Armand Colin, 2003.
Tony Anatrella, Adolescence au fil des jours : chronique des paroles et des maux d'adolescents, Paris, Cerf, 1991.
Dossier réalisé par la MAIF, décembre 2009.
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