Les devoirs de vacances

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Introduction

Très chers parents, professeurs et écoliers, il est l'heure d'aborder un sujet qui fâche : la terrible question des devoirs de vacances. Appendice estival pour certains, entraînement ou échauffement pour beaucoup, passe-temps, voir même bouffée de bonheur pour les plus assidus. Vous l'aurez compris, le sujet divise. Oubliez le gentil petit article inoffensif que vous pensiez parcourir du bout des yeux. Non, vous voici au beau milieu d'un véritable chambara(1). À quelques gouttes de pluie des grandes vacances, l'heure est grave !
© Eléonore H / Fotolia.com
Les « grandes vacances ». Il s'agit là d'un mot magique pour beaucoup d'élèves. Cette trêve bénéfique qui les coupe de l'école. Adieu tableau, cartable, sonneries, horaires, interros… Un peu de repos bien mérité, pendant de looongues semaines. Une seule ombre au tableau : cette satanée invention d'éditeurs « malveillants », les devoirs de vacances. À ce propos, qu'est ce que ces troubles-fêtes ont à dire pour leur défense ?
(1)Genre cinématographique et théâtral japonais de bataille de sabre.

Le Drill !

Mauvaise nouvelle pour beaucoup d'enfants. Il semblerait bien qu'une conspiration bien huilée soit en marche. « Les vacances d'été nuisent aux acquis scolaires », nous apprend Cécile, chargée de marketing chez Bordas. La maison d'édition décline différents produits destinés aux révisions. Des programmes simples et efficaces pour bien préparer la rentrée. Pourquoi cela ? Les enfants oublieraient-ils une partie de ce qu'ils ont appris à l'école pendant les grandes vacances ? La réponse est oui. « Des études menées par plusieurs universitaires américains ont ainsi révélé qu'au terme de l'été, les élèves perdent en moyenne, l'équivalent d'environ un mois de scolarité », nous apprend Cécile.
Toute base entretenue à coup de répétitions et exercices s'étiolerait ainsi pendant la trêve estivale. Les enfants oublieraient les apprentissages de routine. En conséquence les performances régresseraient. Cette logique va dans le sens de quelques professeurs interrogés : « Rien d'étonnant, il en va ainsi de tout entraînement, qu'il s'agisse de sport, de musique ou de tables de multiplication », commente Benjamin, professeur des écoles à Paris. Un parent d'élève interrogé pour l'occasion, affirme même que l'été chez certains chérubins est un « vide intellectuel » qui leur ferait perdre le « drill ». Pour rappel, ce terme est généralement utilisé par tous les corps de métiers militaires qui s'entraînent de façon répétitive et acharnée, dans le but d'exécuter sans hésitation, rapidement et sans impair, le bon geste.

Vacances j'oublie tout ?

Ces derniers propos ne sont pas du goût de tous les intervenants. Pour Catherine, les comparaisons avec un entraînement sportif, voire militaire, ne sont pas appropriées. Selon cette psychopédagogue parisienne, « l'essentiel des acquis scolaires se situe dans les apprentissages en profondeur, qui, eux, ne souffrent pas de l'effet vacances ». Par ailleurs, la professionnelle constate que les occasions d'enrichir le langage et notamment le vocabulaire sont nombreuses et porteuses d'enseignement. « La pause, l'éloignement, le trajet, le voyage… autant de facteurs extrêmement bénéfiques. Hélas, tout ceci est profondément inégalitaire, et dépend du contexte familial. »
La psychopédagogue tient à rassurer les parents : « certains apprentissages qui s'appuient sur la compréhension ou des démarches cognitives élaborées, comme la compréhension d'un texte, ou celle de concepts mathématiques, ne sont pas affectés par le manque d'entraînement ». Quand bien même, certaines mécaniques se grippent, dans d'autres domaines les enfants progressent, au cours des mois d'été. « Mes collègues et moi-même retrouvons les enfants pourvus d'un meilleur vocabulaire. Ils sont plus forts en résolution de problèmes, en arithmétique. Peu importe leur condition sociale, ou qu'ils aient ou non accomplis des devoirs de vacances » constate Frédérique, professeure dans un collège de Marseille. Selon l'enseignante, il est impensable de considérer les grandes vacances comme un « vide intellectuel ».
« Dans la journée d'un enfant, il se passe toujours des tas de choses qui servent ou serviront de mises en pratique à ce qui a été vu au cours de l'année, ou sera abordé à la rentrée. Je sépare la théorie scolaire de la mise en pratique extrascolaire », observe Frédérique, également mère de trois enfants. Catherine psychopédagogue abonde : « les vacances offrent aussi l'occasion de se livrer à des activités de loisirs, au processus de maturation, à la pratique d'activités que l'on ne fait pas à l'école. » Oui mais alors, devoirs de vacances ou pas ?

Ou pas !

Deux mois de congé d'été, sans ouvrir un cahier, tenir un stylo, peut paraître long. Mais pour Frédérique, enseignante et mère de famille, il ne faut pas oublier que cette pause doit avant tout rester synonyme de repos, de détente et d'amusement. « Et n'allez pas penser que je tiens de tels propos parce que je suis dans la fonction publique. Mon école propose des devoirs d'été et encourage même une politique de classes de remédiations avant la rentrée. Je suis entièrement contre. Je milite activement pour un moment consacré à la famille. Aux jeux de société, aux découvertes culturelles…au temps de prendre le temps… ensemble ».
Certains parents n'ont pas le choix. Leur progéniture refuse purement et simplement de s'atteler quelques heures à s'entraîner, se perfectionner ou combler les lacunes. Notre psychopédagogue rassure : « Si certains réflexes d'apprentissages souffrent, certes, en cas d'inactivité estivale, il ne s'agit que de mécanismes acquis par entraînement et répétition. L'essentiel des bases ne se situe pas à ce niveau là, mais bien dans l'instruction en profondeur et sur la longueur. Le retard est vite rattrapé en début d'année ». Benjamin, l'enseignant parisien sait très bien que tous les élèves sont potentiellement concernés :« Nous le savons et prenons cela en compte au moment de la rentrée scolaire ».

Soleil scolaire

Existe-t-il un écart de niveau entre ceux qui ont travaillé durant l'été et les autres ? Unanimement, chez tous les intervenants interrogés, la réponse est oui. « On sent les élèves plus motivés, plus réactifs. En un mot, ils se sont préparés. Heureusement que cela a un impact plus bénéfique qu'un élève qui n'a pas replongé le nez dans ses leçons de tout l'été. » À propos de préparation. Quelles sont les méthodes les plus conseillées ? Notre psychopédagogue tire d'emblée la sonnette d'alarme, à ce sujet : « les éditeurs de cahiers de vacances font de plus en plus pression sur les parents, tandis que se multiplient les offres de « coaching ». Attention, les qualités pédagogiques, l'efficacité et l'inadéquation quelquefois au programme scolaire de l'enfant, me laissent perplexes. Sans parler du coût prohibitif pour de nombreuses familles. »
Pour l'ensemble des intervenants, les outils idéaux des travaux d'été sont le cahier de vacances, mis à jour tous les ans et en parfaite cohésion avec le programme scolaire. Une dictée, des rédactions, des exercices de mathématiques, des voyages de langues dans la mesure du possible, pour les plus grands. Et c'est tout, inutile d'avoir recours aux stages de mise à niveau. « Attention au charlatanisme », met en garde Catherine. « L'important est surtout de ne pas faire réviser les enfants contre leur gré. » Les exercices d'été deviendraient alors une véritable épreuve de force, tant pour les enfants que pour les parents.

La solution idéale ?

Quant au rythme à adopter, il est préférable de laisser les enfants souffler en juillet, ceux-ci sortant de la période souvent éprouvante des passages de classes, redoublements ou examens. Selon Benjamin, professeur des écoles, l'idéal pour les deux mois d'été, consiste à « profiter des quatre semaines de juillet sans parler de travail. On peut y définir une méthodologie pour août. Ensuite, le mois d'août est consacré à certaines révisions, selon le programme prédéfini. »
Catherine abonde. Il lui semble important de consacrer la semaine qui précède la rentrée au fait de recaler le rythme du coucher. Pour Fréderique, mère de famille et prof « l'achat des fournitures sonne le glas des vacances. On se régule automatiquement à partir de ce moment. C'est l'occasion de ranger ensemble la chambre et d'organiser le lieu des devoirs. »
Vous l'aurez bien compris, la solution idéale n'existe pas vraiment. En revanche, solution il y a à la fin des cahiers de vacances, sous forme de partie détachable. Avis aux jeunes lecteurs qui nous liront et dont les parents ou autres membres de la famille sont parfois un peu tête en l'air !
Côté MAIF
Pendant les vacances scolaires la MAIF, soucieuse de la réussite scolaire de chacun, propose à tous le service gratuit de l'Assistance Scolaire Personnalisée. Cet outil pédagogique, développé par rue des écoles propose aux élèves de la maternelle jusqu'à la terminale des fiches de révision, des moyens méthodologiques et bien sûr des exercices. Strictement conforme aux programmes de l'Éducation nationale pour chaque classe, elle complète les différents soutiens scolaires existants.
Inscription gratuite sur : www.assistancescolaire.com
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Dossier réalisé par la MAIF, juin 2013.
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