Prévention de la consommation d'alcool et de drogues illicites dans le cadre du lycée

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Introduction

La mise en œuvre d'une politique de prévention à destination des jeunes s'inscrit dans un contexte qui n'aide pas à l'efficacité de la démarche et le discours normatif manque de force de conviction. Une des voies de l'amélioration de l'efficacité des actions est l'appropriation de la démarche de protection. Tel est le sens de l'étude de Robert Baillon, du centre d'analyse et d'intervention sociologiques du CNRS, soutenue par la Fondation MAIF.
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Lorsque le contexte économique est défavorable, on dit que l'usage de l'alcool ou la consommation de drogues traduit le mal-être des jeunes. Lorsqu'il évolue favorablement, ces comportements deviennent un signe de vitalité, la manifestation du besoin retrouvé de sensations fortes. Premier paradoxe.
Deuxième paradoxe, le discours sur ces usages est tiraillé entre deux tendances : celle, traditionnelle, d'éradication de la conduite, et celle qui avance comme objectif non pas l'abstinence mais d'éviter le passage de l'usage occasionnel à l'abus et à l'indépendance.
Face à cette situation, le message de prévention, en soulignant le caractère nocif des pratiques, et même s'il met en avant l'intérêt bien compris de la personne à qui il est destiné, se révèle toujours normatif. C'est une des raisons pour laquelle il a du mal à passer : les jeunes n'acceptent plus la relation de subordination du « moralisateur » au « moralisé ». Qui plus est, ils ne voient pas nécessairement « le mal » : 60 % des lycéens qui fument ne voient pas pourquoi ils se priveraient de ce plaisir et 72 % qui ont été en état d'ivresse durant l'année déclarent que cela a été une expérience plutôt agréable.
Les premières solutions passent par la compréhension des comportements de consommation chez les adolescents qui s'avèrent très liés à un ensemble complexe de déterminismes sociaux, familiaux et psychiques. De plus, le cadre de vie et de travail que constitue l'établissement exerce lui-même un effet contextuel qui lui est propre. Mais à l'effet individuel, à l'effet « établissement » s'ajoute aussi un effet « territoire ». Que font les internes des établissements des petites localités en zone rurale le mercredi après-midi ? Ils vont acheter des packs de bière à la mini grande surface du coin. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas autre chose à faire.

Conclusion

L'acte de prévention doit donc être perçu dans sa dimension globale, et pas seulement au seul sens médical de la notion. L'engagement des personnels éducatifs relève selon l'auteur d'une « obligation morale professionnelle » puisque c'est par leur pratique qu'ils influent directement ou indirectement sur les conduites à risques de leurs élèves. En tant qu'adultes « référents » ils peuvent amener les jeunes eux-mêmes à se conduire en sujets actifs de la démarche de prévention.
Plus d'informations sur www.maif.fr
Dossier réalisé par la MAIF, septembre 2007.
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