De Louis XI à Henri II, le renforcement de l'autorité royale

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Entre 1423 et 1547, cinq rois se succèdent sur le trône de France : Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier et Henri II. Cette période voit le renforcement de l'autorité royale. Pourquoi et comment l'absolutisme naît-il en France ?
1. La fin de la féodalité
a) La lutte pour le pouvoir
Dans le système féodal, les hommes sont liés par des obligations réciproques et des relations de personnes, entre vassal et suzerain. Depuis Hugues Capet (roi entre 986 et 996), jusqu'à la fin du xve siècle, l'Histoire de France est marquée par la lutte que se livrent roi et féodaux. Le premier cherche à étendre le domaine royal et à mettre le royaume sous son autorité. Les seconds entendent demeurer indépendants et accroître leurs possessions territoriales.
b) La construction d'un État moderne
• Malgré les troubles de la guerre de Cent Ans, qui ont favorisé la volonté d'indépendance des seigneurs vassaux, la féodalité s'achève avec Louis XI (roi de 1461 à 1483) et Charles VIII (roi de 1483 à 1498). Après des combats violents (guerre du Bien public sous le premier règne, Guerre folle sous le second règne), la plupart des seigneurs sont contraints de remettre leurs possessions territoriales entre les mains du roi.
• Dans le même temps, le royaume s'agrandit. Après la mort de Charles le Téméraire (1477), Louis XI annexe la Bourgogne et la Picardie par le traité d'Arras (1482). Les rois qui lui succèdent poursuivent son œuvre d'expansion territoriale.
• Paradoxalement, les guerres renforcent le pouvoir royal et permettent la construction d'un État moderne. Louis XI doit ainsi trouver des financements pour entretenir une armée permanente. Il augmente les impôts : les aides (taxe sur la vente des marchandises), la gabelle (sur le sel), la taille (sur les revenus, auxquels n'échappent que les nobles, le clergé et les fonctionnaires).
• S'il subsiste encore quelques fiefs, le roi perçoit désormais les impôts sur l'ensemble du royaume, il y lève des soldats et rend une même justice. La justice royale se voit renforcée par le biais des parlements provinciaux.
2. Les rois et le gouvernement central
a) La naissance de l'absolutisme
Avec le début de la Renaissance, et sous l'influence de certains penseurs humanistes comme Guillaume Budé, commence à apparaître l'idée que le roi incarne le pouvoir absolu. Le terme de vassal laisse place progressivement à celui de sujet qui doit une obéissance entière à la personne royale. Pour la première fois, François Ier se fait appeler « majesté » et conclut ses ordonnances par un magistral « car tel est notre bon plaisir ».
b) Une administration centrale
Dans les faits, cette conception va se traduire par une autre manière de gouverner.
• Le roi se dote d'un Conseil (des affaires) dans lequel siègent ses fidèles, davantage choisis pour leur compétence que pour leur degré de noblesse. Ce conseil règle les affaires importantes du royaume sans en référer à quiconque.
• La chancellerie devient un organisme important. Dirigée par le chancelier à la tête de cent vingt secrétaires du roi, sa tâche consiste à vérifier la conformité des ordonnances royales avec les lois fondamentales du royaume.
• Le connétable, qui commande les armées en temps de guerre et conseille le souverain en matière militaire en temps de paix, occupe une place d'autant plus importante que les conflits sont fréquents durant cette période. Afin que sa puissance n'en vienne pas à concurrencer celle du roi, sa charge sera souvent vacante.
• Les secrétaires des finances sont au nombre de quatre, choisis parmi les secrétaires du roi. Ils mettent d'abord en forme les décisions du conseil des Affaires. En 1457, chacun d'eux reçoit l'administration d'un quart du royaume et n'en rend compte qu'au souverain. En 1559, ils reçoivent le titre de secrétaires d'État.
• La création de la poste royale (et son réseau de relais, pour les chevaux) favorise la centralisation : les nouvelles et les ordres royaux sont acheminés plus rapidement.
• L'ordonnance de Villers-Cotterêts rend le français obligatoire dans les actes officiels, ce qui renforce l'unité du royaume. Enfin, les curés sont chargés de l'établissement de l'état civil (enregistrement des baptêmes et des décès).
3. La relative docilité de la société
• La noblesse est à la fois honorée et contrôlée. En lui distribuant largement pensions, charges, honneurs, surtout à partir de François Ier, le roi entend la domestiquer et la priver de son influence politique. L'apparition de la vie de Cour s'inscrit dans cette volonté. Les féodaux de jadis deviennent des courtisans, en quête de la faveur royale.
• Avec le concordat de Bologne (1516), le roi étend également son influence sur le clergé : il a le droit de nommer les évêques et les pères supérieurs des abbayes.
• Enfin, les états généraux qui seraient, comme par le passé, susceptibles de contester la politique royale, ne sont jamais convoqués. On les remplace par des assemblées de notables choisis par le pouvoir central. Les états provinciaux perdent de leur importance. Le Parlement de Paris qui tente de s'associer à la Régente pendant la captivité de François Ier en Italie est ainsi mis au pas dès son retour.
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