Humanisme et Renaissance

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En redécouvrant l'art et la pensée de l'Antiquité grecque et romaine, les Français du xvie siècle ont le sentiment de sortir de la « nuit » du Moyen Âge ; c'est pourquoi ils qualifient leur époque de « Re-naissance ». Le mot « humanisme », lui, ne sera employé que dans la seconde moitié du xixe siècle pour désigner les idées de la Renaissance.
1. Quel est le contexte qui va engendrer les bouleversements intellectuels et artistiques de la Renaissance ?
Deux faits de la seconde moitié du xve siècle expliquent, pour une large part, les bouleversements de la Renaissance :
  • Gutenberg conçoit, vers 1440, un système d'impression au moyen de caractères mobiles. Cette invention permet une large diffusion, à travers toute l'Europe, de textes anciens ;
  • Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde, en 1492. Cette découverte élargit l'horizon intellectuel et commercial de toute l'Europe.
Au cours du xvie siècle, la France est en cours d'unification dans le domaine politique : les guerres, de caractère féodal pendant le Moyen Âge, deviennent nationales ; les échanges s'intensifient entre les régions et entre les pays.
L'unification est aussi culturelle. François Ier, par l'édit de Villers-Cotterêts, impose, en 1539, l'usage exclusif de la langue française dans les actes administratifs. Le sentiment de l'identité nationale se renforce ; Du Bellay publie sa Défense et illustration de la langue française en 1549.
Par ailleurs, les guerres de François Ier en Italie mettent en contact la noblesse française avec l'art italien. Les artistes italiens sont alors fréquemment conviés en France, répandant ainsi une culture et un goût esthétique nouveaux.
Test n°1
2. En quoi les controverses religieuses ont-elles marqué la pensée de la Renaissance ?
Les premiers ouvrages imprimés sont essentiellement des traductions de la Bible en langue vernaculaire (c'est-à-dire dans la langue propre à chaque pays). L'accès plus aisé aux textes religieux, publiés le plus souvent sans les commentaires qui, au Moyen Âge, obscurcissaient encore davantage le texte latin, entraîne des controverses nouvelles : Luther, en 1517, affiche ses « 95 thèses » pour faire revenir l'Église aux principes des écritures.
La controverse de l'église réformée nourrira tout au long du siècle un débat intellectuel important. Agrippa d'Aubigné consacre un recueil de poésie satirique, Les Tragiques (1577-1616), aux luttes religieuses, et notamment au massacre de la Saint-Barthélémy (1572).
Test n°2Test n°3
3. Pourquoi le terme d'humanisme désigne-t-il la pensée de cette époque ?
Le mot « humanisme » ne désigne pas spécifiquement la pensée du xvie siècle. Créé en 1765 en plein siècle des Lumières, il signifie alors « philanthropie » (intérêt pour l'homme). Ce n'est que dans la seconde moitié du xixe, au moment où les historiens tentent de définir les époques historiques et les courants de pensée, qu'on l'applique aussi aux idées de la Renaissance.
Tout au long du xvie siècle, écrivains et éditeurs développent en effet des idées nouvelles sur l'homme et la nature humaine. Les découvertes de Copernic (1473-1543) ruinent l'idée que la Terre et l'homme sont au centre de l'univers. De même l'unité religieuse vole en éclat ; l'écrivain se tourne alors vers lui-même pour chercher, dans sa propre réflexion critique, un sens nouveau au monde qui l'entoure et à sa propre vie. Une littérature du « moi » apparaît : Les Essais de Montaigne (1588) en sont le plus fameux exemple.
Ces examens critiques abordent la notion de liberté humaine, interrogent les rapports entre les civilisations ; Montaigne s'indigne ainsi du regard porté sur les peuples du Nouveau Monde, Thomas More imagine son Utopie politique (1516), La Boétie écrit un Discours de la servitude volontaire (1548). Sont introduites des formules nouvelles, comme « droit naturel », « liberté individuelle », qui seront plus largement reprises au siècle des Lumières.
Test n°4
4. Comment les œuvres de Rabelais s'inscrivent-elles dans leur époque ?
François Rabelais est une figure importante de l'humanisme. Il est l'auteur de Pantagruel, de Gargantua, ainsi que du Tiers-Livre et du Quart-Livre (ces titres signifiant « troisième livre » et « quatrième livre »). Dans une langue qui fourmille de néologismes et de trouvailles diverses, il y met en scène des géants à l'appétit démesuré, pour la nourriture et le sexe autant que pour la culture et la réflexion critique ; aux prises avec la société de l'époque, ses guerres et ses conflits, ces héros associent l'obscénité et le grotesque aux idées humanistes.
Test n°5
5. Le renouveau touche-t-il les formes littéraires ?
La poésie de la Renaissance est imprégnée d'influences diverses :
  • la redécouverte de l'antiquité grecque et romaine explique l'importance donnée aux thèmes mythologiques ;
  • sous l'influence du poète italien Pétrarque, les motifs de la poésie amoureuse et la forme du sonnet se répandent ; le recueil Les Amours de Ronsard (1552) en offre la parfaite illustration.
L'intérêt pour la langue française, encore peu répandue jusqu'alors dans la littérature (qui lui préférait le latin), entraîne un renouveau profond des formes poétiques. Les poètes multiplient les contraintes formelles de façon à mettre en valeur les manipulations habiles. Outre le sonnet, se développent alors le rondeau, le madrigal, la ballade. Marot, mais aussi ceux que l'on a appelés les poètes de La Pléiade (Ronsard, Du Bellay, Étienne Jodelle…) exploitent toutes ces formes en associant le jeu poétique aux idées nouvelles.
Test n°6Test n°7
La citation
« Mieulx est de ris que de larmes escrire Pource que rire est le propre de l'homme. Vivez joyeux. »
Rabelais, Gargantua

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