La lutte contre l'échec scolaire : l'éducation prioritaire et l'accompagnement éducatif et les dispositifs relais

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Introduction

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La notion d'échec scolaire est assez récente, il n'en demeure pas moins qu'un élève « en échec » est en rupture par rapport à l'institution, au travail et aux savoirs scolaires.
La loi du 23 avril 2005 prévoit dans son article 16 qu'« à tout moment de la scolarité obligatoire, lorsqu'il apparaît qu'un élève risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin d'un cycle, le directeur d'école ou le chef d'établissement propose aux parents ou au responsable légal de l'élève de mettre en place un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE).(1) » De nombreux outils (pendant le temps scolaire et hors temps scolaire) ont été mis en place pour lutter contre l'échec scolaire, il est ici utile de faire le point sur les plus récents de ces dispositifs.
(1)Lire à ce propos : le rapport - n° 2005-048 ; juin 2006. Inspection générale de l'éducation nationale : Programmes personnalisés de réussite éducative

L'éducation prioritaire

La politique de l'éducation prioritaire, mise en place en 1981 s'appuie sur une discrimination positive dans l'emploi des moyens publics au service de l'égalité des chances. Elle constitue une réponse aux difficultés sociales et scolaires concentrées dans certains établissements. Cette politique a été relancée en 2006 sur des bases renouvelées(2).
À la rentrée 2006, l'action est ciblée sur 249 réseaux « ambition réussite » où les élèves rencontrent les plus grandes difficultés. L'unité de référence du réseau est un collège dans la relation pédagogique qu'il crée avec les écoles élémentaires et maternelles d'où proviennent les élèves qu'il accueille. Des comités exécutifs composés du principal de collège, du principal-adjoint et de tous les directeurs d'école sont chargés du pilotage local du réseau, en référence à un projet pédagogique et faisant l'objet d'une contractualisation avec les autorités académiques.
Il s'agit d'insister sur la lecture et l'écriture, et sur la maîtrise du socle commun de connaissances. Il est posé comme incontournable de mener une politique d'orientation positive et ambitieuse après le collège avec des entretiens individuels d'orientation annuels pour les élèves de quatrième et de troisième. Cette politique se traduit par une articulation organisée avec les lycées, une ouverture sur les filières de formation professionnelle, une sensibilisation aux perspectives offertes dans l'enseignement supérieur grâce à l'accompagnement des élèves de collège ou de lycée par des étudiants des grandes écoles et des universités(3).
Un délégué national assure, auprès du directeur de l'enseignement scolaire, le pilotage et l'animation de la politique de l'éducation prioritaire ainsi que les nécessaires concertations avec les autres départements ministériels et les acteurs locaux.
(2)Les mesures à mettre en œuvre dans le cadre de cette politique de relance font l'objet de la circulaire du 30 mars 2006 : Principes et modalités de la politique de l'éducation prioritaire
(3)Voir le guide : 100 000 étudiants pour 100 000 élèves, augmentation des bourses au mérite

Pendant le temps scolaire : l'aide personnalisée.

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L'aide personnalisée(4) s'adresse, (deux heures hebdomadaires) à tous les élèves qui rencontrent des difficultés d'apprentissage : un dispositif est mis en place dans le projet d'école pour effectuer le repérage des élèves en difficulté. Elle fait partie des obligations de service des enseignants. C'est le maître de la classe qui met en œuvre cette aide et la coordonne lorsqu'il ne le réalise pas lui-même, (des enseignants du RASED peuvent l'aider).
Le maître de la classe(5) effectue le repérage des élèves susceptibles de bénéficier de cette aide personnalisée dans le cadre de l'évaluation du travail scolaire des élèves, avec l'aide, le cas échéant, d'autres enseignants. Cette liste, présentée au conseil des maîtres ou conseil de cycle, peut évoluer au cours de l'année en fonction d'évolutions constatées ou de besoins nouveaux.
C'est un moment de remise en route pour l'élève, qui s'intègre dans un plan personnalisé de réussite éducative. Par ailleurs, l'autorisation parentale est requise pour cette aide.
Les enseignants s'appuient sur les programmes de l'école primaire, références en matière de connaissances et de compétences à acquérir à chaque niveau, sur les évaluations nationales, ainsi que sur les outils d'évaluation et de contrôle des résultats mis en œuvre dans chaque classe.
(4)Circulaire n° 2008-082 du 5 juin 2008
(5)Circulaire n° 2008-080 du 5 juin 2008

Hors temps scolaire : l'accompagnement éducatif

L'accompagnement éducatif, c'est accueillir les élèves après les cours et leur proposer une aide aux devoirs et aux leçons ou une pratique sportive, artistique et culturelle.
Initié par Xavier Darcos dans le cadre de la promotion de l'égalité des chances, l'accompagnement éducatif qui est d'une durée de 2 heures, sur 4 jours par semaine, pendant toute l'année, est, depuis la rentrée de la Toussaint 2008, offert à tous les collégiens et aux élèves des écoles élémentaires de l'éducation prioritaire. Cette décision d'extension s'appuie sur le succès remporté par le dispositif proposé dès la rentrée 2007 aux seuls collégiens de l'éducation prioritaire. Cet accompagnement se traduit par l'accueil des élèves après les cours, par une aide aux devoirs et aux leçons, ou une pratique sportive, artistique et culturelle. Il est conçu pour les élèves volontaires et a bénéficié à 221 527 élèves pendant l'année 2007-2008.
Au collège, tous les élèves sont concernés mais les élèves de sixième sont prioritaires pour favoriser leur adaptation aux exigences du collège. Dans les écoles élémentaires de l'éducation prioritaire, l'accompagnement est proposé aux élèves du CP au CM2 depuis la rentrée 2008.
Quatre domaines éducatifs complémentaires sont proposés :
L'aide aux devoirs et aux leçons
Les élèves peuvent approfondir le travail fait en classe ou réaliser les devoirs demandés par les enseignants ou encore trouver une aide si nécessaire. S'ils n'ont pas besoin d'aide particulière, ils peuvent bénéficier de moments d'apprentissages différents. Cette aide méthodologique peut se traduire par un approfondissement disciplinaire, par de la lecture, par du travail sur un projet interdisciplinaire, par des recherches documentaires, par des ateliers scientifiques, par la pratique des langues vivantes.
La pratique sportive
Les élèves ont la possibilité de s'initier à différente (collaboration avec l'USEP) activités sportives qui peuvent être proposées notamment par l'association sportive du collège.
La pratique artistique et culturelle
Tous les domaines et toutes les formes de l'art et de la culture sont envisageables. L'offre dépend des possibilités des établissements scolaires, des structures culturelles et des intervenants extérieurs. L'accompagnement éducatif peut favoriser l'accès des élèves aux technologies usuelles de l'information et de la communication et permettre une utilisation riche et variée des outils numériques. Pour faciliter ces pratiques l'accès au C.D.I. (centre de documentation et d'information) ou à la bibliothèque est facilité pendant les créneaux horaires de l'accompagnement éducatif.
En définitive, en 2007-2008, l'accompagnement éducatif a été mis en place dans les collèges de l'éducation prioritaire. En 2008-2009, l'accompagnement éducatif est généralisé à tous les collèges, publics et privés sous contrat, ainsi qu'aux écoles élémentaires de l'éducation prioritaire.
La pratique d'une langue vivante étrangère (l'anglais, principalement)
Cette pratique permet aux élèves de pouvoir communiquer de la manière la plus large possible.
Les professeurs sont secondés par des assistants d'éducation, des assistants pédagogiques et des assistants de langue. Certaines activités sont animées par des intervenants d'associations agrées, des artistes, des étudiants, des personnels des collectivités territoriales…
  • Dans les collèges publics, l'aide aux devoirs représente 64,4 % de ces activités, la culture 21,1 %, le sport 11,3 % et les langues vivantes 3,2 %.
  • Dans les écoles élémentaires publiques de l'éducation prioritaire, l'aide aux devoirs représente 64,6 % de ces activités, la culture 20,3 % et le sport 15,1 %.

Le Réseau d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED)

Les RASED(6), apparus en 1990, ont pour mission de fournir des aides spécialisées à des élèves en difficulté dans les classes ordinaires des écoles primaires, à la demande des enseignants de ces classes.
Le Réseau d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) constitue un dispositif-ressource pour accroître les possibilités des équipes pédagogiques à mettre en œuvre une différenciation des réponses pédagogiques adaptée à la variété des besoins des élèves. Il accompagne et complète les mesures prises par le maître de la classe et l'équipe pédagogique, mesures qu'il a pu contribuer à définir dans certains cas.
Certains départements ont mis en place un « correspondant RASED » par école : c'est un interlocuteur privilégié de l'école qui alerte ses collègues du réseau quand des enseignants demandent la présence de personnels spécialisés pour un élève.
Certaines circonscriptions ont élaboré des documents de « demande d'aide spécialisée » ou de « demande d'intervention ». De manière générale, un travail régulier entre équipes pédagogiques et membres des RASED, associant médecin et infirmières de l'éducation nationale, permet la confrontation et la synthèse d'approches différentes, ne peut que faciliter la prise en charge des difficultés que les écoles rencontrent.
Les interventions des personnels du RASED sont effectuées dans le respect du règlement scolaire. Le conseil d'école est, bien évidement, tenu informé de l'organisation de ces aides spécialisées.
(6)Circulaire n° 2002-113 du 30 avril 2002.

Les dispositifs relais

Ces dispositifs (classes et ateliers) accueillent des élèves de collège, éventuellement de lycée, entrés dans un processus de rejet de l'institution scolaire qui peut se traduire par :
  • des manquements graves et répétés au règlement intérieur,
  • un absentéisme chronique non justifié,
  • une démotivation profonde dans les apprentissages, voire une déscolarisation.
Tous les élèves fréquentant un dispositif relais ont bénéficié au préalable de toutes les mesures d'aide et de soutien prévues au collège et ils restent, dans tous les cas, sous statut scolaire.
Ces dispositifs ont su, en quelques années, montrer leur utilité dans la lutte contre le décrochage scolaire, grâce à une diversité et une souplesse qui constituent des gages d'efficacité.
74 % des élèves de dispositifs relais ont été rescolarisés en collège et 4 % en LP, tandis que d'autres sont engagés dans une poursuite de formation ou un emploi.
Cependant pour 1 à 2 % des élèves, il n'a pas été trouvé de solutions. 360 dispositifs ont fonctionné en 2005-2006 dont 254 classes relais et 106 ateliers relais. Le nombre d'élèves concernés était d'environ 6 511(7).
Les points forts de ces dispositifs se caractérisent par un encadrement renforcé (enseignants et éducateurs, personnels associatifs), un accueil temporaire pour un groupe réduit d'élèves, un partenariat entre l'Éducation nationale, la Protection judiciaire de la jeunesse, les collectivités locales, des associations agrées complémentaires de l'enseignement public et des fondations reconnues d'utilité publique…
À noter
Le 24 septembre 2008, a eu lieu la 1re Journée du Refus de l'Échec Scolaire :
« Chaque année, 15 % d'élèves entrent en 6e avec de grandes difficultés. Et 150 000 jeunes quittent le système scolaire sans qualification ! »
Les contributions sont en ligne à l'adresse suivante : www.curiosphere.tv
(7)Source : Ministère de l'Éducation nationale, 2008.
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