La Ve République

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En 1958, le général de Gaulle revient à la tête de la France et fonde un nouveau régime : la Ve République. En quoi de Gaulle a-t-il durablement marqué la Ve République ? Quelles sont les évolutions de cette dernière à partir de 1969 ?
1. La présidence de de Gaulle (1958-1969)
a) 1958-1962 : la mise en place du régime
• Appelé au pouvoir pour résoudre la crise algérienne, de Gaulle propose d'emblée une nouvelle Constitution, approuvée par 79 % des Français (référendum du 28 septembre 1958) : la Ve République est née, caractérisée par le rôle prépondérant du pouvoir exécutif.
• Soutenu par une majorité forte à l'Assemblée, de Gaulle s'attache à résoudre la crise coloniale algérienne. Malgré une tentative de putsch militaire en avril 1961 et les nombreux attentats de l'OAS, les accords d'Évian sont signés (1962), l'Algérie devient indépendante.
• Le 28 octobre 1962, de Gaulle institue, par référendum, l'élection du président de la République au suffrage universel direct.
b) 1962-1967 : une France forte
• En 1967, la France se retire du commandement intégré de l'OTAN tout en restant membre de l'Alliance. Elle renforce son équipement militaire et se lance dans la création d'une force nucléaire de dissuasion (première bombe atomique en 1960). Elle affirme ainsi son indépendance militaire.
• De Gaulle tient à préserver également l'indépendance diplomatique de la France. Alors que sévit la guerre froide, il refuse le bipolarisme et s'oppose particulièrement à l'hégémonie américaine.
L'Europe est un autre moyen d'échapper à l'influence américaine. De Gaulle favorise ainsi le rapprochement franco-allemand (1963) mais s'oppose fermement à l'intégration du Royaume-Uni, « cheval de Troie » des États-Unis. Son gouvernement poursuit la construction de la CEE, tout en refusant l'idée d'une Europe supranationale.
• Persuadé que de solides finances sont la condition première d'une politique d'indépendance nationale, de Gaulle crée le nouveau franc en 1958, sur la proposition d'Antoine Pinay.
Une politique budgétaire stricte et une planification privilégiant l'équipement et le développement de la technologie permettent au pays de connaître une forte croissance. Le niveau de vie des Français augmente rapidement.
c) 1967-1969 : le divorce entre de Gaulle et les Français
• Les partis pris par de Gaulle, notamment en matière de politique étrangère, ne sont pas toujours compris des Français. Lors de la présidentielle de 1965, le président sortant est mis en ballottage par François Mitterrand.
• La crise de mai 1968 ébranle le pays. D'abord universitaire, la crise devient sociale ; une grève générale paralyse bientôt l'économie. Le 27 mai sont signés les accords de Grenelle, aussitôt rejetés par la base ouvrière.
Le 30 mai, de Gaulle dissout l'Assemblée. La lassitude de l'opinion lui assure un triomphe lors des législatives de juin.
• De Gaulle tente de répondre à la crise par un projet de participation. Il propose un référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat (en avril 1969). 52 % des Français votent contre. Estimant qu'il s'agit là d'un désaveu personnel, de Gaulle démissionne le lendemain.
2. La Ve République de 1969 à nos jours
a) 1969-1981 : une France « sociale-démocrate »
• Prenant en compte les aspirations des Français exprimées en mai 1968, le nouveau président de la République, Georges Pompidou, fait passer au second plan la politique étrangère. Il cherche à bâtir une « nouvelle société ». La croissance permet des avancées sociales (création du SMIC, salaire minimum indexé sur la croissance ; développement de la formation permanente ; création d'un nouveau régime de convention collective).
• Valéry Giscard d'Estaing (élu en 1974) multiplie les réformes (majorité à 18 ans, loi Veil légalisant l'avortement, libéralisation du divorce). Les modes de vie se transforment. Mais les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 accentuent une crise économique marquée par l'inflation et l'apparition d'un chômage persistant.
• À la politique de relance du Premier ministre Jacques Chirac succède, à partir de 1976, une politique d'austérité mise en œuvre par Raymond Barre. Économies d'énergie, restructurations industrielles, encouragement à l'épargne, blocage des prix, augmentation des impôts et restriction des salaires limitent le déficit budgétaire et ménagent la stabilité du franc mais n'enrayent ni la montée du chômage ni celle de l'inflation.
b) 1981-1988 : la gauche au pouvoir
• Le 10 mai 1981, l'opposition gagne les élections. François Mitterrand est élu à la présidence de la République. Son premier gouvernement (Pierre Mauroy) entreprend de « changer la vie » : abolition de la peine de mort, autorisation des radios libres, adoption de la semaine de 39 heures, octroi de la cinquième semaine de congés payés et de la retraite à 60 ans, augmentation du salaire minimum. De grandes entreprises sont nationalisées.
Cette politique de relance est un échec : pénalisées par l'augmentation des charges, les entreprises sont moins compétitives.
• Si le retour à la rigueur permet de réduire le déficit commercial et l'inflation, le chômage continue d'augmenter. Dès les élections municipales de 1983, la droite redevient majoritaire dans le pays. Elle gagne les législatives de 1986.
La France connaît alors sa première cohabitation, entre 1986 et 1988 : le président (F. Mitterrand) et le Premier ministre (Jacques Chirac) n'appartiennent pas à la même tendance politique.
c) De 1988 à nos jours : l'alternance droite gauche
La période qui va de 1988 à nos jours est dominée par l'alternance de la droite et de la gauche au gouvernement.
• De 1988 à 1993, le gouvernement de gauche tente de contrer la crise sociale en instaurant le revenu minimum d'insertion (RMI) et la contribution sociale généralisée (CSG). Ces réformes n'empêchent pas l'électorat de redonner la victoire à la droite en 1993.
• Lors d'une deuxième cohabitation (Mitterrand-Balladur) sont mises en œuvre de nouvelles privatisations.
• Élu président en 1995, Jacques Chirac s'engage à réduire la « fracture sociale », cependant la politique sociale menée par Alain Juppé mécontente l'opinion. Soucieux de renforcer sa légitimité, le président dissout l'Assemblée nationale mais la gauche l'emporte (juin 1997).
• La France connaît alors une troisième cohabitation (Chirac-Jospin). Dans un contexte de reprise internationale qui favorise la baisse du chômage, la gauche, revenue au gouvernement, multiplie les réformes de société : pacte civil de solidarité (PACS), couverture maladie universelle (CMU), loi sur la parité hommes/ femmes en politique. Il instaure les 35 heures de travail hebdomadaire. Pour éviter toute nouvelle cohabitation, le mandat présidentiel est également réduit à 5 ans. Mais les déficits publics se creusent et la montée de l'insécurité inquiète à nouveau les électeurs.
• Chirac est rélu en 2002. Il lance de grandes réformes (décentralisation, retraites), renforce la lutte contre l'insécurité et réaffirme la laïcité dans le cadre de l'école.
• En 2007, la droite accède une nouvelle fois au pouvoir avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Le nouveau gouvernement a aussi lancé toute une série de réformes dans des domaines très variés comme le secteur public, les retraites…
Qu'ils optent pour une relance par la consommation ou pour l'austérité, pour une politique de renforcement de l'intervention de l'État ou pour le désengagement de celui-ci, les différents gouvernements qui se succèdent depuis 1988 peinent à enrayer la crise. Les succès électoraux du Front national et le développement de l'abstention révèlent le malaise croissant des électeurs.
Dans cette période d'hésitations politiques, une constante apparaît cependant : tous les gouvernements poursuivent activement la construction européenne.
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