Le bilan de la Seconde Guerre mondiale

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La durée du conflit, le nombre de belligérants, l'implication des civils dans la guerre et l'utilisation d'armements nouveaux, ainsi que la politique d'extermination menée par les nazis, ont fait de la Seconde Guerre mondiale le conflit le plus meurtrier de l'histoire. Quelles ont été les conséquences de cette guerre totale ? Comment reconstruire la paix ? À quoi ressemble le monde de 1945 ?
1. Le lourd bilan d'une guerre totale
a) Des pertes humaines considérables
• On estime à près de 60 millions le nombre des morts du second conflit mondial, soit quatre à cinq fois plus que la guerre de 1914-1918. Parmi ces victimes, la moitié environ sont des civils. L'URSS a perdu 10 % de sa population : 8 600 000 soldats mais aussi 12 millions de civils. En France, sur 600 000 victimes, 400 000 étaient des civils. Les bombardements des grandes villes, les déportations ou les fusillades expliquent ces lourdes pertes parmi les populations civiles. Il faut ajouter des conditions de vie difficiles pour ces populations en temps de guerre : elles sont touchées par la famine et les épidémies.
• La Seconde Guerre mondiale se solde également par d'importants transferts de population (exodes, déportations, changements de frontières). En Europe, on estime à 30 millions le nombre de personnes déplacées.
b) Des territoires ravagés, des économies désorganisées
• Les destructions sont considérables.
Si le Japon a été dévasté par les bombes, c'est en Europe que les destructions sont les plus importantes : deux millions de tonnes de bombes ont été déversées sur le continent européen.
Des villes entières, comme Francfort, Varsovie, Stalingrad et Caen, doivent être reconstruites. Le territoire russe a grandement souffert de la tactique de la terre brûlée. La Pologne a perdu 80 % de son potentiel industriel.
• Les populations doivent encore attendre plusieurs années avant de voir la fin du rationnement et de la pénurie alimentaire.
c) Le choc moral de la guerre
• La Seconde Guerre mondiale a particulièrement marqué les consciences à cause du nombre sans précédent des victimes mais aussi et surtout à cause des méthodes utilisées. En 1945, on découvre l'ampleur de la Shoah : les camps de concentration et d'extermination, les chambres à gaz et les fours crématoires plongent la population dans un profond désarroi. Comment l'homme a-t-il pu en arriver là ?
• L'utilisation de la bombe atomique par les Américains sur deux villes japonaises, Hiroshima et Nagasaki, frappe aussi les esprits. Le monde sait qu'il est désormais capable de s'autodétruire.
• Les Alliés entreprennent le procès des vaincus : pour la première fois dans l'histoire, les vainqueurs déclarent que la guerre est l'œuvre de criminels, qui doivent être jugés en conséquence. À partir d'octobre 1945, le tribunal international de Nuremberg juge vingt-trois responsables nazis du génocide juif et en condamne douze à mort pour crimes contre la paix, crimes de guerre, manquement à la convention de Genève et crimes contre l'humanité. À Tokyo, vingt-cinq personnes sont également jugées (sept seront exécutées).
2. Organiser la paix
a) Yalta, la coopération des Alliés
Réunis à Yalta (en Crimée) en février 1945, Churchill, Staline et Roosevelt s'entendent d'abord sur la stratégie à adopter pour terminer la guerre. Ils prévoient ensuite l'occupation et la préparation d'élections libres dans les pays vaincus. Enfin, le principe de la création d'un organisme international chargé de maintenir la paix mondiale est retenu.
b) Les changements territoriaux
• Les Alliés ont imposé à l'Allemagne et au Japon une capitulation sans condition : ces pays doivent se soumettre à l'occupation des troupes alliées.
L'Allemagne, dont la frontière orientale est ramenée à la ligne Oder-Neisse, est divisée en quatre zones administrées par l'URSS, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.
La Pologne est « décalée » vers l'ouest, jusqu'à la ligne Oder-Neisse.
Les États-Unis occupent le Japon (qui a perdu la Corée et la Mandchourie).
• Pour accueillir les survivants des massacres nazis et les autres Juifs qui le souhaitent, l'État d'Israël est créé en Palestine.
c) La naissance de l'Organisation des Nations unies (ONU)
• Le projet déjà évoqué en 1941 dans la charte de l'Atlantique voit le jour à San Francisco en avril-juin 1945. L'ONU a pour ambition de remplacer efficacement la malheureuse SDN. Elle doit disposer de moyens armés pour protéger la paix. L'ONU doit aussi faire respecter les droits de l'homme et le droit international.
• Cet ambitieux projet reçoit un large soutien : 51 États signent la charte de San Francisco. En 1948, l'ONU adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme.
3. Un nouvel ordre mondial
a) Le déclin de l'Europe
• La guerre a accentué le déclin de l'Europe qui avait commencé au début du xxe siècle. La puissance financière de la Grande-Bretagne est très affaiblie. La France, après la défaite de 1940 et la collaboration, a du mal à retrouver le rang de grande puissance.
• De plus, les combats internes au sein d'une même population, comme en France ou en Yougoslavie, laissent des rancœurs profondes. Enfin, les puissances coloniales européennes ont montré leurs faiblesses, ce qui renforce les mouvements d'indépendance.
b) L'émergence de deux nouvelles puissances
Les États-Unis sortent du conflit renforcés, surtout sur le plan économique. La production industrielle a globalement doublé entre 1939 et 1945. En 1945, les États-Unis détiennent 80 % du stock d'or mondial (exception faite de l'URSS). Ils cherchent à imposer le libre-échange. De plus, ils ont jusqu'en 1949 le monopole de l'arme atomique. Enfin, leur prestige en Europe occidentale est considérable : ils sont les sauveurs de la démocratie.
L'URSS jouit d'un grand prestige. La victoire de Stalingrad reste pour tout le monde la première défaite de l'Allemagne nazie. L'URSS accroît son territoire de plus de 70 000 km2 et son influence est importante dans les régions qu'elle a libérées.
c) La désunion des vainqueurs
Dès la conférence de Potsdam, qui s'ouvre le 17 juillet 1945, près de Berlin, la méfiance s'installe entre les Alliés. L'avancée de l'Armée rouge en Europe de l'Est inquiète Churchill qui soupçonne Staline de ne pas vouloir organiser d'élections libres. L'Europe apparaît comme un enjeu dans les mains des grandes puissances. La grande alliance contre le nazisme montre très rapidement ses limites ; une fois l'ennemi commun abattu, chacun reprend sa propre politique.
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