Le romantisme

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Tests
On trouve déjà au xviiie siècle le fondement des idées qui se développèrent au xixe siècle romantique : la liberté et l'épanouissement de l'individu et de ses passions. Comment se sont-elles exprimées à travers les arts ?
1. Le préromantisme et le style Empire
• Le siècle des Lumières, déjà, en particulier dans sa seconde moitié, est marqué par l'émergence d'une sensibilité nouvelle. L'attention portée à l'individu et à son bonheur, l'expression de la sensibilité mais aussi le goût pour la nature, perceptibles par exemple dans les œuvres de Rousseau ou les romans de Bernardin de Saint-Pierre, sont les signes de ce qu'on a appelé le préromantisme.
Les toiles de Joseph Vernet, mais aussi certains tableaux tardifs de Fragonard mettent ainsi en scène une nature tempétueuse, avec des effets de lumière saisissants, alors que Hubert Robert développe une esthétique des ruines à travers ses peintures qui présentent des bâtiments souvent antiques en ruines et qui suggèrent ainsi la fuite du temps. Greuze, enfin, dans un registre tout différent, se concentre sur des scènes familiales édifiantes, dans des milieux en général relativement humbles. Ses toiles cherchent à émouvoir le spectateur en évoquant situations pathétiques et sentiments vertueux.
• Le romantisme se développe à la fin du xviiie siècle en particulier en Angleterre et en Allemagne, et touche tous les arts, la littérature comme la musique et les arts plastiques. En France, pour ce qui concerne la peinture, son épanouissement est quelque peu retardé par l'Empire et la survivance du néoclassicisme (David meurt en 1825). Cependant, des peintres comme Gros ou Girodet, tout en s'inscrivant dans la filiation de David, laissent pressentir par l'énergie du trait, par le choix de sujets d'actualité ou par la tension de leurs œuvres l'émergence du romantisme.
2. Le romantisme pictural
• En 1819, l'exposition du Radeau de la Méduse de Géricault marque véritablement un tournant en provoquant un scandale.
L'œuvre révèle les aspirations d'une nouvelle génération de peintres et d'artistes, rejetant les carcans du classicisme et revendiquant une liberté nouvelle. Le Radeau de la Méduse s'inspire d'une actualité brûlante, un naufrage de 1817. La composition de l'immense toile est impressionnante, les attitudes tourmentées des personnages, les couleurs livides, la peinture des sentiments des mourants, de l'angoisse à la ténacité en passant par la résignation, donnent une puissance tragique à l'œuvre et semblent refléter le désarroi de toute la génération romantique, souffrant du « mal du siècle ».
• Dans la continuité de Géricault apparaît Delacroix. Le jeune peintre expose en 1822 La Barque de Dante et en 1827 La Mort de Sardanapale (dont le sujet est emprunté à Byron), qui confirment le succès d'une nouvelle peinture. Les formes tumultueuses qui retrouvent des accents baroques, la richesse des coloris, mais aussi la compassion, le goût pour l'actualité (par exemple dans Scènes des massacres de Scio) ou encore pour l'Histoire et l'exotisme (en particulier à partir de son voyage au Maroc, avec par exemple Femmes d'Alger dans leur appartement) sont autant de caractéristiques romantiques que l'on retrouve dans l'œuvre de Delacroix.
• On oppose souvent à cette époque les œuvres de Delacroix à celles d'Ingres, en particulier à son Apothéose d'Homère datant de 1827, le premier semblant donner le primat à la couleur, le second au dessin. Ingres se présente comme un héritier du classicisme, ses compositions sont très soignées et rigoureuses. À la recherche d'un style pur, il s'inscrit dans la lignée de Raphaël et privilégie effectivement le dessin. Son œuvre, qui peut sembler anachronique, reste cependant souvent mal comprise.
3. La sculpture romantique
La sculpture néoclassique domine sous l'Empire, et le romantisme tarde à gagner ce genre.
David d'Angers est l'un des sculpteurs romantiques les plus connus. Proche du cénacle de Hugo, il a laissé de nombreuses effigies de ses contemporains romantiques, comme Hugo, Lamartine ou Géricault. Rude s'impose également en réalisant La Marseillaise qui orne l'Arc de Triomphe, sculpture très puissante, animée d'une vie intense et d'un souffle épique. Par ailleurs, Barye s'illustre brillamment dans la sculpture animale.
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