Les enjeux actuels (stratégiques, politiques, économiques, sociaux) en comparaison avec d'autres pays européens

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Les enjeux actuels

1. La lutte contre la violence
Extraits de la note d'information DEPP 2010 :
« […] Beaucoup plus faible que dans le second degré, la violence déclarée au sein des écoles diffère également dans sa nature et son évolution. En 2009-2010, les écoles publiques ont déclaré en moyenne 3,9 incidents graves pour 10 000 élèves, et 98 % des écoles ne déplorent aucun incident au cours d'un trimestre. La part de la violence verbale a diminué alors que celle de la violence physique a augmenté.
Fréquemment à l'origine des actes signalés dans le premier degré, les familles sont de moins en moins souvent impliquées, contrairement aux écoliers… »
« En 2009-2010, les écoles ont déclaré en moyenne 3,9 incidents graves pour 10 000 élèves. Faute de données sur les effectifs par école, les résultats de l'enquête SIVIS concernant le premier degré n'ont pu être exploités avant cette année.
Au cours de l'année scolaire 2009-2010, les écoles maternelles et élémentaires publiques ont scolarisé 5,7 millions d'enfants et ont déclaré en moyenne 3,9 incidents graves pour 10 000 élèves. Pour l'année 2007-2008, cette moyenne s'élevait à 4,6 incidents pour 10 000 écoliers et pour l'année 2008-2009 à 3,6. Pour autant, on ne peut conclure à une baisse du nombre d'incidents sur l'ensemble de la période, car la variation de la moyenne est ici inférieure à l'intervalle de confiance estimé.
En tout état de cause, le niveau observé des violences à l'école primaire est extrêmement faible comparé au second degré. […]
Dans le premier degré, ce sont sans surprise les écoles élémentaires qui déclarent le plus d'incidents : 4,3 pour 10 000 élèves en moyenne en 2009-2010, contre 3,1 pour les écoles maternelles. Au cours de cette même année, alors qu'elles scolarisent 72 % des écoliers, les écoles élémentaires ont regroupé 78 % des incidents graves dans le premier degré. Les phénomènes de violence scolaire déclarés dans le premier degré sont très inégalement répartis : sur un trimestre, seuls 1,1 à 1,7 % des écoles connaissent au moins un incident grave. Ce qui signifie que la quasi-totalité des écoles ne déplore aucun incident au cours d'un trimestre. »
« 11,7 % des 8-12 ans sont victimes, dans le milieu scolaire, de violences physiques ou verbales répétées.
Les conséquences de ces violences peuvent aller du simple décrochage scolaire, à l'absentéisme ou à des tendances dépressives ou suicidaires. Ce constat est issu des résultats d'une enquête sur la "victimisation scolaire", financée par l'Unicef et menée auprès de 12 326 écoliers répartis dans 153 établissements. On y apprend en outre que 3 % des écoliers de 8-12 ans sont victimes de vol ou de racket. »(1)
2. La lutte contre l'absentéisme
• L'assiduité est la condition première de la réussite d'un élève. La lutte contre l'absentéisme scolaire mobilise tous les membres de la communauté éducative. Que ce soit à l'école, au collège et au lycée, les établissements assurent la prévention, le repérage et le traitement des absences des élèves.
• La lutte contre l'absentéisme scolaire s'est fortement développée car il débouche sur une sortie prématurée de l'école sans qualification. L'ordonnance de janvier 1959 prévoyait déjà de sanctionner les parents fautifs d'avoir laissé leurs enfants manquer les cours sans réagir à cette situation, par la possibilité ultime laissée à un juge de supprimer tout ou partie des allocations familiales.
La loi du 2 janvier 2004 avait modifié cette situation en prévoyant des dispositions spécifiques (Bulletin officiel n°14 du 1er avril 2004 : « obligation scolaire : contrôle de l'assiduité scolaire »).
La nouvelle loi(2) (14 septembre 2010) a mis en place un dispositif spécifique pour lutter contre ce fléau. (Décret n°2011-89 du 21 janvier 2011 ; « Vaincre l'absentéisme » : Circulaire n°2011-0018 du 31 janvier 2011)
• Chaque enseignant en charge d'une classe fait l'appel des élèves. Les écoles, collèges et lycées enregistrent les absences des élèves et les taux d'absentéisme sont suivis classe par classe et niveau par niveau.
Lors de la première inscription d'un élève, l'équipe éducative présente aux personnes responsables d'un élève à la fois le projet d'école ou d'établissement et le règlement intérieur, en insistant sur la nécessité de la présence de l'élève à chaque cours, pour assurer la régularité des apprentissages. L'équipe insiste également quant aux obligations des parents leur incombant à propos de l'assiduité de leur enfant et leur responsabilité, qui peut, le cas échéant, être engagée.
En effet, à partir de quatre demi-journées d'absences non justifiées (consécutives ou non), dans le mois, le directeur d'école ou le chef d'établissement transmet le dossier de l'élève à l'inspecteur d'académie-directeur des services départementaux de l'éducation nationale (IA-DSDEN). Il évalue la situation, un conseiller technique de service social pouvant l'aider. À l'issue de cette analyse, l'IA-DSDEN peut décider de la mise en place d'un parcours personnalisé, de mesures d'accompagnement ou d'une orientation en dispositif relais.
Si la situation le justifie, il adresse un avertissement aux personnes responsables de l'enfant pour leur rappeler leurs obligations légales et les sanctions auxquelles elles s'exposent. Il les informe, si possible au cours d'un entretien, sur l'ensemble des dispositifs d'accompagnement parental qui existent dans le département.
Il arrive que les personnes responsables de l'enfant mineur ne mettent pas tout en œuvre pour rétablir l'assiduité de l'élève (tentatives de remédiation et de dialogue avec les familles effectuées). La procédure de sanctions administratives ou pénales est alors le dernier recours pour mettre fin à une situation d'absentéisme persistant. C'est le cas lorsqu'au cours d'une même année scolaire, une nouvelle absence de l'élève d'au moins quatre demi-journées sans motif légitime ni excuses valables sur un mois est constatée.
• Enfin un certain nombre d'élèves décrochent précocement du système scolaire en abonnant leurs études : 60 000 jeunes sortent sans qualification, auxquels s'ajoutent 60 000 qui échouent.
Par conséquent la prévention du décrochage scolaire est un des enjeux du projet d'établissement :
  • dans les collèges il existe des classes relais qui travaillent à remotiver les élèves ;
  • il existe également les écoles de la seconde chance.
3. La lutte contre les inégalités scolaires et contre l'échec scolaire
Pour l'OCDE est illettrée « toute une personne incapable de lire et d'écrire en le comprenant un exposé simple et bref de faits en relation avec la vie quotidienne ». Elle reprend la définition de l'analphabétisme donnée en 1958 par l'Unesco. Pour autant on est analphabète lorsque l'on manque d'école, on est illettré lorsque l'on est allé à l'école où on est alphabétisé.
C'est maintenant la définition du Groupe permanant de lutte contre l'illettrisme (GPLI) qui fait référence : « On considère comme relevant de situation d'illettrisme des personnes de plus de 16 ans, ayant été scolarisés et ne maîtrisant pas suffisamment l'écrit pour faire face aux exigences minimales requises dans leur vie professionnelle, sociale et culturelle. Ces personnes qui ont été alphabétisées dans le cadre de l'école sont sorties du système scolaire en ayant peu ou mal acquis les savoirs premiers pour des raisons sociales, culturelles et personnelles et n'ont pu user de ces savoirs et/ou n'ont jamais acquis le goût de cet usage. Il s'agit d'hommes et de femmes pour lesquels le rapport à l'écrit n'est ni immédiat, ni spontané, ni facile et qui évitent ou appréhendent ce moyen de communication. »
C'est en 1984 qu'un groupe interministériel pour la lutte contre l'analphabétisme et l'illettrisme est créé.
Des chiffres : 17,5 % des élèves entrant en 6e éprouvent des difficultés aves l'écrit(3).
En réalité la lutte contre l'illettrisme renvoie de manière générale à celle de la lutte contre l'échec scolaire : les programmes, le socle commun de connaissances et de compétences font de la maîtrise de la langue une priorité. Des dispositifs d'aide sont prévus pour les élèves en difficulté : l'aide personnalisée, le soutien du RASED, les classes à effectifs allégés… En 2010 le ministre a fait des propositions : il a insisté sur la nécessité de sensibiliser les élèves à la lecture dès le plus jeune âge afin qu'elle ne soit pas perçue comme une contrainte mais réellement comme un plaisir.
L'intervention de Luc Chatel a été suivie par la signature de partenariats :
  • avec l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme pour mieux faire connaître au sein du système éducatif les ressources qu'elle développe ;
  • avec les mécènes de l'Association pour favoriser une école efficace (Apféé) afin d'accompagner 3 000 élèves supplémentaires de CP de l'éducation prioritaire dans les académies de Créteil, Versailles et Lille ;
  • avec la Ligue de l'enseignement pour développer les initiatives de promotion de la lecture.
4. L'évolution des rythmes scolaires
Une conférence nationale sur les rythmes scolaires a été mise en place en janvier 2011, avec pour objectif d'améliorer les conditions de vie et d'apprentissage des élèves. Elle donne la priorité à l'intérêt de ces derniers : les rythmes scolaires doivent être pensés en vue de la réussite mais également comme facteur de bien-être dans l'établissement.
Voir le dossier Les rythmes scolaires
(1)Source : lettre Maif 2011
(2)« Lutter contre l'absentéisme scolaire » : Loi n°2010-1127 du 28 septembre 2010 ; « Modalités de calcul de la part des allocations familiales suspendues ou supprimées en cas d'absentéisme scolaire »
(3)Étude Éducation nationale 2002

Comparaison avec les autres politiques éducatives en Europe

• 50 % des élèves français sont dits « à l'heure ou en avance », c'est-à-dire qu'ils n'ont redoublé ni à l'école, ni au collège. Globalement le programme international pour le suivi des élèves (PISA) place des élèves français de 15 ans dans la moyenne des pays comparables.
En réalité le système est très performant pour une moitié des élèves, et très faible pour l'autre : les 33 % qui n'ont redoublé qu'une fois obtiennent des résultats médiocres et ils deviennent catastrophiques pour les 17 % qui redoublent plusieurs fois.
• En 2002, les chefs d'État et de gouvernement, reconnaissant le rôle essentiel de l'éducation pour atteindre les objectifs de Lisbonne1, ont décidé que les systèmes européens d'éducation et de formation deviendraient une référence de qualité au niveau mondial d'ici à 2010.
Il existe de nombreuses évaluations à caractère international qui permettent de comparer la performance des systèmes éducatifs à travers le monde. En effet, différents organismes internationaux mènent de telles études, notamment l'Association internationale pour l'évaluation de l'efficacité dans le domaine scolaire (IEA), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'Unesco, ou encore Eurydice, le réseau d'information sur l'éducation en Europe.
En France, c'est la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) qui participe aux travaux de ces organismes.
« La qualité de l'éducation est l'atout le plus précieux des générations présentes et à venir. Elle exige l'engagement sans faille de tous : gouvernements, enseignants, parents et élèves. L'OCDE y contribue avec l'enquête PISA, qui suit l'évolution des résultats de l'éducation selon un cadre approuvé par tous, qui se prête à des comparaisons internationales valides. En montrant que certains pays réussissent à allier équité et qualité, l'enquête PISA lance des défis ambitieux à d'autres pays. »(4)
Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) est une évaluation internationale mise sur pied par l'OCDE, qui vise à tester les compétences des élèves de 15 ans. C'est une enquête menée tous les trois ans. Elle a pour objectif de fournir aux différents acteurs (décideurs politiques, autorités scolaires, enseignants, parents, élèves) des données comparatives permettant d'estimer dans quelle mesure les élèves disposent des connaissances et aptitudes que la société moderne exige.
• Les systèmes éducatifs de nos voisins européens seront ici abordés du point de vue de leur spécificité et de leur originalité et en posant la question classique du « comment cela se passe-t-il ? » en Grèce, au Portugal, en Suède, en Pologne…
Voir la série de dossier L'école en Europe
(4)Angel Gurrí, Secrétaire général de l'OCDE, 2009.
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