Les espaces industriels

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La France est la 4e puissance industrielle du monde. Mais les facteurs de localisation ont fortement évolué : les industriels s'implantent dans des régions où ils trouvent une bonne qualité de services aux entreprises, des réseaux de transport performants et parfois des lieux de vie agréables pour leurs salariés. Les technopoles (Toulouse, Montpellier) rassemblent des entreprises de haute technologie, alors que les technopôles (Sophia-Antipolis, Rennes-Atalante) regroupent haute technologie, grandes écoles et centres de recherche.
1. Le poids des héritages
• En 2006, la France était classée au 4e rang des puissances industrielles mondiales après les États-Unis, le Japon et l'Allemagne, mais juste avant le Royaume-Uni. L'héritage industriel du xixe siècle a laissé des marques sur les paysages, mais celles-ci sont de moins en moins visibles. On avait coutume de distinguer, de part et d'autre d'une ligne Le Havre-Marseille, une France industrielle à l'Est et une France plutôt sous-industrialisée à l'Ouest.
• Les régions situées à l'est de cette ligne ont longtemps profité de la présence des ressources énergétiques et minérales (charbon, minerai de fer, mis en valeur lors des révolutions industrielles) et d'axes de circulation organisés en étoile autour de Paris.
La partie occidentale du territoire restait peu industrialisée, à l'exception des estuaires de la Loire et de la Gironde.
2. Les nouveaux facteurs de localisation
• Après la Seconde Guerre mondiale, l'essor industriel est marqué par la modernisation de l'appareil productif (développement du nucléaire, de l'aérospatiale durant les Trente Glorieuses).
Mais la crise touche les secteurs industriels traditionnels (sidérurgie, charbon, textile) dans les années 1970 et 1980. La production industrielle chute et ce secteur ne représente plus que 23 % de la population active en 2005, contre 40 % en 1968 et 32 % en 1985(1).
Sur le plan spatial, des régions autrefois dynamiques (Lorraine, Nord, bassin de Saint-Étienne) subissent de plein fouet les effets de la désindustrialisation et doivent reconvertir leurs activités.
• Face à la crise des années 1970-1980 et à la concurrence internationale de plus en plus vive, de nouvelles logiques de localisation des espaces industriels se sont imposées, le plus souvent en milieu périurbain ou à proximité des axes de communication (par exemple, près des plates-formes multimodales comme celle de Lyon Saint-Exupéry).
L'abandon des gisements de charbon et de minerai de fer nationaux pour des raisons de rentabilité a entraîné le glissement de la sidérurgie sur les littoraux. Ce processus a été encouragé par l'État dans les zones industrialo-portuaires (ZIP) de Dunkerque et de Fos-sur-Mer avec des résultats divers.
La politique de décentralisation industrielle engagée dans les années 1970-1980 a abouti à l'implantation d'entreprises en province, notamment dans l'Ouest avec l'automobile (Citroën à Rennes-La Janais).
• L'évolution la plus importante touche le développement rapide de parcs technologiques en zone périurbaine, fondés sur la recherche scientifique et l'innovation. Ce sont des symboles forts de la reconversion industrielle en France.
3. De nouvelles dynamiques
La France industrielle d'aujourd'hui est composée de trois types d'espaces industriels :
  • le centre industriel reste incontestablement l'Île-de-France, première région industrielle employant le quart des actifs. La région lyonnaise et le couloir rhodanien jusqu'à Fos-Marseille, l'Alsace, avec une position avantageuse à proximité de la Suisse et de l'Allemagne, sont les autres régions industrielles attractives pour les investissements étrangers ;
  • la périphérie atlantique (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire) a longtemps été marginalisée. Elle est aujourd'hui dotée d'industries de pointe, porteuses de dynamisme (Vannes, Angers, Rennes, Nantes, Le Mans, Bordeaux, Toulouse) ;
  • les anciennes régions d'industrie lourde et textile (Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, bordure du Massif central, bassin de Saint-Étienne) sont en complète reconversion avec des résultats contrastés et quelques réussites incontestables, comme la technopole lilloise. On trouve encore quelques pôles d'industrie diffuse comme Clermont-Ferrand (Michelin) ou Montbéliard (Peugeot).
(1)On doit cependant noter qu'aujourd'hui, le décompte des emplois par secteur d'activité (classification de Colin Clark) est devenu difficile à cause de l'imbrication des emplois secondaires et tertaires.
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