Les mutations de l'agriculture

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Avec une production de plus de 64,3 milliards d'euros en 2007, la France est devenue une puissance agricole d'envergure mondiale : elle exporte 25 % de sa production et se place au premier rang pour l'exportation de produits issus d'industries agroalimentaires. Quelles sont les données de cette puissance ? Quelles sont les mutations entreprises ? Quelles répercussions ont-elles sur l'espace agricole ?
1. Une grande puissance agricole
a) Les performances de l'agriculture
• Bien qu'elle ne représente qu'une faible part du PIB (3,39 % du PIB en 2007), l'agriculture française est une activité économique importante et performante. Au sein de l'Union européenne, la France est le premier producteur agricole : elle fournit actuellement 21,3 % de la production. Elle se place au cinquième rang mondial pour la production de céréales et parmi les cinq premiers pays producteurs de viandes ; malgré la concurrence de plus en plus redoutable des États-Unis et de l'Australie, elle reste au premier rang pour le vin.
• Aujourd'hui, la France est le premier exportateur mondial de produits agroalimentaires, le deuxième de produits agricoles et le cinquième pour les céréales. Sa production agricole représente 11,72 % des exportations. Les pays de l'UE sont ses principaux clients
b) Le poids de l'agriculture dans l'économie
L'agriculture est de plus en plus intégrée : en amont, sont sollicitées les industries mécanique (tracteurs) et chimique (engrais), en aval, les industries agroalimentaires. L'agriculture constitue par ailleurs une source importante de recettes pour le commerce extérieur.
c) La croissance de la production
Depuis trente ans, la production agricole a connu une croissance remarquable. Cette augmentation s'est produite alors que diminuaient les surfaces cultivées, le nombre des exploitations et des agriculteurs (3,41 % des actifs en 2007). Un agriculteur nourrissait 8 personnes, il y a 50 ans ; il en nourrit aujourd'hui plus de 30, ce grâce à un spectaculaire accroissement des rendements et de la productivité.
2. Les bouleversements de l'agriculture
a) Le rôle de la PAC
La Politique agricole commune a considérablement favorisé la modernisation de l'agriculture française. Les subventions européennes ont permis aux agriculteurs de mieux se former, de s'équiper (en machines), d'avoir accès à des produits meilleur marché (engrais, pesticides) et de recourir à de nouvelles techniques (d'irrigation, par exemple) ou à des espèces mieux sélectionnées. Certaines régions françaises se sont ainsi bien intégrées aux marchés européens et mondiaux avec des exploitations modernisées qui sont gérées par des agri-managers en lien avec les IAA (Industries agroalimentaires).
b) Les conséquences néfastes
• L'agriculture a été victime de son efficacité : elle produit trop. Des mesures (la réforme de la PAC, en 1992) ont été prises pour limiter la production afin que les prix de vente ne s'effondrent pas : diminution des aides, réduction de la surface cultivée, quotas affectant certaines productions (le lait).
• Une partie des agriculteurs ont des revenus insuffisants : certains ne vivent en effet que grâce aux subventions, d'autres se sont lourdement endettés pour se moderniser.
• La modernisation de l'agriculture a parfois eu également des conséquences néfastes sur l'environnement (pollution par les produits chimiques) ou sur la santé des consommateurs (affaire de la vache folle). On observe cependant, depuis quelques années, une volonté de produire autrement (moins en quantité mais de meilleure qualité). En 2003, les accords du Luxembourg ont défini de nouvelles orientations pour les dix années à venir : pour éviter la surproduction, les aides seront versées indépendamment des volumes de production et subordonnées au respect de l'environnement, de la sécurité alimentaire et du bien-être des animaux. Ainsi, la PAC oblige désormais l'agriculture à intégrer des critères du développement durable.
c) Les mutations de l'espace agricole
• Toutes les régions françaises n'ont pas été uniformément touchées par les changements. Toutes connaissent cependant un processus de spécialisation, qui entraîne une certaine uniformisation des paysages, à l'échelle régionale.
• Parmi les régions de fortes mutations, on peut citer :
  • la Bretagne qui s'est spécialisée dans l'élevage de bovins, de porcins et de volailles, en particulier grâce à l'élevage hors-sol ; avec la Basse-Normandie et les Pays de Loire, elle fait partie des régions spécialisées dans la production laitière ;
  • la Champagne qui est devenue une grande région céréalière, comme le Sud-Ouest (Bassin aquitain) ;
  • le Sud-Est qui s'est spécialisé dans la production de vin, de fruits et de légumes.
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