Épreuve d'admissibilité, juin 2020, groupement académique 3

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Sujet

I. Question relative aux textes proposés (11 points)
Vous analyserez le regard que les auteurs portent sur la vieillesse.
Texte 1
« Chacun sait que la vieillesse apporte avec elle son lot de douleurs et que la mort nous attend en bout de course. Année après année, il faut accomplir des sacrifices, accepter les renoncements. Il faut apprendre à se défier de ses sens et de ses forces. Le chemin qui ressemblait il y a peu encore à une promenade devient long et pénible, puis un jour nous devenons incapables de le poursuivre. Il nous faut également renoncer au plat que nous avons toujours dégusté avec tant de délices. Les joies et les plaisirs du corps se font plus rares et se paient de plus en plus chèrement. Enfin, il y a toutes ces infirmités et ces maladies, l'amenuisement des sens, l'affaiblissement des organes, les nombreuses douleurs que l'on ressent plus particulièrement pendant les nuits souvent si longues et angoissées. Tout cela ne peut pas être ignoré, c'est l'amère réalité. Cependant il serait pitoyable et triste de s'abandonner exclusivement à ce processus de dépérissement, sans voir que la vieillesse a aussi ses bons côtés, ses avantages, ses sources de consolation et ses joies. Lorsque deux personnes âgées se rencontrent, elles ne devraient pas simplement parler de leur maudite maladie de la goutte, de leurs membres qui se raidissent, de leur essoufflement lorsqu'elles gravissent des marches. Elles ne devraient pas se raconter seulement leurs douleurs et leurs contrariétés, mais aussi les événements et les expériences qui les ont ravies et réconfortées, et ils sont nombreux. Si je rappelle ces aspects positifs et merveilleux de l'existence des gens âgés, si je dis que nous autres qui portons des cheveux blancs, nous puisons force, patience et joie à des sources qu'ignore la jeunesse, alors il ne m'appartient plus de parler des consolations apportées par la religion et l'église ; c'est le rôle du prêtre. Cependant, je peux aisément citer avec reconnaissance tout ce dont la vieillesse nous fait grâce. Le présent le plus cher à mon cœur est le trésor d'images que nous gardons en mémoire après une longue vie et vers lequel nous nous tournons avec un nouvel intérêt lorsque notre activité décroît. Des silhouettes et des visages évanouis depuis soixante, soixante-dix ans continuent de vivre en nous, font partie de nous-mêmes, nous tiennent compagnie et nous regardent avec des yeux vivants. Les maisons, les jardins, les villes que nous voyons sont exactement comme autrefois, alors qu'ils ont disparu ou totalement changé entre-temps. Dans notre livre d'images, nous retrouvons, vivants et colorés, les montagnes et les rivages éloignés que nous avons aperçus en voyage des décennies auparavant. Regarder, observer, contempler devient progressivement une habitude, un exercice, et, insensiblement, l'état d'esprit, l'attitude que cela entraîne influencent tout notre comportement. Comme la majorité des hommes, nous sommes poursuivis par nos désirs, nos rêves, nos envies, nos passions, propulsés à travers les années et les décennies de notre existence, impatients, curieux, pleins d'espoirs, violemment agités par tous nos bonheurs et toutes nos déceptions. Mais aujourd'hui, feuilletant avec précaution le grand album de notre vie, nous sommes étonnés de constater à quel point il est merveilleux et bon de se retirer de cette course-poursuite, de cette course folle et d'accéder à la vita contemplativa. »
Hermann Hesse, Éloge de la vieillesse, traduit par Alexandra Cade, Le Livre de poche, 1952.

Texte 2
« — […] la jeunesse est le seul bien digne d'envie. — Je n'ai pas cette impression. — Non, vous n'avez pas cette impression pour le moment. Mais un jour viendra où vous serez vieux, laid, décrépit, où la pensée aura labouré votre front de ses sillons arides, et la passion flétri vos lèvres de ses odieux tisons ; ce jour-là vous l'aurez cette impression, dans toute son horreur. À présent, où que vous alliez, votre charme rayonne sur le monde. En sera-t-il ainsi toujours ?… Vous avez un visage d'une extraordinaire beauté, monsieur Gray. Ne froncez pas les sourcils. C'est un fait. Or la Beauté est une des formes du Génie. Que dis-je ? Elle surpasse même le Génie, n'ayant pas comme lui à se démontrer. Elle est une des réalités suprêmes de ce monde, comme l'éclat du soleil, comme l'éveil du printemps, comme le reflet dans une eau sombre de cette conque d'argent qu'on appelle la lune. La Beauté ne se discute pas. Elle règne de droit divin. Elle fait prince quiconque la possède. Vous souriez ? Ah ! Vous ne sourirez plus, quand vous l'aurez perdue. On dit parfois que la Beauté est toute superficielle. Peut-être. Moins superficielle, en tout cas, que la Pensée. À mon sens, la Beauté est la merveille des merveilles. Il n'y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l'invisible… Oui, monsieur Gray, les dieux vous ont été bienveillants. Mais, ce qu'ils donnent, les dieux sont prompts à le reprendre. Vous n'avez que bien peu d'années à jouir vraiment, parfaitement et pleinement, de la vie. Votre jeunesse s'en ira, votre beauté avec elle, et vous découvrirez tout à coup qu'il faudra faire votre deuil des triomphes, ou bien vous contenter de triomphes médiocres, rendus plus amers que les défaites par le souvenir glorieux du passé. Chaque mois qui s'évanouit vous rapproche d'une horrible épouvante. Le Temps vous jalouse et guerroie contre vos lis et vos roses. Un jour votre teint sera blême, vos joues hâves, vos yeux ternes. Vous souffrirez abominablement. Ah ! tant que la jeunesse est à vous, demandez-lui tout ce qu'elle peut vous donner. Ne dissipez pas l'or de vos jours. […] Dès l'instant où je vous rencontrai, je compris que vous n'aviez pleinement conscience ni du prodige que vous êtes, ni du prodige que vous pourriez être. Tant de choses me charmaient en vous, que je me sentis impérieusement poussé à vous parler un peu de vous-même. Quelle catastrophe, pensais-je, si tant d'attraits allaient être perdus ! Il est si court le temps que durera votre jeunesse ! Hélas ! Il est si court ! Les simples fleurs de la colline se fanent, mais pour refleurir. Ce cytise, quand juin reviendra, sera blond comme aujourd'hui. Dans un mois, cette clématite sera couverte d'étoiles de pourpre, et d'année en année les mêmes étoiles de pourpre illumineront la nuit glauque de son feuillage. Mais nous, jamais nous ne retrouverons la jeunesse. Le pouls, qui bat à vingt ans d'une fièvre joyeuse, peu à peu se ralentit. Nos membres fléchissent, nos sens se délabrent. Nous ne sommes plus bientôt que de hideuses marionnettes qu'obsède le souvenir des passions dont nous eûmes sottement peur, et des tentations exquises auxquelles nous n'eûmes pas le courage de céder. La jeunesse ! La jeunesse ! Il n'y a rien, absolument rien au monde que la jeunesse ! »
Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, traduit par Vladimir Volkoff, Le Livre de poche, 1981.

Texte 3
« « C'est le futur qui décide si le passé est vivant ou non » remarque Sartre. Un homme qui a pour projet de progresser décolle de son passé ; il définit son ancien moi comme le moi qu'il n'est plus et s'en désintéresse. Au contraire, le projet de certains pour-soi implique le refus du temps et une étroite solidarité avec le passé. La plupart des vieillards se trouvent dans ce cas ; ils refusent le temps parce qu'ils ne veulent pas déchoir ; ils définissent leur ancien moi comme celui qu'ils continuent d'être : ils affirment leur solidarité avec leur jeunesse. Même s'ils ont surmonté la crise d'identification et accepté une nouvelle image d'eux-mêmes – la bonne grand-mère, le retraité, le vieil écrivain – chacun garde intimement la conviction d'être demeuré immuable : en évoquant des souvenirs ils justifient cette assurance. Aux dégradations de la sénescence, ils opposent une immuable essence et inlassablement ils se racontent cet être qu'ils furent et qui survit en eux. Parfois ils choisissent de se reconnaître dans le personnage qui les flatte le plus : ils sont à jamais cet ancien combattant, cette femme adulée, cette mère admirable. Ou ils ressuscitent la fraîcheur de leur adolescence, de leur première jeunesse. De préférence ils se tournent comme Mauriac vers la période où le monde a pris pour eux son visage, où s'est défini l'homme qu'ils sont devenus : l'enfance. Toute leur vie – à 30 ans, à 50 ans – ils ont continué d'être cet enfant, tout en ne l'étant plus. Au moment où ils le retrouvent et se confondent avec lui, ils ont aussi bien 30 ans, ou 50 ans, que 80 : ils échappent à l'âge. »
Simone de Beauvoir, La Vieillesse, Gallimard, 1970.

Texte 4
« Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym le propre la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non qui dit je vous attends

Les vieux ne rêvent plus leurs livres s'ensommeillent leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là le meilleur ou le pire le doux ou le sévère
Cela n'importe pas celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non qui leur dit je t'attends
Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend »
Jacques Brel, « Les Vieux », in Poésies et Chansons, Seghers, 1964.

II. Connaissance de la langue (11 points)
1. 
Dans cet extrait du texte 1, vous indiquerez la nature (classe grammaticale) et la fonction des mots ou groupes de mots soulignés.
« Le présent le plus cher à mon cœur est le trésor d'images que nous gardons en mémoire après une longue vie et vers lequel nous nous tournons avec un nouvel intérêt lorsque notre activité décroît. Des silhouettes et des visages évanouis depuis soixante, soixante-dix ans continuent de vivre en nous, font partie de nous-mêmes, nous tiennent compagnie et nous regardent avec des yeux vivants. »

2. 
Vous expliquerez l'accord du mot « vivants » dans cette phrase extraite du texte 1.
« Dans notre livre d'images, nous retrouvons, vivants et colorés, les montagnes et les rivages éloignés que nous avons aperçus en voyage des décennies auparavant. »

3. 
Dans cet extrait du texte 1, vous relèverez les verbes conjugués, vous préciserez leur temps et leur mode et vous expliquerez leur emploi.
« Lorsque deux personnes âgées se rencontrent, elles ne devraient pas simplement parler de leur maudite maladie de la goutte, de leurs membres qui se raidissent, de leur essoufflement lorsqu'elles gravissent des marches. Elles ne devraient pas se raconter seulement leurs douleurs et leurs contrariétés, mais aussi les événements et les expériences qui les ont ravies et réconfortées, et ils sont nombreux. »

4. 
Dans cet extrait du texte 2, vous déterminerez la nature (classe grammaticale) des expansions des noms et vous les classerez.
« Elle est une des réalités suprêmes de ce monde, comme l'éclat du soleil, comme l'éveil du printemps, comme le reflet dans une eau sombre de cette conque d'argent qu'on appelle la lune. »

5. 
Vous définirez le mot « sénescence » (texte 3) et vous donnerez deux mots de la même famille.
6. 
Dans la dernière strophe des « Vieux » de Jacques Brel (texte 4), vous identifierez au moins trois procédés d'écriture que vous expliquerez.
« Les vieux ne meurent pas ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là le meilleur ou le pire le doux ou le sévère
Cela n'importe pas celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non qui leur dit je t'attends
Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend »

III. Analyse de supports d'enseignement (13 points)
Le corpus comprend un document :
  • Proposition d'une séquence d'orthographe en période 5 du CP.
Questions
À partir de l'analyse de ce document, vous répondrez aux questions suivantes :
1. En référence au programme du cycle 2 :
a) quelles sont les compétences travaillées ?
b) quels sont les objectifs visés dans chacune des trois séances de cette séquence de français au CP ?
2. Quels sont selon vous les points positifs et les limites de cette séquence ?
3. Proposez deux autres formes de dictée pour la séance 3 et précisez leur intérêt pédagogique.
4. Proposez une séance de grammaire portant sur les accords dans le groupe nominal pour une classe de CP en période 5.
Document
Proposition d'une séquence d'orthographe en période 5 du CP
La dictée négociée au CP
Numéro de la séance
Déroulement
Séance 1
A. Modalité : travail individuel
  • L'enseignant dicte le texte aux élèves, qui l'écrivent.
Léo déguste une banane. Les filles dévorent une tartine.
  • L'enseignant relit le texte.
Consigne : « Vérifiez s'il ne manque pas de mots. Puis relisez à voix basse ce que vous avez écrit en vérifiant que les lettres font le bon son. Faites attention aux lettres qu'on n'entend pas. »

B. Modalité : travail par groupes
  • Travail par groupes de deux : réécriture d'un seul texte, après négociation (échanges argumentés) entre les élèves sur les points de désaccord.
  • Consigne : « Vous allez comparer vos dictées, regarder si c'est écrit de la même façon ou pas et vous mettre d'accord, en discutant entre vous, pour écrire les mots. »
Séance 2
Avant cette deuxième séance, l'enseignant sélectionne certaines erreurs qui donneront lieu à un travail de classement. Des étiquettes collectives répertoriant ces erreurs repérées lors de la séance 1 sont affichées au tableau. Sur chaque étiquette sont écrits le mot exact (en bleu/gras) et le mot erroné (en rouge/italique).
déguste
deguste
banane
baname
filles
fille
dévorent
dévores
dévorent
dévore
tartine
tratine
L'enseignant explique le principe des étiquettes, en précisant qu'il ne s'agit pas de corriger des erreurs puisque l'orthographe correcte est indiquée sur chaque étiquette.
Par binômes, les élèves disposent d'un jeu d'étiquettes. Consigne : « Regroupez les étiquettes en deux familles et expliquez pourquoi vous les avez mises ensemble. »
Classement collectif au tableau. Le maître nomme les deux types d'erreurs : des erreurs de code, des erreurs d'accord. Pour chaque étiquette, l'erreur est expliquée.
Enfin, chaque enfant réécrit la phrase correcte sur son cahier.
Séance 3
Avant de commencer, on refait oralement un rappel sur les mots qui ont été observés.
Puis on passe à la dictée, cette fois-ci individuellement : chaque élève écrit sur son cahier du jour la même phrase étudiée dans la première séance, qui sera corrigée par l'enseignant.
Ensuite, l'élève pourra comparer cette seconde dictée avec celle réalisée dans la première séance, pour visualiser ses progrès.

Corrigé

I. Question relative aux textes proposés (11 points)
Sujet de préoccupation dans la plupart de nos sociétés, l'âge mûr semble susciter beaucoup d'inquiétudes et peu de réjouissances. Les avis sont néanmoins, en la matière, plutôt contrastés, comme le montrent les extraits du corpus. Le premier est issu d'Éloge de la vieillesse, de Hermann Hesse (1952), dans sa traduction d'Alexandra Cade, une forme d'essai que complètent Le Portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde (traduit par Vladimir Volkoff), un autre essai de Simone de Beauvoir, La Vieillesse, paru chez Gallimard en 1970, et une chanson de Jacques Brel intitulée « Les Vieux » (Poésies et Chansons, Seghers, 1964).
En l'occurrence la vieillesse, en dépit de ses inconvénients, n'est-elle pas l'occasion de porter un autre regard sur l'existence ? À titre d'éléments de réponse, l'âge avancé sera d'abord envisagé comme l'antagonisme de la jeunesse, mais aussi au prisme de l'identité et de la perception, ce qui conduira à considérer dans quelle mesure les auteur(e)s admettent, à différents égards, que la vieillesse constitue parfois, malgré tout, un chemin vers une autre jeunesse.
S'il est bien un texte qui présente l'âge mûr à travers une somme d'inconvénients, c'est celui du Dorian Gray de Wilde, où l'interlocuteur oppose catégoriquement la jeunesse à la vieillesse. Celle-ci y est décrite par le biais des multiples dégradations physiologiques qu'elle entraîne, au premier rang desquelles des « membres [qui] fléchissent », des « yeux ternes » et des « joues hâves ». La vieille personne y apparaît comme un cadavre encore vivant, une sénescence que concède Simone de Beauvoir, de son côté, pour mieux la contredire. Pareil portrait, en revanche, figure en partie chez Jacques Brel, lequel évoque dans « Les Vieux » des gens privés de la parole, de gestes autres que futiles et même de rêves, et dont la voix « se lézarde », jusqu'à l'Enfer de la solitude. Un parallélisme analogue s'exprime chez Hermann Hesse, mais sur une toute première partie de l'extrait, dans laquelle l'auteur admet un lot de douleurs, de sacrifices et de renoncements. Sont évoquées aussi autant d'« infirmités » et de « maladies », ou encore « l'amenuisement des sens, l'affaiblissement des organes » qui contrastent d'autant avec la jeunesse.
Mais les auteur(e)s ne s'arrêtent pas à ces constats peu engageants : la vieillesse est en outre, et peut-être surtout, une question d'identité et de perception. En témoigne la recommandation de Hermann Hesse à ne pas se restreindre, quand on est âgé, à « raconter seulement [des] douleurs et [des] contrariétés » : une personne âgée revit différemment ses passions et ses rêves, contrairement à ce qu'en dit le personnage de Dorian Gray. Tandis que cet extrait noircit volontiers le tableau de la vieillesse, Hesse en produit l'éloge. Chez cet auteur, ceux qu'on appelle aujourd'hui les seniors s'identifient à ce qui fait leur expérience de la vie, à tel point que les visages « évanouis » et les souvenirs « font partie d'[eux]-mêmes », et que, même « disparu[s] », les paysages du passé persistent dans leur mémoire. Cette analyse rejoint l'approche de Simone de Beauvoir dans La Vieillesse, où il est écrit que « la plupart des vieillards […] définissent leur ancien moi comme celui qu'ils continuent d'être ». Selon l'auteure, ils vont jusqu'à « choisi[r] de se reconnaître dans le personnage qui les flatte le plus » : ce qui revient, à cet égard, à surmonter une « crise d'identification ». Quant à Jacques Brel, c'est à travers un regard plus déceptif qu'il égrène la douceur du vivre ensemble chez les vieilles personnes, lesquelles « ne meurent pas » mais « s'endorment un jour », dans une perception étirée d'un temps rythmé par la lenteur.
Dans le corpus, si les textes de Hesse et de Beauvoir paraissent faire contrepoids à ceux de Brel et de Wilde, c'est sur l'hypothèse d'une nouvelle jeunesse de l'âge avancé. Les négations sont nombreuses dans « Les Vieux » : plus d'illusions ni de réjouissances, des « pianos […] fermés », un monde rétréci, mais le chansonnier ne délaisse pas pour autant l'expression d'une certaine tendresse pour les gestes enfantins et le quotidien ronronnant des personnes âgées. Il en est de même lorsqu'il les dépeint sortant « bras dessus bras dessous », comme le témoignage d'une solidarité renouvelée. Pour sa part, même s'il concède que la jeunesse et la beauté apportent des « triomphes » illusoires, le personnage de Dorian Gray réduit les vieux à de « hideuses marionnettes » de leur mémoire, car selon lui rien n'existe, au monde, en dehors de la jeunesse. Celle-ci est toutefois présentée comme éphémère, dans le temps court de l'existence, un trait que force Hesse en rappelant que la jeunesse « ignore » les ressources de l'expérience. D'après cet auteur, vieillir, c'est accéder à un « trésor d'images », avec autant de réconfort que de consolation. L'énumération du début de l'extrait n'est in fine que le préambule d'une louange de tout ce qu'apporte l'âge mûr, avec de « nombreux » atouts et en particulier celui d'une nouvelle capacité de « regarder, observer, contempler ». Hesse contrecarre ici l'impression d'un temps qui rétrécit : devenir vieux, c'est aussi avoir la possibilité de s'extraire de « cette course-poursuite » du temps, pour accéder à ce qu'il appelle « la vita contemplativa ». Un « refus » similaire est vanté par Simone de Beauvoir, pour laquelle c'est à nous tous de choisir ce qui reste vivant parmi les événements du passé. La vieillesse apparaît alors comme l'occasion d'un nouvel intérêt pour la vie, mais également celle d'avoir « une nouvelle image » de soi, et même d'« échappe[r] à l'âge ». En devenant celle ou celui qu'elles ont peut-être projeté d'être, les vieilles personnes en viennent quelquefois à « ressuscite[r] leur première jeunesse », comme l'opportunité d'un nouveau départ dans la vie.
II. Connaissance de la langue (11 points)
1. Nature (classe grammaticale) et fonction des mots ou groupes de mots soulignés (texte 1)
  • Le groupe nominal « le trésor d'images » (composé d'un nom noyau, de son déterminant et d'un complément du nom) a la fonction d'attribut du sujet « le présent le plus cher à mon cœur », par l'intermédiaire du verbe être.
  • Le pronom relatif « que », qui introduit la subordonnée « que nous gardons en mémoire après une longue vie », a la fonction de complément d'objet (direct) du verbe garder, à l'intérieur de la subordonnée.
  • Le participe passé adjectivé « évanouis » expanse ici le nom « visages » en tant qu'épithète liée et postposée.
  • Le pronom personnel « nous » complète la locution verbale tenir compagnie comme complément d'objet (indirect).
  • Le groupe nominal prépositionnel « avec des yeux vivants » a pour fonction, dans cette phrase, d'être complément circonstanciel de manière, rattaché principalement au verbe regarder.
2. Explications sur l'accord du mot « vivants » (texte 1)
« Dans notre livre d'images, nous retrouvons, vivants et colorés, les montagnes et les rivages éloignés que nous avons aperçus en voyage des décennies auparavant. »
Dans cette phrase, l'adjectif vivant s'applique aux groupes nominaux coordonnés « les montagnes et les rivages éloignés », comme l'une des deux épithètes (avec « colorés ») qui les expansent.
Concrètement, il s'agit donc d'une épithète détachée et antéposée qui s'accorde, au masculin pluriel, aux noms « montagnes » et « rivages ».
3. Relevé des verbes conjugués, en précisant leur temps, leur mode, et en justifiant leur emploi (texte 1)
Voici les verbes conjugués dans l'extrait :
« Lorsque deux personnes âgées se rencontrent, elles ne devraient pas simplement parler de leur maudite maladie de la goutte, de leurs membres qui se raidissent, de leur essoufflement lorsqu'elles gravissent des marches. Elles ne devraient pas se raconter seulement leurs douleurs et leurs contrariétés, mais aussi les événements et les expériences qui les ont ravies et réconfortées, et ils sont nombreux. »
Les verbes au présent de l'indicatif sont les suivants : « se rencontrent », « se raidissent », « gravissent » et « sont ». Les trois premiers emplois coïncident avec l'expression d'un présent d'habitude, tandis que celui de « sont » équivaut à celle de la généralité (on parle dans ce cas, aussi, d'un présent « de vérité générale »).
Les verbes conjugués au passé composé, « ont ravies » et « [ont] réconfortées » (avec ellipse de l'auxiliaire dans le second cas), correspondent à l'expression de l'antériorité et de l'accompli, en lien avec le présent des verbes cités précédemment.
Deux verbes apparaissent au conditionnel de forme simple (que l'on rattache au mode de l'indicatif) : « devraient » (deux occurrences), qui atténuent dans les deux cas l'intensité injonctive du verbe devoir, avec un emploi d'euphémisation.
4. 
Classement des natures des expansions des noms (texte 2)
Voici, dans le passage, les expansions concernées :
« Elle est une des réalités suprêmes de ce monde, comme l'éclat du soleil, comme l'éveil du printemps, comme le reflet dans une eau sombre de cette conque d'argent qu'on appelle la lune. »
Notons, dans la dernière expansion, la présence d'autres expansions du nom : « de cette conque d'argent qu'on appelle la lune ».
a) Les adjectifs épithètes
Il s'agit de « suprêmes » (épithète liée et postposée de « réalités ») et de « sombre » (épithète liée et postposée de « eau »).
b) Les compléments du nom
On relève ici « de ce monde », qui expanse « réalités », « du soleil » (expansion de « éclat »), « du printemps » (expansion de « éveil »), « de cette conque d'argent qu'on appelle la lune » (expansion de « reflet ») et « d'argent », qui expanse pour sa part le nom « conque ».
c) Une proposition relative
La subordonnée relative « qu'on appelle la lune » expanse le nom « conque », avec une valeur déterminative.
5. Définition du mot « sénescence » et deux mots de la même famille (texte 3)
Le nom commun (ou substantif) sénescence contient l'étymon sen-, reportant à la vieillesse. Il signifie de manière générale un vieillissement de l'organisme et des tissus dans un cours naturel, et dans le texte 3 (« aux dégradations de la sénescence »), plus exactement celui de la physiologie globale de l'être.
Deux mots de la même famille ont une signification proche : le nom commun sénilité, et l'adjectif sénile, qui renvoient tous deux à un dépérissement plus cérébral.
6. Identification d'au moins trois procédés d'écriture à expliquer (dernière strophe du texte 4)
Plusieurs types de procédés d'écriture, pour la plupart similaires à des figures de style, apparaissent dans cette strophe.
  • procédés de construction : on compte notamment la répétition (« Ils se tiennent la main ils ont peur »/ « Vous le verrez peut-être vous la verrez parfois »/ « Qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non »), l'anaphore (« qui dit oui qui dit non »), mais également l'épanorthose (« Les vieux ne meurent pas ils s'endorment un jour ») ;
  • procédés phonologiques, avec la variation paronymique (« ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps »/ « de se perdre et se perdent »), et les allitérations (en [R] en particulier : « perdent pourtant », « l'autre reste », « traverser le présent ») ;
  • procédés liés aux relations lexicales : l'antonymie (« le meilleur ou le pire le doux ou le sévère »/ « fuir devant vous »), l'euphémisation (« n'être pas plus loin ») et la « remotivation » du générique enfer au sens figuré (« celui des deux qui reste se retrouve en enfer ») ;
  • procédés d'analogie, à travers la métaphore (« Traverser le présent »/ « en pluie et en chagrin ») et la personnification de la « pendule d'argent », représentant la mort prochaine.
III. Analyse de supports d'enseignement (13 points)
1. Compétences travaillées et objectifs visés dans chacune des trois séances de la séquence de français au CP
Le déroulement en trois séances de cette séquence liée à la dictée négociée en CP prévoit une alternance de travaux individuels et en binômes, ainsi qu'une mise en commun autour de quelques erreurs d'orthographe repérées parmi les productions, puis un classement collectif suivi d'une évaluation formative.
a) Les compétences travaillées
Celles-ci sont de plusieurs ordres :
  • En lien avec l'apprentissage de l'écrit, l'élève est appelé à encoder avec le plus d'exactitude possible des mots réguliers, et des syllabes avec des graphèmes présentant des difficultés variables (en l'occurrence na-/ ti-/ -vo-/ tar-, mais aussi des consonnes doubles telles que -ll-, muettes comme le -s et le -nt, ou encore le groupe g-u).
  • La compétence de copie passe ici par celle d'une phrase simple et courte en mémorisant les mots et les groupes de mots, dans une stratégie de correction orthographique.
  • Les activités permettent de travailler les mots fréquents, les verbes réguliers, tout en mobilisant les règles d'accord au sein du groupe verbal : de ce fait, marques d'accord, conformité orthographique, ponctuation constituent les connaissances appliquées à l'exercice de dictée.
  • La capacité de comparer des énoncés, dont le travail régulier est recommandé par les Programmes du cycle 2, est sollicitée à deux reprises.
  • Du côté de l'oral, le travail en binôme permet d'exercer les compétences en matière d'organisation du propos en vue de rendre compte et d'aboutir à une production commune, en plus de l'exercice de la comparaison des productions, d'identification des erreurs et de correction négociée.
b) Les objectifs respectifs des séances
Les objectifs de la première séance consistent à écrire sous la dictée « Léo déguste une banane. Les filles dévorent une tartine » en exerçant les élèves à établir des correspondances grapho-phonologiques, et faire montre d'une vigilance orthographique (à travers la vérification des mots et des lettres muettes, ainsi que la relecture à voix basse). Il s'agit également de favoriser les échanges argumentés entre pairs à travers la comparaison des dictées, la discussion et la copie correcte.
Les objectifs visés dans la deuxième séance sont d'opérer un classement d'erreurs avec des étiquettes collectives discriminant le mot exact (en bleu/gras) et le mot erroné (en rouge/italique). Là encore, l'activité doit permettre des échanges argumentés entre élèves ; plus précisément, il s'agit de distinguer « deux types d'erreurs » (celles de lexique et les erreurs d'accord). Outre la valeur sonore de certaines lettres, l'enjeu est bien de conduire les élèves à saisir la notion de chaîne d'accord en situation de dictée.
Ceux de la troisième séance reviennent à améliorer l'orthographe des élèves avec l'aide de l'enseignant, à travers une pratique évaluative correspondant à une seconde dictée permettant de visualiser les progrès de l'une à l'autre.
2. Les points positifs et les limites de cette séquence
a) Les points positifs
L'exercice de la dictée, explicitement recommandé par les Programmes du cycle 2, est ici pratiqué de manière progressive et donc en plusieurs phases (dictée par l'enseignant, relecture, vérification, travail en binômes pour une co-évaluation des éléments corrects et des erreurs, puis classement de deux types d'erreurs).
Le support que représente l'énoncé « Léo déguste une banane. Les filles dévorent une tartine » semble adapté, avec deux phrases composées pour chacune d'un sujet (nom/ groupe nominal), d'un verbe régulier au présent de l'indicatif, et d'un groupe nominal complément d'objet. Par ailleurs, les mots sont presque tous fréquents et d'usage commun.
Plusieurs entrées apparaissent dans la séquence, entre dictée mot à mot puis dans l'ensemble, activité d'échanges entre élèves, (co-)évaluation et activité de copie.
Une réussite est à noter dans le guidage de la vigilance orthographique : les élèves sont invités tant à « vérifi[er] que les lettres font le bon son », qu'à « fai[re] attention aux lettres qu'on n'entend pas », avec d'autre part l'utilisation d'un métalangage accessible.
De manière générale, cette séquence place l'étude de la langue en contexte d'écriture, lors d'activités explicites notamment basées sur des tâches de classement, mettant en évidence certains types d'erreurs, mais aussi les régularités de la chaîne d'accord.
Les possibilités d'erreurs sont restreintes, ce qui diminue les difficultés de repérage des anomalies et la correction avec des mots « exacts ». Les graphies erronées concernent ainsi, sur le plan phonologique, les accents (déguste/ deguste), les sons proches (banane/ baname) et les inversions (tartine/ tratine) et, sur le plan morphologique, les marques d'accord du pluriel (filles/ fille), en lien notamment avec celles de la personne (dévorent/ dévores/ dévore).
L'aide fournie par l'enseignant paraît adaptée pour des élèves de CP : en effet, avant la deuxième séance, celui-ci « sélectionne certaines erreurs qui donne[n]t lieu à un travail de classement », avec l'appui d'« étiquettes collectives répertoriant [l]es erreurs repérées lors de la séance 1 », qui sont affichées au tableau. En outre, l'enseignant « explique le principe des étiquettes, en précisant qu'il ne s'agit pas de corriger des erreurs puisque l'orthographe correcte est indiquée sur chaque étiquette », ce qui soulage d'autant l'exigence de la tâche. Notons ensuite que l'écrit produit à l'issue de la troisième séance sera également corrigé par l'enseignant.
b) Les limites
Les modalités de travail en binômes sont en partie implicites : on ne saisit qu'indirectement quels peuvent être les « points de désaccord » soulevés lors de la séance 1. De plus, la consigne de la séance 2, « regroupez les étiquettes en deux familles et expliquez pourquoi vous les avez mises ensemble », reste imprécise, le mot « famille » correspondant plutôt aux activités de lexique (morphologie dérivationnelle, et non flexionnelle).
On assiste assez peu, dans cette séquence, à la mise en œuvre d'activités de résolution de problèmes et de tâches de manipulation, même si la comparaison est présente. En outre, les temps de consolidation et de structuration des connaissances se limitent à un classement collectif au tableau et à la désignation de deux types d'erreurs.
L'activité de comparaison des deux dictées, lors de la séance 3, permet une auto-évaluation, mais rien n'est vraiment indiqué sur les manières dont les élèves pourront, à cette occasion, « visualiser [leurs] progrès ».
3. Deux autres formes de dictée pour la séance 3, en précisant leur intérêt pédagogique
Au cycle 2, on peut envisager plusieurs formes de dictées. Outre celle de mots et de phrases courtes, dont la correction aboutit le plus souvent à une activité de copie correcte, d'autres dictées s'avèrent fréquemment utilisées dans les classes :
  • La dictée préparée, qui comprend une phase d'observation et de repérage des difficultés possibles d'une phrase ou d'un paragraphe court, le plus généralement juste avant l'exercice. Ce dispositif pédagogique conduit les élèves à anticiper, avec l'enseignant, les erreurs de code et d'accords avec un classement préalable. L'énoncé est donc dicté à la suite de cette préparation sans autre élément d'aide et s'accompagne d'une visualisation, plus ou moins formalisée, des erreurs persistantes et des graphies correctes.
  • La dictée sans erreur, intégralement formative, relève d'un exercice courant au cycle 2 en ce qu'elle engage surtout des apprentissages procéduraux, visant à habituer l'élève à la vigilance orthographique et à l'autocorrection. Concrètement, plusieurs phrases du type « Léo déguste une banane », avec un sujet tantôt au singulier, tantôt au pluriel, sont dictées à l'élève qui dispose de la reproduction des phrases bien orthographiées sur un pli (ou un encart) de la feuille, ou bien au verso de celle-ci. Les élèves corrigent donc instantanément les graphies incorrectes, et la mise en commun permet surtout d'opérer des tris, des classements et des comparaisons.
  • L'autodictée, plus difficile, consiste à travailler un énoncé en classe comme « Les filles dévorent des tartines » et des variantes (du type « La fille dévore une tartine »), que les élèves mémorisent en classe, et révisent le jour concerné. Les énoncés sont ensuite restitués de mémoire, à l'écrit, par les élèves qui s'auto-évaluent ou co-évaluent leur production en binôme.
  • Proche de la dictée négociée, et quelquefois utilisée en amorce pour celle-ci, la dictée dite « à choix multiples » fournit deux ou trois solutions (par exemple, « dévorent/ dévores/ dévore »), parmi lesquelles les élèves sélectionnent la forme correcte. Ce travail peut être accompagné de l'écriture d'une remarque orthographique ou d'une « règle » (par exemple, d'accord) mutualisable en collectif.
4. Séance de grammaire portant sur les accords dans le groupe nominal pour une classe de CP en période 5
Comme le prévoient les Programmes du cycle 2, les accords font l'objet d'activités d'entraînements réguliers (de 15-20 minutes en général au CP), passant par l'orthographe seule, l'orthographe grammaticale, ou la grammaire en lien avec les notions à travailler. Ces séances contiennent le plus généralement des phases d'exercices, d'évaluation et de consolidation.
Voici ce qui pourrait constituer une séance de grammaire au CP portant sur les accords dans le groupe nominal, en période 5, et reprenant l'astuce pédagogique des étiquettes.
Séance de grammaire
Déroulement
Matériels
Organisation de la classe
Phase 1 (10 min)
  • Les élèves lisent à voix basse un récit court de 8-10 lignes dans lequel les noms noyaux (des groupes nominaux) ont été indiqués en gras, leur déterminant en gras italique et les adjectifs ou participes épithètes (tantôt postposés, tantôt antéposés et pour certains détachés) en italique.
Consigne : « Une fois le texte lu une première fois, soulignez les terminaisons des mots écrits en italique, sur le modèle suivant : des tartines grillées/ de nombreux gâteaux ».
Feuille recto verso (texte aménagé/ texte à trous)
Travail individuel sur le groupe classe
Phase 2 (5 min)
  • Avec le texte affiché au tableau ou sur TBI, mise en commun des représentations sur les accords, les marques du féminin et du pluriel ainsi que sur leur variété (en -s, -x, -es), avec des justifications collectives.
Affichage(s)
Groupe classe
Phase 3 (10 min)
  • Les élèves tournent la feuille et découvrent, au verso, le texte aux caractères de grande taille mais à trous. On formule collectivement la consigne de l'exercice, qui consiste à « remplir les trous avec les adjectifs ou participes avec lesquels le nom s'accorde ».
  • L'enseignant distribue les étiquettes correspondantes aux élèves placés en binômes, qui les replacent en suivant notamment les indications portées par les terminaisons.
  • Les élèves formulent in fine sur un brouillon ce qu'ils retiennent de leur observation.
  • Les remarques sont discutées en classe entière pour aboutir à une leçon commune de 2-3 lignes sur la chaîne d'accord dans le groupe nominal, à la suite de quoi les élèves recopient individuellement dans leur cahier deux exemples de leur choix.
Feuille recto verso, brouillon













Cahier
Binômes et groupe classe













Collectif, puis en individuel
En prolongement
  • Une dictée de groupes nominaux ou d'un extrait du texte dans lequel les accords nom-adjectif/participe sont manifestes.
  • La production d'un texte de 3-5 lignes décrivant par devinette quelqu'un de l'entourage de l'élève avec des énoncés du type « elle a des cheveux bruns », dont les mots sont découpés puis confiés à un binôme qui reconstitue le passage.



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