Italie : l'alternance études-apprentissage

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Introduction

© PHOVOIR
L'Italie est un pays à la fois très attaché aux traditions familiales et culturelles, et tourné vers l'avenir à l'image de ses voisins européens. C'est un pays neuf(1), comportant 60 millions d'habitants, avec une Constitution Républicaine depuis 1948, administrativement divisé en 20 régions, elles-mêmes divisées en provinces, puis en communes. Une loi de 2003 a dessiné les contours du « nouveau système d'instruction et de formation », mettant en place non seulement un système de formation « classique », mais aussi une formation professionnelle et d'apprentissage en alternance.
(1)L'Unité Italienne date de 1861.

La loi de réforme de l'école du 28 mars 2003

Depuis 1999 en Italie, existe l'obbligo formativo : c'est soit l'obligation d'arriver après la licenza media (le brevet) à un diplôme ou à une qualification professionnelle, soit l'obligation de fréquenter les activités formatives jusqu'à l'âge de 18 ans.
Il est possible d'intégrer différents parcours de formation :
  • le système d'instruction supérieure,
  • le système de formation professionnelle,
  • l'apprentissage.
Des passerelles existent entre les filières de formation mais, après 18 ans, les élèves ne sont plus tenus de satisfaire à l'obbligo formativo.
La loi de 2003 prévoit 11 à 12 années d'études obligatoires jusqu'à 18 ans. Tous les élèves ont le droit, mais aussi le devoir, de fréquenter l'école jusqu'à 18 ans.
28 mars 2003 : le système éducatif italien comprend une école de l'enfance (non obligatoire) dont la durée est de 3 ans et où les enfants peuvent être inscrits à partir de 2 ans et demi. Le premier cycle (obligatoire) se déroule sur 8 ans et se partage entre l'école primaire (5 années) et l'école secondaire (3 années). Ce cycle se termine par un examen final.
À la suite de ce premier cycle les élèves pourront choisir de poursuivre leurs études à l'école supérieure (formation classique gérée par l'État(2)) ou dans une formation professionnelle qui alterne travail et formation (gérée par les régions).
(2)Ministère de l'Instruction, de l'Université, et de la Recherche.

L'alternance école/ travail

Compte tenu de l'image positive donnée à l'apprentissage dans le système éducatif italien, c'est une voie encouragée d'accomplissement du droit/ devoir d'éducation et de formation. Les régions ont une large compétence dans le domaine de la formation professionnelle, elles sont responsables de la définition des diplômes.
Pour autant, l'État, en accord avec elles, établit les standards minimums de qualité que tous les parcours doivent posséder, afin de garantir une validité de caractère national.
L'alternance école/travail s'adresse aux élèves du 2e cycle (lycées, instituts techniques, professionnels et artistiques) qui ont 15 ans. Elle ne correspond pas à un sous-parcours, mais est au contraire une modalité d'étude aussi bien dans la filière des lycées que dans le système d'enseignement et de formation professionnelle. Elle permet aux jeunes d'acquérir non seulement des connaissances de base, mais également des compétences qu'ils pourront mettre en pratique sur le marché du travail.
Les parcours en alternance sont conçus, mis en œuvre, suivis et évalués sous la responsabilité de l'établissement scolaire ou de formation, sur la base de conventions spécifiques avec les entreprises, leurs associations représentatives, les chambres de commerce, de l'industrie, de l'artisanat et de l'agriculture, et les organismes privés ou publics. La structure de l'alternance relie systématiquement la formation en classe avec l'expérience pratique. En outre, elle tente de mettre en relation l'offre de formation et le développement culturel, économique et social du territoire.
L'apprentissage est un contrat mixte : il existe une véritable relation de travail, et l'entreprise est tenue de fournir au jeune la formation nécessaire pour devenir un travailleur qualifié. L'apprentissage est alors l'outil le plus efficace pour ceux qui ne souhaitent pas suivre les parcours traditionnels.
La loi Biagi de 2003 a prévu que le contrat d'apprentissage pour les élèves scolarisés leur permet d'être embauchés dans tous les secteurs d'activité. Il possède une durée maximale de 3 ans et se conclu par l'obtention d'une qualification professionnelle inscrite sur le livret de formation.
Il est possible de passer du système du lycée à celui de l'instruction et de la formation professionnelle et vice-versa.
L'intégration du rapport entre l'école et le travail est un thème toujours présent en Italie. Il comprend plusieurs opportunités éducatives qui valorisent l'expérience pratique et l'étude théorique, à travers les visites d'entreprises, les stages, les apprentissages, les apprentissages pendant la période estivale, la simulation-formation d'entreprises, les parcours alternés.
• Le stage garantit un aspect de vérification sur « le terrain » de la préparation acquise par le jeune durant son parcours. Ces stages sont réalisés dans la branche de l'instruction professionnelle et technique.
• Un modèle simulation-formation d'entreprises qui consiste pour les élèves à apprendre dans un contexte opérationnel et d'organisation similaire à celui d'une entreprise. Avec l'aide d'un tuteur d'entreprise et dans une entreprise réelle, un « laboratoire entreprise » est mis à disposition pour faire vivre les situations qui se passent réellement dans une entreprise où les élèves interpréteront différents rôles.

Un exemple : la région du Piémont

« L'atelier école » représente un ensemble de laboratoires d'artisanat d'excellence, présents dans tout le Piémont, qui deviennent des lieux de rencontre et de formation pour les jeunes qui voient une perspective de travail dans l'artisanat de qualité..
La Région du Piémont a, depuis quelque temps déjà, promu au travers du parcours de l'Excellence Artisanale, une campagne publique significative pour l'individualisation et la valorisation des entreprises artisanales, typiques et traditionnelles.
Les objectifs posés sont nombreux :
  • retrouver « les vieux métiers » au travers de la réévaluation des productions qui étaient en voie de disparition,
  • rapprocher les jeunes des activités qui possèdent un contenu élevé de professionnalité,
  • conférer une potentialité d'insertion dans le marché du travail,
  • consolider dans le temps le patrimoine productif de l'artisanat de qualité,
  • innover et étendre la gamme des produits de l'artisanat d'art.
Cette initiative vise à favoriser le développement des niches de productions, orientées vers un marché sélectionné avec la réalisation de produits manufacturés de qualité, en stimulant en même temps la capacité entrepreneuriale des jeunes.

Conclusion

Il existe de fortes disparités régionales qui expliquent, en partie, les différences que les Italiens ont dans leur rapport avec le système de formation. En Italie du nord et du centre, arrêter l'école à 16 ans n'est pas discriminatoire, car la culture dominante est celle de la petite entreprise. Dans le sud par contre, c'est l'inverse. Il n'y a en effet que très peu de possibilités de se mettre à son compte et l'entrée dans la fonction publique est fortement valorisée.

Complément d'informations sur le système éducatif italien : répartition des compétences

Le Ministère de l'Éducation nationale, de l'Université, de la Recherche s'organise au niveau central autour :
  • du « département » pour la programmation ministérielle et pour la gestion ministérielle du bilan, des ressources humaines et de l'information ;
  • du « département » pour l'instruction ;
  • du « département » pour l'université, la formation de haut niveau artistique, musicale, de la danse et pour la recherche.
Ces trois départements suivent les orientations du Ministère, chacun dans le secteur de sa compétence. Ils représentent « la centrale » qui programme et oriente les politiques éducatives, qui seront réalisées et gérées localement par les bureaux régionaux et par les institutions scolaires et à un niveau très local dans les bureaux scolaires régionaux (Uffici scolastici regionali).
Ceux-ci constituent un centre autonome de responsabilité administrative. Ils réalisent les dispositions des départements et ont un rôle direct de support et de consultation pour chaque école.
Au niveau financier
L'État est responsable de l'embauche et la rémunération des chefs d'établissements, des enseignants, du personnel administratif, du personnel pour l'entretien des locaux et du financement des activités pédagogiques.
Les régions sont responsables pour la filière professionnelle du 2e cycle du financements des activités pédagogiques et de l'embauche et des salaires des chefs d'établissements et des enseignants.
Les provinces sont responsables de l'immobilier et du mobilier pour les écoles publiques autonomes du 2e cycle.
Les communes sont responsables de l'immobilier, le mobilier, le service de cantine pour les écoles publiques autonomes primaires et secondaires du 1er degré — Immobilier, mobilier, service de cantine et personnel enseignant et assistant, matériel didactique et activités pour les écoles de l'enfance (ce n'est pas une généralité).
Les écoles privées ne reçoivent pas de financement direct de l'État, mais une allocation est versée aux familles qui choisissent un établissement privé.
Les compétences exclusives de l'État
L'article 117 de la constitution attribue à l'État la compétence législative exclusive concernant les normes générales de l'instruction et des niveaux de formation assurés par les régions pour l'instruction et la formation professionnelle. Les régions avec un statut spécial et les provinces autonomes de Trento et de Bolzano qui ont une plus grande autonomie, font exception.
Les compétences exclusives des régions
Le même article attribue aux régions la compétence législative exclusive sur le système de l'instruction et de la formation professionnelle. Il fait respecter les niveaux d'exigence établis par l'État ainsi que les liens avec l'Union européenne. Les niveaux de prestation que les régions doivent garantir, comprennent le respect des standards minimum de formation (durée des cours, validité nationale des certifications, respect des critères nationaux de crédits des sujets, affectés aux cours).

Pour aller plus loin

  • Voyage autour du système éducatif italien, document réalisé par Maria Grazia Bevilacqua : www.ac-nancy-metz.fr
  • L'école en Italie, extrait du dossier des Cahiers Pédagogiques intitulé l'école… ailleurs.
Dossier réalisé par Frédérique Thomas, professeur agrégée, docteur en STAPS,
Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II, octobre 2009, mise à jour octobre 2011.
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