Chef d'établissement

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Fiche technique

Les personnels de direction participent à l'encadrement du système éducatif. Ils dirigent l'établissement en qualité de représentant de l'État et de président du conseil d'administration, sous l'autorité du recteur et de l'inspecteur d'académie.
Ils sont chargés de conduire la politique pédagogique et éducative de l'établissement, en concertation avec l'ensemble de la communauté éducative, pour offrir aux élèves les meilleures conditions d'apprentissage. Ils sont à la fois responsables des décisions qui se prennent au niveau de l'établissement. Ils exécutent au sens comptable du terme, le budget et rendent compte de leur gestion devant le conseil d'administration. Ils ont enfin la capacité de prendre la responsabilité de mesures graves : fermeture de l'établissement, suspension des enseignements, si la situation l'exige, etc.
Ils sont en relation permanente avec les représentants des collectivités territoriales et veillent au développement de partenariats avec le monde économique, social et culturel.
Comment devient-on chef d'établissement ?
  • par concours après cinq années d'exercice dans la fonction publique(1) ;
  • par liste d'aptitude : le recrutement par la voie de la liste d'aptitude s'effectue uniquement en deuxième classe (voir ci-dessous) ;
  • par détachement : possibilité d'être détaché en France pour exercer des fonctions non enseignantes.
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Quelles sont les évolutions de carrière ?
Le corps des personnels de direction comprend trois grades : la deuxième classe, la première classe et la hors classe qui comportent eux-mêmes respectivement 10, 11 et 6 échelons. Le passage de la seconde à la première classe et de la première classe à la hors classe est obtenu à l'issue d'une inscription sur le tableau d'avancement.
À lire : Le métier de chef d'établissement, Revue internationale d'éducation, n° 60, sept. 2012, Collectif, Ciep
(1)Dans les fonctions d'enseignement, de formation, d'éducation ou de direction.

Interview de Patrick Delhommeau

Après avoir obtenu un CAPES de philosophie, Patrick Delhommeau a présenté le concours de conseiller principal d'éducation, puis a fait fonction de principal adjoint dans un collège de la banlieue nord de Clermont-Ferrand avant de devenir principal du collège Antoine-Grimoald-Monnet jusqu'en 2011.
Diriger un établissement, ça consiste en quoi ?
Quelle que soit la diversité des établissements, nous avons tous la même mission : celle de garantir la qualité des interventions pédagogiques, éducatives et d'assurer le meilleur niveau de gestion et d'insertion dans l'environnement.
Il faut donc d'abord organiser le fonctionnement des enseignements et en particulier s'attacher à rédiger un règlement intérieur très précis. C'est bien évidemment aussi une gestion matérielle et financière stricte : dans cette tâche je suis aidé par l'intendant.
Diriger un établissement, c'est surtout mettre en place un fonctionnement pédagogique en phase avec les réalités propres de l'établissement : je veux parler ici de la vie scolaire, de l'analyse régulière des absences, des taux de passage en classe supérieure, des taux de redoublement, etc.
À partir de tous ces indicateurs et en accord avec tous les acteurs de la communauté éducative, des priorités éducatives et pédagogiques sont déterminées et traduites dans le projet d'établissement.
Vous évoquez des priorités éducatives, quelles sont-elles dans votre établissement ?
La population de mon collège (360 élèves), comptait il y a 4, 5 ans une majorité d'élèves issue de catégories socioprofessionnelles défavorisées :
  • Nous avons alors beaucoup travaillé avec les élus et le conseil général pour mettre en place une aide aux devoirs, ainsi qu'un retour assuré aux domiciles des élèves par les transports mis à disposition par les collectivités locales en particulier le conseil général.
  • Les projets développés par les élèves ont été mis en valeur par le biais d'expositions : « la cité des jardins » par exemple. C'est grâce à ce type d'initiatives que la population de mon établissement tend à se rééquilibrer quant à l'homogénéité de sa population, c'est aussi parce que nous avons individualisé nos réponses pédagogiques selon les difficultés des élèves.
Qu'appelez-vous une individualisation des réponses pédagogiques ?
Nous avons organisé un gros travail sur la problématique de « l'estime de soi ». Un intervenant extérieur spécialisé dans ce domaine a longuement échangé avec les équipes pédagogiques. Des ateliers de discussion ont été organisés avec les parents pour tenter de désamorcer les jugements trop hâtifs, pour les amener à avoir un autre regard sur le rapport de leur enfant avec sa scolarité. Les élèves dans un premier temps étaient réunis par demi-classe pour évoquer leurs sentiments quant à leur place dans l'institution scolaire, puis des moments de discussion se sont établis autour de deux thématiques : « avoir confiance en soi », « arrêter les conduites addictives » (tabac, etc.).
Sur quels points souhaitez-vous insister compte tenu de la taille de votre établissement ?
L'énorme travail de proximité avec les parents : il faut souvent rassurer, expliquer le fonctionnement du système scolaire, qui reste la plupart du temps un système complexe.
Auprès des élèves, c'est un travail de proximité permanent, un travail d'écoute, en réalité une présence continue à leurs côtés.
Existe-t-il un « emploi du temps type » pour vous ?
Absolument pas, mes journées sont imprévisibles du point de vue de l'organisation des tâches… parce que j'ai pris le parti d'être disponible d'abord pour mes élèves : le travail administratif est repoussé la plupart du temps en fin de journée quand le collège est vide. Mon passé de conseiller principal d'éducation m'a laissé une forte empreinte ! Lorsque d'anciens élèves reviennent me voir pour me dire que j'ai été important pour la suite de leur parcours scolaire et professionnel, c'est un choix que je ne regrette pas.
Dossier réalisé par Frédérique Thomas, professeur agrégée, docteur en STAPS,
Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II, mise à jour décembre 2012.
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