L'école vue de l'intérieur : Inspecteur d'académie – Inspecteur pédagogique régional (IA-IPR)

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Fiche technique

© PHOVOIR
Les IA-IPR sont des cadres supérieurs de l'Éducation nationale.
À ce titre, ils :
  • contribuent au pilotage du système éducatif au niveau académique,
  • assurent la mise en œuvre de la politique éducative dans les classes et les établissements scolaires,
  • évaluent les enseignements et les établissements,
  • inspectent et conseillent les personnels enseignants du second degré,
  • contribuent au management de ces personnels pour leur déroulement de carrière,
  • peuvent concevoir, conduire ou évaluer le dispositif de formation continue des personnels enseignants et d'éducation, en lien avec l'Université,
  • peuvent conseiller les chefs d'établissement à la demande du recteur,
  • contribuent aux travaux des groupes d'experts menés par l'inspection générale ou l'administration centrale du ministère(1).
Ils exercent leurs fonctions dans le cadre du programme de travail académique. Ils sont sous l'autorité du recteur d'académie, en liaison avec les inspections générales de l'Éducation nationale.
Les IA-IPR sont répartis par discipline : lettres, mathématiques, éducation physique et sportive, etc., ou selon leur domaine d'intervention : établissement et vie scolaire (EVS), administration et vie scolaire (AVS).
Comment devient-on IA-IPR ?
Il existe trois voies pour exercer cette fonction  : la voie du concours, celle de la liste d'aptitude(2) et celle du détachement(3). Les IA-IPR suivent plusieurs stages organisés par l'École Supérieure de l'Éducation nationale (ESEN). Dès leur réussite au concours, tout en étant sur le terrain en « responsabilité » dans leur académie d'affectation, ils poursuivent leur formation sur le terrain, pendant une année. Cette formation s'organise autour de trois points essentiels : alternance, individualisation, professionnalisation.
Quelle peut être la carrière d'un IA-IPR ?
Selon les cas, les IA-IPR peuvent accéder aux emplois d'inspecteur d'académie adjoint, inspecteur d'académie directeur des services départementaux éducation nationale, être détaché sur des emplois de vice-recteur (collectivité d'outre mer) ou directeur de CRDP(4), devenir conseiller technique du recteur, ou encore, pour une minorité d'entre eux, être nommés à l'inspection générale de l'Éducation nationale.
(1)Source : www.education.gouv.fr.
(2)Une liste d'aptitude est établie par spécialité.
(3)Le détachement dans le corps des IA-IPR est notamment ouvert aux professeurs des universités de 2e classe, maîtres de conférences, maîtres-assistants de 1re classe, professeurs de chaire supérieure et professeurs agrégés.
(4)Centre régional de documentation pédagogique.

Interview de Jean-Pierre Gabrielli

Né le 26 octobre 1945 à Constantine (Algérie) ; ancien élève de l'ENS (Saint-Cloud), agrégé de philosophie, Inspecteur d'académie en 1991, professeur de philosophie au lycée, puis en école normale ; directeur d'école normale (1978-1983), directeur adjoint de l'IUFM de Bretagne (1991-1997) ; inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional (Caen – 1997-2000), directeur du CRDP de Bretagne (2000-2007) ; inspecteur pédagogique régional EVS de l'académie de Rennes en 2007.
Qu'est-ce qu'un IA-IPR « Établissements et Vie scolaire » (IA-IPR EVS) ?
Il s'agit dans un premier temps d'être précis quant à la spécificité des IA-IPR EVS ; en effet, à la différence de leurs autres collègues, il n'existe pas véritablement d'accrochage disciplinaire. Il n'y a pas de doctrine, de culture universitaire, de matière intitulée « établissements et vie scolaire ». Un IA-IPR « lettres » ou « mathématiques » a comme point d'appui la discipline, sa culture et ses références universitaires.
En réalité, le concept de vie scolaire est un peu flou, beaucoup d'éléments le composent : il s'agit aussi bien de l'accueil, ou de l'assiduité des élèves, que la scolarisation des élèves à besoins spécifiques, de la formation à la vie civique, l'élaboration la diffusion et l'application des règles ou encore les problèmes d'orientation et d'insertion. Cette liste est loin d'être exhaustive.
Pour autant, ce qui pourrait paraître un inconvénient a aussi ses avantages : nous sommes très interdisciplinaires, très opérationnels sur les compétences méthodologiques transversales, sur le socle commun des compétences et des connaissances, sur la mise en place de la réforme des lycées, etc.
Quelles sont vos missions ?
L'IA-IPR EVS exerce ses missions sous l'autorité du recteur dans le cadre du programme de travail académique :
Connaître, observer, la manière dont l'établissement scolaire développe son autonomie dans l'espace éducatif, est le cœur de l'activité de l'IA-IPR EVS. J'ai dû souvent intervenir pour résoudre des situations complexes dans les établissements, je l'ai toujours fait en prenant appui sur la réalité globale de l'établissement. Cette spécificité m'a conduit aussi à intervenir au niveau académique au plus près du recteur et de ses commandes directes, des autres personnels d'encadrement et au sein du collège des inspecteurs. C'est la connaissance du terrain, la vision d'ensemble de la vie des établissements (que les IA-IPR disciplinaires n'ont pas forcément) qui donnent une spécificité aux IA-IPR EVS, et une légitimité indiscutable.
Évaluer, contrôler : j'évalue les professeurs documentalistes qui sont, rappelons-le avec force, des enseignants titulaires du CAPES ; dans ce cadre, je détecte les besoins en développement, je repère les pratiques efficientes, je valorise les initiatives. En outre, si je n'ai pas compétence pour inspecter les Conseiller Principaux d'Éducation (CPE), je peux être conduit à participer à leur évaluation sur demande du recteur (CAPA, audit, inspection de conformité, etc.).
Avez-vous des fonctions d'impulsion, d'animation ?
Si l'IA-IPR EVS est positionné auprès du recteur, (cela est différent selon les académies et les recteurs), il exerce une fonction importante de régulation et de pilotage de proximité. Dans ce cas de figure, il suscite, facilite et diffuse les expériences positives. Il joue également un rôle important dans la formation des personnels de direction, d'éducation et de documentation en participant à la conception des plans de formations. Il participe à la gestion du mouvement de ces personnels.
Pour résumer, mes missions s'articulent autour du contrôle, du conseil (auprès des chefs d'établissements et des différents acteurs de l'EPLE(5)), de la régulation (comportements, discipline, règles), de la médiation (communication interne et externe), de l'animation (organisations de journée académiques).
Vous parlez de positionnement auprès du recteur d'académie, que voulez-vous dire ?
En réalité deux cas de figure peuvent se présenter :
  • soit je suis conseiller du recteur et je travaille à ses côtés. Je rédige alors des notes et des propositions qui vont contribuer à l'élaboration de la politique académique. J'assure aussi la coordination nécessaire entre les services et les divers groupes académiques. Il m'est arrivé de résoudre des situations conflictuelles, de gérer des affectations sur les postes à profil particulier…
  • soit je suis plus en charge de l'inspection des professeurs de documentation, et je gère un calendrier très serré : les enseignants documentalistes n'ont pas en charge des élèves, c'est la raison pour laquelle leur inspection s'anticipe de manière fine puisque cette évaluation se fait en présence d'élèves. Je participe également à de nombreux groupes de travail.
Quoi qu'il en soit, c'est dans ces multiples possibilités que s'expriment à la fois la difficulté et la richesse d'un métier en prise directe avec la complexité du monde scolaire, inévitablement traversé par les problèmes de société.
Dossier réalisé par Frédérique Thomas, professeur agrégée, docteur en STAPS,
Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II, mise à jour mars 2013.
(5)Établissements publics locaux d'enseignement.
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