Démographie et santé dans le monde

-----------------------------------------------
icone Fiche
Tests
Les richesses et les conditions de vie ne sont pas les mêmes pour tous à travers le monde, d'où l'opposition entre « pays développés » et « pays sous-développés ». Depuis 1957, on préfère employer le terme de « pays en développement ».
Malgré ce changement de qualificatif plus optimiste, des milliards d'individus continuent à vivre dans l'extrême pauvreté et sont privés de leurs droits les plus fondamentaux. En 2012, l'OMS dénombrait le décès de 6,6 millions d'enfants de moins de 5 ans dans le monde, parmi lesquels les deux tiers avaient pour origine des maladies qui auraient pu être soignées. Entre 3 et 4 milliards d'individus n'ont pas accès de façon pérenne à l'eau potable selon Gérard Payen, conseiller sur l'eau du secrétaire général de l'ONU, et 842 millions souffrent de la faim selon l'UNESCO en 2013.
1. La démographie
a) Croissance démographique et vieillissement de la population
• La population mondiale a dépassé les 7 milliards d'habitants à la fin de l'année 2011 d'après les estimations, et devrait « atteindre 8,1 milliards en 2025 et 9,6 milliards en 2050 », selon un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU) de juin 2013. La croissance démographique concerne principalement les pays en développement (PED), comme par exemple l'Inde (1,2 milliard d'habitants) et la Chine (1,3 milliard d'habitants). Un véritable problème pour ces pays dont les ressources alimentaires et économiques seront insuffisantes pour satisfaire les besoins vitaux d'un si grand nombre d'individus.
• La population mondiale est aujourd'hui relativement jeune mais « continue de vieillir », comme le soulignait l'ONU dans son rapport de mars 2007. À cela deux raisons : la diminution de la fécondité et l'allongement de la durée de vie. Le déclin de la fécondité est particulièrement marqué dans les pays riches mais concerne aussi les PED comme par exemple la Chine. Toutefois, si le vieillissement de la population concerne toute la planète, c'est dans les PED que les conséquences seront les plus graves, faute de structures adaptées et de « solidarité collective ».
b) Espérance de vie et mortalité
• L'espérance de vie progresse mais reste basse dans les PED avec une moyenne de 56 ans. La mortalité infantile est élevée, en moyenne de 72 pour 1 000, tout comme le taux de mortalité.
• Les principales causes de morbidité(1) et de mortalité (2)dans les PED sont la sous-nutrition et la malnutrition. Également mises en cause : les maladies transmissibles. Parmi elles, on peut citer les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques, la tuberculose, le paludisme (maladie la plus répandue dans le monde), l'hépatite B ou encore le sida (qui touche 10 % de la population africaine). Enfin la rougeole, qui, en l'absence de vaccination, reste une des principales causes de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. À ces maladies, il convient de rajouter les blessures, les handicaps ou les décès imputables aux guerres.
2. La fracture sanitaire
• De grandes inégalités existent entre les pays développés et les PED dans le domaine de la santé. À l'heure actuelle, 1,3 milliard d'individus vivent dans la « pauvreté absolue », autrement dit avec moins d'un dollar par jour et par personne. Conséquence : plus d'un milliard d'entre eux n'ont pas accès à l'eau potable et 842 millions souffrent de la faim, la sous-nutrition et la malnutrition touchant les personnes les plus fragiles et notamment les enfants.
Comme le soulignait l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) en 2013, lors de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté : « La pauvreté recule à une vitesse dans précédent. En 1990, 43  % de la population mondiale vivait dans l'extrême pauvreté avec moins de 1,25 dollars US par jour. Aujourd'hui cette proportion n'est plus que de 21 %. C'est encore beaucoup trop. ».
• Les disparités en termes de santé sont également liées au manque d'équipements, de personnels soignants spécialisés ou d'industries pharmaceutiques dans les PED. Autres facteurs qui représentent un frein aux actions de santé préventive : l'absence d'éducation, l'analphabétisme, mais aussi certaines croyances ou coutumes (résignation devant la maladie, pratiques traditionnelles de circoncision, polygamie, refus du préservatif…)
• Le climat participe lui aussi à cette fracture sanitaire. Beaucoup de pays pauvres sont en effet confrontés à la mousson (saison des pluies) ou à la sécheresse. Ces excès ou ces manques d'eau empêchent ou perturbent la production agricole. Par ailleurs, le climat chaud et humide présent dans un certain nombre de PED a des répercussions sur le développement de certaines pathologies.
• Enfin, beaucoup d'États, comme le Rwanda, le Cambodge ou la Somalie, connaissent des situations d'instabilité politique, de guerre civile ou de guerre avec d'autres pays. Ils ne peuvent alors pas mettre en place de véritables politiques économiques et sociales et les conséquences sont dramatiques pour les populations : massacres, déplacements de population, famine.
3. L'aide humanitaire
a) Définition
Depuis 1945, les états membres de l'Organisation des Nations unies se mobilisent pour apporter une aide internationale aux populations en détresse.
Sous forme d'assistance alimentaire, technique ou médicale, dans des situations d'urgence (guerre, famine, épidémie, catastrophe naturelle…) ou à travers des programmes de développement durable, l'aide humanitaire est essentiellement destinée aux pays en voie de développement. Elle est mise en œuvre par des organes publics gouvernementaux et par des organisations non gouvernementales.
b) Organisations gouvernementales
• Les organisations gouvernementales issues de l'ONU font une œuvre exemplaire.
  • L'OMS (Organisation mondiale de la santé) met en place des soins de santé primaires avec la volonté d'auto-responsabiliser les pays.
  • L'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) lutte essentiellement contre la mortalité infantile en développant des programmes élargis de vaccination, mais aussi des actions d'alphabétisation des mères et des campagnes de sensibilisation sur l'hygiène et la thérapeutique de réhydratation orale des enfants souffrant de diarrhée.
  • La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) apporte des aides alimentaires et des aides à l'agriculture.
  • L'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science, la culture) contribue à maintenir la paix par l'éducation, la science et la culture.
• Pour engager le xxie siècle vers un monde meilleur, les États membres des Nations unies ont convenus de huit objectifs du Millénaire à atteindre d'ici 2015. Il s'agit :
  • de réduire l'extrême pauvreté et la faim ;
  • d'assurer l'éducation primaire pour tous ;
  • de promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes ;
  • de réduire la mortalité infantile ;
  • d'améliorer la santé maternelle ;
  • de combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies ;
  • d'assurer un environnement durable ;
  • de mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
c) Organisations non gouvernementales (ONG)
• Les organisations non gouvernementales (ONG) agissent indépendamment des États grâce au mécénat, aux dons ou aux legs. Elles défendent de nombreuses causes et sont, de ce fait, très diversifiées. Citons parmi les plus connues la Croix-Rouge, Médecins du monde, Handicap international ou encore Amnesty International.
• Les ONG permettent de lutter contre la malnutrition à travers des aides alimentaires ou agricoles. Elles aident à combattre les maladies infectieuses grâce à l'alimentation en eau potable (puits, forages). Elles concourent à l'information des femmes par l'intermédiaire d'écoles et la mise en place de programmes de vaccination pour les enfants. Enfin, elles apportent une assistance médicale (médicaments, formation accélérée de personnels de santé, soins de santé primaires en zone rurale, agents de santé bénévoles).
Les indicateurs de santé (mortalité infantile, mortalité maternelle, faible espérance de vie, malnutrition, etc.) reflètent non seulement le niveau de pauvreté mais aussi les inégalités à travers le monde. L'une des premières mesures à prendre pour contribuer à réduire la pauvreté serait donc de favoriser l'accès aux services et aux structures de santé.
Par ailleurs, depuis quelques années, le commerce équitable s'impose comme étant une alternative efficace pour réduire les inégalités et redonner à l'homme sa place dans les échanges commerciaux internationaux. Le commerce équitable est fondé sur les principes qui sont d'assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l'exploitation des enfants, de l'esclavage), d'instaurer des relations durables entre partenaires économiques, de favoriser la préservation de l'environnement et de proposer des produits de qualité.
Test n°1
Test n°2
Test n°3
Test n°4
Test n°5
(1)La morbidité est l'ensemble des maladies qui affectent une population en un temps donné.
(2)La mortalité correspond au nombre de décès dans une année.
------------------------------------------------------------
copyright © 2006-2018, rue des écoles