Drogues : les conduites à risque chez les jeunes

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Nicole Maestracci, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1998 à 2002 le souligne : « Une société sans drogue, ça n'existe pas ! » Mais leur usage abusif, surtout à l'adolescence, peut dériver sur des conduites addictives à l'âge adulte.
En 2000, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) lançait une campagne de prévention contre les conduites addictives et l'ensemble des substances psychotropes, réunissant l'alcool, le tabac et les drogues illicites. Depuis, quelles mesures ont-elles été prises par l'État pour lutter contre ces comportements à risque ?
1. Les conduites addictives
a) Les drogues
• Toute substance produisant un état de dépendance est considérée comme une drogue (alcool, tabac, cannabis, héroïne, cocaïne…). On parle aussi de substances psychoactives car elles agissent sur le cerveau, modifient l'activité mentale, les sensations et le comportement. Leur usage représente un danger pour la santé du consommateur, peut avoir des conséquences sociales et engendrer une dépendance psychique et/ou physique.
• Le cannabis, la cocaïne, l'ecstasy et l'héroïne sont des drogues illicites. Le code pénal en interdit la production, la détention et la vente, conformément aux conventions internationales. Leur usage est également interdit et sanctionné.
• Les médicaments psychoactifs ou psychotropes (anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs) sont des drogues licites. Ils sont prescrits par un médecin pour traiter des états d'anxiété, de troubles du sommeil ou de dépression. Leur production et leur usage sont strictement contrôlés.
• L'alcool et le tabac sont également licites. Ils sont consommés librement. Leur vente est autorisée et contrôlée, et leur usage réglementé.
b) L'addiction
• Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la toxicomanie est « un état d'intoxication périodique ou chronique engendré par la consommation répétée d'une drogue naturelle ou synthétique ».
• Plus couramment appelée addiction ou dépendance pathologique, la toxicomanie est caractérisée par :
  •  un invincible désir ou besoin de continuer à consommer la drogue et à se la procurer par tous les moyens ;
  • une tendance à augmenter les doses ;
  • une dépendance d'ordre psychique et généralement physique à l'égard des effets de la drogue ;
  • des effets nuisibles à l'individu et à la société. 
• L'addiction fait partie des maladies à incidences sociales, c'est-à-dire qu'elle a un impact non seulement sur la santé de l'individu malade, mais aussi sur l'ensemble de la collectivité. Ainsi, l'addiction peut engendrer de la violence et de l'insécurité : corruption, vols pour se procurer de la drogue, cambriolages de pharmacies ou d'ordonnances dans les cabinets médicaux, etc.
2. La consommation de drogues chez les jeunes
a) Les habitudes de consommation
• On observe chez les jeunes une augmentation de la toxicomanie et de la polytoxicomanie, autrement dit la dépendance à plusieurs drogues. Entre 15 et 19 ans, les adolescents commencent avec le tabac, l'alcool, le cannabis et parfois l'ecstasy. Vers 30 ans, l'alcool et le cannabis sont presque systématiquement conservés.
• De plus en plus d'individus consomment des drogues pour développer leurs capacités d'attention, diminuer les sensations de fatigue, être moins stressé mais aussi développer leur puissance musculaire ou augmenter leur tolérance à la douleur dans le cadre de sport de haut niveau.
• Les facteurs de risque sont nombreux : la famille (la consommation est perçue comme normale), la culture (la consommation est associée à la convivialité, à l'intégration), la fragilité psychologique (personnalité angoissée, déscolarisation, fuite du réel), les difficultés sociales, économiques ou professionnelles (situations de pauvreté, stress).
b) Les drogues illicites
• Les pratiques de consommation des drogues illicites se sont transformées et concernent surtout les jeunes : banalisation du cannabis, arrivée des drogues de synthèse et polyconsommation de produits (alcool, tabac, drogue). En dix ans, les jeunes sont deux fois plus nombreux à expérimenter le cannabis.
c) L'alcool
• Selon le rapport du professeur Roques (juin 1998), l'alcool est une drogue dont la dangerosité s'apparente à celle de l'héroïne et de la cocaïne. Selon lui, il devance les amphétamines, les médicaments psychotropes, les hallucinogènes, le tabac et le cannabis.
• Il existe deux types d'alcoolisme : l'alcoolisme aigu (état d'ivresse) et l'alcoolisme chronique (ingestion habituelle d'alcool ou éthylisme chronique).
• L'alcoolisme représente la 3e cause de mortalité prématurée (avant 65 ans) en France ; la mortalité imputée à l'alcool concerne la cirrhose du foie, les cancers (pharynx, œsophage), les accidents de la route et les suicides.
• Aujourd'hui, on constate une montée de l'alcoolisme chez les jeunes ; ils boivent de plus en plus et de plus en plus tôt (bière, alcools forts). Ils recherchent l'ivresse et la polyconsommation (alcool, tabac, cannabis).
d) Le tabac
• Le tabagisme actif est la consommation habituelle de tabac entraînant une dépendance physique et psychologique. Le tabagisme passif est l'exposition d'un non-fumeur à la fumée du tabac.
• La cigarette est le seul produit de consommation dont l'utilisation tue directement. Le tabagisme actif fait 4 millions de morts par an, 11 000 chaque jour. Le tabagisme passif tue entre 3 000 à 5 000 personnes chaque année. Le nombre de décès devrait atteindre 8,4 millions en 2020 et 10 millions en 2030.
• Aujourd'hui, la consommation de tabac repart à la hausse, notamment chez les jeunes qui fument de plus en plus tôt. Les causes de ce tabagisme précoce sont diverses : transgression de l'interdit, lutte contre l'anxiété, coupe-faim pour les filles, attitude permissive des parents, situation de précarité…
4. La prévention des conduites addictives
a) La politique de prévention
• La prévention intervient aux différents niveaux de consommation. Il s'agit d'éviter l'usage occasionnel (« jamais la première cigarette »), l'usage abusif (« un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts ») et l'entrée en dépendance.
• Les pouvoirs publics utilisent de nouvelles approches pour leurs campagnes publicitaires (utilisation de la peur par exemple) et s'adressent à un public ciblé. Les habitudes de consommation diffèrent en effet selon l'âge, le sexe et la situation sociale de l'individu. Les jeunes, par exemple, vont avoir tendance à consommer davantage le week-end.
En 2005, les pouvoirs publics lancent une campagne d'information télévisuelle à destination des jeunes : « Le cannabis est une réalité ».
• Le plan gouvernemental 2004-2008, relatif à la lutte contre les drogues illicites, le tabac et l'alcool, vise les jeunes générations qui ont une consommation de plus en plus précoce. Ce plan accorde une place majeure à la prévention en direction des adolescents et des jeunes pour empêcher ou retarder l'expérimentation des différentes substances. Les parents et l'école y sont associés.
• Le plan gouvernemental 2007-2011, relatif à la prise en charge et à la prévention des addictions, apporte une réponse globale à ce problème de santé publique. Les actions ciblées portent sur la consommation personnelle, sur le dépistage, la sensibilisation des soignants, le développement des consultations spécialisées et sur la recherche.
La création des centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) constitue un véritable dispositif médico-social en addictologie permettant de prendre en charge les conduites addictives en général et l'individu dans sa globalité.
• La loi du 31 juillet 2003 interdit de vendre ou d'offrir gratuitement, dans les débits de tabac et les lieux publics, des produits de tabac et du papier à rouler des cigarettes à des mineurs de moins de 16 ans.
• La loi du 1er février 2007 a interdit le tabac dans les lieux publics, mais les bars-tabac, restaurants ou discothèques ont bénéficié d'un sursis jusqu'au 1er janvier 2008.
b) Les acteurs de la prévention
• La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), créée en 1982 et placée sous l'autorité du Premier ministre, est chargée de préparer les plans de lutte contre les toxicomanies, de suivre l'application de ces plans et de coordonner l'action des différents ministères concernés (emploi solidarité, éducation nationale, jeunesse et sports, justice).
Drogue alcool tabac info service (DATIS), créé en 1990 et placé sous l'autorité de la MILDT, est le service national d'accueil téléphonique en matière de toxicomanie. Il s'adresse au grand public et aux professionnels. Il est anonyme et gratuit, accessible 24 heures sur 24 via un numéro de téléphone (113), qui est un soutien moral apporté par ceux qui conseillent et qui diffusent des informations, et un site Internet (www.drogues.gouv.fr).
• L'Observatoire français de la drogue et des toxicomanies (OFDT), créé en 1995, est chargé de l'analyse et de la diffusion des données épidémiologiques en ce qui concerne les drogues illicites, l'alcool, le tabac et les médicaments psychotropes.
Liberté individuelle ou mesures législatives, quelle est la direction à prendre ? Aujourd'hui, c'est l'État qui pose les bases d'un système permettant à chaque personne concernée de prendre conscience qu'elle est dépendante et qu'elle peut trouver de l'aide. C'est également l'État qui lui donne la possibilité de savoir où, quand et comment elle peut trouver un accompagnement adapté.
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