Fécondation, grossesse et maîtrise de la procréation

-----------------------------------------------
icone Fiche
Tests
Les mammifères sont vivipares et la rencontre des gamètes, qui s'effectue dans l'organisme maternel, est notamment liée à la date d'ovulation et à l'état du tractus génital. Ces deux paramètres sont contrôlés par les hormones sexuelles, tout comme l'établissement et le maintien de la grossesse.
La connaissance des mécanismes impliqués dans la reproduction a rendu possible la dissociation de la sexualité et de la reproduction grâce à la maîtrise de la procréation mais a aussi permis une aide médicalisée à la procréation en cas d'infertilité.
1. Comment la rencontre des gamètes et la fécondation se produisent-elles dans l'espèce humaine ?
• À la suite de l'émission du sperme dans le vagin, les spermatozoïdes doivent d'abord franchir le col de l'utérus. Ce passage n'est possible qu'au moment de l'ovulation, lorsque la glaire cervicale présente une structure favorable. Les spermatozoïdes remontent ensuite les voies génitales femelles, de l'utérus jusqu'aux trompes, où se produit la rencontre avec le gamète femelle et la fécondation.
• Sur les 300 millions de spermatozoïdes émis, seuls quelques dizaines d'entre eux atteignent l'ovule. Au cours de leur migration, les spermatozoïdes acquièrent la capacité à féconder l'ovocyte : c'est la capacitation.
• La durée de vie des spermatozoïdes dans les voies génitales femelles, comme celle de l'ovocyte libre, étant limitée à environ 48 h, la rencontre des gamètes ne peut avoir lieu que pendant la brève période féconde de quelques jours autour de l'ovulation.
• La fécondation déclenche la fin de la méiose de l'ovocyte (bloqué en métaphase II depuis l'ovulation) et la reprise de son activité métabolique. La segmentation de l'œuf commence immédiatement, alors qu'il entame sa migration vers l'utérus.
Test n°1Test n°2Test n°3
2. Qu'est-ce que la nidation ?
• Environ une semaine après la fécondation, l'embryon a atteint la cavité utérine, grâce aux mouvements ciliaires et musculaires de la trompe, et adhère à la surface de l'endomètre. À ce stade, l'embryon est un blastocyste, caractérisé par une cavité et deux groupes de cellules aux potentialités différentes, le bouton embryonnaire et le trophoblaste.
• Le bouton embryonnaire est un massif interne de cellules encore indifférenciées à l'origine de l'embryon proprement dit, tandis que le trophoblaste est un tissu qui enveloppe l'embryon et participe à la formation du placenta. Son activité, notamment celle des enzymes hydrolytiques qu'il sécrète, permet à l'embryon de s'enfoncer activement dans la muqueuse utérine, riche à ce moment-là en vaisseaux sanguins et en glandes (phase sécrétoire du cycle utérin). L'embryon pénètre dans l'endomètre qui finit par le recouvrir : c'est la nidation. La grossesse commence alors et dure en moyenne 260 jours.
Test n°4Test n°5
3. Comment le début de la grossesse se manifeste-t-il ?
• La première manifestation de la grossesse est l'absence de règles ; elle résulte du maintien en activité du corps jaune, qui produit de la progestérone et assure ainsi la persistance de l'endomètre.
• En dépit de la chute de LH qui a lieu en fin de cycle, non seulement le corps jaune se maintient mais il se développe et produit de plus en plus de progestérone. En effet, l'embryon produit une hormone, l'hormone chorionique gonadotrope (HCG), dont l'action sur le corps jaune est similaire à celle de la gonadostimuline LH. Dès ce stade, il est possible de détecter la grossesse par la mise en évidence de l'hormone  HCG dans le plasma ou dans les urines. C'est ce qui est réalisé dans les tests de grossesse du commerce fondés sur des techniques immunologiques.
• En outre, le placenta commence rapidement à synthétiser des œstrogènes et de la progestérone qui se substituent progressivement aux hormones sécrétées par le corps jaune. Pendant la grossesse, toute nouvelle ovulation est bloquée.
Test n°6Test n°7
4. Quelles méthodes permettent de maîtriser la procréation ?
• La maîtrise de la procréation, qui repose sur la connaissance des mécanismes physiologiques de la reproduction, permet de dissocier activité sexuelle et reproduction. Il est possible d'intervenir en amont ou en aval de la fécondation.
• En amont, il s'agit d'empêcher la rencontre des gamètes, soit mécaniquement (préservatifs), soit chimiquement (contraception chimique). En aval, il s'agit d'empêcher la nidation, soit mécaniquement (stérilet), soit chimiquement (contragestion, « pilule du lendemain »).
• La contraception hormonale féminine repose sur les mécanismes de régulation hormonale. Les pilules dites normodosées exploitent en effet la rétroaction négative exercée sur l'axe hypothalamo-hypophysaire par des hormones de synthèse analogues aux hormones naturelles, afin d'établir un cycle anovulatoire. D'autres types de pilules (minipilules, pilules diphasiques) exploitent l'action sur la glaire cervicale et sur l'état de l'endomètre. La contragestion exploite la capacité d'une hormone synthétique à se fixer aux récepteurs utérins de la progestérone, empêchant ainsi l'action de cette dernière sur l'utérus et donc la nidation.
Test n°8
5. Qu'appelle-t-on « aide médicalisée à la procréation » ?
Plusieurs cas différents relèvent de l'aide médicalisée à la procréation.
• Tout d'abord, la surveillance médicale normale de la grossesse utilise différentes techniques pour veiller à son bon déroulement et prévenir les pathologies maternelles et fœtales. Des moyens d'exploration(échographie) et d'analyse (dosages chimiques, analyses microbiologiques, amniocentèse, choriocentèse, caryotype), permettent ainsi d'établir un diagnostic, de prévenir l'apparition d'une maladie ou de proposer si nécessaire une interruption volontaire de grossesse (IVG).
• D'autres moyens permettent d'explorer la fonction reproductrice des hommes et des femmes (spermogramme, hystérographie, etc.)
• Enfin, différentes techniques médicales apportent des solutions à l'infertilité : la stimulation folliculaire, l'insémination artificielle, la fécondation in vitro et transfert d'embryon  (FIVETE) ou encore l'injection intraovocytaire de spermatozoïde (ISCI). Les progrès des connaissances posent des problèmes éthiques, par exemple ceux liés au clonage thérapeutique.
À retenir
L'embryon s'implante dans la muqueuse utérine (nidation) 6 à 7 jours après la fécondation et s'y maintient ensuite environ 260 jours soit 38 semaines de gestation au total.
------------------------------------------------------------
copyright © 2006-2018, rue des écoles