La violence aux différents âges de la vie

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La société découpe la vie de l'homme en différentes « classes d'âge » : l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte, le troisième et le quatrième âge. À chacune de ces périodes, les individus peuvent être confrontés à des violences psychologiques ou corporelles.
Ces violences sont souvent à l'origine de troubles irréversibles et peuvent se transmettre aux générations suivantes. C'est pourquoi la société se mobilise autour de ces problèmes et elle met en place des lois et des structures adaptées à chaque âge.
1. Les enfants
a) Le statut des mineurs
La loi française reconnaît l'incapacité juridique du mineur, autrement dit son inaptitude à être titulaire de ses droits et de ses obligations. D'après le Code civil, « les enfants restent sous l'autorité des parents jusqu'à la majorité ou l'émancipation », l'émancipation donnant à un enfant de moins de 18 ans les droits et les devoirs d'un adulte.
Les parents doivent donc assurer la protection d'un mineur non émancipé et le représenter en justice. Cependant, certaines familles rencontrent des difficultés dans l'accomplissement de cette mission. Une intervention extérieure est alors possible, des institutions spécialisées ayant pour rôle d'assister ou de suppléer ces familles pour offrir à l'enfant la protection sociale ou juridique dont il a besoin.
b) Les enfants en danger
L'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (ODAS) parle d'« enfants en danger » à propos des enfants courant un risque et des enfants maltraités pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) ou par la justice.
Un enfant en risque est « un enfant qui connaît des conditions d'existence risquant de mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son entretien, mais qui n'est pas pour autant maltraité ».
Un enfant maltraité est « un enfant victime de violences physiques, d'abus sexuels, d'actes de cruauté mentale, de négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique ».
c) Les dispositifs de protection
Toute personne qui connaît dans son entourage un mineur en danger ou maltraité doit prévenir les autorités compétentes, administratives ou judiciaires.
La protection sociale intervient lorsqu'un enfant est en danger et s'exerce auprès des familles avec leur accord. Cette action sociale préventive est relayée par trois services départementaux (conseil général) : l'aide sociale à l'enfance (ASE), la protection maternelle et infantile (PMI) et le Service social départemental (SSD).
La protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) intervient lorsqu'un enfant est en danger ou présumé l'être, et qu'il est impossible d'évaluer la situation ou que la famille refuse d'accepter l'intervention de l'ASE. Elle intervient également dans le traitement social de la délinquance des mineurs. La PJJ est placée sous la tutelle du ministère de la Justice.
2. Les adolescents
a) La crise d'adolescence ou « le complexe du homard »
Françoise Dolto, psychanalyste française, compare la situation des adolescents à celle des homards lorsqu'ils changent de carapace. Elle associe ainsi la crise d'adolescence au « complexe du homard ». À l'adolescence, l'enfant se défait de sa carapace trop étroite pour une autre. Il est alors mis à nu face à ses émotions et au regard des autres. Il est vulnérable, agressif, replié sur lui-même. Il doit s'approprier sa nouvelle image. L'adolescence est une seconde naissance.
L'adolescent construit sa personnalité. Il rejette « l'image parentale » et recherche de nouveaux modèles auxquels il pourra s'identifier. Il doit s'adapter à son nouveau corps, trouver sa place au sein de la famille et de la société. Si l'adolescent est fragile, son mal-être peut déboucher sur des troubles psychologiques, des comportements qui le mettent en danger.
b) Les comportements à risque
Le mal-être de l'adolescent peut se traduire à travers l'attitude scolaire (absentéisme, manque de travail), par un repli sur soi, un comportement destructeur (automutilation, trouble alimentaire, tentative de suicide), des actes délinquants (vol, agression, destruction de biens), des prises de risques (sport, sexualité) ou des troubles psychiques comme la dépression.
L'adolescent adopte ces comportements à risques pour éprouver les limites de son corps et de son psychisme. Il transgresse les interdits pour prouver ses capacités aux autres et à lui-même. Cela fait partie de la construction de son identité.
Les comportements déviants interviennent souvent lorsque l'adolescent se trouve devant des difficultés personnelles et familiales. Ce sont des appels à l'aide détournés, une façon d'attirer l'attention des adultes et d'obtenir leur protection.
c) La prévention des conduites à risque
La prévention des conduites à risque passe par l'éducation des jeunes, le dialogue, la multiplication des structures spécialisées d'accueil ou de prise en charge…
La loi du 5 mars 2007 est centrée sur le traitement de la délinquance des mineurs et intègre des mesures concernant les violences conjugales, les infractions sexuelles et la consommation de drogues. Cette loi vise à renforcer la prévention en essayant de détecter le plus précocement possible les situations à risque, à réorganiser les procédures de signalement (création d'une cellule spécialisée pour mettre en commun les informations relevant du secret médical) et à diversifier les modes de prise en charge des mineurs.
3. Les femmes
a) La place de la femme dans la société
Depuis les années 1960, la femme occupe une place de plus en plus importante dans notre société, notamment en ce qui concerne les activités professionnelles. Son style de vie se rapproche toujours plus de celui des hommes ; elle est devenue une consommatrice à part entière. Elle maîtrise sa fécondité grâce à la contraception.
Cependant, les femmes rencontrent encore des difficultés sur le plan familial (famille monoparentale, violences conjugales) et sur le plan professionnel (salaire inférieur, chômage, temps partiel). Elles doivent concilier famille et emploi, plus que les hommes. Elles sont davantage exposées à l'exclusion sociale et à la pauvreté.
b) L'égalité homme-femme
L'Observatoire de la parité entre les hommes et les femmes, créé en 1995, a un rôle particulièrement important en matière d'intégration des femmes dans les domaines politique, économique et social.
La Charte de l'égalité, remise le 8 mars 2004 au Premier ministre, est un acte fondateur pour la politique française en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes.
La création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE), le 30 décembre 2004, marque la volonté de l'État de lutter pour l'égalité des droits et contre toutes les discriminations (âge, handicap, sexe, origine ethnique, apparence physique…).
Afin de remédier au phénomène du « plafond de verre » pour les femmes qui accèdent plus difficilement que les hommes aux postes à responsabilité, la loi du 12 mars 2012 impose des quotas de nomination dans la haute fonction publique, avec pour objectif au moins 40 % de chaque sexe aux postes de direction en 2018.
c) La lutte contre les violences conjugales
Les violences conjugales (violence physique, sexuelle ou psychologique, privation) sont des délits punis par la loi. Selon la loi du 24 novembre 1997, la violence au sein du couple est punissable même si les partenaires ne sont pas mariés. La loi du 4 avril 2006 vise à renforcer la prévention et la répression des violences au sein du couple (lutte contre les violences entre concubins…) ou commises contre les mineurs (lutte contre les mariages forcés).
Les centres d'accueil spécialisés en violence conjugale offrent une aide administrative, sociale, juridique et psychologique ainsi qu'un hébergement en maison d'accueil avec adresse confidentielle. Les centres de planning familial offrent également une écoute, une aide psychologique et parfois médicale.
En 2007, l'État a mis en place un numéro national unique, le 3919, pour faciliter la prise en charge des victimes de violences conjugales.
La loi du 9 juillet 2010 facilite le dépôt de plainte, crée le délit de harcèlement psychologique au sein du couple, mais surtout met en place l'ordonnance de protection contre les « violences exercées au sein du couple ou au sein de la famille, par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin [qui] mettent en danger la personne qui en est victime, un ou plusieurs enfants ». Elle permet ainsi, après audition des parties, de prendre des mesures d'urgence telles que l'éviction du conjoint violent, ou encore le relogement des personnes en danger.
3. Les personnes âgées
a) Les maux de la vieillesse
En vieillissant, les personnes âgées sont davantage exposées à certaines maladies (maladies cardio-vasculaires, ostéo-articulaires, cancers). Elles sont également confrontées au déclin de leurs facultés intellectuelles (lésions vasculaires, démence sénile, maladie d'Alzheimer).
Une personne âgée peut devenir dépendante lorsque son état mental ou physique nécessite l'intervention d'une tierce personne pour accomplir les actes de la vie quotidienne.
Pour certains, la retraite à 60 ans est vécue comme une mort sociale. Si la personne âgée ne possède aucun projet, l'anxiété, la dépression ou le suicide la guettent. Cette période de la vie peut également être synonyme de solitude, surtout lorsque les familles sont éloignées.
La perte de revenus liée à la cessation d'activité professionnelle peut plonger la personne âgée dans une situation de précarité.
b) Les systèmes de prise en charge
Sur 1,13 million de personnes âgées dépendantes en 2009, 60 % vivent chez elles. Les raisons sont multiples : choix personnel, manque de personnel qualifié, manque de places dans les structures adaptées, coût élevé de la prise en charge et importance du délai pour bénéficier de l'aide sociale. En 2020, une personne âgée de plus de 75 ans sur deux vivra seule. Le système de soins doit donc s'adapter et les soins infirmiers à domicile se développer. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), créés en 1981, sont principalement de nature associative. En 2010, on compte environ 2 200 SSIAD, qui assurent la prise en charge de 105 000 personnes âgées.
Une allocation personnalisée d'autonomie (APA), variable selon les degrés de dépendance, a été mise en place depuis 1997 pour prendre en charge les services de soins et d'aide à domicile des personnes âgées non autonomes.
Le plan « solidarité grand âge » 2007-2012, prolongé jusqu'en 2016, a pour objectif de donner aux personnes âgées dépendantes le libre choix de rester chez elles. En 2012, le bilan de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) fait état de la création de 21 629 places en SSIAD sur les 36 000 programmées. Ainsi, un déséquilibre apparaît avec les créations de places en Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), qui atteignent 75 017 places sur les 90 500 programmées, et qui ont donc été privilégiées.
c) La maltraitance
La maltraitance chez les personnes âgées est un sujet tabou qui a été révélé en 1994 par les bénévoles de l'association Allo maltraitance personnes âgées (ALMA) devenue en 2005 la Fédération ALMA France.
Le premier rapport officiel, publié en janvier 2002, a fait état de maltraitances psychologiques, financières ou physiques. Ces maltraitances ont lieu à domicile, lorsque l'enfant ou le proche responsable a été contraint de prendre en charge un parent, qu'il est épuisé ou qu'il espère une succession. Les maltraitances se déroulent également dans les établissements d'hébergement, face à un personnel soignant fragile psychologiquement ou manquant de formation.
Un plan de développement de la bientraitance et du renforcement de la lutte contre la maltraitance a vu le jour en 2007.
L'Association Française pour la Bientraitance des Aînés et/ou Handicapés, devenue ensuite HABEO (Handicap Age Bientraitance Écoute Orientation), gère depuis février 2008 les appels du 3977, numéro national contre la maltraitance des personnes âgées. Le 12 juin 2013, ALMA et HABEO se sont réunis au sein de la Confédération de lutte contre la maltraitance.
L'augmentation spectaculaire de l'espérance de vie est un phénomène nouveau qui va tendre à bouleverser les comportements individuels et l'organisation collective de la société. Par ailleurs, avec l'arrivée à l'âge de la retraite des générations d'après-guerre, le début du xxie siècle est marqué par l'accélération du vieillissement de la population. Cette situation pose la question de la prise en charge par la collectivité des dépenses de vieillesse. Il va s'agir de partager les ressources et de maintenir le lien entre les générations.
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