Le cadre de vie

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Les habitants des pays développés surconsomment et ne font souvent plus la différence entre envie et besoin. Les ressources naturelles s'épuisent, la pollution atteint un niveau record. Cette situation semble ne plus pouvoir durer et la société s'interroge. Comment protéger la nature et l'homme, si ce n'est en favorisant le développement durable, c'est-à-dire en économisant les ressources naturelles, en polluant moins, en modifiant les comportements ? Mais le cadre de vie, s'il sous-entend pollution de l'air et de l'eau, gestion du bruit et des déchets, prend également en compte l'aménagement du territoire et des villes. Il pose alors la question plus globale : comment freiner pollution et ghettoïsation ?
1. L'environnement
Le Petit Robert définit l'environnement comme « l'ensemble des conditions naturelles et culturelles susceptibles d'agir sur les organismes vivants et les activités humaines ». Le terme désigne le milieu naturel et les conditions de vie au sein desquelles l'homme évolue.
La protection de l'environnement est une politique récente, née d'un état des lieux de plus en plus inquiétant.
a) Un état des lieux inquiétant
Plusieurs sujets d'inquiétude occupent aujourd'hui le devant de la scène, à commencer par le réchauffement climatique, dû principalement à l'augmentation des gaz à effet de serre (GES). La température au niveau du sol dépend de la quantité de gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère. Du fait de l'activité humaine, la concentration se modifie, entraînant des changements climatiques, des températures extrêmes, des sécheresses, la prolifération des moustiques (canicule en 2003, chikungunya à La Réunion en 2005, typhon Haiyan en 2013, …). Le protocole de Kyoto (traité international de 1997 entré en vigueur en 2005, et prolongé fin 2012 jusque 2020) propose un calendrier pour réduire les émissions de GES.
Ce premier sujet d'inquiétude nous conduit au suivant : l'augmentation des catastrophes et risques naturels, auxquels les pays pauvres sont particulièrement exposés (inondations aux Philippines, sécheresse au Sahel, séismes, tsunami en Asie). Mais la France a elle aussi été confrontée à des phénomènes climatiques extrêmes, comme lors de la canicule de l'été 2003 ou de la tempête Klaus en 2009. Depuis la loi du 13 juillet 1982, l'état de catastrophe naturelle est constaté par arrêté ministériel déterminant les zones et les périodes où s'est produite la catastrophe. La loi a pour objectif d'indemniser les victimes.
S'ajoutent encore à cela les risques industriels et technologiques, liés au développement des technologies, des nouvelles énergies (le nucléaire) et à l'utilisation de produits dangereux (Seveso en Italie en 1976, Bhopal en Inde en 1984, Tchernobyl en 1986, AZF à Toulouse en 2001).
Enfin, les OGM, organismes génétiquement modifiés, constituent une autre source d'inquiétude de taille. Le génome de ces organismes a été modifié et les cellules reproductrices conservent la modification, qui est transmise à la descendance. La question posée par les OGM végétaux cultivés en plein champ porte sur la contamination des autres plantes, les effets ne pouvant être identifiés qu'à long terme. Ce sujet renvoie à la notion de sécurité alimentaire, qui recouvre la protection de l'eau et la sécurité des produits destinés à l'alimentation humaine (cf. fiche Santé publique et prévention). En effet, des crises sanitaires successives (la « vache folle » par exemple) ont alerté les pouvoirs publics qui ont mis en œuvre des dispositifs de contrôle (création de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, AFSSA, en 1999, devenue l'Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, ANSES, en 2010). La politique nationale de sécurité alimentaire est encadrée par des normes européennes et internationales.
b) L'impact de l'environnement sur la santé
L'environnement a un impact sur la santé de l'homme (boire une eau polluée comporte des risques cancérigènes) et, plus généralement, sur l'ensemble des organismes vivants (la déforestation détruit des populations animales et végétales). En protégeant la nature et en prévenant les risques, l'homme préserve donc sa santé biologique et psychologique.
En 2004, un Plan national Santé-Environnement (PNSE) a été adopté jusque 2008 afin de garantir la qualité de l'air et de l'eau, de prévenir les pathologies telles que les cancers liés à l'environnement, d'informer la population. Un second Plan national Santé-Environnement, le PNSE 2, organisé pour la période 2009-2013, « s'inscrit dans la continuité des actions portées par le premier PNSE, prévu par la loi de santé publique du 9 août 2004, et le Grenelle de l'environnement. » Des agences spécialisées, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) et l'Institut national de veille sanitaire (InVS), ont également été créées.
c) Protéger la nature
Les facteurs qui menacent l'équilibre du milieu naturel sont l'accroissement démographique, l'urbanisation, le développement industriel et agricole. L'enjeu est de taille, car si une espèce disparaît, c'est le système écologique qui est menacé, chaque espèce vivant en interdépendance avec les autres.
De nombreuses actions et politiques de protection sont donc menées afin de préserver la nature, telles que :
  • la Déclaration des droits sur l'environnement (Stockholm, 1972), selon laquelle « l'homme a le devoir solennel de protéger et d'améliorer l'environnement pour les générations présentes et futures » ;
  • la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, selon laquelle « la protection des espaces naturels et des paysages, la préservation des espèces animales et végétales, le maintien des équilibres biologiques […] et la protection des ressources naturelles contre toutes les causes de dégradation qui les menacent sont d'intérêt général. Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel dans lequel il vit » (article 1er).
La politique de l'environnement se conçoit dans le sens d'une démarche de développement durable.
d) Le développement durable
Comment concilier progrès et équilibre naturel de la planète ? Concept apparu en 1987 et très médiatisé aujourd'hui, le développement durable agit pour que développement économique, développement social et protection de l'environnement soient compatibles. Il s'agit d'inventer de nouvelles sources d'énergie et de nouveaux modes de production, de sensibiliser aux menaces que représentent les risques industriels et sanitaires, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, d'appeler tous les acteurs (entreprises, collectivités locales, citoyens) à un changement des comportements. L'éducation à l'environnement a ainsi pour objectif de faire adopter dès le plus jeune âge des comportements responsables de pratiques citoyennes (trier les déchets, utiliser l'énergie renouvelable, etc.).
Cette nouvelle préoccupation se traduit au niveau politique :
  • en 2005, la Charte de l'environnement est élaborée et intégrée dans la Constitution française ;
  • lancé en France en juillet 2007, le Grenelle Environnement associe l'État et la société pour définir de nouvelles actions, aboutissant à la loi Grenelle 1 en 2009 ;
  • la loi Grenelle 2, adoptée en 2010, complète la précédente en proposant des dispositions pratiques favorisant sa mise en œuvre
Autre élément essentiel du cadre de vie, la ville évolue, se transforme et explose. Les émeutes qui surviennent régulièrement traduisent un profond mal-être social. Comment vit-on dans les quartiers dits « sensibles » ?
2. La banlieue
La banlieue évoque les grands ensembles situés à la périphérie des villes et leur lot quotidien de difficultés (chômage, délinquance, drogue, violence), des territoires périurbains avec leur diversité de lieux, d'activités et de populations, enfermés dans une spirale d'exclusion.
a) Quartiers « sensibles », états des lieux
C'est dans les grands ensembles d'HLM (habitation à loyer modéré) nés de l'urbanisation des années 1960 et 1970 que se posent les problèmes les plus graves. Il s'agit souvent de tours de plusieurs étages, de longues barres d'immeubles de médiocre qualité, qui manquent d'espaces verts et d'équipements de toutes sortes. L'État a créé des ZUP (zone d'urbanisation prioritaire) sans commerces ou services publics, rebaptisées « cités dortoirs », qui deviendront par la suite des ZUS (zones urbaines sensibles).
À Mantes-la-Jolie, au Val-Fourré ou à Montfermeil en Île-de-France, à Vaulx-en-Velin ou aux Minguettes à Lyon, au nord de Marseille se trouvent les quartiers dits « sensibles ». Il y règne un fort sentiment d'insécurité en raison de la multiplication de la violence et des délits (incivilité, agression physique, atteinte aux biens) qui atteignent les résidents, les personnes étrangères à la cité, la société et ses représentants (policiers, enseignants, chauffeurs de bus). Alcoolisme, usage et trafic de drogue s'y développent.
Du fait de la crise économique, les HLM ont accueilli de plus en plus de familles très défavorisées, souvent nombreuses et d'origine étrangère, touchées par le chômage. Nombre de jeunes y sont en échec scolaire, parfois déscolarisés voire illettrés, sans travail, en révolte. En juillet 1981 éclate « l'été chaud » dans la banlieue lyonnaise. Durant l'automne 2005, vingt jours de violences urbaines ont enflammé les quartiers défavorisés et ont révélé les discriminations et inégalités. En 2013, Marseille, ville particulièrement touchée par l'échec scolaire et le chômage a été témoin de nombreuses violences urbaines et d'homicides par balles liés aux trafics de drogue.
Faut-il voir dans cette violence et cette insécurité une remise en cause de la société ?
b) La politique de la Ville
Face à la « crise des banlieues », la politique de la Ville est lancée en France. Des dispositifs tentent d'apporter des réponses afin d'améliorer les conditions de vie, de relancer l'activité économique, de rétablir la sécurité, de renforcer l'action des associations, de lutter contre l'échec scolaire, de veiller à une meilleure intégration de la population étrangère :
  • en 1981 sont créées les ZEP (zones d'éducation prioritaire) pour lutter contre l'échec scolaire dans des quartiers difficiles ;
  • la loi du 13 décembre 2000 relative « à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) » affirme le principe de mixité sociale et l'obligation pour les communes des grandes agglomérations d'avoir au moins 20 % de logements sociaux ;
  • la loi du 1er août 2003 (dite « loi Borloo ») met en place une politique de « rénovation urbaine » (démolition et reconstruction) destinée à « casser les ghettos » ;
  • en 2005 est créée la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) ;
  • en 2005 également est mis en place le Plan de cohésion sociale, qui comprend trois volets, l'emploi, le logement et l'égalité des chances ;
  • en 2006, la grande cause nationale déclarée porte sur « l'égalité des chances ». Les objectifs visent à « favoriser l'emploi des jeunes des zones urbaines sensibles, lutter contre les discriminations, aider les parents à exercer leur autorité parentale, renforcer les pouvoirs des maires face aux incivilités, créer un service civil volontaire » ;
  • en 2007, Fadela Amara, qui a été présidente de l'association Ni putes ni soumises, devient secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville et présente un nouveau plan d'actions, « Espoir banlieue », avec deux axes prioritaires : l'éducation et la sécurité ;
  • en 2010, le service civique permet de développer l'engagement citoyen des jeunes de 16 à 25 ans à travers des missions de 6 à 12 mois, et ce sans conditions de diplôme, au sein d'associations, de collectivités territoriales ou d'établissements publics, dans neuf domaines : culture et loisirs, développement international et action humanitaire, éducation pour tous, environnement, intervention d'urgence en cas de crise, mémoire et citoyenneté, santé, solidarité, et sport.
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