Les dysfonctionnements sociaux

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L'homme est un être social. Il a besoin que le groupe auquel il appartient lui dicte sa manière d'être, d'agir et de vivre au sein de la collectivité (le respect de la vie, la solidarité, la santé, le travail, la démocratie…).
Cependant, les agents de socialisation tels que la famille, l'école ou le travail ne remplissent pas toujours leur fonction d'intégration. Ainsi, certaines personnes sont confrontées à l'exclusion sociale.
1. Les valeurs de la société
a) La culture, les valeurs et les normes sociales
• Selon l'Unesco, la culture « est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ».
• Chaque culture regroupe un certain nombre de valeurs, c'est-à-dire d'idéaux collectifs qui servent de référence à l'ensemble des individus et qui guident leurs comportements. Certaines valeurs sont dominantes, comme le respect de la vie d'autrui.
• Si les valeurs sont abstraites, les normes sont concrètes. Il s'agit des règles que le groupe se donne pour respecter des valeurs. Le « respect d'autrui » est une valeur qui est mise en œuvre à travers les « règles de politesse » par exemple. Les normes sont des facteurs de régulation sociale car elles permettent de comprendre le sens des comportements des individus.
b) L'acquisition des normes sociales
• La socialisation permet à l'individu d'acquérir les normes de la société dans laquelle il vit.
La socialisation primaire a lieu aux premiers âges de la vie. La famille joue un rôle essentiel dans cette socialisation primaire puisque c'est elle qui transmet à l'enfant le langage et les codes sociaux les plus élémentaires. L'école a également son rôle à jouer dans ce processus.
La socialisation secondaire se poursuit après l'enfance. Elle se manifeste par l'apprentissage des normes sociales liées à la vie professionnelle, associative ou politique. Cette socialisation se réactive notamment lorsque l'individu change de statut social : passage du statut d'étudiant au statut de salarié, du statut d'enfant à celui de parent…
• Le contrôle social encourage les individus à respecter les normes, à adopter des comportements conformes aux attentes du groupe. Il s'exerce à travers des sanctions et permet de maintenir une certaine cohésion sociale.
Le contrôle social peut être institutionnel (école, police, justice), informel (famille, travail, association) ou personnel, lorsque l'individu s'impose des limites.
c) Du rejet des normes sociales à l'exclusion
• Le conformiste adhère aux valeurs collectives et respecte les normes. Il est alors intégré au groupe et peut participer à la vie collective. Plus les règles du groupe sont proches de celles de l'individu, plus son intégration sociale est aisée.
• Le non-conformiste va à l'encontre de certaines normes sociales qui ne sont pas considérées comme essentielles, comme par exemple la mode.
• Le déviant refuse totalement de se conformer aux règles établies. Il se met à l'écart ou transgresse les normes et les règles sociales en vigueur dans le groupe auquel il appartient. La déviance peut faire évoluer les valeurs du groupe. Par exemple, le concubinage a été considéré comme un comportement déviant avant d'être toléré et officialisé par le pacte civil de solidarité (PACS).
• Le marginal adopte un comportement de retrait par rapport aux normes sociales. Il ne s'intéresse pas ou peu à ce que fait le groupe. Contrairement à l'exclusion, la marginalité peut résulter d'un choix.
• Le délinquant ne respecte pas la loi, transgresse les règles sociales codifiées en commettant des délits ou des crimes. Les causes sont diverses : carences éducatives et affectives, crise des valeurs, précarité, chômage, alcoolisme, toxicomanie, ghettoïsation liée à l'urbanisation…
• L'exclu est rejeté du groupe auquel il appartenait en raison de la survenue de handicaps sociaux. La première cause de l'exclusion est la grande pauvreté. Autres facteurs de l'exclusion : l'absence de logement, une mauvaise santé, l'échec scolaire, l'illettrisme, l'éloignement du marché du travail, les sanctions judiciaires ou l'absence de lien familial.
2. Le chômage
a) L'évolution du chômage
• Jusqu'à la fin du XXIe siècle, le terme « chômage » est utilisé pour désigner les « périodes sans activité » (repos ou maladie) des travailleurs. Au XXe siècle, il devient synonyme de « problème social ».
• De 1974 à 1997, le taux de chômage en France s'accroît considérablement : il passe de 3 à 12,4 %. Cette augmentation s'explique par la crise économique mondiale, mais aussi par l'inadéquation de la formation des jeunes avec le marché de l'emploi, la concurrence étrangère, les progrès technologiques et la montée du travail des femmes.
Après 1997, le chômage régresse : il passe de 12,4 à 9 %. Ces chiffres s'expliquent par une reprise de la croissance et par les lois sur la réduction du temps de travail à 35 heures (RTT, loi Robien 1996, lois Aubry 1998 et 2000).
Depuis 1997, le chômage persiste (plus de 10 %) et la précarisation de l'emploi s'accentue. Entre 2000 et 2010, les contrats à durée indéterminée (CDI) ont diminué de 6 % tandis que les emplois en CDD ont augmenté de 57 %.
En 2005, la France met en place une nouvelle « loi de cohésion sociale ». Ce texte comporte des mesures pour inciter l'embauche des jeunes sans qualification.
Les jeunes sans qualification et les chômeurs de longue durée constituent le « noyau dur » du chômage. À la fin des années 2000, environ 713 000 jeunes sortent chaque années du système éducatif, dont 122 000 sans aucune qualification.
b) Les réponses législatives
• La loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 s'articule autour de trois piliers : l'emploi (effort collectif et création de « maisons de l'emploi »), le logement (création de logements sociaux et d'hébergement d'urgence) et l'égalité des chances (création d'équipes de réussite éducatives et d'internats pour les collégiens en difficulté).
• En 2007, le Gouvernement souhaite rétablir le plein-emploi, ramener le taux de chômage à 5 % et réduire la pauvreté. Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs-France et haut commissaire aux Solidarités actives, crée le revenu de solidarité active (RSA), qualifié de « bouclier appliqué aux plus pauvres », qui sera expérimenté cette année-là, avant d'être voté en 2009. Cette nouvelle mesure doit reconduire vers le chemin de l'emploi et permettre de reprendre un travail sans perdre un certain nombre d'aides sociales.
• Depuis le 1er novembre 2012, la création des emplois d'avenir facilite l'embauche des jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, l'État versant à l'employeur jusqu'à 75 % du SMIC.
3. L'exclusion sociale
a) La fracture sociale
• Depuis 1970, les pouvoirs publics parlent de « fracture sociale ». Cette fracture fait référence à une société à « deux vitesses » dans laquelle coexistent des personnes socialement exclues et des personnes socialement intégrées.
• Le quart-monde désigne la fraction de la population d'un pays qui vit sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire qui ne dispose pas du minimum vital. Cette population regroupe notamment les sans domicile fixe (SDF).
• Les nouveaux pauvres sont considérés comme vulnérables : ce sont les chômeurs, les jeunes en rupture familiale, les familles monoparentales et les personnes d'origine étrangère.
En 1994 est apparue la notion de « working poors » ou « travailleurs pauvres ». Elle fait référence à des travailleurs qui ne peuvent pas tirer de leur activité professionnelle un revenu suffisant pour subsister et pour se loger. La multiplication de nouvelles formes d'emploi, de contrats précaires, les bas salaires qui se généralisent ont ainsi donné naissance à une nouvelle « pauvreté ».
b) La lutte contre l'exclusion
• L'action sociale est l'ensemble des mesures et des décisions mises en œuvre dans le cadre de la politique sociale et visant à limiter les risques d'inadaptation ou d'exclusion.
Les acteurs concernés sont les pouvoirs publics, les départements, les communes (centres communaux d'action sociale), les caisses de Sécurité sociale et les associations (organisations caritatives, Armée du Salut, Secours populaire, Secours catholique, ATD Quart Monde, Emmaüs, Médecins du monde, Restaurants du cœur, Croix-Rouge).
• Quelques dates importantes :
  • 1988 : institution du revenu minimum d'insertion (RMI) ;
  • 1990 : loi Besson sur le droit au logement (réglementation des expulsions et maintien des fournitures d'eau, de gaz, l'électricité et de téléphone) ;
  • 1998 : loi relative à la lutte contre l'exclusion ;
  • 1999 : création de la couverture maladie universelle (CMU) ;
  • 2004 : institution du revenu minimum d'activité (RMA) ;
  • 2005 : loi de programmation pour la cohésion sociale ;
  • 2009 : mise en place du revenu de solidarité active (RSA) ;
  • 2004 : élargissement de la trêve hivernale de l'énergie à tous les Français.
• La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 reconnaît le droit au logement comme un droit social.
En France, la loi du 5 mars 2007 institue le droit au logement opposable, c'est-à-dire qu'elle permet aux personnes sans domicile fixe de recourir aux autorités pour faire appliquer ce droit, de manière amiable puis juridictionnelle.
Pourtant, , selon le rapport 2013 de la fondation Abbé Pierre, notre pays compte plus de 3,6 millions de personnes sans logement ou mal logées. Parmi les 685 000 dépourvues de logement, 411 000 sont en « hébergement contraint chez des tiers », 85 000 en habitations de fortune, 38 000 à l'hôtel et 18 000 dans des résidences sociales.
L'État développe des politiques combinant une approche à long terme (CMU, RSA) et des mesures d'urgence (SAMU social, hébergement d'urgence).
Les politiques mises en place cherchent à réintégrer les personnes en marge de la société. L'insertion est envisagée à travers l'emploi, la lutte contre le chômage, la lutte contre la discrimination et la délinquance, l'intervention auprès des personnes en grande difficulté (pauvreté, précarité, situations d'exclusion)…
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