Santé publique et prévention

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Pourquoi la santé est-elle si difficile à définir ? Affaire à la fois individuelle et collective, elle se situe au cœur du débat social et des préoccupations des Français. Il s'agit en effet d'un bien précieux, comme le souligne l'adage « la santé n'a pas de prix ». Elle devient un besoin, qui évolue avec le temps, par l'exigence de l'homme et l'effort de l'État pour en assurer une meilleure satisfaction. Mais la société crée ses propres risques (crises sanitaires). La santé publique recouvre alors l'ensemble des interventions (comme la prévention), qui visent à améliorer l'état sanitaire de la population. La politique de santé publique doit ainsi permettre à chacun de profiter de son droit à la santé.
1. La notion de santé
Selon les personnes, la maladie et la santé ne sont pas interprétées de la même manière. Il n'en existe pas de définition unique. Si on définit classiquement la santé comme « l'absence de maladie » ou, plus poétiquement avec Paul Valéry, comme « le silence des organes », l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en donne en 1946 une définition plus large, « un état complet de bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité », et fixe ainsi l'objectif à atteindre pour tous les hommes.
La santé est une valeur importante pour l'individu car la maladie est perçue comme une menace. Toutefois, la santé individuelle est un état d'équilibre qu'il faut chercher à préserver. Il s'agit de prendre en compte l'individu malade mais aussi son environnement familial et social.
Pour conserver sa santé, c'est-à-dire un équilibre physique, mental et social, l'homme doit satisfaire ses besoins vitaux (boire, manger), indispensables au maintien de la vie et au bien-être physique, et s'adapter à son environnement. Les besoins secondaires varient selon les individus ou les groupes sociaux (besoins psychologiques, affectifs, intellectuels qui correspondent au bien-être mental et social).
En 1977, l'objectif de l'OMS était de faire accéder, en 2000, la population mondiale « à un niveau de santé qui lui permette de mener une vie socialement et économiquement productive », objectif non atteint, bien que le droit à la santé soit un principe fondamental, inscrit dans les textes.
2. Le droit à la santé
L'affirmation du droit à la santé est inscrite dans les textes fondamentaux français et internationaux. Elle est apparue pour la première fois dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
  • La Déclaration des droits de l'homme de 1789 : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille ».
  • Le Préambule de la Constitution française de 1946 et 1958 : « La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. »
  • La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne de 2000, qui « reconnaît et respecte le droit d'accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux ».
Le droit d'être soigné sans discrimination, quelle que soit sa condition économique et sociale, et de bénéficier d'une vie décente est ainsi un droit fondamental. Il doit permettre l'égalité dans l'accès aux soins, aux institutions, à la prévention, à un environnement sain.
En France, l'État est le garant de ce droit, à travers la Sécurité sociale, la couverture maladie universelle (CMU), les organismes de prévoyance, les établissements de santé ou encore la prévention.
3. La notion de santé publique
a) Définition
La santé publique est la discipline qui s'occupe de la santé globale d'une population sous ses aspects préventifs, curatifs et éducatifs. Pour l'OMS, il s'agit de « la prise en charge collective de la santé d'une population dans son milieu de vie, qu'il s'agisse de soins, prévention, éducation ou hygiène sociale ».
Sa mission est de protéger les individus et d'améliorer leur bien-être. Les actions à mener portent sur l'individu, ses comportements et son environnement.
b) Politique de santé
La politique de santé recouvre un ensemble d'actions, de textes, de moyens humains et budgétaires qu'un État met en œuvre pour lutter contre les formes de maladie et assurer la protection sociale.
En France, la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé affirme la responsabilité de l'État en matière de santé publique et précise que les objectifs de la politique de santé seront définis tous les cinq ans. Le livre des plans de santé publique de mai 2011 présente les actions menées à travers cinq points regroupant les différents plans mis en place :
  • santé générale des populations (plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies, deuxième programme national nutrition santé, plan autisme…) ;
  • maladies chroniques (plan Cancer, plan Alzheimer et maladies apparentées, plans d'action nationale « accidents vasculaires cérébraux » 2010-2014…) ;
  • risques infectieux (plan national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST, plan national contre les maladies nosocomiales 2009-2013…) ;
  • santé environnementale (plan national de santé environnement PNSE2, plan de santé au travail 2010-2014…) ;
  • préparation et gestion des alertes sanitaires (plan national canicule, plan grand froid – plan hiver…).
Un problème de santé devient collectif lorsqu'il remet en cause l'équilibre de la société par son importance. C'est le cas par exemple du cancer, des accidents de la route, des crises sanitaires (sida, grippe aviaire H5N1, grippe H1N1).
Les progrès médicaux, une meilleure hygiène de vie et la prévention ont permis de maîtriser des maladies infectieuses (poliomyélite par exemple), mais d'autres maladies sont apparues, liées aux conditions de vie. Les maladies émergentes se développent aussi avec la croissance démographique, la promiscuité urbaine, les déplacements d'animaux, de personnes, et prennent la forme d'épidémies ou de pandémies (à l'échelle planétaire).
c) Crises sanitaires
Depuis plusieurs années, la France connaît de nombreuses crises sanitaires :
  • l'épidémie du sida (syndrome d'immunodéficience acquise), qui s'est déclenchée en 1981 (modification des comportements sexuels, affaire du sang contaminé) ;
  • la crise de la « vache folle », apparue à partir de 1996 (encéphalopathie spongiforme bovine, ESB ou maladie de Creutzfeldt-Jakob) ; 
  • la grippe aviaire, apparue en 1997 à Hong Kong et qui n'a pas cessé de se propager – en France, les premiers cas ont été déclarés en avril 2006 ; une pandémie a été redoutée et a donné lieu à la campagne de vaccination de 2009 ;
  • l'amiante, dont l'usage a été interdit en 1997 suite aux nombreuses victimes ;
  • le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), pneumonie atypique apparue pour la première fois en Chine en 2002, qui a provoqué une épidémie mondiale en mai 2003 ;
  • la canicule de 2003, exceptionnelle à la fois par sa durée et par son intensité ;
  • le virus du chikungunya à La Réunion en 2005, qui se transmet par les moustiques ;
  • le virus du H1N1 en 2009, pour lequel l'OMS a craint une pandémie, qui a donné lieu à une vaste campagne de vaccination non-obligatoire au cours de l'été 2009.
La surveillance des risques (veille sanitaire) fait partie des actions de santé publique.
d) Dispositifs de veille sanitaire
L'InVS, Institut national de veille sanitaire, est chargé d'alerter les pouvoirs publics afin qu'ils puissent réagir à une situation sanitaire d'urgence.
L'ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, assure la sécurité sanitaire des aliments pour les humains et les animaux.
L'ANSM, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, garantit la sécurité des produits de santé
4. La prévention
La prévention est l'ensemble des mesures qui visent à limiter et éviter l'apparition, le développement et l'aggravation des maladies (campagnes d'information, vaccinations, dépistages, lois, etc.).
Trois niveaux de prévention sont à distinguer :
  • la prévention primaire vise à empêcher la survenue de la maladie ou de l'accident (vaccinations, surveillance de l'eau, de l'habitat) ;
  • la prévention secondaire correspond au dépistage précoce (service de santé au travail, en milieu scolaire) ;
  • la prévention tertiaire vise à limiter les conséquences (rééducation, réinsertion sociale).
La politique de prévention comporte des mesures de politique générale, des mesures incitatives visant à responsabiliser les individus (grâce à l'éducation sanitaire dès le plus jeune âge pour modifier les comportements, comme dans le cas de l'obésité) et des mesures coercitives (lois pour les accidents de la route par exemple).
La politique de prévention devient prioritaire car elle permet de réaliser des économies. En effet, lorsque la santé devient un objectif collectif se pose le problème de son coût. Les progrès médicaux, la généralisation de la protection sociale, le vieillissement de la population confrontent de fait l'État à l'épineuse question de la maîtrise des dépenses de santé.
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