Culture générale (Bas-Rhin 2008)

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Énoncé

Consignes
• Cette épreuve a pour objet d'évaluer vos capacités d'analyse et de jugement par rapport aux grandes questions sanitaires et sociales.
• Elle comporte 5 questions que vous devez traiter en 2 heures.
• Le total est noté sur 20 points.
• Chaque question est notée sur 3 points.
• 5 points sont réservés à l'orthographe, à la syntaxe et au respect des consignes pour l'ensemble de l'épreuve.
Texte 1
Hommes, femmes les inégalités se réduisent
« De 8,2 ans dans les années 80, l'écart est passé à 5 ans en 2006. Les femmes continuent à distancer les hommes mais ils commencent à les rattraper. C'est la tendance observée par l'Institut National d'Études Démographiques sur l'espérance de vie. L'inégalité qui n'avait cessé de s'accentuer, décroît depuis les années 90 : 7 ans en 2003, 5 en 2006. Les femmes ont toujours été plus favorisées « plus proches des services médicaux, tout au long de leur vie, à travers la contraception, la maternité ou la santé de leurs enfants, elles ont bénéficié à plein de la prévention et des nouveaux traitements » rappelle l'INED. C'est surtout socialement que les habitudes ont évolué : » les hommes étaient plus engagés dans des activités professionnelles à risque, consommant d'avantage d'alcool et de tabac ». Logiquement, l'explosion des accidents de la circulation et la hausse des cancers des poumons avaient creusé l'écart avec les femmes. Puis la baisse importante des cigarettes chez les hommes a conduit à un retournement de la mortalité cancéreuse masculine. »
Stéphane Noblet, Le Monde, Dossiers documents - décembre 2006

Question
Vous développerez en une dizaine de lignes les raisons de la réduction des inégalités homme-femme.
Vous donnerez votre avis sur cette évolution.
Texte 2
Qui veut la peau des fruits et des légumes ?
« Vous n'avez pas pu échapper à ce conseil : « Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour. » Depuis 2001, le Programme national nutrition santé (PNNS), tout en dénonçant le grignotage et la main lourde des industriels sur le sucre, le gras et le sel, mène campagne pour nous faire manger fruits et légumes. (…) En croquant pommes et carottes, l'organisme absorbe en quantités nécessaires sucres, vitamines, protéines, fibres, sans se charger en lipides ni en sels. Il se supplémente aussi en éléments rares et pourtant essentiels tels que les antioxydants, des molécules fort utiles pour lutter contre certains facteurs cancéreux. La littérature scientifique est quasi unanime : dans le monde occidental, ceux et celles qui mangent très peu de fruits et légumes ont 1,5 à 2 fois plus de risques de développer un cancer que les bons consommateurs. Or, en France, les cancers des voies diges¬tives sont en augmentation régulière depuis vingt ans. Même si une corrélation ne vaut pas lien de cause à effet, les médecins s'inquiètent. Car en dépit d'une pression médiatique sans précédent, la consommation de fruits et légumes frais recule. (…) »
Frédéric Denhez, Ça m'intéresse, Juillet 2007

Question
« Notre santé est en jeu, et pourtant le comportement alimentaire n'évolue pas dans le sens favorable des conseils nutritifs. »
Développez trois idées qui peuvent expliquer ce désintérêt pour les fruits et légumes.
Texte 3
Anorexies : les victimes de la mode
« Depuis que deux mannequins sont morts de dénutrition, le monde des défilés commence à se préoccuper de la maigreur des filles des podiums. Et les médecins s'inquiètent pour la santé des adolescentes. Quand Sylvie Rouer-Saporta regarde un défilé de mode, elle ne prête guère attention au tombé des tissus ni à l'audace des coupes. L'œil de ce médecin spécialiste des troubles du comportement alimentaire décèle en revanche l'hypertrophie des glandes sous-maxillaires, « qui fait aux mannequins des petites joues de hamster », et les fissurations que dissimule le maquillage, à l'angle de leurs lèvres, « signes de vomissements à répétition ». « Ces symptômes sont caractéristiques de l'anorexie », précise-t-elle. Anorexie. Un mot entré par effraction dans l'univers ultraglamour de la mode. Un mot qui effraie, après les décès, l'an dernier, de l'Uruguayenne Luisel Ramos et de la Brésilienne Ana Carolina Reston, deux jeunes mannequins vaincus par la dénutrition. Un mot qui fâche, aussi, alors que le carrousel des défilés repart - haute couture à Paris du 22 au 25 janvier, puis prêt-à-porter féminin à New York, Londres, Milan et Paris, du 2 février au 5 mars. Le premier coup de semonce est venu de Madrid. En septembre 2006, le gouvernement régional a pris à rebrousse-poil créateurs et agences de top-modèles en bannissant les filles trop maigres des podiums de la Pasarela Cibeles, le Salon ibérique de la mode. Motif : l'exemple est désastreux pour les adolescentes espagnoles. »
Anne Vidalie, L'express, Janvier 2007

Question
Quelles réflexions vous inspire ce texte ?
Texte 4
Climat : l'avertissement alarmant des scientifiques
« Sur papier recyclé, les 500 chercheurs mobilisés par le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), réunis hier à Paris, ont livré, une synthèse de leurs travaux. Vingt cinq pages denses et accablantes, destinées aux décideurs. Oui, confirme le texte, le climat a commencé à changer. Oui, la part de l'homme y est primordiale… Le Giec montre que ce changement de climat est déjà engagé et qu'il va se poursuivre quoiqu'on fasse, du fait de l'inertie de l'accumulation des gaz à effet de serre. Mais les scénarios du futur - trois grands scénarios et leurs variantes - montrent que l'ont peut agir. Selon notre comportement, la température peut ne pas franchir le seuil critique des 2 degrés supplémentaires. « Nous avons entre les mains le choix de notre futur, assure Hervé le Treut. si l'on continue à être dispendieux en énergies, la planète sera rapidement entraînée vers des températures où le système climatique deviendra imprévisible, très dangereux. On peut aussi choisir un futur économe. Le climat changera, mais de façon mesurée, et l'humanité pourra s'adapter. »… C'est tout l'enjeu de l'après-protocole de Kyoto qui s'achève en 2012. Un espoir ? Hier, Georges Bush s'est dit préoccupé par ce réchauffement climatique. L'administration américaine, jusqu'alors, ne voulait pas en entendre parler. »
Bernard Le Solleu, Ouest France , Février 2007

Question
Proposez et argumentez les mesures à envisager pour lutter contre le réchauffement climatique.
Texte 5
Climat : l'avertissement alarmant des scientifiques
« Après l'épouvantable drame qui s'est produit à la prison de Rouen où un détenu a tué l'un de ses compagnons de cellule, l'attention est de nouveau tournée vers les prisons. Tout démontre que les alertes, interrogations, reportages, études effectuées par des élus de la nation - députés ou sénateurs - et mises en garde de toutes sortes sont pratiquement restées inopérantes. À la vétusté, la saleté, la promiscuité, s'ajoute, de plus en plus, l'insécurité. On enferme des coupables avec les innocents, des gens sains d'esprit avec des malades mentaux. On enfreint la loi qui impose la détention individuelle et tout cela finit par ne plus choquer. Les suicides, les agressions ne diminuent pas. Nous finissons par admettre ces faits comme une fatalité (…). En ce début de siècle, conclut Michel Hunault, député de Loire Atlantique, « Il est nécessaire de trouver un équilibre entre l'exigence de l'opinion publique, qui souhaite plus de sévérité, et l'exigence, en toute circonstance, du respect de la dignité humaine pour la personne privée de liberté ». »
François-Régis Hutin, Ouest France, Janvier 2007

Question
Commentez la déclaration de M. Michel Hunault.

Corrigé

Texte 1
L'espérance de vie continue à augmenter en France, elle est d'environ 79 ans, avec un écart entre hommes et femmes qui réduit sensiblement depuis les années quatre-vingt-dix : de 1990 à 1999, les Français ont gagné 28 mois d'espérance de vie contre 18 mois pour les Françaises. L'écart entre hommes et femmes n'est plus que de cinq ans environ, pour des raisons essentiellement sociologiques.
En quarante ans, les femmes ont fortement augmenté leur consommation de substances toxiques, en particulier le tabac et l'alcool. Les effets sur la santé ont commencé à se faire sentir depuis une dizaine d'années, en particulier en termes d'augmentation du taux de cancers des voies respiratoires et digestives. Les femmes sont aussi beaucoup plus nombreuses qu'avant à travailler, tout en devant assumer les tâches domestiques, ce qui provoque une aggravation du stress et de la fatigue qui, à la longue, nuisent à l'état de santé général.
De leur côté, les hommes se préoccupent désormais bien plus de leur santé que leurs aînés : ils consultent plus volontiers leur médecin généraliste, sont plus soucieux de leur image et plus enclins à lutter contre les effets du vieillissement. En pratiquant des activités physiques, en mangeant mieux mais aussi en diminuant leur consommation de tabac, les hommes accélèrent l'augmentation de leur espérance de vie.
La réduction de l'inégalité entre hommes et femmes en matière d'espérance de vie est à placer en parallèle avec la période pendant laquelle les femmes ont commencé à calquer leur comportement et leur mode de vie sur celui des hommes. Elles ont surtout copié ce qui pouvait nuire à leur santé et provoquer l'apparition de cancers plusieurs dizaines d'années plus tard.
L'espérance de vie continue toutefois à augmenter grâce aux progrès de la médecine et à un meilleur suivi médical qu'avant : à 80 ans, on est en aussi bonne santé que les personnes de 60 ans d'il y a vingt ans ! La réduction de la différence d'espérance de vie entre hommes et femmes est la conséquence directe de la réduction de la différence entre leurs modes de vie. Toutefois, les femmes resteront toujours, pour des raisons physiologiques, mieux protégées contre les maladies cardiovasculaires pendant leur période de fécondité que les hommes, ce qui devrait leur permettre de conserver une meilleure espérance de vie.
Texte 2
Les fruits et légumes apportent une quantité non négligeable de bienfaits à l'organisme. Grâce aux nombreuses campagnes de prévention et de sensibilisation dès le plus jeune âge mises en place dans le cadre du PNNS (Programme National pour la Nutrition et la Santé), les Français savent qu'il faut consommer au moins cinq fruits et légumes par jour. Ils les boudent pourtant de plus en plus.
Un certain nombre de Français ne désirent pas consommer plus de fruits et légumes : ils n'ont pas été habitués à cela, et n'aiment pas en manger. Mais la plupart du temps, le problème est ailleurs. Notre mode vie nous impose de tout faire vite, le temps moyen de préparation et même de consommation d'un repas réduit comme peau de chagrin. La popularité des plats préparés à réchauffer en est la preuve. Or, manger des légumes suppose de prendre du temps pour les laver, les éplucher, les couper, les cuisiner. Les fruits sont peu pratiques à emporter au travail, les manger peut être salissant. À midi, un plat de féculents est plus nourrissant et permet de tenir jusqu'au soir.
Le message qui prônait de « passer à dix » (c'est-à-dire de consommer dix fruits et légumes par jour) était maladroit : les Français ont trouvé cela trop difficile, et n'ont pas suivi. Dans le même temps, les messages sur la toxicité des substances employées pour faire pousser les fruits et légumes ont fait peur : fallait-il consommer la peau (source de vitamines) ou l'éliminer (car chargée en pesticides) ? Quel impact sur la santé des enfants ?
La baisse générale du pouvoir d'achat, avec une forte augmentation du prix des carburants, du coût de l'immobilier et d'autres postes-clés, a fait diminuer fortement le pourcentage du budget des ménages affecté aux dépenses de bouche. Or, dans le même temps, le prix des fruits et légumes a fortement augmenté. En conséquence, même si les Français aimeraient suivre les recommandations du PNNS, beaucoup ne peuvent tout simplement plus se le permettre.
La baisse de consommation des fruits et légumes n'est pas due à un échec du PNNS et à un désintérêt des Français, mais à la conjoncture actuelle difficile, et à un mode de vie effréné. Le succès des « paniers paysans » en est la preuve : pour un coût fixé et payé à l'avance, l'adhérent a droit à un panier garni de fruits et légumes de saison par semaine, fourni directement par le producteur. Le consommateur connaît l'origine des produits qu'il achète, leur prix est raisonnable car il n'y a pas d'intermédiaire à rémunérer. Les pouvoirs publics auraient tout intérêt à favoriser ce genre d'initiative que l'on peut qualifier d'action de santé publique.
Texte 3
Au cours du XXe siècle, le canon de beauté féminin s'est inversé : aux rondeurs généreuses synonymes de joie de vivre et de bonne santé, ont succédé la minceur et des silhouettes filiformes. Cette tendance a été poussée à l'extrême, puisque pour devenir des mannequins, de jeunes femmes ont recours à la chirurgie esthétique pour modifier pommettes, lèvres, seins, hanches, cuisses, etc. Certaines vont même jusqu'à se faire retirer plusieurs côtes ! Avec des conséquences sociologiques et sanitaires inquiétantes.
Pour maintenir un rapport taille/ poids et donc une corpulence considérée par les médecins comme morbide (entendez : dangereuse pour la santé), mais imposée par les agences de mannequinat et les maisons de haute couture, les jeunes mannequins sont poussés à lutter contre la faim, à faire des régimes et jeûnes répétés ; lentement mais sûrement, beaucoup tombent dans l'anorexie, et vomissent leurs repas de peur de prendre quelques centaines de grammes. Certains y ont déjà perdu la vie, il est à craindre qu'ils ne soient que les premiers d'une longue série.
L'impact de cette tendance sur les adolescentes n'a pas tardé à se faire sentir. L'anorexie est maintenant considérée par certaines comme une philosophie, un véritable style de vie, qui a son nom, « proana », et son signe de reconnaissance : un bracelet facile à se procurer et à exhiber. Internet regorge de sites et blogs proana, qui prônent la maigreur et ses « avantages », et dans lesquels on trouve nombre de photos de mannequins célèbres, savamment truquées pour les faire paraître squelettiques.
On remarque toutefois depuis peu une légère inversion de la tendance : la réaction des autorités espagnoles au Salon de la mode à Madrid en 2006 a fait l'effet d'un coup de tonnerre, qui a eu le grand mérite de révéler l'envers du décor. On voit apparaître de plus en plus souvent, dans les catalogues ou sur les affiches, des mannequins aux mensurations conformes aux recommandations en matière de santé. En opposition à la tendance proana, des sites et blogs qui donnent souvent des témoignages d'anciennes anorexiques ont fleuri sur Internet, qui peuvent toucher directement nos adolescentes. Il reste à suivre au niveau international l'exemple de Madrid, et à renforcer les campagnes d'information et de mise en garde, pour sensibiliser de manière efficace l'ensemble de la population.
Texte 4
Depuis la fin du XIXe siècle, la température de notre planète a globalement augmenté d'à peu près 1°C. La cause principale du réchauffement climatique est l'augmentation des gaz à effet de serre (GES), qui causera probablement la fonte des glaciers, une augmentation du niveau des océans, un dérèglement climatique général, un déplacement de population et la disparition de nombreuses espèces. Il y a donc urgence à agir, car comme l'a dit Jacques Chirac : « la maison brûle et on regarde ailleurs ». Le problème est de savoir quelles mesures prendre à tous les niveaux.
Les GES sont surtout produits par les industries et l'agriculture d'une part, les transports individuels et collectifs d'autre part. Il est primordial d'accentuer la pression, voire de mettre à l'index les pays les plus pollueurs qui n'ont pas ratifié ou ne respectent pas le protocole de Kyoto, les États-Unis et la Chine en tête. Il faut modifier, pour la rendre plus incitative, la fameuse « taxe carbone » qui est devenue un « droit à polluer » : les pays qui font des efforts vendent leurs droits à ceux qui n'en font pas.
En instaurant un label pour les industries les moins polluantes, voire en évoquant le boycott des autres, on pourrait les pousser à trouver de vraies solutions en matière d'économie d'énergie et de solutions vertes. En ce qui concerne les transports, il faut modifier radicalement les moteurs pour qu'ils consomment moins ou pas de carburants fossiles, sans trop favoriser les biocarburants qui causent des déforestations massives et risquent d'affamer des populations entières. Les grandes forêts doivent au contraire être protégées et reboisées, car elles absorbent une masse non négligeable du dioxyde de carbone (principal GES) produit.
Au niveau individuel, il serait bon d'inciter réellement la population à acheter des voitures vertes, dont le prix (même après soustraction du bonus) est trop élevé pour les foyers modestes. En favorisant le covoiturage, les transports en commun dans les zones peu urbanisées, le ferroutage et le transport fluvial, on pourrait faire diminuer sensiblement l'émission de GES. Des aides plus conséquentes et systématiques pour améliorer l'isolation des habitations et le passage à des modes de chauffage moins polluants pourraient également être efficaces.
En matière de réduction de l'émission des GES, beaucoup reste encore à faire, alors que l'on aurait déjà dû agir il y a dix ou vingt ans. Il y a encore trop peu de volonté politique car la loi du marché ne s'accorde pas vraiment avec l'écologie. Les défenseurs de l'environnement se heurtent à deux obstacles majeurs : d'une part, le manque de motivation d'une partie de la population, et d'autre part le fait que les populations pauvres n'ont pas les moyens d'adopter des comportements écologiques (exemple : la population indienne, qui se chauffe et cuisine au bois).
Texte 5
Dans une société de plus en plus exigeante en matière de sécurité, stressée par les médias, dans laquelle la peur est un puissant levier politique et financier, la prison est vue comme le rempart contre l'insécurité. Il convient néanmoins de ne pas oublier qu'en démocratie, les droits de l'homme ne s'arrêtent pas aux portes des prisons, il faut donc trouver le juste équilibre entre maintien de l'ordre et respect de la dignité humaine.
La France est très mauvaise élève en la matière, elle a atteint de tristes records en 2008 : nombre de détenus, ratio détenus/ places disponibles, actes de violence et leur gravité ont fortement augmenté. La santé physique et psychologique des détenus se détériore, les atteintes à la dignité humaine sont régulièrement dénoncées dans des rapports de l'observatoire des prisons et par le personnel pénitentiaire.
L'exigence de l'opinion publique en matière de sécurité amène à un enfermement de plus en plus fréquent des personnes en attente de jugement. Le manque de moyens de la justice allonge toujours plus les délais d'examen des dossiers, donc les périodes de détention provisoire, ce qui aggrave la surpopulation carcérale. Face à cette situation, il existe des solutions qui ne passent pas obligatoirement par la construction de nouvelles prisons :
  • Désengorger les tribunaux en augmentant les moyens en personnels, pour éviter la détention préventive des personnes qui ne sont pas jugées dangereuses ;
  • Favoriser les méthodes alternatives à la détention : bracelet électronique, travaux d'intérêt généraux pour les courtes peines et les délits mineurs ;
  • Éviter un brassage catastrophique des détenus innocents, mineurs, ou petits délinquants, avec les détenus les plus dangereux, tout en faisant de réels efforts en matière de réinsertion. Actuellement, 70 % des condamnés sont impliqués dans une nouvelle affaire dans les six ans qui suivent la fin de leur peine.
Au-delà de ces mesures, la peine de prison reste nécessaire pour punir un certain nombre de délits et crimes. Il n'est pas normal néanmoins que le milieu carcéral soit un « no man's land » démocratique. Il faut donc rénover les prisons, ne pas fermer les unités destinées aux détenus qui nécessitent des soins psychiatriques, améliorer le nombre et la formation des gardiens, restaurer le secret médical des consultations, utiliser de manière plus raisonnée les entraves et menottes, et enfin prendre en charge correctement la fin de vie en prison. Mais tout cela a un coût que la société rechigne à assumer, et qui nécessite une volonté politique qui n'est pas à l'ordre du jour.
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