Culture générale (Languedoc-Roussillon 2005)

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Énoncé

Consignes
• Cette épreuve a pour objet d'évaluer vos capacités d'analyse et de jugement par rapport aux grandes questions sanitaires et sociales.
• Elle comporte 5 questions que vous devez traiter en 2 heures.
• Le total est noté sur 20 points.
• Chaque question est notée sur 3 points.
• 5 points sont réservés à l'orthographe, à la syntaxe et au respect des consignes pour l'ensemble de l'épreuve.
Texte 1
« Le 26 novembre 1974, après des heures de débat et de tensions, l'Assemblée nationale votait la loi légalisant l'IVG. L'œuvre d'une femme courageuse, Simone Veil, afforntant une rude opposition et parfois des insultes. Trente ans après, l'ancienne ministre observe qu'« one ne meurt plus d'avortement en France alors qu'il y avait 300 décès par an » (…) Il y en eu 205 000 en 2002, dont 11 000 mineures. Cela en dépit de la loi Neuwirth de 1967 autorisant la contraception, puis d'une autre loi présentée par Simone Veil en 1974 rendant accessible aux mineures le recours à la pilule. L'ancienne ministre plaide pour « d'adavantage d'information » sur la contraception. »
Ouest-France, 27-28 novembre 2004.

Question
Expliquez par quels moyens il serait possible de donner « davantage d'information sur la contraception » en France aujourd'hui ?
Texte 2
Vers une planète sans eau
« À l'orée du millénaire, la question de l'eau est un défi majeur pour l'Humanité. L'eau se raréfie et sa qualité se dégrade. Cet élément est au centre de la vie aujourd'hui comme il l'a été pour les dinosaures et pour l'homme de Cro-Magnon. Il se pourrait même que nous soyons plus fragiles que les primitifs sur ce plan : « ainsi, lors de la sécheresse qui a frappé la France en août 2003, certaines centrales atomiques ont dû arrêter leur production d'électricité car l'eau de refroidissement qu'elles rejetaient avait une température dangereusement élevée pour le milieu récepteur. (…) Cette eau est cependant très inégalement répartie sur le globe ; qu'on pense à l'Islande ou au Canada d'un côté et au Niger ou au Koweït de l'autre ! 23 pays seulement possèdent les deux tiers du total de la ressource globale. »
M. Larbi Bouguerra, Biocontact, juin 2004.

Question
Quelles conséquences peuvent être envisagées quant aux problèmes qui vont se poser avec la raréfaction prévisible de l'eau ?
Texte 3
Dépenses de santé : problème de conscience ?
« Une annexe oubliée du rapport du Haut Conseil de la réforme dresse (…) un constat effarant sur la perceptionn des enjeux par l'opinion. Premier point, les Français sousestiment leurs dépenses de santé : un sur deux est incapable d'avancer un chiffre, 47 % avancent un timide 15 euros annuel (soit 5 euros de moins qu'une consultation chez le généraliste), la moyenne des réponses atteignent 50 euros : dans les faits, la dépense moyenne est de 1 740 euros par an. Certes, les dépenses sont concentrées (15 %) de la population n'engendre pas de dépenses ou a une consommation inférieure à 40 euros). Mais tout Français naît avec une addition de 3 800 euros (coût des soins médicaux liés à l'accouchement, hors congés maternité) et meurt en laissant 14 000 euros de dettes (coût les soins médicaux liés à l'accouchement, hors congés maternité) et meurt en laissant 14 000 euros de dettes (coût des soins liés aux six derniers mois de la vie). Si nl ne songe à interdire quiconque de naître ou de mourir, il semble pourtant que la carte Vitale soit trop souvent confondue avec une carte de paiement illimité par des assurés considérant la santé comme un bien de consommation courante. »
G. Denis, Le Figaro Magazine, 24 avril 2004.

Question
Quelles connaissances avez-vous des mesures prises ou à prendre pour résoudre les problèmes de l'assurance-maladie ?
Texte 4
Les petit écran dope les hormones de vos enfants
« Le fait de regarder la télévision favorise-t-il l'apparition de pubertés précoces ? Qu'une exposition prolongée à Sex and the City ou aux émissions de variétés torrides dont la télévision italienne est coutumiètre puisse transformer leurs filles en lolitas et fouetter la testostérone de leurs fils, cela n'étonnerait pas nombre de parents. Mais des scientifiques florentins ont une autre explication : le simple fait d'être face à un écran, quel que soit le type d'émission, contribuerait à avancer l'âge de la puberté. Une étude menée en mai dans la ville toscane de Cavriglia a détecté une forte hausse de la sécrétion de mélatonine chez des élèves privés de télévision, d'ordinateurs et de vidéos. Or cette hormone a notamment pour fonction de ralentir l'évolution des enfants vers la maturité sexuelle. »
John Hoppe, Courrier International, n° 714 - 8 juillet 2004.

Question
Quelles peuvent être les autres conséquences de la télévision sur les enfants ?
Texte 5
« « Arrêter de fumer, rien de plus simple : j'y suis arrivé tellement de fois. » Les fumeurs invétérés amateurs d'autodérision apprécieront l'humour, un brin cynique, de Woody Allen. Le cortège de nuisances du tabac, le nicotinomaniaque les connaît par cœur. D'où son agacement losqu'on lui ressasse sur tous les tons, de la neutralité bienveillante à ma supplication inquiète, qu'il n'est pas trop tard pour s'épargner un cancer du poumon, de l'œsophage ou de la bouche, un infarctus du myocarde, la mort subite, et tous ces « moindres » maux qui le guette : insuffisance respiratoire, bronchite chronique, artérite, hypertension, impuissance. Sans oublier les migraines tenaces, la mine vert-de-gris et le regard terne. Par ailleurs, grever cruellement son budget pour enrichir, au grand dam de son « capital » santé, celui des industriel du tabac n'enchante pas plus de fumeur que la perte de goût et de l'odorat. Mais l'envie d'arrêter, de plus en plus répandue chez les jeunes, se heurte à un adversaire de taille : le besoin irrépressible de continuer. Combien de tabaco-dépendants, convaincus que leur volonté avait enfin pris le dessus, ont cru - à tort - s'être à jamais affranchis de leur esclavage à la suite d'une vilaine grippe, de vacances idylliques ou pendant une grossesse ? »
M. Ulubeyan, Côté femme, avril 2004

Question
Quels sont les moyens dont peut se servir le fumeur pour vaincre les mécanismes de la dépendance ?

Corrigé

Texte 1
Malgré les lois qui autorisent la prescription gratuite d'un contraceptif oral aux mineures sans autorisation parentale, il y a encore en France plus de 200 000 avortements chaque année. Néanmoins, parmi les 30 % de grossesses annuelles non désirées, les deux tiers concernent des femmes qui utilisent un contraceptif. Comment informer plus efficacement les Français pour que le nombre de grossesses non prévues diminue ?
Pour mieux sensibiliser les adolescentes à l'intérêt de l'utilisation d'un contraceptif, il faut renforcer l'éducation à la sexualité, de façon à toucher tous les foyers, et plus particulièrement ceux dans lesquels le sujet est tabou. Il est également indispensable d'indiquer la fiabilité des différentes méthodes contraceptives, car un grand nombre de grossesses non désirées sont liées à l'utilisation de méthodes naturelles peu ou pas efficaces. Les jeunes femmes doivent être clairement informées des risques de l'interruption volontaire de grossesse, qui ne doit pas être considéré comme une simple alternative à la contraception.
Le grand public doit pouvoir accéder facilement à la liste des structures qui distribuent gratuitement des préservatifs et prescrivent des contraceptifs  oraux ; il doit également pouvoir disposer d'un numéro de téléphone gratuit d'information et d'écoute.
Les moyens d'information sur la contraception existent déjà, mais ils sont manifestement insuffisants, il faut donc les renforcer et les démocratiser. En favorisant la recherche-développement, on peut également envisager l'élaboration de nouveaux moyens de contraception moins contraignants et efficaces à long terme (comme l'implant sous-cutané), et dépourvus d'effets secondaires notables.
Texte 2
La raréfaction de l'eau doit être envisagée sous deux aspects : le dérèglement climatique qui augmente l'aridité des zones sèches et rend de plus en plus aléatoire le régime des pluies, et la ponction excessive des fleuves, d'une part par des populations dont le nombre augmente, et d'autre part par les pays industrialisés dont la consommation est toujours plus forte. Mais c'est l'accès à l'eau potable qui est le plus préoccupant puisqu'il touche plus d'un milliard de personnes.
Le stress hydrique va entraîner des conséquences pratiques très diverses :
  • Certains pays devront bientôt faire des choix en matière d'affectation des ressources : pour les cultures ou pour le tourisme, comme, par exemple, en Tunisie ;
  • L'agriculture, l'industrie, mais aussi les comportements des particuliers doivent évoluer rapidement pour devenir moins gourmands en eau (actuellement, dans le monde, l'eau consommée l'est à 70 % par l'agriculture, 23 % par l'industrie, 7 % par les particuliers), on doit pour cela élaborer des techniques et appareils plus économiques ;
Les conséquences géopolitiques de la raréfaction de l'eau sont pour le moins inquiétantes :
  • Une rivalité entre humains et animaux pour l'accès aux points d'eau dans les zones sèches, au détriment des espèces animales ;
  • Une rivalité entre les pays frontaliers en manque d'eau, qui provoque déjà une escalade « à celui qui pompe le plus » entre Israël, la Palestine, le Liban et la Syrie par exemple ;
  • Une rivalité entre les pays situés le long des fleuves, qui pourront montrer leur puissance à leurs voisins en bloquant l'eau en amont (comme la Turquie vis-à-vis de la Syrie ou de l'Irak) ;
  • Un déplacement de certains peuples, qui deviennent des réfugiés climatiques, comme en Afrique où l'avancée du désert provoque un recul des cultures.
Il devient nécessaire pour tous de mieux gérer le stockage, la distribution, le recyclage et l'épuration de l'eau, d'améliorer les techniques de dessalement de l'eau de mer ; bientôt vont se généraliser des pratiques de restriction comme la distribution de l'eau au robinet quelques heures par jour, et l'on va voir se déclencher de véritables « guerres de l'eau » , qui risquent de redistribuer les cartes du pouvoir dans le monde, comme le pétrole l'avait fait en faveur des pays producteurs. L' « or bleu » pourrait ainsi remplacer l'or noir. La comparaison avec le pétrole ne s'arrête pas là, si l'on songe que les solutions pour sortir de cette crise de l'eau passent par sa distribution à toutes les régions du globe au travers d'infrastructures similaires à celles des pipe-lines et des super tankers.
Texte 3
L'accès aux soins, même pour les plus démunis, est fondamental dans notre société. Les soins ont un coût important, pris en charge en partie par la collectivité, mais celle-ci est de moins en moins capable de l'assumer. Diverses mesures peuvent permettre de diminuer les dépenses de santé à la charge de l'État.
Pour combler le déficit de la Sécurité sociale, l'État a augmenté les recettes au travers de la Contribution Sociale Généralisée (CSG ) et de la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS), de l'augmentation des taxes sur le tabac, etc. Cela est nettement insuffisant, il faut donc diminuer le montant des dépenses au travers de mesures complémentaires :
  • Une meilleure responsabilisation du patient, qui passe par l'incitation à consulter un médecin référent, le déremboursement de médicaments jugés insuffisamment efficaces, la franchise de 1 €, l'incitation à utiliser les médicaments génériques et à pratiquer une automédication raisonnée, etc.
  • renforcement des mesures coercitives : contrôle des arrêts de travail, des prescriptions médicales ; incitation à ne pas consulter plusieurs médecins en remboursant moins bien les consultations non effectuées par le médecin référent ; lutte accrue contre les individus qui fabriquent ou utilisent des ordonnances falsifiées ; mise au point de la nouvelle carte vitale, pourvue d'une photographie ; etc.
En 2008, le déficit de la Sécurité sociale se chiffre encore en milliards d'euros, il faut donc trouver des solutions efficaces et à long  terme pour le réduire. Mais cela ne doit pas remettre en cause l'accès aux soins pour tous, et les plus démunis (couverts par la CMU) ou les malades chroniques doivent continuer à être remboursés à 100 %.
Texte 4
La télévision est devenue un objet incontournable de diffusion de l'image au plus grand nombre : la plupart des foyers français possèdent au moins deux postes de télévision, auxquels il faut ajouter tous les appareils susceptibles de la capter : ordinateurs, téléphones mobiles de dernière génération. On peut se demander quels sont les effets négatifs que peut engendrer cet afflux d'informations.
La télévision a, certes, permis de démocratiser l'information, en l'apportant dans tous les foyers au même instant, mais elle a surtout permis à tous d'accéder au divertissement, aux arts et à la culture. En cela, elle a quelque peu réduit la fracture culturelle entre les zones urbaines et rurales.
Mais sous certains aspects, elle peut être néfaste, voire présenter certains dangers :
  • Elle peut devenir un outil de propagande au profit du pouvoir en place, de mouvements sectaires, etc.
  • En provoquant la sédentarisation au détriment de l'activité physique, elle favorise l'obésité ;
  • Elle peut engendrer une dissociation de la famille, en se substituant aux sorties et discussions au sein du foyer ;
  • Elle remplace les repères de notre société par ceux, virtuels, présents dans les séries télévisées, émissions de télé (pseudo) réalité ;
  • Elle peut modifier les comportements des enfants, car la télévision présente souvent des émissions ou films non adaptés à leur âge, par leur violence, leur vulgarité, leur connotation sexuelle, etc. ;
  • Elle est dangereuse pour les très jeunes enfants, car elle les isole du monde extérieur, qui est pourtant le pourvoyeur des repères qui leur permettront de se construire. Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste spécialisé dans l'étude des jeunes enfants, s'est d'ailleurs ému de l'apparition des nouvelles chaînes qui émettent 24h/ 24 à destination des enfants de 6 mois et plus. À cette occasion, il a publié, en téléchargement gratuit sur Internet, le livre Les dangers de la télé pour les bébés.
Comment profiter des bienfaits de la télévision tout en limitant ses effets pervers ? En sensibilisant et responsabilisant les parents, pour qu'ils limitent le temps que passent leurs enfants devant l'écran, et vérifient les contenus visionnés. Pour les aider dans leur tâche, l'État doit renforcer les mesures déjà mises en place : signalisation systématique de l'âge minimum conseillé, contrôle renforcé des contenus par le CSA et le BVP. Les politiques doivent également prendre leurs responsabilités, en interdisant les chaînes dédiées aux tout-petits, et en proposant aux parents un cryptage (gratuit) des contenus pour adultes, directement depuis leur poste de télévision, par exemple grâce à un mot de passe.
Texte 5
En 2007, plus du quart des adultes français consomment quotidiennement du tabac, essentiellement sous forme de cigarettes. On attribue au tabagisme environ 60 000 décès chaque année, mais dans le même temps, 1,7 million de fumeurs ont recours à des médicaments d'aide au sevrage tabagique, pour vaincre les dépendances physique et psychologique induites par cette toxicomanie.(1)
Il existe deux types de dépendance au tabac : la dépendance physique à la nicotine, qui se traduit par un syndrome de sevrage à l'arrêt du tabac, et la dépendance psychologique à la gestuelle et au rituel associés à la tabagie.
La volonté de s'arrêter semble être le moteur principal de la réussite du sevrage, mais l'assistance et le soutien des proches (qui passent aussi par une non-sollicitation) n'est pas négligeable. Le fumeur peut aussi aller chercher des informations et une aide précieuses sur Internet, ou en appelant au téléphone Drogue Info Service par exemple.
Si cela est insuffisant, il devient indispensable d'être assisté par des professionnels, en consultant son médecin généraliste ou un centre de tabacologie (il y en a environ 500 en France). Le fumeur pourra ainsi être orienté vers la solution qui lui convient le mieux : utilisation de timbres transdermiques (patch) ou de gommes à mâcher à la nicotine, par exemple, associée parfois à une prise en charge psychologique et à une prescription d'anxiolytiques.
Le fumeur peut aussi se tourner vers des médecines douces, dont l'efficacité est toutefois controversée et dépend beaucoup du patient : acupuncture, homéopathie, hypnose, etc.
Le principal problème du fumeur qui désire s'arrêter réside dans le fait qu'il faut souvent plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous dans un centre de tabacologie, c'est-à-dire largement le temps que passe l'envie de s'arrêter… Il faut donc augmenter sensiblement le nombre de ces centres et les répartir de manière homogène sur notre territoire. Il faut également améliorer la prise en charge du sevrage, ce qui, à long terme, devrait représenter une économie substantielle pour l'assurance maladie.
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