Languedoc-Roussillon, 20 novembre 2004, épreuve d'admission, assistant de service social, éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants, résumé de texte

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Consignes
Résumez le texte en 230 mots (une marge de 10 % en plus ou en moins est admise).
Indiquez à la fin de votre résumé le nombre exact de mots(1) employés.
Objectif : évaluer votre capacité de synthèse.
Critères de notation :
  • compréhension du texte ;
  • fidélité du texte ;
  • respect des consignes.
Pour cette épreuve, il sera tenu compte du style et de l'orthographe. Vous serez noté sur 20.
Texte
Droit d'asile : l'Europe doit faire mieux
La question de l'asile en Europe est de nouveau à l'ordre du jour. Alors même que le nombre de demandeurs d'asile est à son plus bas niveau depuis des années, le thème demeure explosif et refait régulièrement surface au moment des grandes rencontres européennes. Les grandes options concernant l'asile et la migration en Europe pour les années à venir sont au cœur des discussions entre chefs d'État et premiers ministres européens des 4 et 5 novembre. En tant que haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, j'aimerais leur offrir mon point de vue.
Gardons-nous tout d'abord d'adhérer au mythe facile selon lequel l'Europe est submergée de demandeurs d'asile. En 1992, les 25 pays qui forment aujourd'hui l'Europe ont reçu 680 000 demandes d'asile. Elles n'étaient tout au plus que 350 000 en 2003. C'est un nombre qui demeure éminemment gérable. En fait, il serait bien plus opportun de profiter de cette occasion en or pour améliorer la rapidité et l'efficacité des procédures d'asile. En effet, si une décision rapide permet aux réfugiés d'obtenir la protection urgente dont ils ont besoin, elle permet aussi le prompt renvoi de ceux qui ne peuvent y prétendre. Bien sûr, il est des inquiétudes légitimes, comme celles causées par l'immigration illégale, les échecs de l'intégration, dans certains cas, et l'après-coup du 11 septembre 2001. Mais il ne faudrait pas saper les fondements mêmes de l'engagement européen dans le domaine des droits de l'homme et de la protection des réfugiés.
Mais s'il y a une chose que j'ai apprise au cours de mes années au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), c'est qu'il n'existe pas de solution miracle à des problèmes aussi complexes. L'union européenne est en mesure d'apporter nombre de réponses adéquates aux problèmes des migrations et de l'asile mais elle ne peut le faire que si ces États membres acceptent de laisser pour un temps de côté leurs considérations politiciennes à court terme pour se consacrer à l'intérêt commun de long terme.
L'approche communautaire de l'asile repose sur un postulat simple : que les États disposent de systèmes d'asile d'une qualité égale. Or, si le processus d'harmonisation, vise justement à rapprocher les systèmes d'asile nationaux, un élément demeure absent : celui de partage des tâches et des responsabilités. Au lieu de cela nous assistons à une tendance fâcheuse à rejeter celles-ci, soit vers d'autres États de l'Union, soit à l'extérieur de l'Union, dans les deux cas vers des pays souvent moins bien équipés pour traiter les demandes d'asile. Un autre enjeu de taille est celui de la reconnaissance du statut de réfugié. On pourrait penser qu'un candidat à l'asile devrait avoir la même chance d'obtenir la protection par le statut de réfugié dans chaque pays européen. Or il n'en est rien ! Il n'est guère surprenant, dans ces conditions, que les demandeurs d'asile s'orientent vers les pays où ils pensent avoir le plus de chances d'obtenir gain de cause. Troisième problème majeur : l'inefficacité des procédures d'asile existantes.
Il est certes facile de clamer publiquement que « les authentiques réfugiés méritent la protection », la réalité est, malheureusement, tout autre. Les systèmes d'asile en Europe n'offrent pas toujours aux réfugiés la protection qu'ils méritent, une chance de faire entendre leur cas. Le débat actuel porte aussi sur la nécessité de favoriser une meilleure intégration des réfugiés et immigrants dans leurs pays d'adoption. Pourtant la législation européenne prive une proportion significative de ces réfugiés de réelles chances d'intégration, en autorisant tel ou tel gouvernement à leur dénier le droit au travail.
Ce n'est que lorsqu'ils se seront attachés à aplanir quelques-unes de ces difficultés, harmoniser leurs lois et leurs pratiques que les gouvernements européens passeront d'une position réactive à une attitude active face aux défis contemporains de l'asile. C'est à la fois leur intérêt et celui des réfugiés. Certains ministres commencent, et c'est encourageant, à évoquer une intervention européenne accrue dans les régions d'accueil d'où proviennent les réfugiés – et où, le plus grand nombre d'entre eux est encore abrité. Il serait juste d'intensifier l'investissement politique et financier dédié aux millions de réfugiés qui vivent dans les pays en développement, pour les aider à rentrer chez eux dès que la situation le permet et leur assurer, entre-temps, une existence décente et sûre. Si l'Union européenne entend sérieusement endiguer les migrations clandestines, il lui faut par ailleurs ouvrir d'autres portes pour permettre aux réfugiés et aux migrants d'y accéder légalement. La proposition d'établir un programme européen de réinstallation pour les réfugiés est un pas dans la bonne direction. Nous devons aussi songer à mettre en place un système qui permette de gérer intelligemment les migrations économiques.
En offrant à ceux que nous voulons une place légitime – au lieu de profiter sournoisement de leur travail clandestin dans l'agriculture, les cliniques et les hôtels européens –, nous pourrions reprendre le contrôle sur les trafiquants et les passeurs. Une politique fondée sur l'exclusion n'est pas seulement moralement répréhensible. Elle est aussi impraticable. Elle ne fait qu'enfoncer dans la clandestinité toutes les formes de migration, y compris les réfugiés. J'exhorte les leaders européens à prendre acte de ces réalités et à centrer leurs énergies sur la création d'un système non seulement rapide, mais juste et efficace. Ce que veulent les Européens et ce que méritent les réfugiés, c'est finalement la même chose : un système fiable, capable d'identifier et de protéger ceux qui sont en droit d'obtenir le statut de réfugié.
D'après un texte de Ruud Lubbers, ancien premier ministre des Pays-Bas, et haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés.
Extrait d'un article du Monde du 6 novembre 2004.
(1)Est considéré comme mot tout signe ou ensemble de signes typographiques séparés par un espace. Exemple valant pour 1 mot : maison, l', la
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