Languedoc-Roussillon, 5 février 2005, épreuve d'admission,assistant de service social, éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants, résumé de texte

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Consignes
Résumez le texte en 180 mots (une marge de 10 % en plus ou en moins est admise).
Indiquez à la fin de votre résumé le nombre exact de mots(1) employés.
Objectif : évaluer votre capacité de synthèse.
Critères de notation :
  • compréhension du texte ;
  • fidélité du texte ;
  • respect des consignes.
Pour cette épreuve, il sera tenu compte du style et de l'orthographe. Vous serez noté sur 20.
Texte
L'hypervitesse, maladie du xxie siècle
Nous sommes tous contaminés, malades d'hypervitesse, syndrome dominant du xxie siècle, nous dit Thomas Hylland Eriksen. Ce sociologue norvégien a consacré au tourbillon frénétique qui emporte tous les aspects de notre vie un essai intitulé : La tyrannie de l'instant. Rapidité et lenteur à l'ère informatique. « Nous vivons à une époque où la cigarette a remplacé la pipe, où le courrier électronique prévaut sur la correspondance par lettres et où le flash d'information est le produit qui marche le mieux dans les médias. Les articles de journaux sont de plus en plus courts et, dans les films, les images se succèdent à un rythme de plus en plus rapide. »
Un orchestre japonais a enregistré une version de la Cinquième Symphonie de Beethoven qui dure quatre minutes et quinze secondes de moins que d'habitude, et une pièce d'Ibsen autrefois longue de quatre heures n'en durait plus que deux dans une récente mise en scène à Oslo. Au xive siècle, la peste avait mis trois ans à se propager de la Sicile à Riga. En 2003, il a suffi d'un trajet en avion pour que le SRAS passe de la Chine au Canada. Là où hier il nous fallait dix minutes, il ne nous en faut plus que cinq aujourd'hui. Et pendant ces cinq minutes, nous cherchons à faire trois choses en même temps. Alors, se demande Eriksen, comment se fait-il que nous disposions de beaucoup moins de temps qu'auparavant ? Pourquoi, au lieu de profiter de notre temps libre, sommes-nous devenus les esclaves du temps-tyran ?
Eriksen donne un exemple : le bouton qui accélère la fermeture des portes d'ascenseurs. Combien de fois avez-vous appuyé dessus ces derniers mois et comment pensez-vous avoir utilisé « ce gain net d'une centaine de secondes par semaine » ? Une chose est sûre : avec ces secondes économisées, on ne fait rien de constructif. La fable effroyable racontée il y a trente ans par Michael Ende dans Momo est devenue réalité : des « messieurs en gris » persuadent les hommes de ne pas perdre de précieuses minutes à chanter, à lire ou à aller voir des amis, et ce faisant privent leur vie de sens et de moments de répit. « De tout ce temps économisé, il ne leur restait jamais une miette. Le temps s'évanouissait mystérieusement ».
Dans le livre d'Eriksen, les « messieurs en gris » sont les grands prêtres des nouvelles technologies : les producteurs de logiciels toujours plus rapides et plus complexes ; les entreprises qui sortent des téléphones portables occupant toujours plus les moments libres de notre journée ; et les gourous d'une information fragmentée, superficielle et envahissante, assénée par la radio, par les écrans dans le métro, par les portables. Ces changements aboutissent ainsi à « un temps unique, maniaque, hystérique, qui ne tend vers aucun autre avenir qui ne soit l'instant d'après ». Le temps économisé, nous le perdons dans des embouteillages sur des routes de plus en plus larges et encombrées, ou à répondre à des e-mails de plus en plus harcelants. Résultat : notre stress augmente et notre créativité diminue. Parce que « la nouveauté surgit de façon inattendue, quand on ralentit la gestion du temps, et sûrement pas quand on a des plannings bourrés de délais ». Et les activités dites rapides cannibalisent les activités lentes (famille, lecture, vie privée).
La tyrannie de l'instant se veut un livre de propositions. « La vitesse, c'est parfait quand on en a besoin, assure Eriksen. Mais elle est contagieuse et produit des effets collatéraux désastreux ». En fait, les propositions d'Eriksen pour communiquer « le plaisir du temps au ralenti » sont un mélange d'utopie (« il faut repenser l'urbanisme dans l'optique d'une architecture de la lenteur » avec des rues tortueuses et la priorité donnée au trafic lent sur le trafic rapide) et de système scandinave (« la lenteur doit être protégée. Elle a besoin de mesures incitatives, d'aides publiques, de subventions »). Le plus probable, c'est que chacun d'entre nous trouve sa propre voie vers la lenteur, en éteignant son portable ou en se ménageant des oasis protégées réservées aux loisirs et à la vie affective. Le chemin d'Eriksen passe par la fière affirmation du droit à être injoignable. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il n'y a dans cet article aucune déclaration de l'auteur : quand Eriksen n'est pas là, il n'est pas là, et il n'y a pas de portable qui tienne.
Angiola Codacci-Pisanelli, l'Espresso, Rome, Éditions Aschehoug, Oslo 2001
(1)Est considéré comme mot tout signe ou ensemble de signes typographiques séparés par un espace. Exemple valant pour 1 mot : maison, l', la
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